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Machine de M. Zaman-Sabatier et Cie, de Bruxelles. (P, 115.)
Les cylindres et les mouvements se trouvent placés extérieurement, le tiroir est horizontal et au-dessus des cylindres.
Distribution. — Les barres d’excentriques sont fixées à un très-grand coulisseau suspendu en son milieu par deux ju- | melles reliées à l'arbre de relevage; il monte et descend dans he une coulisse en deux morceaux , soudés chacun à un bout | 1e d'arbre horizontal et fermés à leurs extrémités par une entre- ‘A toise ; le tout formant arbre horizontal de renvoi avec cou- (l lisse tournant sur son axe; en relevant progressivement le
coulisseau dans la coulisse, la course du tiroir augmente dans
| le même rapport. Le coulisseau étant très-long et demandant
1 2 très-peu de parcours pour donner au tiroir les courses maxi-
mum convenables pour la distribution, il tend moins à pren-
dre du jeu que ceux des coulisses ordinaires. Le graissage se
fait très-facilement par des évidements pratiqués dans son
épaisseur ; la coulisse est très-simple de construction et facile à entretenir.
) Lonaerons. — 11 y a un double longeron de-chaque côté, EL garni de bois dans le milieu ; les plaques de garde sont souk. dées dessus : c’est l’ancienne disposition abandonnée aujour- ‘3 d'hui.
Ressorts.— Chaque roue est munie d’un ressort de suspen- É: sion, ce sont les formes des anciens ressorts mal calculées ar et disproportionnées par rapport à la charge qu'ils supportent.
Sablière. — La sablière est placée sur le milieu du corps du cylindre de la chaudière, conduisant de chaque côté le sable sous les roues motrices par des tuyaux tournant graduellement à l’aide d'une tringle à poignée, placée à la portée du mécanicien, qui en accélère ou en ralentit le mouve- 4. ment suivant la nécessité.
; Cette machine a 472 tubes de 45 »/» de diamètre intérieur et pèse 22 tonnes ; elle peut remorquer des trains à voyageurs à raison de 50 à 60 kilomètres à l'heure, avec 15 wagons, sur des chemins qui ne présentent pas de fortes rampes.
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Machine à grande vitesse, construite par M. Borsig, de Berlin.
Cette machine est à cylindre extérieur, avec des roues motrices de 2 mètres de diamètre appliquées au milieu des deux autres paires de roues.
Mouvement. — Les bielles sont en acier fondu trempé, la petite tête est fixée à la crosse du piston par une traverse portant deux coulisseaux en fonte, lesquels glissent dans quatre glissières avec mises en acier. Ces glissières sont d'un bout appuyées sur les couvercles du cylindre, de l’autre sur un support fixé au longeron. Ce support est relié avec celui du côté opposé par une entretoise, ce qui rend les glissières parfaitement rigides et solidaires l’une de l'autre.
Distribution. — 1.es coulisses sont placées intérieurement, elles sont simples, suspendues chacune par leur milieu, au moyen de deux jumelles prenant le levier de relevage ; les barres d'excentriques sont d'une seule pièce avec le corps de l’excentrique, le prolongement du coulisseau est rond et passe dans un support appliqué intérieurement aü longeron, la tige du tiroir est reliée à ce prolongement par un clavettage conique et un écrou ; par ce moyen on peut faire avancer ou reculer le tiroir; les clavettages habituels n'ont pas cet avantage. |
Pompes. — Elles sont fixées sur le fond du foyer et reliées par une entretoise qui maintient leur écartement: elles se trouvent commandées par l’excentrique de la marche en arrière, par une bielle recourbée, passant en dessous de l’essieu moteur et boulonnée au collet du collier d’excentrique ; le peu de distance qu'il y a entre la pompe et l’essieu moteur ne permettrait pas de les commander comme on le fait habitnellement ; les tuyaux d’aspiration et de refoulement n'otfrent aucun coude , c’est une très-bonne disposition qui empêche les pompes de perdre.
