‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 388 sur 392 · SUR LA FRÉQUENCE DES LETTRES (POLICE DES FONDEURS · texte numérisé non relu

SUR LA FRÉQUENCE DES LETTRES (POLICE DES FONDEURS

A propos du télégraphe Morse et de l’alphabet Braille, la question de la fréquence relative des lettres s’est incidemment posée. Il est évidemment convenable de représenter par les signes les plus simples les lettres qui reviennent le plus fréquemment. On conçoit que, dès les premiers temps de l’imprimerie, les fondeurs de caractères aient établi ce qu’on appelle une police , c’est-à-dire aient déterminé dans quels rapports ils doivent fondre les diverses lettres.

Avant d’indiquer la police ordinairement suivie en France, quelques remarques sont nécessaires.

Tout d'abord l’expérience montre que les lettres commençant les mots ne sont pas dans le même ordre de fréquence que les lettres considérées indifféremment au début ou dans le corps du mot.

Développons ce point.

Soit établi l'ordre de fréquence des lettres en comptant 100 000 lettres dans un texte et en déterminant combien de fois reviennent l’a, le b, etc. ; nous obtenons ainsi la police des minuscules.

Reprenons le travail sur 10 000 mots en ne considérant que- les lettres de début; nous obtenons un nouvel ordre. La fréquence des lettres y est à peu près proportionnelle à la place qu’occupe chaque lettre dans un dictionnaire de la langue française. Les mots commençant plus souvent par des consonnes, les voyelles perdent de leur importance relative. Ainsi l’e qui revient près de deux fois plus souvent que le c dans la première statistique, occupe cependant moins de place que le c dans un dictionnaire.

Refaisons une troisième fois le travail sur 10 000 phrases, en ne considérant que les lettres capitales : nous obtenons la police des capitales dont l’ordre n’est pas nécessairement le même que l’ordre déterminé en second lieu, les phrases ne commençant pas indifféremment par tous les mots. Par exemple un grand nombre de phrases françaises commençant parye, il ou ils , l’I ou le J majuscules sont avantagés.

Ainsi dans chaque langue nous pouvons déterminer trois rangements par ordre de fréquence qui sont assurément différents.

Mais la question est encore plus complexe. Chaque écrivain a son

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