CLASSE XXVI
Dessin et plastique appliqués à l'Industrie. — Imprimerie en caractères et taille douce, photographie.
L'industrie proprement dite ne règne pas seule dans le Palais des Champs-Élysées , et l’art, dans ses formes les plus diverses, est, est venu lui apporter le concours de son génie spécial. Jamais cette heureuse union ne s’est aussi pleinement manifesteé que cette année ; car, au lieu de rester stationnaire dans la voie tracée par la routine et servilement
* suivie depuis longues années, l'industrie s’est habilement servie des ressources de la plastique, de la photographie, de la gravure et de la lithographie.
Jetons donc un coup d’œil sur ce que le Palais renferme de remarquable en ce genre. Au milieu de l’espace réservé à la plastique , après la salle de l’Imprimerie impériale, se dresse, sur un piédestal isolé, la statue de la Vénus de Milo, augmen-
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tée par le procédé de MM. Sauvage et Caffort. Le type éternellement beau de l’art grec domine toute la salle, comme un symbole sérieux de la beauté des formes, et cette statue est si paissamment belle qu’on n’y sent pas du tout l'emploi de l'outil mécanique qui l’a grandie à nos yeux. Qu'on nous permette quelques mots sur ce procédé et son origine.
La Vénus de Milo exposée, et la statue équestre de l’'Empereur, devant la porte Est du Palais de l'Industrie, sont des résultats de cette application. La Vénus de Milo est augmentée de moitié, d’après le modèle du musée. La statue de l'Empereur est augmentée de plus du double, puisque le modèle de J. Debay n'a que 4",45, et la statue reproduite 3°,45. |
Les antiques de la maison Susse , et la majeure partie des
sujets de MM. Denière, Paillard, Vittoz, de Labroue, Charpentier, Marchand, Raingo, Vauvray, Miroy, sont des réductions ou des augmentations exécutées par le procédé Sauvage.
Jusqu'en 4836, le tour à portrait de Hulot était le seul appareil connu qui permit la reproduction mécanique de la sculpture, bornée aux bas-reliefs de petite dimension et de faible saillie; aussi ne l’appliquait-on guère qu'à l’exécution des médailles et des coins de monnaie. Une condition essentielle de cet appareil est la réduction ou l’augmentation forcée de la copie par rapport au modèle.
Ajoutons que cefte réduction ou cette augmentation forme encore le caractère spécial, mais moins absolu, des appareils modernes, où, comme dans le tour de Hulot, elles résultent uniquement de la place respective affectée sur la machine au modèle ou à la copie.
Presque simultanément, c'est-à-dire M. Sauvage, le 3 février 1836; et M. Collas, le 3 mars, prirent chacun un brevet pour l’exéeution mécanique de la sculpture.
C’est à l’aide de ces inventions que la fabrication artistique | a conquis tant d’inimitables modèles. Le service rendu à l’art par ces procédés est immense, et la fabrication du bronze ne s’est véritablement élevée que depuis cette époque.
Aux pieds de la Vénus de Milo sont des réductions de l'an tique et de quelques statues du siècle dernier, réductions que MM. Sauvaze et Caffort ont obtenues avec le même bonheur.
Ils ont aussi exposé des bustes et des médaillons d’une ressemblance exacte, au moyen d’une empreinte prise instantanément par procédé mécanique. Cet appareil , tout ingénieux qu'il est, n’a pas la prétention de remplacer l'artiste, mais il assure la ressemblance, et permet de faire en deux ou trois séances un buste auquel l'artiste le plus habile emploierait au moins quinze jours.
