‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 338 sur 392 · Encrage et tirage · texte numérisé non relu

Encrage et tirage

1° — Encrage.

L’encrage au tampon se fait avec une espèce de bouteille à base hémisphérique, faite en chiffons tassés et enroulés. L'ouvrier la tient par le col. Il met un peu d’encre sur le marbre; il encre son tampon en

Physique. — II. Bouasse. <m

le faisant rouler sur sa base. Il répète ensuite l’opération sur la planché légèrement chauffée par un fourneau; il remplit ainsi les tailles. Le difficile est dans l’essuyage. Suivant que la planche est essuyée par un habile ou une mazette, le résultat diffère du tout au tout. Il faut en effet nettoyer la planche là où elle n’est pas entaillée; mais il ne faut pas vider les tailles. D’où le rôle d’une succession de chiffons (de mousseline en général) de plus en plus propres et de plus en plus doux.

Pour l’essuyage la planche est retirée d’au-dessus du fourneau; on jette dessus quelques gouttes d’eau potassée et on passe les chiffons.

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Fig. 257.

Jusqu’à ces derniers temps, on considérait l’encrage et l’essuyage d’une taille-douce comme impossible mécaniquement. On a récemment imaginé l’emploi de cylindres de cuivre gravés extérieurement par l’héliogravure (§ 381) qu’on encre et qu’on essuie avec des cylindres correspondants. Ce procédé a l’avantage de ne pas exiger l’impression sur papier couché. La difficulté du procédé est Y habillage du texte autour des illustrations. Il faut composer le texte, le photographier, bref le considérer lui-même comme une illustration. Le journal le Miroir est imprimé par ce procédé à un très grand nombre d’exemplaires.

L’encrage et l’essuyage à la main sont employées pour les épreuves artistiques. On procède avec de l’encre peu liquide. On applique l’encre avec le doigt, on l’étale avec le tampon. On nettoie le gros avec des chiffons; on continue l’essuyage avec la paume de la main séchée, en ayant soin de passer normalement aux tailles. Il faut beaucoup d’habi-

REPRODUCTION ET IMPRESSION EN CREUX

tude pour réussir, mais on tire d’une planche des effets extraordinaires. On dit que la planche est garnie, engraissée, quand intentionnellement certaines parties du travail ont été incomplètement essuyées par l’imprimeur; il y a retroussage quand l’encre déborde de la taille et épaissit le trait. 1

Les traits torts d’une épreuve en taille-douce présentent un relief qu’il est facile de reconnaître en passant dessus le doigt; on fait commodement l’expérience sur une carte de visite.

2° — Tirage.

Le tirage est généralement effectué par laminage avec une presse à bras. Elle est composée de deux rouleaux de fer ou d’acier, entre lesquels passe une table T en 'fer ou en acier : les rouleaux sont appuyés contre la table au moyen de cales en carton (parfois d’une vis V) par I intermédiaire de demi-coussinets en bois ou en métal.

On applique sur la planche le papier légèrement humide ; on superpose une feuille de papier servant de garde, puis des langes pour donner du foulage. On amène le biseau de la planche contre le cylindre supérieur qu on lait tourner avec des bras (quatre, non représentés) fixés en croix. Telle est la presse en taille-douce, restée identique à elle-même, surtout dans sa forme, depuis des temps reculés.

Dans les presses en taille-douce de grand format, les cylindres sont actionnes à bras par une manivelle qui agit par l’intermédiaire d’un train d engrenages; des embrayages convenables complètent l'installation.

La pression necessaire est énorme; le papier garde toujours la trace

c es biseaux de la planche. Le papier, littéralement laminé, est allongé par 1 opération. h

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