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sibles par leur prix, et c’est à ce point de vue surtout qu’il importe de les juger, encore bien que plusieurs soient d’une exécution parfaite.
M. le professeur Willis s’est placé dans le même ordre d'idées pour la construction de ses intéressants modèles de mécanique. Sa double machine d'Atvood fait immédiatement saisir quelques lois de la chute des graves et quelques principes élémentaires de la science ; le joint universel de Hooke avec ses plateaux divisés rend un bon compte de toutes les circonstances du mouvement transmis par cet organe.
Le département des sciences et arts a déjà obtenu des résultats considérables depuis quatre ans: il s’est mis résolûment à l’œuvre pour faire pénétrer le goût des arts dans les masses, et déjà quelques objets de l'exposition anglaise sont, sous le rapport de la forme, bien supérieurs aux produits similaires à l’exposition de 4854. MST
Les produits chimiques, les substances alimentaires, les instruments de chirurgie seront examinés dans leurs classes respectives avec les détails convenables. Disons que les produits chimiques proprement dits sont plutôt des produits exceptionnels de laboratoire que des objets de grande fabrication : la collection de Londres était plus industrielle que celle d'aujourd'hui. Le prussiate rouge de Kind, sa naphtaline, les beaux produits de M. Warren Delarue, le camphre, le calomel, le sublimé corrosif de Baker sont parmi les produits les plus intéressants. Les appareils en platine de Benthums et Froends sont tout à fait remarquables. Le graphite désagrégé chimiquement de Brodu appelle d'autant plus l’attention que cette matière réduite en poudre, purifiée par lévigation et rassemblée par pression dans le vide en blocs suffi samment résistants, sert à la fabrication de ces excellents crayons dont l'Angleterre a le monopole et dont la mine est détachée par sciage des blocs ainsi obtenus. JI paraît que la désagrégation s’obtient au moyen de l'acide sulfurique.
Les cuirs et les papiers qui se rattachent aux industries chimiques ont d'habiles représentants : les cuirs tannés de M. Hepburn, les maroquins pour reliure de MM. Watson et Robert, les maroquins pour sellerie de MM. Wilson et Walker sont de la plus parfaite fabrication. Aussi, voyez comme ils sont mis en œuvre dans ces nombreux spécimens de la selle-
rie anglaise dont M. Langdon surtout peut être fier. Les papiers de luxe de M. Delarue dans le palais, ceux de Hollingworth dans l'annexe, la collection des nouvelles matières premières employées dans la fabrication et réunies par le ministre du commerce, les vieux cordages et le papier qui en provient, de M. Lamb, forment ünesérie des plus intéressantes.
La classe des substances alimentaires se fait surtout remarquer par les fromages les plus renommés et les conserves de bœuf salé.
La marine et l’art militaire, celui des constructions civiles devaient être largement représentés à l'exposition. Le grand trophée de la nef, d’un aspect un peu sauvage, a le rare mérite d'attirer l’attention générale. Composé de tous les éléments : principaux du matériel naval, il est surtout remarquable par ces modèles si bien exécutés de navires, de barques, de bateaux pêcheurs, de bateaux de sauvetage, du comité de Sunderland. Les dessins de R. Napier et fils, parmi lesquels celui du bateau à vapeur le Persan , maintenant en construction, de la puissance de 4000 chevaux, et de 3600 tonnes, sont moins visités, malgré l'intérêt réel qu’ils présentent, que la coupe longitudinale du James Buyns, qui laisse voir tous les aménagements intérieurs et l’ameublement de ce navire plus spécialement chargé pour l'Australie,
Si l’on voulait caractériser d’un mot la puissance maritime de l'Angleterre, il suffirait de citer les nouvelles constructions de Blackwall : ce bâtiment, qu’exécute en ce moment M. Scott Russell, disposera de 3000 chevaux de force et pourra porter 30 000 tonnes. Telle est la richesse de l’Australie que les Anglais, pour communiquer avec elle, n'hésitent pas à préparer d'aussi prodigieux moyens de transport.
Le choix sera difficile pour faire seulement quelques citations parmi les modèles de construction. Le modèle en relief des docks et du port de Sunderland, ceux du pont de Salt-Ash, du pont de Chepstow, par Brunel, celui du Merinos-Salt de Bradfort, le Victoria-Bridge, enfin le magnifique modèle du Britannia, ce premier pont tubulaire qui relie l'Angleterre à l'Écosse, tels sont ceux qui suffisent pour faire apprécier les ressources immenses dont nos voisins disposent dans les constructions qu'ils savent élèver partout où leur commerce en demande.
Toutes les industries des métaux ouvrés sont amenées depuis longtemps en Angleterre à un degré de perfection que les moyens mécaniques dont disposent toutes les usines ontcontribué depuis vingt ans à développer encore ; cependant ellesn’ont pas également répondu à l'invitation qui leur était faite en ce moment par la France. Tandis que la fabrication des aciers et celle des outils de toutes sortes a pris soin d'envoyer ses plus beaux et ses meilleurs produits, la quincaillerie proprement dite s’est presque entièrement abstenue, ou du moins n'a envoyé qu'une représentation insuffisante des nombreux articles qu’elle fait en si grande quantité ; serait-ce que les conditions du concours, bien différentes pour ces deux industries principales, ont encouragé les uns et conseillé l’abstention aux autres ? Encore bien que la France possède quelques fabriques d’acier fin, que quelques-unes de nos usines préferent quelquefois aux aciers anglais, c'est là un fait exceptionnel qui ne saurait suffire pour contester la supériorité générale des aciers anglais sur les nôtres. La maison anglaise de W. Jackson est encore en possession du marché français, sinon pour toutes les grosses pièces, au moins pour tous les aciers de taillanderie et de qualité, elle tient encore le premi mier rang sur notre importante maison Jackson frères, Petin, 1 Gaudet et C°, et sur les beaux produits prussiens de M. Krupp. 44 Les aciers fondus de la maison Bedford, à Scheffield, illustrés p par la plus belle collection de limes que l’on puisse voir, ceux 4 de Specer et Jackson, les ressorts ‘de Thurton et fils, et 1 de tant d’autres, soutiendraient encore la supériorité des aciers anglais en l’absence de la maison principale. Les faux de Gurfelt et fils, les faucilles de Butterley, Hobson et Cie, ajoutent encore à l'importance de cette magnifique exposih | tion.
4 Les arls métallurgiques se sont tellement développés en ‘. Angleterre, que partout où la fabrication mécanique peut | être introduite, la beauté des résultats et le bas prix ne lais- ‘8 sent rien à désirer. Mais aussitôt que la main-d'œuvre devient considérable, nos grands établissements, favorisés par le bas | prix des salaires, peuvent soutenir avec avantage la concur- ET rence. Nous pourrons citer tels articles de serrurerie, qui, L | fabriqués en France avec les fers anglais, vont se vendre en \| Angleterre à des prix inférieurs aux produits anglais eux-