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Complexité du phénomène

1 0 — L’expérience la plus simple que nous puissions imaginer est la •suivante. On opère avec une lumière sinon monochromatique, du moins dont les radiations .ont des longueurs d’onde peu différentes et sont traitées à peu près de mime par le réactif étudié. Pour préciser, si le réactif montre au spectroscope des bandes d’absorption, on choisit les radiations au voisinage des maximums ou des minimums du coefficient d’absorption.

Cette lumière quasi monochromatique traverse une cuve à faces parallèles dont on connaît et dont on peut faire varier l’épaisseur /; la -section du faisceau est d’un nombre connu de centimètres carrés.

Soit I0 l’intensité incidente.

Ap rès la traversée d’une couche d’épaisseur x, l’absorption ■réduit à :

f I = I0 exp ( — ocx) ;

•x est le coefficient d’absorption. La quantité du réactif décomposée en chaque point dans l’unité de temps (en réduisant les hypothèses à leur plus extrême simplicité) est une fonction de la concentration c et de l’intensité I. De sorte que la quantité totale décomposée dans l’unité de temps est de la forme :

Q — f(c, I) dx =z f[c , I0 exp ( — ax] . dx.

Les radiations actives sont, non pas nécessairement les plus absôrbées ni les seules absorbées; elles se trouvent simplement parmi les radiations absorbées. Autrement dit, pour qu’elles agissent, il est nécessaire que le milieu ne soit pas pour elles parfaitement transparent. Mais le milieu peut être opaque pour des radiations sans qu’elles agissent.

Quoi qu’il en soit, la détermination du coefficient d'absorption est si difficile, nous sommes a priori dans une si complète ignorance de la fonction f , qu’il est illusoire de chercher à appliquer la formule sinon Mans des cas très particuliers.

2° — On est ainsi conduit à prendre ou bien une cuve à faces parallèles extrêmement mince, ou bien une cuve si épaisse que toute la lumière active soit absorbée.

Dans le prenjier cas la décomposition est trop faible pour être dosée par les procédés chimiques (je ne dis pas qu’elle est indosable par tous les procédés); dans le second cas, on introduit une quantité considérable Me réactif inerte ou quasi tel, d’où encore un dosage difficile.

3° — La complexité ne s’arrête pas là.

A mesure que la réaction s’opère, le milieu change de nature. Non •seulement l’absorption varie, mais des corps apparaissent qui modifient l’intensité de faction lumineuse, qui peuvent même l’arrêter. D’où la nécessité d’introduire des corps qui éliminent à mesure les produits de

la réaction : c’est le rôle joué par les matières organiques (cellulose,, amidon, gélatine...) dans bon nombre de procédés ci-dessus décrits.

Le lecteur comprend maintenant pourquoi nous possédons si peu do renseignements quantitatifs certains sur les effets de la lumière.

Les dosages chimiques sont incapables d’une précision suffisante; seuls les dosages physiques sont susceptibles de différencier des résultats très voisins. Mais ces dosages demandent un matériel considérable et des connaissances étendues.

On trouve des gens qui pendant des années consentent à se servir d un photomètre pour (censément) étudier un climat, mais qui n’useraient pas six mois pour étudier leur photomètre. D’où un amoncellement demémoires qu’il est infiniment préférable d’ignorer. Malheureusement, et c est une preuve déplorable de 1 influence allemande, on veut découvrir des lois simples, générales, dans un minimum de temps qui oscille entre quinze jours et un mois.

Ce n est pas ainsi qu’on débrouillera le sujet qui nous occupe.

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