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peut cultiver la terre, qu'il taille le cristal, aidé de sa femme et de sa fille, qu’il polit spécialement ces brillantes pendeloques qui firent pendant longtemps la décoration des lustres de Bohème et le désespoir de la fabrication étrangère.
C’est ce même mode de travailler, qui nous fait faire concurrence par la Suisse pour notre fabrique de Lyon. Aussi les fabricants de soie ont-ils bien compris ce fait économique, et ils favorisent la dispersion des métiers dans les villages et les campagnes. Les directeurs de notre belle fabrique de Baccarat l'avaient également compris , et pendant longtemps ils cherchèrent à propager l’industrie de la taille du cristal dans les montagnes des Vosges; mais ici ils échouèrent complétement. L'habitude et la routine l'emportèrent chez le paysan sur l’appât du gain.
L'Allemagne et ses ouvriers se trouvent sans doute bien de ce régime, puisque depuis des siècles il ne s’est pas modifié. Cependant les salaires sont tombés si bas que les graveurs habiles, dont l'industrie demande un travail suivi, gagnent à peine de quoi vivre.
Nos industries ne peuvent rien ou peu de chose contre un tel bon marché. C'est sans doute ce qui a déterminé tous les gouvernements à prohiber l'entrée en France de la cristallerie étrangère. Cette prohibition, croyons-nous, doit cesser en vue des progrès obtenus par noS fabriques, et un tarif, suffisamment protecteur, viendra bientôt les appuyer plus énergiquement que cette prohibition , qui entraîne toujours la fraude dans les relations commerciales et la contrebande vis-à-vis de l'État.
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CLASSES XIX, XX, XXI, XXII gr XXII.
Classe 19, industrie des cotons. — Classe 20, industrie des laines. — Classe 21, industrie des soies. — Classe 2? , industrie des lins et des chanvres. — Classe 23. industrie de la bonneterie, des tapis, de la passementerie, de la broderie et des dentelles.
L'opinion est à peu près unanime sur l'intérêt qu'offre l'Exposition de 4855, dans laquelle les industries textiles oc cupent une place si importante. Toutes ou presque toutes les variétés y sont représentées. L'industrie du coton expose depuis le calicot le plus commun jusqu'aux mousselines imprimées et brodées les plus élégantes, et aux tulles façonnés et brochés les plus remarquables. On y voit dé belles flanelles, des cotons unis, ou imitant les peaux de tigre. Les toiles à bâches, les plus belles batistes et le linge damassé le plus magnifique forment les produits extrêmes de l'exposition des étoffes de chanvre et de lin. Des draps ordinaires depuis 5 fr. jusqu’à 35 fr. le mêtre; des couvertures, des tapis, non moins variés. Des draps élastiques, des draps de velours, des feutres pour rouleaux, pour couvertures de toits, de parquets et ponts de navires, etc., donnent une idée de l’ensemble des lainages foulés et drapés. Les mérinos, les baréges , les tissus écossais , les damas de laine et les moreen imitant les belles étolfes de crin témoignent des progrès toujours croissants de la belle industrie des tissus ras en laine. Des châles français tout laine, depuis 4 fr. 28 cent. jusqu’à 1000 fr. et plus, attestent que l'hygiène a su faire son profit d’un tissu qui n’avait à son origine qu’une destinée de luxe. Les tapis moquettes , les tapis imprimés et façconnés en même temps, ceux d'Aubusson, de Nîmes et de Beauvais ; nos belles tentures produites d'après les systèmes divers propres à chacune des localités que nous venons d'indiquer, et les résultats sans rivaux des Gobelins établissent par la plus heureuse transition l'alliance de Part et de l'industrie.
Les soies et les soieries v brillent sous toutes les apparen-
ces ; les tissus inusables en soies exotiques écrus, trop peu en usage encore dans nos contrées, ne sont pas moins intéressants que les merveilleuses étoffes de Lyon, d’une supériorité incontestable et tellement incontestée qu'on cherche à les imiter partout, sans avoir nulle part la prétention de rivaliser avec elles. A côté de ces produits obtenus par les substances filamenteuses fondamentales, viennent se placer des tissus obtenus par des matières premières d’un usage encore secondaire. Les toiles et les tapis en jute; les coutils et étoffes blanches et teintes en china grass ; les nattes d’abacca, du palmier ; les articles en chanvre de manille, d’aloès; les produits si variés du cachemire, du poil de chèvre, de l'alpaga, du crin, du caoutchouc même, dont l'emploi pour divers usages, et surtout pour des sous-jupes, est devenu si général; les essais en étoffe d'herbe, d’écorce de müûrier, d’ormeau, de poils de lapin, etc.; les tissus mixtes, en matières premières mélangées, tels que lin et coton, coton et laine, laine et soie, et chacune d’elle unie à l’alpaga, au poil de chèvre, etc., viennent compléter cette vaste carte d'échantillons.
C'est surtout aux étofles de cette dernière catégorie, obtenues par des mélanges de matières premières, qu’on donne les noms les plus arbitraires; c’est ainsi que les tissus électriques, qui figurent dans une vitrine anglaise, ne sont que le résultat de l’entrelacement des fils de lin à des fils en laine peignée; celle-ci forme la trame, et la première la chaîne. Les Allemands ont exposé, sous le nom d’étoffes en laine artificielle, des produits obtenus par de la laine provenant du défilochage de chiffons que l’on nomme chez nous renaissance. En industrie, comme on le voit, le nom qui sert à désigner une chose ne garde pas toujours la signification réelle, souvent même il déguise, au contraire, le caractère propre du produit auquel il s’applique.
Les nombreuses variétés d’étoffes qui figurent à l'Exposition appartiennent.à plus de quatre mille maisons, non comprises celles qui exposent les matières premières, et les machines qui les transforment, c’est-à-dire abstraction faite de la troisième et de la septième classe du catalogue. On peut done estimer que les industries textiles comptent pour un quart environ dans la vaste exhibition des Champs-Éiysées , si on envisage l’ensemble des établissements qui y sont représentés.
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