Suspension. — Chaque roue porte son ressort de suspension; ceux d'avant et du milieu sont reliés par un balancier articulant au longeron , ce qui fait que quel que soit le choc éprouvé par l’une ou par l’autre paire de roues , il se trouve annulé en se portant sur l’autre ressort; c'est d'un grand avantage pour une machine à grande vitesse, parce que les
secousses multipliées ne se font pas sentir sur le tablier et ne tendent pas à ébranler le mouvement. | Foyer .—Le foyer est bien proportionné à la surfacede chauffe et aux cylindres , la chaudière contient 1456 tubes de 45 millim, de diamètre intérieur, et d'environ 4,50 de longueur. Dans cette machine, les surfaces de frottement sont bien entendues; toutes les précautions sont prises pour un graissage facile, tout le travail est parfaitement fait, très-soigné , et les pièces sont bien étudiées; l'entretien doit être presque nul, et, en tout cas, il est facile à faire et peu dispendieux. Cette machine étant très-légère netend pas à détruire la voie, tout en pouvant remorquer des trains express assez forts à une très-grande vitesse sur des chemins à moyennes rampes. Tender. — Il est monté sur ses roues et peut contenir une grande quantité d’eau et de coke. Le frein enraye toutes les roues; chacune se trouve comprimée par deux sabots, ce qui ne tend pas à détruire le parallélisme des roues. Ce frein est très-puissant , mais il coûte fort cher d'établissement. Les ressorts de suspension sont encastrés dans les longerons, à l'endroit de la partie servant de plaque de garde. Ces vides ainsi faits augmentent la largeur des longerons et les rendent lourds d'aspect. L'emploi de six roues, dans ce cas, est un peu une exagération, car le tender ordinaire à quatre roues avec fusées convenables remplirait le même but et coùterait moins cher. |
Trifetds : Machine à grande vitesse, système Crarnpton, construité à Esslenger par M. Em. Kessler, (P. 126.)
Avant de décrire cette machine, quelques mots sont nécessaires pour dire à nos lecteurs ce qu'est le système Crampton. (
L'habitude des chemins de fer et une sécurité assez complète, firent naiître le besoin d'augmenter la vitesse. On ne pouvait arriver à cet accroissement de vitesse qu'en augmentant le diamètre des roues motrices, ce qui avait le grave inconvénient de trop élever le centre de gravité dans le système ordinaire. En 4849 ou 50, M. Crampton eut l'idée de placer les roues motrices tout à fait à l'arrière de la chaudière il se donnait ainsi la possibilité d'augmenter leur dia-
. placés par des guides ronds moins coûteux.
mètre autant qu’il le jugeait convenable. Ce changement entraina quelques dispositions nouvelles.
Cétte machine de M. Kessler a ses cylindres appliqués sur les longerons, entre les roues du milieu et celles d'avant ; la bielle commande l’essieu d'arrière, la manivelle et les poulies d’excentrique sont d'un seul morceau calé en avant de la roue sur l’essieu , le tuyau d'échappement passe par-dessous la machine et traverse la boîte à fumée pour se rendre dans la cheminée.
Distribution. — Le mouvement se trouve placé du côté du longeron, la coulisse est en deux morceaux, articulant par son milieu sur deux jumelles reliées à l'arbre de relevage, Le prolongement du coulisseau est carré, passant dans deux guides appliqués sur les longerons, la tige du tiroir prend son mouvemerit sur ce prolongement entre les deux guides. Les guides carrés sont généralement abandonnés mairtenant et sont rem-
Régulateur. — Le régulateur est placé verticalement et glisse dans un secteur juxtaposé à celui du changement de marche.
La sablière est placée sur le tablier longitudinal près du garde-corps à la portée du mécanicien e& n'offrant aucun obstacle pour la circulation sur le tablier.
Plate-forme.— Les roues motrices passent à travers letablier transversal ; elles sont recouvertes, Jaissent entre elles un grand emplacement très-utile pour le service des mécaniciens. à
Les pièces du mouvement, la distribution et les pompes sont toutes très-faciles de démontage et d'entretien , elles sont dégazées et en harmonie l’une avec l’autre, le travail est trèssoigné et la machine a un aspect fort satisfaisant.
Tender.—Le tender a six roues, chacune porte un ressort de suspension éncastré dans les longerons, ces derniers sont en deux pièces garnis de bois dans leur intervalle.
Bottes à graisse. —Les boîtes à graisse peuvent recevoir une grande quantité de graisse, la partie de devant s’ouvre à volonté et permet de visiter la fusée et de vider le dessous des boîtes.
Caisse à eau. — La caisse à eau est en partie en dessous du parquet, elle peut contenir un grand volume d’eau, et l'emplacement du coke est aussi très-vasLe,
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Ce système a l'avantage d'abaisser le centre de gravité et de rendre ainsi la stabilité plus grande.
Frein. — Le frein enraye les six roues à la fois, chacune par deux sabots qui les compriment, le parallélisme se trouve ainsi maintenu.