A côté, un coffret en ivoire sculpté, genre renaissance, de M. Moreau fils, élève de Toussaint le statuaire, est une preuve nouvelle de cetle alliance des arts et de lindustrie : ce ne sont plus là ces sculptures de Dieppe , toujours taillées sur le même patron, mais une création nouvelle, bien entendue et bien réussie : les ornements qui sont sur les panneaux sont très-élégants de forme, et les petits enfants qui forment le soubassement d’un très-joli galbe. Vis-àvis, dans une vitrine collective, sont les moulages de M. Dufailly, Marchi et Vincent. Là aussi le goût se fait sentir dans le choix des modèles, reproduits d’après Mène, Pollet, Pradier, Cumberworth, ete. En jetant un coup d'œil à droite, la science se trouve satisfaite du travail consciencieux et patient de M. Sthal, mouleur du Jardin des Plantes, qui est parvenu à reproduire ces mollusques et ces bivalves, que la mollesse de leur nature semblait mettre à l’abri de cette reproduction : cette vitrine renferme également des feuilles de plantes moulées des deux côtés à la fois, du linge, du papier, reproduits avec toute la ténuité de leurs fibres et de leurs linéaments. Au-dessus sont trois têtes moulées sur nature avec un rare bonheur, et bien précieuses pour l'étude anthropologique. M. Mercier, son voisin, nous offre des glaces richement et finement gravées comme les glaces de Venise , et M. Wirth toute une vitrine remplie de sculptures de l’école de Berne et - des pâtres de la Suisse. Ceci est de l’art moins sérieux, mais on y sent aussi, dans quelques sujets, une tendance à sortir de la routine de ces jouets que l’on offre aux touristes qui visitent la Suisse. M. Planson , habile sculpteur sur bois, a renfermé dans sa petite vitrine de bien jolis spécimens de l’art et du goût français qu’en gens habiles ont su utiliser les Tahan et les Maquet, pour leur coffrets et leurs Couvertures d'albums. Au-dessus se trouve un cadre de feuillage en bois très-bien fouillé, renfermant un beau Christ d'ivoire. Ce cadre
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appartient à l’Impératrice. À côté, M. Crière a placéjun bouquet de fleurs en cire, bien largement modelé.
Un peu plus loin, M. Opigez offre à nos yeux toute une série de bustes réduits, où nous retrouvons toute la finesse des originaux : parmi les plus remarquables nous citerons le buste de Rotrou , de la grandeur de celui du foyer des Français, et qui offrait de grandes difficultés; la réduction de la statue de Mlle de Montpensier; un bas-relief de Luca della Robia ; celui de l’hôtel Bourgthéroulde à Rouen ; une série de petits bustes, et un faune dansant, recouvert d’une couche de cuivre au moyen de la galvanoplastie. M. Opigez obtient dans ce genre des produits très-remarquables. M. Lagnier, de Bordeaux, qui est vis-à-vis, a sculpté sur bois un bouquet où l’on trouvera peut-être un peu de maigreur dans le travail, mais qui à néanmoins de fort jolis détails.
En nous retournant dans la salle, nous retrouvons une belle cheminée en glace de M. Luce, de Versailles, et vis-à-vis, sur une table de bon goût, nos yeux s'arrêtent avec plaisir sur une charmante sculpture sur bois de Knecht : c’est un petit bénitier : la Vierge, entourée de feuillages sculptés avec un art infini , tient l’enfant Jésus dans ses bras; c’est d’une hardiesse et d’une réussite qui nous font vite oublier les sculptures anciennes de l’école allemande si renommée. Le même artiste a exposé aux Beaux-Arts un groupe de gibier qui est également plein de mérite. Pour terminer notre revue de la sculpture artistique qui se trouve dans celte salle, n’oublions pas un joli petit coffret de Riester, dans le genre allemand, en ébène avec incrustations d'argent et d’acier, ciselé et doré : nous y retrouvons le goût de cet habile dessinateur ornemaniste.
MM. Blard , de Dieppe, sculpteurs en ivoire, ont renfermé dans leur vitrine un très-beau Christ, et plusieurs objets, où se manifeste cette tendance à sortir de la voie commune dont nous parlions plus haut, et que nous retrouvons également dans les ouvrages de Mme la comtesse de Dampierre; dans tous les objets exposés par cette dame, un écran, des fleurs, des cadres, des vases en cuir repoussé, on ne sait ce qu’on doit le plus admirer de la réussite ou de la patience de Partiste, qui se manifeste surtout avec un rare bonheur dans les cadres de fleurs-imitation qu'elle a suspendus près de la salle
de la lithographie : dans ces derniers c'est la nature prise sur le fait avec toute sa finesse et la variété de ses teintes.
Nous ayons dit que cette salle était la salle de la plastique ; le trophée d'honneur dans la nef a été confié à M. Hubert, qui y à placé, outre sa cheminée monumentale, une fort jolie garniture de glace en carton pâte, genre Louis XV, et plusieurs spécimens de très-bon goût. C’est à lui qu'est due également l'exécution du cadre de la magnifique glace de Saint-Gobain » placée dans la nef. MM. Bénier frères ont également exposé une cheminée en carton pierre bien composée et qui à de jolis détails , et M. Hardouin, deux panneaux d'appartement style Louis XIV et Louis XV, bien réussis. M. Souty a soutenu sa réputation pour la richesse de ses cadres , et M. Dumont Pétrelle, par la finesse de ses dorures à l’eau, sur bois, et le fini de ses sculptures sur pâte, mérite l'attention marquée qu’il avait déjà obtenue à Londres en 1854. N'oublions pas, parmi nos ornemanistes, MM. Crozet et Boucarut. M. Laurent ( François), que le défaut d’espace a fait placer dans l'escalier N.-0., a exposé un bel encadrement de glace, style Louis XV, auquel nous reprocherons peutêtre d'être un peu lourd pour sa hauteur. En pendant, la maison Bourdon a mis un riche cadre doré autour d'une belle glace de Saint-Quirin , et, dans le grand escalier du pavillon central, M. Plesson, un cadre dont les riches ornements dorés sont dûs à la composition de M. Riester.
