‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 85 sur 392 · Grandeur et distance des objets · texte numérisé non relu

Grandeur et distance des objets

1° — La vision monoculaire ne renseigne pratiquement pas sur la dis-

VISION DES FORMES

tance. Théoriquement la sensation du degré d’accommodation permet une estimation delà distance : l’expérience montre qu'elle est très vague, même pour les yeux exercés et dans les conditions les meilleures.

La vision monoculaire ne fournit donc que la direction et la distance angulaire de deux points (angle apparent). Suivant la distance à l’œil de l’endroit où nous les localisons, ils nous paraissent proches ou éloignés l’un de l’autre. Inversement suivant la distance que nous supposons entre eux, ils nous paraissent proches ou éloignés de nos yeux.

Voici une expérience démonstrative.

Regardons une bougie en tenant un prisme d’une dizaine de degrés devant la moitié de la pupille : nous avons deux images. Rapprochons

ou éloignons la bougie : les deux images nous paraissent se rapprocher ou s’éloigner l’une de l’autre, bien que leur distance sur la rétine reste invariable. Mais ces images devenant plus petites quand nous éloignons la bougie, nous avons conscience de cet éloignement : l’angle apparent restant le même, nous considérons les images comme plus éloignées l’une de l’autre.

2° — Quand rien ne nous aide, nous faisons sur les distances des erreurs extraordinaires; par exemple, sur l’appréciation de la longueur d’un tunnel dans lequel nous sommes et dont nous voyons la sortie.

Les erreurs d’estimation de la grandeur relative d’objets même voisins, sont parfois singulières.

La nécessité d’interpréter fait que dans un dessin nous jugeons fort mal des dimensions réelles. La ligure 84 représente une série d’arches régulières; par rapport à la première, la dernière nous paraît plus grande qu’elle n’est. Nous la grandissons instinctivement parce que nous savons qu'elle représente une arche égale à la première. Elle est reportée en vraie grandeur dans celle-ci pour qu’on puisse juger de ses dimensions réelles.

On met un pain à cacheter au foyer d’une loupe. L’image est à l’inlini ; l’angle sous lequel elle est vue, ne dépend pas de la distance de l’œil à

ILLUSIONS VISUELLES

la loupe. Cependant sa grandeur apparente croît à mesure que l’observateur s’éloigne. Cela tient à ce que l’image couvre une portion de plus en plus grande de la lentille et (voici le jugement erroné) que nous la localisons non pas à l’infini, mais immédiatement derrière celle-ci.

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