Prise d’eau.—La prise d’eau se fait par un robinet avec cadran choisi pour connaître le degré d'ouverture. L'emploi d’un robinet est plus simple que le clapet actuel, mais peut-être conserve-t-il moins bien l’eau. Ce tender est très-léger, d'une bonne forme, appropriée à celle de la machine.
Emperor : machine à voyageurs construite par M. Stephenson. (D. 141.)
Cette machine est extrêmement intéressante, non pas sous le rapport de la nouveauté, mais parce qu'elle présente et résume, sans doute, les derniers perfectionnements et l'opinion | de l’habile ingénieur qui l’a construite.
Elle porte ses cylindres et son mouvement à l'intérieur, les roues motrices sont au milieu.
Cylindres et mouvement. — Les cylindres sont réunis et fixés aux longerons; les tiroirs sont verticaux, et communiquent dans la même boîte à vapeur. La petite tête de bielle porte une traverse qui passe à chaque bout dans un coulisseau glissant dans deux glissières soutenues d'un bout au couvercle du cylindre, de l'autre, à une entretoise qui relie les longerons ; cette entretoise servant de support au Corps Cylindrique.
Distribution.— La coulisse est simple ; deux jumelles la relèvent par sa partie supérieure; le même boulon. d'attache prend l’œil de la barre d’excentrique de la marche en avant; le coulisseau est fixé à deux autres jumelles dont l’une des extrémités donne le mouvement à la tige du tiroir, par l'intermédiaire d'une bielle clavelée dessous ; l’autre extrémité est suspendue à une petite bielle qui s'articule à un support boulonné à l’entretoise des longerons.
Cette disposition a l'avantage de soulager d’une manière très-notable la perturbation qui a lieu sur le coulisseau, et de lui faire prendre beaucoup moins de jeu.
Pompes.— Elles sont appliquées sur la face de la boîte à feu ;
commandées par deux tiges recourbées; elles embrassent l’essieu moteur, et prennent de l’autre bout le collier d'excentrique de la marche en arrière; cette disposition ne pourrait pas être évitée à cause du peu d'espace qui exisle entre la boîte à feu et l’essieu moteur.
Suspension.— Chaque roue a son ressort de suspension placé au-dessus des longerons.
Longerons.—Ils sont doubles et garnis de bois à l'intérieur.
La machine peut remorquer des trains, de 50 à 60 kilomètres à l'heure, avec une forte charge.
Peut-être peut-on reprocher à ce système l'inconvénient de donner lieu à un grand entretien , de rendre la visite, le nettoyage et le graissage difficiles.
L'exposition de M. Stephenson prouve qu'il na dévié en aucun point de son ancien système ; on y retrouve exaclement les mêmes dispositions que celles existantes dans ses anciennes machines.
Ce fait est très-remarquable et il se reproduit pour les chemins de fer français, sur le chemin de fer de Rouen qui depuis son origine a conservé les mêmes types de machines et a satisfait aux exigences d’un service important.
L'Angleterre nous à envoyé, en outre, une machine de M. Firbairn, qui n’a d'autre intérêt que d’avoir été construite dans les ateliers de cet habile constructeur ; une seule particularité est à remarquer : sa suspension sur des ressorts en caoutchouc.
Elle a aussi exposé, pour représenter le système Crampton, une machine construite en France dans les ateliers de MM. Cail et Cie. La compagnié du Nord , à qui elle appartient, a eu l'heureuse idée d'y afficher son parcours total, soit 269 045 kilomètres, depuis le mois de mai 1849 au 4er juin 4855. C'est le plus bel éloge qu’on puisse faire de cet engin, et la compagnie du Nord aurait su joindre à ce renseignement la vitesse moyenne de ce parcours , le prix moyen de l'entretien et de la dépense de combustible, afin d’initier autant que possible le public aux dépenses que nécessitent ces puissants engins.
On remarque encore, dans l’Annexe, d’autres machines que nous aurions désiré examiner, quoique, à vrai dire, elles n’offrent rien de saillant, que quelques particularités de détail
insigmfiantes au point de vue général. Le reste du matériel
roulant des chemins de fer, représenté par un petit nombre de véhicules, compte quelques voitures el quelques wagons.
Nous dirons seulement quelques mots de ceux de la Belgique et de la Suisse, qui présentent quelques particularités intéressantes.
Le wagon à voyageurs , qu'expose la première de ces contrées, est une élégante voiture de première classe qui appartient au chemin de fer de Luxembourg et qui est construite par M. Pauwells de Bruxelles. La caisse est assez haute pour que les voyageurs puissent se tenir debout dans les trois compartiments, parmi lesquels celui du milieu est
plus vaste que les autres; chaque compartiment contient
quatre fauteuils qui peuvent être transformés en couchers et qui donnent à cette voiture un confortahle tout spécial.