Dans notre salle de la plastique , M. Dulud , dans son exposition, nous offre une heureuse application du relief aux cuirs de tenture. Cet habile artiste, car on peut lui donner ce nom, a introduit par sa persévérance, et fait adopter dans le commerce, une série de modèles, dont les applications sont journalières, des plus variées et des plus heureuses : tentures d'appartement, meubles, moulures , figurines, ornements, il a essayé de tout, et avec le même bonheur ; c'est encore là une des plus heureuses introductions de l’art dans l'industrie. Citons également , dans le même genre , MM. Martella et Halbedel, mais qui n'ont pas, comme M. Dulud, ces applications variées à l'infini ; le premier cependant donne une imitation de cuirs de tenture très-remarquable comme dessin et comme modicité de prix.
Je ne puis pas terminer cette revue de la plastique fran-
çaise, sans parler de M. Cruchet, qui marche en tête de tous, et qui à fait son exposition dans le péristyle et le salon de l’Impératrice, au premier étage. [l n’y a qu’à jeter un coup d'œil sur les riches détails et le bon goût des ornements, pour voir combien il est en avant de tous ses rivaux dans cette partie de l’industrie. FR
Maintenant, si nous jetons un coup d'œil sur la plastique étrangère, nous pouvons louer sans restriction, en Angleterre , les beaux cartons-pâte de M. Jackson ; surtout trois médaillons d’animaux groupés très-bien composés, un petit encadrement de miroir très-joli et très-délicat, et un morceau d’une grande frise composée pour le salon du elub de la marine et de l’armée.
En Belsique, MM. Boëx et Bonnefoi ne nous ont envoyé que des encadrements de formes tourmentées, et M, Cramer, de Cologne, quelques petits modèles qui ne nous permettent pas de nous prononcer, vu leur peu d'importance.
L'alliance de l'industrie et des arts se fait peut-être plus vivement sentir dans la lithographie. Il s’est rencontré, comme aux temps des Elzévir et des Étienne , des imprimeurs intelligents, qui se sont servis de toutes les découvertes modernes de la science pour venir en aide aux artistes, et bien traduire leurs œuvres aux yeux du public. |
Lemercier marche en tête de cette cohorte de chercheurs, et, si nous jetons un Coup d'œil sur sa riche exposition , les preuves de ce que nous avançons ne nous manqueront pas. Cet habile éditeur n’a laissé passer aucune branche de son industrie sans y imprimer son goût et son savoir-faire : impressions en noir remarquables, reproduction de dessins faits par les artistes sur papier préparé, ce qui donne toute la soudaineté de la pensée et du coup de crayon , photographie reportée sur pierre avec bonheur et sans aucune espèce de retouches , chromolithographies ; gravure sur pierre, lavis, rien n’a été laissé de côté. Expliquons d'abord à nos lecteurs ce quon entend par chromolithographie , pour faire voir quelles ont été les difficultés vaincues. Comme l'indique la composition du mot, tiré du grec ( kromos couleur), il s’agit de faire une lithographie coloriée , en remplaçant le pinceau par des teintes appliquées par le tirage, chaque prerre portant la couleur qu'elle doit déposer sur l'épreuve première :
on conçoit avec quelle fidélité et quelle justesse de contours les repères doivent être faits, car il est des dessins qui exigent jusqu'à dix-hait ou vingt pierres différentes ; on conçoit également quelle variété de tons peuvent donner ces superpositions successives en se modifiant les unes par les autres à l'infini. Cette nouvelle application de la lithographie à rendu des sérvices immenses aux sciences et aux arts, et se plie avec un bonheur infini à toutes les exigences. Ainsi, pour citer un exemple, il est telle carte géographique éditée par l'imprimerie impériale qui, coloriée à la main, coûtait une dizaine de francs, et qui maintenant, coloriée par le nouveau procédé, avec une plus grande égalité de teintes, ne coûte que 3 fr. 25 cent. Les manuscrits eux-mêmes, ces chefsd'œuvre de patience et d’art des moines des vi: et vu siècles , sont reproduits par ce procédé de la manière la plus satisfaisante. | |
