‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 381 sur 392 · Machine à fabriquer le papier · texte numérisé non relu

Machine à fabriquer le papier

Le lecteur comprendra maintenant en quelques mots l’essentiel de la fabrication à la machine : c’est purement et simplement l’obtention mécanique continue des opérations qu’on effectuait à la main. Certes les machines sont compliquées, mais leurs gestes élémentaires sont très simples.

1° — La forme est remplacée par une toile métallique sans fin qui

APPENDICE I

peut avoir 1 m. 50 de largeur utile. Elle est entraînée par des rouleaux, elle s’appuie sur des rouleaux presses dont nous verrons le rôle, elle est tendue par d’autres rouleaux. Dans la partie horizontale de sa course, des bielles lui imposent (grâce à son élasticité) un mouvement alternatif rapide, de p„etite amplitude, dans son plan (horizontal), normalement à sa longueur; cette oscillation trépidante, qui remplace Tagitation que l'ouvrier donnait à la forme , aide au feutrage. Mais n’ayant lieu que dans un sens, le papier est moins uniforme de propriétés dans toutes les directions. D’où résulte que la résistance à la traction est plus grande dans le sens du mouvement sans fin de la toile (sens longitudinal) que dans le sens transversal : preuve que les fibres se rangent en plus grand nombre dans le sens longitudinal. La vitesse du mouvement sans fin est déterminée par le temps nécessaire au feutrage (10 à 20 secondes), et par la longueur de la toile sur laquelle il s’opère (2 m. 50 environ).

La pâte, convenablement étendue d’eau et brassée (le feutrage est d’autant plus parfait qu’elle est plus étendue d’eau) est uniformément répandue sur la toile au début de sa course horizontale. L’eau s’écoule peu à peu, les trépidations transversales égalisent l’épaisseur et facilitent le feutrage. La dessiccation est activée par le passage de la toile au-dessus d’une boîte rectangulaire où l’on produit un vide partiel. Bref, la toile entraîne d’une manière continue une feuille de papier qui se refait indéfiniment à un bout.

Déjà privée d’eau par l’agitation et l’aspiration, la feuille est appliquée sous un rouleau égoutteur en toile métallique, puis entre deux cylindres de cuivre garnis de feutre qui lui donnent par pression une consistance suffisante. La première partie de l’opération est terminée.

2° — La feuille quitte la toile sans fin qui revient par-dessous et, dans sa course de retour, passe sous des rouleaux qui la guident et la tendent.

La feuille est alors prise par un premier feutre F sans fin qui, comme la toile métallique, est au-dessous d'elle ; il la conduit entre des cylindres compresseurs de cuivre. Pendant ce temps elle repose d’un côté sur le feutre, de l’autre, sur un cylindre nu. Elle sort de ce laminoir avec un endroit et un envers. Elle quitte alors le feutre F, pour être prise par un feutre F' qui est au-dessus d’elle : il la conduit entre deux nouveaux cylindres compresseurs qui égalisent les deux côtés de la feuille.

Il ne reste plus qu'à sécher et satiner le papier. Pour cela un feutre sans fin l’applique contre des cylindres de cuivre ou de fonte chauffés intérieurement à la vapeur. Il passe dans des laminoirs qui l’égalisent et suppriment les rugosités de sa surface. Enfin il est reçu par des dévidoirs qui l’emmagasinent en rouleaux dont la longueur peut être aussi grande qu’on le désire. *

Le lecteur retrouve dans la fabrication mécanique la série des opéra lions de la fabrication à la main.

FABRICATION DU PAPIER

Pour le tirage des journaux à la presse rotative, le papier est laissé en rouleaux; il est seulement convenablement rogné latéralement. Pour le tirage à la presse ordinaire, les rouleaux sont débités en feuilles de longueur convenable.

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