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série des graveurs, parce qu'ils se sont adonnés à un genre de gravure pratiquée chez les étrangers , je veux parler de limitation des aquarelles ou des dessins au crayon par la gravure à l’aqua-tinte. Le premier, selon nous, dans l'exposition française, est Desjardins, qui nous à donné des fac simile très-remarquables des aquarelles de A. Delacroix, Bellangé, Lepoitevin, et des bouquets de fleurs; ce sont de véritables trompe-l’œil. Himely peut se ranger sur la même ligne, et Dupuy, qui n’a reproduit que des dessins de fleurs, l’a fait avec un rare bonheur et une douceur de teintes remarquable, M. Digeon nous offre , outre des gravures analogues à celles de ces messieurs, une gamme chromatique de tons superposés, très-remarquable et très-utile, comme renseignement, à ceux qui voudraient s'exercer dans ce genre de gravure.
Nous ne trouvons guère que chez les Anglais un point de comparaison à cet égard, encore chez eux, c’est notre idée du moins, est-ce un mélange d'aqua-tinte et de lithographie, comme nous l'avons dit plus haut en citant M. Hanbart. N'oublions pas la gravure dite commerciale , c'est-à-dire appliquée aux lettres de change, actions industrielles, etc., et plaçons en première ligne, M. Viesener, puis MM. Villerey, Saunier et Hérard.
Nous voici arrivés maintenant à une partie de l'Exposition, dont on s’est fort occupé depuis quelques années, et qui est en grande voie de progrès, je veux parler de la photographie sur papier; je ne ferai pas ici l'historique de la belle découverte de M. Daguerre et de M. Nièpce de Saint-Vicior, qui y a apporté tant de précieux perfectionnements : il est peu de personnes qui l’ignorent; je ne m’occuperai que des épreuves obtenues par la substitution de la glace collodionnée ou albuminée, ou papier préparé, à la plaque de métal. L'absence du miroitement si désagréable dans ces dernières, et la facilité de conserver et d’emporter en portefeuille un grand nombre d'épreuves, ont fait dès les premiers pas donner la préférence à ce système, et voici en quelques mots en quoi consiste l'opération. Une glace bien nette remplace la plaque: pour la rendre sensible à l’action de la lumière on la récouvre d’une couche d’albumine ou de collodion, opération qui exige pour avoir des glaces bien nettes et exemptes de stries, une assez grande habileté de main, que l'exercice du reste
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fait bientôt acquérir ; puis, quand le collodion est étendu bien également sur le verre et encore humide, on plonge la glace pendant quelques secondes dans un bain de sel d'argent, qui lui donne la sensibilité : on expose à la lumière dans la chambre noire : on retire la glace au bout du nombre de secondes voulues, en la préservant de toute impression de lumière extérieure, puis dans un endroit noir, éclairé seulement par une bougie, on fixe l’image obtenue par des lavages, dont on trouvera l'indication dans tous les ouvrages sur la photographie. L'image , une fois fixée, sert de matrice à un nombre indéfini d'épreuves, que l’on obtient en la posant sur une feuille de papier préparé, et en l’exposant dans un cadre à l’action du soleil ou même de la lumière diffuse. On opère également avec des papiers préparés qui remplacent la glace albuminée ou collodionée et donnent aussi de très-belles épreuves, comme on peut s’en convaincre, dans celles de M. Bougemier (n° 9437). Il est encore une opération dans la photographie, dont il faut dire un mot avant d’aller plus loin, c’est ce qu’on a appelé l’héliographie, c'est-à-dire gravure obtenue par l’action de la lumière sur plaque de métal, avec assez de profondeur pour pouvoir tirer des épreuves. C'est à Nièpce de Saint-Victor que l’on doit ce procédé, qui donne déjà de beaux et curieux résultats, mais auxquels le graveur retouche trop, pour qu'on puisse dire que c’est la lumière elle-même qui grave directement et donne ces belles épreuves. | Malgré tout ce que nous venons de dire de la photographie sur papier, nous ne voulons pas passer sous silence ceux de nos photographes qui sont restés fidèles aux épreuves sur plaque, et nous commencerons notre revue par eux. M. Millet est incontestablement celui qui marche en tête : ses épreuves, soit portraits, soit monuments, soit groupes, sont magnifiques de netteté, et obtenues presque instantanément. Parmi les épreuves exposées par cet artiste il y en a qui, plus tard, acquerreront beaucoup de prix : ce sont celles
qui ont rapport aux travaux successifs du Louvre. Après lui,
M. Plumier, puis M. Vaillat, M. Thierry, et M. Sabathier, qui exposent de très-beaux portraits, qui luttent avec avantage avec les beaux portraits américains.
Mais la partie la plus remarquable de lexposition photo-
graphique est dans la reproduction des paysages et des monuments : excepté M. Fenton et M. Maxvell Lyte en Angleterre, nos artistes n'ont aucune Concurrence à redouter. M. Giroux, qui se présente le premier , à des paysages bien remarquables , où l’on reconnaît de suite dans le choix des sites le goût d’un artiste et d’un paysagiste : MM. Bisson frères, qu’il suffit de nommer; rien n'égale leur vue panoramique de Paris, prise des toits du Louvre : il y a là des lointains très-bien réussis, chose rare en photographie, et comme monuments, leur grande épreuve de la’cour du Louvre, et la porte de la Bibliothèque impériale, sur le quai des Tuileries : ce sont trois chefs-d’œuvres ; puis une reproduction de Rembrandt, d'Albert Durer, et divers objets de l'Exposition, rendus avec leur habileté ordinaire. M. Baldus rivalise avec Bisson pour la grandeur et la beauté des épreuves : nous avons remarqué surtout sa vue du Mont-Dore et du lac Chambon , et celle des arènes de Nîmes : il y a aussi une petite vue de vallée avec un moulin, parfaite en tous points. Puisque nous en sommes aux paysagisies, admirons les épreuves de M. Martens, qui nous donne une vue générale du Mont- Blanc, d'après ses études séparées, qui sont d’une finesse extraordinaire. M. le comte de Béranger à également une série de paysages très-intéressante , une étude d'arbre entre autres prise en hiver, puis une reproduction de Rembrandt. M. Aguado termine cette série de paysagistes habiles par de très-belles épreuves, d’une rare finesse de modelé.
En Angleterre, comme nous l'avons dit plus haut, M. Fentou, est le plus remarquable, et, nous pouvons l'avouer sans blesser l’amour-propre de nos artistes, le plus fort : il y à surtout une photographie intitulée Hack fall, qui est d’une finesse de modelé et d’une étendue de lointains que nous ne trouvons chez aucun des nôtres; puis ensuite Walley of the Wharf, et Boston Abbey. Il est moins heureux dans ses groupes animés, que je trouve secs et noirs. M. Maxwell Lyte marche sur ses traces, él nous offre une série de vues des Pyrénées, très-remarquable par la profondeur et la transparence des lointains. M. Newton a des études au microscope très-bien réussies; M. Sherloch, des études de nuages, saisies avec une instantanéité très-heureuse, et qui peuvent servir de precieux renseignements pour les peintres.
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