Clichage. Stëréotypie
Quand un ouvrage est destiné à être souvent réimprimé avec des corrections nombreuses et disséminées, force est de le conserver en mobiles. Citons comme exemple l’Indicateur des chemins de fer ou le Bottin. On se représente difficilement la place que tient la composition des trois volumes du Bottin, le poids et corrélativement la somme que représentent les caractères.
Si l’ouvrage ne doit être réimprimé qu’après un temps assez long et
sans corrections trop nombreuses et trop disséminées, on le cliché de manière à rendre disponibles les' caractères (qui sont redistribués dans la casse, ou dans des casiers plus volumineux).
Le clichage consiste a mouler la composition de manière que chaque page devienne un solide; d’où le nom de stéréolypie donné à ce travail.
Il faut d’abord prendre une empreinte en creux de la page composée, au moyen d’une matière assez molle et qui puisse durcir. On se sert d une espèce de carton (flan) formé de feuilles de papier superposées et séparées par de la colle de pâte dans laquelle on incorpore du blanc d'Espagne. On prépare le flan vingt-quatre heures à l’avance.
Pour prendre Y empreinte, on étale le flan sur la composition égalisée et légèrement graissée; on frappe avec une brosse de manière que les lettres entrent dedans et s’y moulent. On sèche à chaud et on démoule. Pour obtenir le cliché , on coulode l’alliage d’imprimerie dans l’empreinte légèrement talquée. On réalise ainsi un stéréotype : les lettres d’une page forment un bloc.
Pour les livres, on conserve les empreintes ; on ne procède au clichage proprement dit que si l’ouvrage atteint un second tirage (je ne dis pas une seconde édition , parce que le mot édition implique que l’ouvrage est recomposé en mobiles).
L’avantage des empreintes, outre la disponibilité des caractères, est de n’exiger pour leur conservation qu’un emplacement restreint, ce qui n’est pas le cas de la composition en mobiles. Leur prix est modique.
Le clichage est indispensable à la composition des journaux parce qu’il permet de multiplier les clichés d’une même composition, par suite d’imprimer sur plusieurs presses et surtout d’utiliser la machine rotative (§ 394).
Quand il s’agit de caractères très beaux dont on veut conserver tous les déliés, on prend l’empreinte en gutta, on la métallisé et on obtient le relief par la galvanoplastie. Le galvano étant très mince (de l’ordre de 50 (x), on le double avec de l’alliage d’imprimerie : on le pose sur un marbre, on le garait de réglettes d’acier formant une cuve peu profonde dans laquelle on coule le métal fondu.