Obtention de la gélatine
1° — La gélatine, la colle de poisson, la colle forte, la colle à bouche, ... sont la même matière plus ou moins pure obtenue en traitant par l’eau chaude ou par la vapeur, pendant un temps plus ou moins long, ce qu on appelle les collematières . En voici une liste succinte : la peau, 1 intestin, 1 estomac, la vessie natatoire des poissons, en particulier des morues, les rognures de cuir, les débris de peau, les tendons des bœufs et des chevaux, les peaux de tête de veau, les têtes et les pieds de moutons, parfois la viande de cheval et la chair de poisson, les os, les déchets de boutons, les cornes, .
Les collematières sont d’abord traitées par la chaux pour éviter leur putréfaction. On les plonge dans un lait de chaux vive où on les laisse 2 ou 3 semaines; on renouvelle de temps en temps la chaux.
On les retire, on les lave, on les laisse à l’air pour carbonater ce qui reste de chaux.
2° — L’extraction consiste à chauffer assez longtemps dans l’eau, absolument comme pour faire un pot-au-feu ou un bœuf-mode : on sait que si la concentration est grande, le bouillon se prend en gelée : il s’est précisément produit de la gélatine. L’extraction doit avoir lieu à la plus basse température possible. D’où la nécessité de la fractionner, c’est-à-dire de soutirer le produit de temps en temps. Leur qualité diminue à mesure que l’extraction demande une température plus élevée. Les premières cuites ont lieu à 45° ; les dernières jusqu’à 75.
Mais tandis que d’abord on soutire un produit peu coloré, ce qui vient en dernier lieu est brun ou noir.
Pour les os, au contraire, on opère en autoclave jusqu’à 135°, température qui correspond à 3 atmosphères.
Supposons obtenu le bouillon gélatineux : il faut l’évaporer à basse température (70°). On le verse dans un demi-cylindre de tôle dans lequel et au-dessus duquel tourne un système de serpentins en forme de spirale, chauffés intérieurement par la vapeur, leur surface extérieure se mouille en plongeant dans le liquide et présente, quand elle en sort, une aire d’évaporation considérable.
Le bouillon doit être purifié et décoloré. Quand il s’agit de préparer de la colle forte, on le laisse simplement déposer, ce qui supprime les débris fibreux et les matières étrangères. On utilise l’anhydride sulfureux pour les bouillons qui doivent devenir incolores.
On verse ensuite le bouillon dans des moules où il se solidifie par refroidissement. Enfin on découpe la gélatine ou la colle avant de les dessécher.
3° — Les gélatines fines servent à faire les confitures, les gelées de viande, à coller les vins et à clarifier les liquides alcooliques. Elles entrent dans la préparation des pâtes de fruits, des réglisses, des capsules pour médicaments. On les utilise dans le collage du papier, pour fabriquer des perles, etc., etc.
La gélatine est partie constituante des plaques au gélatinobromure. Nous allons voir que ses usages photographiques sont très nombreux.