Correspondance des deux foveas
fes f°veas se correspondent ; en d'autres termes, nous voyons p es es o jets dont les images binoculaires se forment sur les foveas
Æsïïxr "'c,“ “““ * *«—
Un strabique convergent, alternant, subit le même jour la section des muscles droits internes. Aussitôt après le débridement des muscles les foveas se portent vers le point de fixation qui est vu simple Avant 1 operation le patient neutralisait une des images; en réalité if n’utilisait îmultanement qu un œil. S’il s’était servi à la fois des deux, il aurait
facnllé if r 318 SOn strablsme élant alternant, il avait conservé la faculté de fixer : consequemment, dès que la ténotomie permit le loue-
Les yeux ont une tendance naturelle à se diriger de manière que les images du point fixe tombent simultanément sur les foveas Nous sommes donc conduits à admettre la correspondance innée des foveas;
qui, i epetons-le, ne gene en aucune manière la théorie empiriste’ en raison des idees actuelles sur l’hérédité. Nous nous retrouvons avec stupeur les gestes que nos parents avaient au même âge et dont nous vions perdu jusqu au souvenir; pourquoi ne pas admettre une tenance particulièrement utile se transmettant de père en fils après une longue période de stabilisation?
f‘ ~ Voicl maintenant le problème longtemps litigieux.
n strabique peut-il créer une fovea vicarianle , une fovea auxiliaire ■> On 1 a cru longtemps et l’on donnait le fait comme une preuve cruciale de la correspondance empirique des points des deux rétines.
Mais les phénomènes ont une tout autre interprétation.
Un strabique alternant fixe un point A avec l’œil gauche (fig. 43); pour ne pas voir double, il neutralise la sensation de l’œil droit.
Supposons que brusquement et sans mouvement des yeux , il porte son attention sur l’œil droit : il voit le point A en vision indirecte.
Pour éviter la diplopie, il apprend à projeter correctement cette ima^e indirecte, c’est-à-dire à la localiser là où se trouve l’objet A. On ne peut pas dire qu’il fusionne les deux images foi oc, puisqu’il n’en voit jamais qu’une à la fois; sa vision ne cesse pas d’être monoculaire. Il
VISION DES FORMES
utilise successivement deux appareils dont, par expérience et par commodité, il parvient à raccorder les indications, à les localiser extérieurement au même endroiÇpar rapport à son propre corps.
On ne saurait donc ici parler de points correspondants pour les rétines, au sens que nous avons défini, tes appareils ne servant jamais ensemble. Il est incorrect de supposer l'existence d’une fovea vicariante a, faisant l’usage de la vraie fovea et correspondant par habitude à la fovea de l’autre œil.
Nous reviendrons sur ce sujet (§ 69); nous chercherons ce qui arrive quand une opération modifie brusquement le strabisme; nous verrons ce que devient et comment se transforme le système de correspondance empirique des sensations fournies par les deux appareils de vision utilisés successivement.
53. Hypothèse simple sur la correspondance des points des rétines.
1° — Les lois énoncées au § 51 ne résolvent pas complètement le problème de la correspondance des points des rétines.
Nous avons vu qu’il reste deux fonctions à déterminer :
Aôi, K) = °> <?(Pt» pJ^0-
L’hypothèse la plus simple consiste évidemment à poser :
— 02, Pi — p2-
Superposons les loveas, puis les horizons rétiniens : tous les points qui sont alors superposés, se correspondent. Prenons comme axes rectangulaires les horizons rétiniens et les droites normales passant par les foveas; les points correspondants ont même coordonnées.
2° — Horoptères.
Le problème des horoptères consiste à déterminer, pour chaque point de fixation , le lieu des points lumineux vus simples, c’est-à-dire dont les images (nettes ou non) se font sur des points correspondants de la rétine. Il est parfaitement déterminé.
En effet la loi de Listing nous apprend quelles sont les positions des rétines par rapport aux positions primaires, quand on donne le point de fixation. -
Joignons deux points correspondants aux points nodaux postérieurs des yeux; menons des parallèles par les points nodaux antérieurs. Si les lignes ainsi déterminées se rencontrent, leur point d’intersection appartient à l’horoptère caractéristique du point de fixation choisi.
Comme les points de l’horoptère sont généralement à des distances de l’œil différentes de celle du point de fixation, ils sont vu§ simples, mais généralement ne sont pas vus nets.
3° — Horoptère de Muller.
La loi de correspondance simple ci-dessus admise est suffisamment exacte pour les yeux normaux. Le plan du regard R dans lequel sont
VISION BINOCULAIRE
les droites vues simples, plan définissant les horizons rétiniens, est alors horizontal, la tête étant placée droite et regardant au loin.
Lorsque le point de fixation se déplace dans le plan R, les horizons rétiniens glissent sur le plan horizontal (§ 29) : il n’y a pas de rotation des yeux.
Dans ces conditions déterminons l’horoptère pour un point de fixation A quelconque du plan R (fig. 44).
Montrons qu’il se compose d’un cercle horizontal passant par le point A et par les cen- Fig. U.
très optiques oculaires
C, et C2, et d’une verticale passant par le point V de ce cercle à égale distance de Ct et de C2.
et a2 sont les foveas; le plan du tableau est horizontal.
On a pour un point B quelconque du cercle susdit :
donc les points bv et 62 des deux rétines se correspondent.
Les plans verticaux passant par V et par les centres optiques ont pour traces sur les rétines des droites qui se correspondent. Les points de la verticale V étant également distants de C4 et de C2, leurs images
sont des points correspondants des verticales rétiniennes précédemment définies.
On ^rifiera que les images des points extérieurs à cette circonférence
et à cette droite ne tombent pas sur des points correspondants des rétines.
Lorsque les lignes visuelles sont horizontales et parallèles (quand on fixe un point situé à 1 infini sur l’horizon), tous les points à distance fixée sont vus doubles. En effet le cercle et la droite horoptère qui comprennent tous les points vus simples, passent à l’infini. On peut encore dire que les points correspondants de la rétine sont conjugués de directions extérieures parallèles qui ne peuvent se couper qu’à l’infini.