Après Lemercier, marchent Jacéme et Dufat : ceux-là aussi n'ont rien négligé et, venus les derniers, n’ont laissé passer aucune des découvertes nouvelles sans y appliquer leur intelligence. Il y a dans leur exposition une épreuve qui représente, à s'y méprendre, une ébauche à l'huile, au moyen d'un procédé nouveau qui leur appartient. Bertauts, lui, est un véritable artiste : il ne s’est adonné qu’à l'impression en noir ; mais comme: l’a poussée loin et quelles belles épreuves il nous offre! C’est un véritable bonheur pour un coloriste que d’être imprimé chez Bertauts, qui s'occupe lui-même de la mise en train des pierres , et ne la livre à ses ouvriers qu'avec les recommandations les plus sévères et la surveillance la plus minutieuse. Bry est encore, après Bertauts, l’un de nos imprimeurs le plus intelligent : c'est un homme également pratique et consciencieux, un chercheur , et ce qui sort de ses presses est très-remarquable : c'est imprimeur privilégié de Raffet , qui nous a donné de si belles lithographies devenues populaires, et dont l'exposition de Bry nous offre de très-beaux échantillons. .
Maintenant, pour en venir à la chromolithographie proprement dite, j'ai gardé Engelmann et Hangard-Maugé qui, tous deux, méritent un article spécial : le premier nous offre une série d'imitation de manuscrits fort remarquable, un, entre autres, tiré sur vélin, ce qui présentait de très-grandes diffi-
cultés, puisqu'on ne peut pas humidifier le vélin et qu'il fallait que chaque feuille pour le tirage fût tendue sur un châssis. Il a également une imitation très-heureuse des vieux vitraux, qu’il nous rend avec toute leur transparence et toute la vigueur de leurs tons. La seule chose que je retrouve à reprendre dans toute son exposition, c’est un portrait grandeur nature de Napoléon I«, C’est dur, d’un ton peu agréable, et c’est vouloir trop demander tout d’un Coup à un art qui n’a pas dit son dernier mot. |
Hangard-Mauge nous offre l'application la plus variée de la chromolithographie, et cela d'une manière fort remarquable. Deux planches surtout ont fixé notre attention : un dessin frontispice de l’Alhambra et une vue intérieure de mosquée; puis une série de lithographies artistiques et industrielles très-variées. Paulon , son voisin, a aussi de belles épreuves, une couronne de fleurs, entre autres, sur fond brun et d’autres fleurs. Barbat, de Chälons-sur-Marne, qui vient ensuite, expose un très-beau livre de messe, genre manuscrit, et les Évangiles avec encadrements variés : ce sont deux belles choses, surtout quand on pense qu’elles ont été exécutées en province. Un autre éditeur de province, M. Charpentier, de Nantes, mérite nos éloges, ainsi que M. Simon , de Strasbourg, qui nous a donné des fac-simile d’aquarelles et de dessins très-remarquables. M. Æœæppelin, qui s’est adonné à la reproduction par la gravure sur pierre des cartes géographiques nous-en offre une très-belle série. | |
Deux pays étrangers , où l’art du dessin est en grand honneur, l'Angleterre et l'Allemagne, nous offrent aussi de beaux spécimens de chromolithographie. Dans le premier, nous avons remarqué l'exposition. de sir Hanchart et celle de M. Vincent Brooks : ce dernier a lithographié une Fuite en Egypte, qui rappelle par sa vigueur de tons les P. Véronèse, et M. Hanchart, des paysages et des vues du Palais de Cristal en 4851 d'un fini précieux. Si notre observation ne nous a pas trompé, il nous semble que ce sont, pour la plupart, des gravures à l’aqua-tinte coloriées ensuite au moyen de la lithographie, En Allemagne , l’Autriche nous offre aussi une série de chromolithographies , mais elles sont un peu dures dans la dégradation des tons, excepté la reproduction d’un tableau
de fleurs et de fruits. L’original , peint à l'huile, qui est en opposition avec la copie , nous permet d'apprécier le talent avec lequel il a été reproduit : il y a réellement bien peu de différence comme vigueur. M. Digby Wyatt, savant professeur anglais, s’est aussi servi de cette nouvelle application de la lithographie pour nous donner une série de modèles de mosaïques. En visitant* la galerie supérieure, nous avons remarqué dans l’Espagne une histoire de Don Quichotte, mise sur pierre par C. Nanteuil, notre compatriote, avec cette vigueur de coloris qui lui est particulière : c'est franchement imprimé par M. Martinez, En résumant nos appréciations sur cette partie de l'Exposition, je crois que nous pouvons, sans partialité, revendiquer la supériorité comme exécution et comme variété @'application.
