ÉTATS PONTIFICAUX
Annexe , rez-de-chaussée, travées 18 à 19, C et D. — Palais principal, galerie, travées 3 à % de B à D.
Les produits des États pontificaux n’occupent, dans l’Annexe , qu'un emplacement fort limité , mais plusieurs d’entre eux présentent un intérêt réel ; le beau bloc d’alun de roche , qui est essentiellement une production du sol romain, n’a plus aujourd’hui l'importance qu'il aurait eue encore au commencement de ce siècle: l’alun, comme on le sait, peut se fabriquer partout avec les argiles.
Parmi les substances agricoles nous avons surtout remar- |
qué la collection des bois exploités dans la province de Bolo- | gne, les pommes de pin de Ravenne, fruit du pinus pinea , | dont les belles amandes sont recherchées dans la confiserie, | les plus beaux chanvres du monde envoyés par l'institut agricole de Ferrare, des graines de chanvre qui font l'objet d’exportations de quelque importance, du ricin, du riz, etc., etc. Le citrate de chaux qui accompagne ces produits est obtenu directement avec les oranges inutiles à la consommation. Les gélatines, qui sont encore dans le palais principal, sont d’une bonne préparation.
Deux industries principalement fisurent dans l'exposition pontificale , celles des soies gréges et des mosaïques. Les soies | exposées par M. Saluri et par M. Féoli ne le cèdent en rien | aux plus belles soies des autres provinces. Les mosaïques de | Galland sont d'une rare exécution ; un tableau du Forum ro main dont les dimensions atteignent 1",50 sur 75 centimètres, | et ces tables et guéridons , ornés de guirlandes de fleurs sur | fond noir, montrent bien ce que l'on peut faire en ce genre. | Les fleurs surtout sont admirées. Quant au mode de fabrication de ce que l'on appelle mosaïque miniature , le mot n’est pas déplacé pour plusieurs des mosaïques de Galland : on sait que la matière première se compose de marbres ou plus générale ment d'émaux en baguettes de diverses formes, colorées en
L'ocs ses
toute nuance; on extrait de ces baguettes de petits prismes qui sont assemblés sur du ciment romain ; lorsque ce travail d'assemblage est terminé , il suffit de polir la surface pour faire apparaître les tons dans toute leur vivacité. La mosaïque, ainsi faite, est une peinture inaltérable qui est nécessairement d’un grand prix ; le tableau ne vaut pas moins de 25 000 francs.
Quant aux mosaïques des biodk communs qui sont plus grossièrement assemblées sans doute, elles peuvent être vendues depuis 4 franc jusqu’à 30 ; elles sont aussi remar-
quables au point de vue du bon marché. que les œuvres de
Galland le sont au point de vue de l'art.
Les camées en pierres fines, de M. Michelini, sont aussi d’une perfection admirable : la sardoine , la cornaline , entre autres pierres dures , sont principalement employées par cet artiste avec une finesse de goût et d'exécution qui ne se trouve que dans quelques cariées antiques. La Vénus de Milo, son plus grand sujet en pierre occidentale, est du prix de 6000 fr.
Les marbres sculptés de Jacometti et de Pauliaca sont d’un beau travail; la grande coupe en jaune de Sienne de cet exposant ne pourrait trouver une cit convenable que ans un musée.
Rome est plus adonnée à l’industrie qu'aux beaux- arts, +4 autres parties de son exposition témoignent encore de ce caractère national : voyez plutôt ce meuble en marqueterie qui peut être cité comme un modèle de travail, par M. Gutti; parmi les coraux, ce collier dont les chaïnonstentrelacés , sur une longueur de 25 centimètres, ont été détachés d’une même pièce, ces fleurs en cire , de M. Dies et de son élève ,cetterreproduction en bronze doré de la colonne Trjane , chefd'œuvre de patience et de ciselure de M. Stragna, les photographies enfin dont quelques-unes sont bien réussies.
Les cordes ‘de boyaux de Rome sont estimées, et cette industrie se rattache encore aux beaux-arts; la préparation des stues , les carrelages en poterie sont:dans le même cas. Nous n'avons ailleurs à citer que quelques tissus, quelques papiers, et un instrument spécial de chirurgie dont il sera parlé -plus loin. Le nombre des exposants ne s'élève re à plus de soixante.