‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 61 sur 392 · Strabisme convergent alternant · texte numérisé non relu

Strabisme convergent alternant

Plaçons-nous en face du sujet. Sans cause apparente, il vous regarde avec 1 un ou l’autre de ses yeux: Levons notre main droite : qui est par conséquent à gauche du patient; c’est son œil droit qui fixe; le gauche est dévié. C'est au contraire l'œil gauche du patient qui fixe; si l’objet à regarder est à sa droite, c’est-à-dire à notre gauche. Tout cela, en raison de la loi de moindre effort.

Plaçons deux observateurs à peu près dans les directions des lignes visuelles du patient. Pour les regarder alternativement, le strabique

VISION DES FORMES

alternant fait des mouvements insignifiants : il se borne quasiment à un déplacement d'attention , alors qu’une personne saine doit user de rotations oculaires étendues.

Dans cette expérience le patient voit les têtes des observateurs à leur vraie place, tandis qu’un sujet sain qui, par une violente contraction des droits internes, réussit à loucher fortement, fusionne les images de ces têtes. Autrement dit, le strabique dissocie les images qui tombent simultanément sur les foveas, tandis que le sujet sain les confond.

Les yeux de ces strabiques sont également bons; aussi louchent-ils

fortement dans la nécessité d’écarter des images qui sont parfaites et dont ils ne peuvent neutraliser l’une qu’à la condition qu’elle diffère beaucoup de l’autre.

Jamais ils ne se servent simultanément de leurs yeux; ils savent neutraliser alternativement les indications de l’un et de l’autre, et transporter leur attention de l’un sur l’autre avec une extrême rapidité. Quand ils fixent l’objet G avec l’œil gauche, ils voient en vision indirecte l’objet D : ils savent localiser d’une manière correcte par rapport à leur corps aussi bien l’image directe que l'image indirecte. De même quand ils fixent l’objet D avec l’œil droit et voient indirectement l’objet G, ils localisent correctement ces deux objets.

Ils se sont donc accoutumés à localiser au même endroit par rapport à leur corps le même objet vu par l’un des yeux en vision directe, par l’autre aussitôt après en vision indirecte; ce qui revient à dire qu’ils apprécient correctement la parallaxe qui résulte de leur strabisme.

La vision simple de ces strabiques a donc un tout autre caractère que celle des yeux sains : elle provient d’une vision qui est toujours monoculaire , avec établissement d’une relation correcte entre les champs de vision des deux yeux utilisés alternativement.

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