‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 382 sur 392 · Blanchiment de la pâte · texte numérisé non relu

Blanchiment de la pâte

Pour ne pas couper ma description, j’ai supposé qu’on employait des chiffons assez propres pour qu un lessivage ordinaire avec un carbonate alcalin leui îendit une blancheur suffisante. C’était du reste ainsi qu’on piocedait a\ant que Berthollet découvrît les procédés du blanchiment chimique.

Aujourd’hui, surtout avec l’emploi des succédanés de chiffon (§6), la pâte doit être chimiquement blanchie. On utilise pour cela le chlore gazeux ou le chlorure de chaux.

1 Poui blanchir au chlore, la pâte humide est étalée en couche mince sur des tablettes, disposées dans des chambres de manière à faire chicanes. Le chloi e est amené par la partie supérieure de la chambre, lentement pour que réchauffement qui résulte de la réaction, soit faible. L opération dure vingt-quatre heures. Pour blanchir une tonne de pâte, on utilise le chlore fourni par 60 kilogrammes de bioxyde de manganèse et 100 kilogrammes d’acide chlorhydrique commercial.

Le chlorure de chaux est le produit de l’action du chlore sur la chaux. C’est un mélange d’hypochlorite de calcium (C10)2Ca et de chlorure de calcium Cad", a\ec de la chaux hydratée en excès. L hypochlorite agit exactement comme le chlore; la valeur commerciale du chlorure de chaux est proportionnelle à la quantité d’hypochlorite contenue.

On commence par dissoudre le chlorure de chaux pour éliminer les impuretés insolubles ; on décante de manière à obtenir une solution limpide. Pour le blanchiment des pâtes, on ajoute à 100 kilogrammes de pâte supposée sèche, 1 500 litres de la solution contenant environ 40 kilogrammes de chlorure de chaux. L’opération se fait dans des caisses plates présentant une grande surface libre, permettant ainsi l’action rapide de l’anhydride carbonique de l'air. Cet acide attaque 1 hypochlorite, met l’acide hypochloreux en liberté et donne du carbonate de calcium. L’acide hypochloreux se décompose et agit par ses éléments oxygène et chlore; le dernier décompose l’eau en fournissant de l’acide chlorhydrique et de l’oxygène : en définitive, le blanchiment est elfectué par oxydation. La petite quantité d’anhydride carbonique contenue par l’air explique la lenteur de l’opération. Pour la hâter, on ajoute parfois un peu d acide sulfurique ou d acide chlorhydrique, il est préférable d’utiliser un courant de gaz carbonique.

2° Le blanchiment doit être suivi d’un lavage à grande eau qui enlève le chlore en excès et les acides. Pour vérifier que le chlore a complètement disparu, on utilise le réactif obtenu en faisant bouillir 1 partie d’iodure de potassium, 2 de fécule de pomme de terre, 3 d’eau.

Physique. — II. Bouasse. 33

APPENDICE I

S’il reste du chlore, il met l’iode en liberté : le réactif se colore en bleu.

Pour économiser du temps, on emploie les antichlores. Le plus commun est le sulfite de soude : sous l’action du chlore, il donne du sulfate de soude et de l'acide chlorhydrique. Le sulfite de chaux donne du sulfate de chaux qui reste dans la pâte et 'sert de charge. On utilise également les sulfures alcalins, l’ammoniaque....

A. Encollage du papier.

Nous avons vu l’encollage se faire à la main dans une solution de gélatine additionnée d’alun. Le papier ainsi encollé ne l'est que superficiellement : si l'on gratte, il devient buvard. On connaît depuis toujours le moyen de lui permettre de supporter à nouveau l’écriture sans que l’encre flue et s’étende : on saupoudre de sandaraque (résine) la partie écorchée et l’on frotte avec un corps arrondi.

L’encollage à la cuve est une heureuse imitation de ce procédé due à Montgolfier. On amène la résine (colophane) à l’état de savon résineux en faisant agir dessus de la soude ou du carbonate de soude. Dans une solution étendue de ce savon, on ajoute delà fécule. On chauffe; la fécule gonfle, épaissit le liquide et aide à maintenir le mélange homogène.

On verse cette colle résineuse sur la pâte à papier; on agite pour répartir uniformément. Enfin on ajoute de l’alun. La résine combinée à l’alumine de l’alun se fixe sur les fibres et les rend hydrofuges. Le papier, fabriqué comme nous avons dit, est encollé dans la masse ; il ne devient pas buvard ou brouillard après grattage. D’autre part la fécule rapproche et agglutine les fibres du papier. On reconnaît les papiers contenant de la fécule à leur bleuissement sous l'action de l’iode. Le lecteur se rappellera le rôle de l’amidon dans l’apprêt du linge empesé.

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