‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 42 sur 135 · RS A PET MIT EE · texte numérisé non relu

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que la même opération füt reproduite pour toutes les estampes dont on a conservé les bois originaux. |

Les tons durs et crus des épreuves lithochromiques montrent que cette nouvelle méthode n’est pas encore arrivée à toute la perfection désirable, mais si on ne peut obtenir d'œuvres d'art, on appliquerait cependant ces procédés très-utilement aux dessins d’ornement et de machines.

Les photographies anglaises sont fort belles, nous avons été tout à fait séduit par quelques paysages aux tons gris et harmonieux dont les sites sont encore plongés dans lesbrouillards du matin. Nous n'avons, dans notre exposition, rien qui soit supérieur à la collection de la société photographique de Londres.

Quelques épreuves tirées de la reproduction complète des collections de la reine d'Angleterre composent un fragment du plus haut intérêt et que tous nos peintres devraient aller voir. Nous avons surtout remarqué les Trois Grâces, des fragments du Massacre des Innocents, la Vierge aux enfants, plusieurs têtes d’après nature, une Léda reproduite d’après les dessins originaux de Raphaël ; le fac-simile est complet. On est là en contact immédiat avec le maître sans une pensée entre la sienne et la vôtre; les épreuves de M. Thompson nous ont paru atteindre la perfection de M. Delessert dans sa reproduction du Marc Antoine, ou de MM. Bisson dans celle des Rembrandt ; remarquons de plus que les photographies'de nos habiles artistes ont éié exécutées d’après des gravures qui se prêtent mieux à la reproduction.

Nous apprécions la netteté de caractère des livres anglais, et les gravures sur bois qu’ils renferment sont fort jolies ; plusieurs d’entre elles, exécutées par M. Thompson, sont au niveau de ce qu’on fait de meilleur. Ces livres illustrés nous ont paru peut-être un peu chers ; ajoutons que si nous avons trouvé dans lexposition anglaise de sérieux in-folios, reliés et imprimés avec tout le soin désirable, nous n’avons rien trouvé d'aussi complet, d’aussi charmant que le petit Horace de M. Firmin Didot, c’est là un chef-d'œuvre de goût auquel l'exposition anglaise n’a rien à opposer.

Les reliures bon marché sont très-convenables : le livre entièrement sombre donne aux lettres d'or du titre beaucoup de relief, Les reliures de prix nous ont paru moins heureuses,

elles sont trop chargées, on voit trop qu'elles ont voulu être riches : ce sont plutôt des reliures de livres d’étrennes destinées à faire de l'effet, que des œuvres sérieuses comme les apprécient les amateurs.

Il ne nous reste, pour avoir passé en revue toute l'exposition anglaise, qu’à dire quelques mots des instruments de musique, il nous a semblé que la collection la plus complète appartenait à M. Érard, qui a plusieurs pianos et une harpe. Les pianos, au lieu d’être, en acajou comme on les aime en France, sont en général en noyer; au reste, on ne trouve rien de nouveau dans cette industrie arrivée déjà à une perfection remarquable, |

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