‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 63 sur 135 · GRAND-DUCHÉ DE TOSCANE · texte numérisé non relu

GRAND-DUCHÉ DE TOSCANE

Annexe, section des produits, travées {6 à 18, C et D; palais principal, galeries; travées 1 à 4 de D à E.

La Toscane, par les produits naturels et industriels qu’elle a présentés au grand concours de toutes les nations, paraît bien digne de la réputation dont elle jouit. L'industriel et le savant sont également intéressés à étudier son exposition, qui nous fait voir d’une manière assez complète ses grandes ressources naturelles et les efforts que l’on a déjà déployés pour.en tirer un parti avantageux.

Elle nous offre 499 exposants, parmi lesquels se distingue l'Institut technique de Florence, qui réunit à ses admirables collections les appareils scientifiques construits dans ses ateliers. Sa collection des produits du règne inorganique soigneusement classés d’aprèsleur ordrestratigraphique et d’après leur utilité industrielle est une des plus riches qui figurent à l'Exposition et, peut-être, la seule qui présente une aussi belle ordonnance et tant de variété. On n’y voit point d’or ni de pierres précieuses, mais l'argent, le mercure, le cuivre, le fer, l’antimoine, le plomb, le manganèse, le chrôme compensent assez de l’&bsence d'autres richesses moins immédiatement applicables. L’art de bâtir s’y trouve représenté par les ciments, les pierres réfractaires, les pierres meulières, les granits et les marbres dont la beauté n'a presque pas de rivales. Tous les arts y reconnaissent les calcaires saccharoïdes, les serpentines, les agates, les jaspes, les pierres li-

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thographiques, les dépôts. calcaires: que certaines. sources abandonnent spontanément à la surface des corps, et les alabastrites blanches comme de la neige, faciles. à travailler, qui offrent l’aspect des plus beaux marbres. La chimie voit. avec bonheur dans cette longue: série: de. minéraux le. soufre et l'acide borique, l’alun et le sel gemme, le graphite et les plus belles ocres du monde. La présence de nombreux spécimens d’anthracites, de lignites.et de tourbes montre: que le sol de la Toscane renferme de quoi alimenter les industries dont la chaleur est le principe d'activité. Mais les collections de l’Institut technique n’embrassent pas seulement les matières minérales ; les bois de toute espèce révèlent au visiteur de l'Exposition tout ce que l’industrie peut tirer d'un so} naturellement favorisé par la nature.

Les exposants particuliers ont joint, à cette réunion de minerais, des mines qui se trouvent en complète-exploitation en Toscane et surtout ceux du fer provenant de l’île d’Elbe, ceux de cuivre de la mine de Montentini, ceux de plomb'et d'argent de la mine du Botum, ceux d’antimoine de la mine de: Montini, les serpentines provenant des nouvelles carrières de: M. Carpi de Pradt, dont MM. Visconti et Herenci et M. Schegei ont profité pour seulpter les candélabres, les vases, la grande coupe qu’on voit à l'Exposition, les produits des lagunt boracifères de M. le comte Larderel et d’autres encore qu'il serait: superflu de nommer. |

Une mine qu’il ne faut point négliger , quoiqu’elle ne soit: pas encore exploitée très en grand , c'est celle de houille de Monte-Bamboli, dont MM. Meilland, Cuillon et Formigli, de Livourne, ont déjà commencé à livrer les produits aux usines et aux manufactures de la Toscane. 3

Relativement au règne organique il ne faut pas oublier la collection de produits agricoles présentés par l'académie des véorgophiles et celle de produits forestiers de M. Siemoni, qui a même envoyé à l'Exposition des échantillons très-remarquables des bois des forêts royales du Casentino.

Si des produits bruts on passe aux produits travaillés, on: aperçoit immédiatement le fer de l'île d’'Elbe utilisé à l’état: de fonte brute dans la fonderie de Follonica; à: l’état de fonte: de deuxième fusion par MM. Benini et Michelagnoli de Florence; à l'état defer en barre, par M. le sénateur Fenzr, et:

par la maison des pauvres de Florence; et à l'état d'acier qui peut mordre, sans s'ébrécher, sur le porphyre, par M. Tonti:

Les instruments de jardinage, d’une construction nouvelle, qui sont présentés par M. Terhlio, les ciseaux et les couteaux de MM. Buffi et Curtucci, sont construits avec les aciers toscans. Un objet assez remarquable de fer repoussé à été pré senté par M. Ignesti; c’est un casque, tout d’une pièce. tiré d'une planche de la grandeur d'un demi-mèêtre carré. Le cuivre travaillé en vase par M. Brucci; les belles serrures, quoique assez compliquées de M. Ciani, les mors, gourmettes, mousquetons, grappius de M. Beru, méritent une mention spéciale. MM. Jeffrey et Parkin, et M. Barry ont rendu un très-grand. service à la Toscane.en y construisant, dans les

ateliers.des chemins de fer Léopold et Maria-Antonia, une:

grande partie du matériel nécessaire à l'exploitation et à l’entretien de ces chemins de fer, et des machines, instruments, outils que jadis.on réclamait de l’étranger.

