‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 87 sur 392 · Mouvements relatifs · texte numérisé non relu

Mouvements relatifs

1° — Nous ne pouvons connaître que les mouvements relatifs : par exemple, nous n’avons pas conscience d’étre entraînés par la Terre avec une vitesse pourtant formidable.

D’où l’illusion bien connue des trains en marche relative : on croit être parti quand s’ébranle le train qui stationne à côté.

Le jugement, est déterminé par des principes divers. Parfois on considère comme immobile la partie la plus grande du champ visuel, comme mobile la plus petite. Parfois interviennent les circonstances accessoires : chocs qui accompagnent le départ, effet de l’inertie sur le corps,

2° — Quand on a longuement regardé à la portière d’un train ou contemplé une chute d’eau, on est affecté d’une sorte de vertige visuel qui fait voir les corps immobiles par rapport à nous, animés d’un mouvement de sens inverse de celui qu’avaient précédemment les objets mobiles contemplés.

Quand le train s’arrête, le paysage paraît fuir en avant du train; l’eau quasi immobile de la rivière au-dessus ou au-dessous de la chute paraît remonter vers sa source.

L'explication du phénomène est dans les petits mouvements involontaires, le plus souvent inconscients qu’on impose à l’œil pour suivre les corps en mouvement.

Quand par suite de l’arrêt du train, ces mouvements deviennent inutiles, nous attribuons le fait au déplacement des corps en sens contraire. Pour que le vertige se produise après l’arrêt du train, il faut que ces petits mouvements existent et qu’on n’en ait pas pleine conscience; pendant que le train marche, on empêche donc le vertige de se préparer * en fixant un point immobile relativement à nous (un point de la glace devant laquelle se déroule le paysage) ou en réalisant des mouvements volontaires étendus.

3° — Antuiiiéoscopes.

On a construit des appareils pour provoquer à volonté le phénomène précédent.

Le plus simple es! une très large courroie sans fin de toile; elle passe sur deux poulies plates auxquelles on impose une vitesse angulaire variable à volonté. Sur la courroie on trace de gros traits noirs perpendiculaires à sa grande dimension. Si la vitesse n'est pas trop grande, l’œil cherche à les suivre : d’où petits mouvements involontaires et.

VISION DES FORMES

inconscients, et production du phénomène quand l’observateur regarde ensuite des objets immobiles.

L’appareil d’Oppel est plus compliqué.

Il se compose de six rouleaux de bois verticaux cibccba , placés les uns à côté des autres dans le môme plan, recouverts d’un papier blanc sur lequel on trace quelques spires d’une hélice.

Lorsque les rouleaux tournent, les parties visibles des hélices montent ou descendent. Coaxialement aux rouleaux sont fixées des poulies qu’on entraîne avec une corde sans fin par un procédé quelconque. En prenant les rayons des poulies b plus petits que ceux des poulies a, les rayons des poulies c plus petits que ceux des poulies 6, on imite l'écoulement inégal d’une cascade plus rapide du centre qu’aux bords.

L’expérience montre que le vertige disparaît quand on fixe un point placé en avant de la toile ou des rouleaux. Il y a naturellement une vitesse optiina : si la vitesse est très petite, nous suivons aisément les repères; si elle est trop grande, les repères disparaissent en raison de la persistance des impressions lumineuses.

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