Le wagon suisse, d’une longueur de quatorze mètres, est divisé en chambres qui communiquent entre elles par un couloir longitudinal, Cetle voiture , destinée aux chemins de fer de l'Amérique, est très-élégamment meublée ; une disposition particulière des trains rend possible cette longueur exceptionnelle, même dans les coudes.
Le wagon à marchandises exposé par M. Colson présente une disposition toute nouvelle qui pourrait le faire désigner sous le nom de wagon roulant. Ce sont en effet deux cylindres garnisde bandages circulaires qui roulent à la manière ordinaire sur la voie ; les cylindres sont munis de trappes au moyen desquelles s'opèrent le chargement et le déchargement des matériaux en vrague que cet appareil doit transporter. On prétend que pour les longs parcours celte disposition, quiabaisse autant que possible le centre de gravité, et qui permet de diminuer le poids mort, demande même pour leshouilles un chargement très-coûteux et très-soigné, pour peu que l'on veuille éviter la pulvérisation de le matière ; une cloison diamétrale, solidaire avec l’essien fixe, tend au reste à diminuer cet inconvénient, en immobilisant la charge pendant que le cylindre seul tourne autour d'elle.
Un wagon en fer, par M. Nepveu et Cie, présente un mode nouveau de construction. Le châssis, entièrement établi avec les fers du commerce , dénote la tendance actuelle de l'industrie, et réalise une diminution notable dans le poids de la voi-
ture, si on le compare à celui des constructions ordinaires en bois. Cette disposition ne peut manquer d’avoir de l'avenir.
Carrosserie.
La carrosserie compte, à l'Exposition , 76 exposants, dont 38 Français, 44 Anglais, 5 Belges, 5 Autrichiens, 3 des Pays- Bas, 4 des Étais sardes, 2 du Canada, 4 Suédois, 5 Norvégiens, 4 Mexicain et enfin 4 Hambourgeois. Leurs produits sont au nombre de 87, comportant : 5 voitures de gala, 4 berline, 2 landeaux, 25 calèches, 10 coupés, 7 américaines, 6 phaétons, 5 victoria, 5 cabriolets à quatre roues, 2 tilburys, 2 voitures de chasse, 2 breeck, #4 dog-cart, 4 cab, 4 char à bancs, 4 omnibus, 3 voitures de fantaisie, 3 véhicules dont l'usage est spécial au pays de provenance, et enfin 3 traineaux.
Il est à remarquer que les spécimens envoyés par les quatre premières nations se rapprochent pour la plupart des formes adoptées en France, et que les différences que l’on remarquait autrefois à cet égard ont presque complétement disparu ; il est certain qu’en imitant les formes françaises les produits de nos voisins ont beaucoup gagné en légèreté et élégance. I est juste cependant de dire que ce progrès paraît moins sensible chez l'Autriche, car si une ou deux de ses voitures sont construites avec légèreté, la plupart ont conservé la lourdeur et les formes disgracieuses de l’ancienne carrosserie. Ainsi, il existe certainement une différence très-marquée sous le rapport du goût entre la voiture d’apparat du maire de Vienne, de MM. Laurenzi et Cie, et les voitures d’apparat exposées par MM. Clochez, Leclere , de Paris, et Goner frères, de Bruxelles. Autant cette dernière est légère, gracieuse de forme et flatte l'œil par l'heureuse disposition de ses ornements, autant la première, qui lui est certes supérieure comme richesse de détail, choque le regard par le mauvais goût de ses décorations et la lourdeur de la galerie qui la surmonte : ce couronnement peut avoir son mérite, mais il serait mieux placé sur un autel que sur une voiture.
Le royaume des Pays-Bas est plus exempt des reproches que nous faisons à l'Autriche, et nous devons reconnaître que la carrosserie de MM. Hermann et Cie est bien traitée,
Hi est pénible, à côté des efforts tentés par les autres con-
de.
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trées, d’avoir à constater l'absence complète de la Prusse. Nous savons cependant que les fabricants de cette nation ne peuvent pas être taxés d'impuissance et que Îles produits de Berlin et de Magdebourg peuvent facilement soutenir la comparaison avec ceux des autres puissances de l'Europe; nous ne savons donc quelle peut être la cause de cette fâcheuse abstention de la Prusse, et nous devons d'autant plus la regretter que cette nation n’a rien épargné pour être dignement représentée, danstoutes les autres branches, au concours universel de l'industrie.
