‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 64 sur 392 · Exercices avec le stéréoscope, avec les prismes · texte numérisé non relu

Exercices avec le stéréoscope, avec les prismes

1 0 — Le stéréoscope tel qu’il est ordinairement employé (§§ 77 et suivants), sert à obtenir la sensation du relief à partir de deux images planes différentes. Dans le traitement du strabisme, il sert au contraire à obtenir la fusion binoculaire de deux images identiques.

Insistons sur son rôle.

En raison du strabisme, les images dans les deux yeux d’un objet unique A sont placées d’une manière si différente par rapport aux foveas que le malade n’a aucun guide dans la recherche de leur fusion; il en est réduit à neutraliser l’une d’elles. On substitue donc à l’objet unique A deux objets identiques A1 et A2 placés de manière que leurs images respectives dans les deux yeux ne soient pas trop distantes. Le patient s’exerce à les fusionner. Si la distance des objets Kv et A2 est variable, on amène peu à peu le malade à fusionner leurs images lorsqu’ils se rapprochent, enfin lorsqu'ils coïncident : le strabisme est alors guéri.

Pour obtenir le résultat précédent, on pourrait effectivement utiliser deux objets Al et A2 identiques et placés à une certaine distance l’un de l’autre et du patient. Il est plus commode, en particulier moins encombrant d’employer un stéréoscope.

2° — Voici la forme usuelle des stéréoscopes médicaux.

Deux lentilles verticales de 10 dioptries Li et L2 sont mobiles sur la tige P au moyen d’une vis à filets inverses (non représentée).

Les dessins at et a2 glissent le long de la planchette P' ; enfin cette planchette elle-même coulisse sur la traverse T, ce qui permet de placer les dessins à une distance connue des lentilles.

Les lentilles donnent des dessins ax et cç deux images virtuelles Ay et A, dont les distances aux yeux Ot et 02 sont aisément calculables, et qui leur servent d’objets réels.

En écartant plus ou moins les lentilles où les dessins, il est donc facile d’obtenir que les images soient à des distances connues l’une de l’autre et des yeux.

Par exemple si le strabique est convergent, en rapprochant les dessins ou en éloignant les lentilles, on amène les images Ay et A2 à être

Fig-. 55.

VISION DES FORMES

simultanément vues par les deux yeux. L’exercice consiste à maintenir la fusion quand on rapproche les lentilles.

On augmente le champ de l’appareil en plaçant devant les lentilles deux prismes, de 10° par exemple, avec leurs arêtes verticales tournées en dehors ou en dedans. Ils produisent chacun un déplacement angulaire voisin d’environ 5°.

3 0 — Lorsqu’on procède aux exercices avec le stéréoscope, le grand écueil est la neutralisation de l’une des images. Pour qu’il soit possible de contrôler à chaque instant l’existence de la vision binoculaire, on emploie des dessins non pas identiques, mais complémentaires. Par exemple ce sont deux textes typographiques dans chacun desquels manquent des lettres qui se trouvent dans l’autre : il faut que la vision binoculaire rétablisse le texte en son entier.

4° — Stéréoscope a charnières de Javal.

Quand la déviation est très grande, on doit utiliser le stéréoscope à miroirs et charnières de Javal.

Il se compose de deux miroirs Mt et M2 et de deux planchettes Pt et

P2que des tirants Tt et T2 maintiennent à 45° des miroirs. Les miroirs sont articulés à charnière de manière qu’on puisse faire varier leur angle 6. Les dessins ax et a% sont plaqués contre les planchettes. Leurs images sont en A4 et A2. Quand on modifie l’angle 0, les images se déplacent sur un cercle de centre G.

Quand l’angle 0 vaut 90°, les planchettes P sont parallèles et les points A coïncident : nous retombons sur le stéréoscope de Wheatstorie (§ 80).

5° — Exercices avec les prismes.

On peut aider la vision binoculaire et la fusion des images avec des ' prismes qu’on prend d’abord d’angle assez grand, puis à mesure que

VISION BINOCULAIRE

1 éducation s acquiert, d’angle de plus en plus petit. Mais c’est un pro-

cédé qui n’est guère pratique et qui en tout cas est très inférieur à celui du stéréoscope.

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