L'exposition toscane nous montre aussi la tendance agricole du pays par ses vins, ses huiles d'olives, de lentisque et:

de pignons; sesalcools de vin, d'asphodèle et d’arbousier re

présentent une très-grande richesse du sol. Les produits du:

règne animal ne le cèdent guère en importance et en beauté e

les laines, la soie, la cire.et les crins sont en Toscane au.

moins aussi beaux que partout ailleurs, Puisque notre intention est de parler ici des choses plus remarquables de l’exposition toscane, il nous est impossible de ne pas rappeler MM. Conti, Vyde, Gonnin, Nannucci, Musini, c’est-à-dire les représentants de l’industrie des Chapeaux de paille, qui est

toute spéciale à la Toscane, et place ce pays au premier rang:

parmi ceux qui fabriquent des objets de luxe d’une rare per—

fection. M. Pelucini prépare des tissus très-recherchésen paille

et crin, imitant parfaitement. les tissus suisses.

Les tissus de soie, de laine , de lin et de chanvre, sans être aussi parfaits que possible , promettent beaucoup pour l’avenir. industriel du. pays. MM. Jossi et Bruscoli, M. Linsi, M. Jurentino , MM. Borgagni et Borgognini pour les tissus en soie, M. Padriddii pour ceux de coton, M. Ricci pour les draps, M. Manetti pour les tissus mixtes de laine et coton :

et de coton et soie méritent bien d’être nommés. Les toiles à.

voile et les câbles de M. Ferrigni sont au-dessus de tout éloge.

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L'art du tanneur et du corroyeur ne sont pas restés en arrière ; et la sellerie et la botterie qui ont atteint une perfection assez remarquable savent maintenant utiliser les cuirs et les peaux du pays.

La céramique et l’art de la verrerie ont pris en Toscane un développement considérable depuis quelques années. Nonseulement on y a perfectionné la fabrication des différents objets en terre cuite ordinaire, mais on a pu fabriquer des pierres d'une très-grande dimension et améliorer la nature et la couleur des couvertes. M. le marquis Ginori et M. Villorini ont envoyé à l'Exposition des poêles en terre cuite d'une forme très-élégante. La porcelaine travaillée autour, la porcelaine coulée, les tableaux de grande dimension etles faïen— ces de la fabrique de M. Ginori ne laissent rien à désirer comparativement aux produits des fabriques de France et de Saxe.

Les objets exposés dans le palais de l'Industrie montrent encore que la Toscane a la gloire de ne point avoir d'émule dans plusieurs industries d’un mérite incontestable. Les mosaïques en pierres dures, connues sous le nom de mosaïques de Florence, surtout celles de la manufacture royale, sont d'un si haut mérite et d’une si grande richesse que peu d'objets résultant du travail de l’homme pourraient réunir autant de valeur et de beauté. Les ouvrages en serpentine et les grandes pièces en albâtre qui constituent un des plus jolis ornements du compartiment Loscan dans le palais de l’Industrie sont aussi les seuls produits de ce genre. Les ouvrages en scagliola, la spécialité des bronzes d'art exibés par M. Papi de Florence, parmi lesquels on admire des objets d’un travail assez singulier, et entre autres une plante où la nature se trouve réellement saisie sur le fait , sont de même des choses qu’on chercherait en vain ailleurs.

Rappelons enfin, pour compléter ce tableau , les admirables faïences historiques imitées des anciennes faïences italiennes , faites dans la manufacture du marquis Ginori et envoyées à l'Exposition par M. Frippa ; les marqueteries si admirées de M. Nolli ; les parquets en marqueterie de MM. Chalon et Estienne ; les sculptures en bois de MM. Rossi, Maringhi, Leoncini et Lombardi ; les fleurs en cire de Mme Borbotini, malgré les avaries qu’elles ont éprouvées dans le trans-

sonorité et de douceur avec les meilleurs instruments anciens

k port, et les violons de M. Giovannetti qui luttent, dit-on, de | de ce genre. |

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