‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 86 sur 392 · Grandeur de la Lune à l’horizon · texte numérisé non relu

Grandeur de la Lune à l’horizon

Analogue se présente le fameux problème de la grandeur de la Lune à l’horizon. Elle y paraît incomparablement plus grande qu’au zénith. C’est dire que nous l’y croyons beaucoup plus éloignée; c’est encore dire que nous imposons à la voûte céleste non pas la forme sphérique, mais celle d’une coupe aplatie. Le problème est donc de savoir pourquoi nous ne considérons pas le ciel comme sphérique : il est loin d’être résolu.

C’est un fait qu’instinctivement nous nous représentons le ciel

comme une coupole posée sur la Terre (fig. 85) : « Tous les hommes, dit Euler, les savants aussi bien que les idiots, sont également dupes sur cet article-là ».

Nous pouvons attribuer cette illusion à l’habitude d’être dans des salles dont nous sommes toujours tentés de sous-estimer la hauteur:

On a prétendu que les objets à l’horizon nous semblent plus gros qu’au zénith parce qu’entre eux et nous apparaissent beaucoup d’autres objets. Gela peut être, bien qu’Euler soutienne que la Lune paraît toujours plus grosse à l'horizon, même regardée dans un tube cachant les objets terrestres.

Helmholtz trouve que la lune à l’horizon reprend ses dimensions coutumières quand on la regarde par réflexion sur une glace sans tain, alors même qu’on ne cesse pas de voir les corps environnants.

Au surplus l’effet n’est surprenant par sa grandeur que si l’air est brumeux et l'éclat de l’astre diminué : serait- ce en raison de la perspective aérienne?

Bravais signale une singulière illusion analogue à la précédente.

On dessine une côte présentant de grandes inégalités de terrain, vue d'un navire situé à une distance assez grande. L'expérience prouve qu’on figure les distances verticales à une échelle plus grande (sensiblement double) que les distances horizontales.

VISION DES FORMES

Fig. 86.

98. Illusion binoculaire sur la distance. Estimation de la distance absolue.

I o On regarde une toile métallique G placée dans un plan de front.

Les yeux sont en .0, et 02 (fig. 86).

Les mailles ont par exemple un côté s de 4 millimètres ; la distance d des yeux à la toile est 30 centimètres; la distance e des centres des pupilles est 64 millimètres.

L’expérience montre qu’on peut se faire illusion sur la distance et voir o2 la toile dans un

des plans gv cj 2, g2J

ou

se coupent les rayons visuels allant des yeux aux fils.

L’explication est immédiate : au lieu de fusionner les images du même fil ( n — o), nous fusionnons les images de fils qui se trouvent à la distance ne les uns des autres.

Exprimons la distance x d’un plan g quelconque au plan G. On a :

ned

e — ne

Avec les données ci-dessus choisies et pour les plans au delà de la toile (x > 0), on a :

e : e = 16, d = 30cœ, x= J?0" -centimètres.

x = 0 2,0 4,3 7,0 10,0 etc. ... oo .

En faisant n négatif, on obtient la série des plans compris entre la toile et l’œil :

— x — 0 1,8 3,3 4,7 6,0 etc. ... 30.

Quand la toile paraît plus loin qu’elle n’est, en approchant un doigt, on la touche alors qu’elle paraît encore en arrière du doigt.' On passe du reste d’un plan g à un autre brusquement et sans qu’on sache généralement pourquoi. On peut réaliser l’une des illusions à coup sûr en plaçant un objet dans le plan g où l’on veut voir la toile; il détermine la convergence et l’accommodation simultanément nécessaires.

S’il existe une marque particulière dans un des carrés de la toile,

IL L US IONS VIS UELLES

l’illusion reste possible mais la marque est dédoublée; ce qui était à prévoir en vertu du § 79.

L’expérience réussit avec tout système périodique de dessins, par exemple avec les papiers peints dont la période est assez petite pour rendre la fusion facile; la tenture semble planer à quelque distance du mur qui la porte.

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