La salle destinée à la gravure au rez-de-chaussée , et qui suit immédiatement celle de la lithographie, renferme de beaux spécimens du talent de nos imprimeurs en taille-douce, en tête desquels nous placerons MM. Goupil, Chardon aîné et Chardon jeune. Citer M. Goupil , c’est parler de l'éditeur intellizent de toutes les œuvres de Delaroche, dont il nous offre l’hémicycle du Palais des Beaux-Arts, la Sainte Amélie, par Mercury, le Consolateur des Affligés, de A. Scheffer, gavure pleine de poésie et de mélancolie, une gravure encore inédite d’après Léonard de Vinci et tant d’autres chefsd'œuvre trop longs à énumérer ici, et imprimés avec un soin et un goût parfaits. Ce que nous venons de dire de M. Goupil peut s'appliquer avec justice aux deux Chardon, dont les impressions sont fort remarquables. Dans la même salle, M. Rémond nous offre une série d’impressions en couleur, appliquées au pinceau sur planches de cuivre : ce sont des gravures d'anatomie et de botanique , parfaitement réussies et d’une grande finesse de ton. Le cadre de M. Furne renferme la belle collection de ses Vierges de Raphaël, que cet éditeur a mises à la portée de toutes les fortunes par le prix modique auquel il les livre, des gravures du Paradis perdu, celles de la Bible et des œuvres de M. Thiers, toutes gravures remarquables. La persévérance et le soin avec lesquels M. Furne a poursuivi son œuvre d’éditeur consciencieux mérite tous nos éloges. Après eux viennent, comme importance de commerce, M. Basset et Mme Bouasse-Lebel, deux édi-
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teurs qui se sont adonnés aux dessins de sainteté et de sciences mises à la portée de toutes les intelligences.
Passons maintenant à un autre ordre de gravures, celui où l’on s’est servi de l'application récente de la galvanoplastie. En tête nommons M. Hulot, graveur à la monnaie : c’est le plus habile de tous; son cadre renferme des timbres-postes et des cartes à jouer, deux gravures"d’après Raphaël avec les épreuves; ces planches sont gravées avec une perfection remarquable. Après lui, M. Gillot, qui a donné à son travail le nom de paniconographie, car il reproduit en clichés de cuivre ou de métal d'imprimerie toute espèce de gravure, qu’elle soit sur pierre ou sur bois, et permet ainsi de l'imprimer dans le texte. M. Dumont est son émule : ce sont deux chercheurs qui ont obtenu déjà de bonnes réussites. M. Salle, M. Coblence, dont les épreuves sont placées avec les cartes de géographie, sont également deux galvanoplastes qu'il ne faut pas passer sous silence. Il en est un qui otcupe une place à part, c’est M. A. Collas , qui grave mécaniquement etavec un grand art sur acier, Sur bois, sur ivoire. La finesse du travail étonne quand on pense qu’il n’y a là aucune trace de burin. |
Venons maintenant aux graveurs sur bois. Cette branche de la gravure, la première de toutes comme découverte et qui fit la gloire des Albert Durer . des Lucas de Leyde , des Hans Burgmer, a fait des pas de géant depuis quelques années, et nous avons égalé siron dépassé les Anglais et les Américains, nos maitres autrefois dans cet art. Quelques-uns de nos graveurs sur bois ont exposé aux Beaux-Arts avec suecès : parmi ceux qui sont restés avec nous , les premiers de tous sont MM. Best, Hotelin et Regnier, trinité qui a formé toute une pépinière de graveurs de talent : il suftit de la nommer, car ses œuvres sont connues et appréciées de tous, et ornent presque toutes nos publications. Citons en première ligne, après eux, Gusmand d’abord, puis Pontenier et Guigert, qui s'est adonné avec succès aux dessins de machines et de fabrique, ainsi que son voisin M. Dulos. La finesse du travail de tous ces artistes égale celle de la gravure au burin : le Magasin pittoresque, la Touraine de M. Mame, la Vie de tous les peintres sont là pour prouver notre assertion.
Il en est trois que nous avons réservés pour terminer la
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