Le Canada, mieux inspiré, ne s’est pas effrayé des distances ; cette colonie n'a pas craint d’affronter la lutte, et nous nous plaisons à reconnaître que, malgré ce que peuvent avoir d’étrange pour nous certains détails auxquels nous ne Sommes . pas habitués, les voitures exposées par MM. Clovis Leduc de Montréal et Édouard Gingras, de Québec, ne manquent ni de fini, ni de goût, et réunissent ce que l’on recherche ordinaire : ment, la solidité et la légèreté.
En chargeant M. Wilson , de Mexico, de nous envoyer un spécimen de sa fabrication, la république mexicaine a voulu nous prouver les efforts faits par elle pour se mettre à la hauteur de l’industrie européenne; quoique un peu lourde, la calèche exposée par ce fabricant est très-soignée dans tous ses détails. et peut être mise avec avantage en comparaison avec celles de ses confrères d'Europe.
Ce coup d'œil jeté sur l’ensemble des produits de la carrosserie, il ne nous reste plus qu'à signaler ceux qui ont le plus particulièrement fixé notre attention.
Rendons-nous d’abord dans la tente dont l'entrée fait face à l'avenue d’Antin.
La première voiture qui frappe nos regards est une voiture de chasse complétement construite en fer poli de M. Clovis Dumont , d'Abbeville; elle est d’une exécution remarquable, tous les détails en sont très-soignés, et, quoique le bois soit partout remplacé par le fer, elle nous a paru très-légère, et cet essai de M. Clovis Dumont nous semble devoir être couronné de succès. | |
Trois autres breeck sont exposés par MM. Delongueil, Gravier, de Valenciennes, et Mulhbacher frères. Ces voitures réunissent, aux commodités que l’on recherche généralement
dans ce genre de véhicules, l’élégance de formes et la solidité. Celle exposée par M. Delongueil nous a paru surtout parfaitement conçue dans tous ses détails.
La carrosserie de luxe se trouve principalement représentée pour la France par MM. Clochez et Leclerc, de Paris. Les deux voitures envoyées par M. Clochez pèchent, selon nous, par la profusion de sculpture et le bariolage d’ornementation qui produisent un effet de très-mauvais goût. Nous préférons la calèche de M. Leclerc, qui, quoique encore un peu chargée d’ornements de bronze, nous a paru plus digne de fixer l'attention. M. Leclerc présente, du reste, une idée neuve qui pourra peut-être produire de bons résultats dans l'avenir : son système consiste à recouvrir extérieurement chaque panneau d’une glace, de sorte que la peinture ou la garniture externe, se trouvant complétement garantie, n’est plus exposée à être endommagée par la pluie ou la boue. Si, comme nous l’a affirmé M. Leclerc, il peut éviter que l’eau ne s’introduise
“entre la glace et le bois, il y aura un grand avantage à adop-
ter son système pour Loute espèce de voiture, car la peinture extérieure est ce qui souffre le plus et se détériore le plus vite.
Les voitures de ville sont naturellement en plus grand nombre que les voitures de gala, et ce genre est, en général, bien traité ; elles présentent plus de goût et d'harmonie dans toutes les parties ; et, pour notre compte, nous avouons que nous préférons la sévère simplicité des calèches exposées par MM. Lelorieux et Dunaime au luxe de celles de M. Clochez. Nous croyons que tout le monde pensera avec nous qu'il est impossible de trouver une serrurerie mieux finie, une forme plus gracieuse, une garniture mieux soignée que celle de la voiture exposée, sous le n° 4064, par M. Lelorieux. MM. Dunaime, Dameron et Rothschild ont aussi, sous les n°* 1050, 1053 et 1072, trois calèches qui ont été traitées avec conscience, et dont le travail ne laisse rien à désirer. Du reste, la comparaison des produits groupés au Palais de l'industrie confirme une fois de plus la supériorité incontestable de la fabrique de Paris sur toutes les autres carrosseries du monde. Il est cependant juste de dire que MM. Bergeron, de Bordeaux, et Cliquenon frères, de Lille, ont exposé, le premier, deux voitures, dont une calèche fort élégante, et le second,
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trois voitures, parmi lesquelles un coupé avec inerustalion en bois des îles et en cuivre, produisant un très-bon eflet et méritant, sous tous les rapports, d'être mis en parallèle avec la carrosserie de Paris.
Nous croyons devoir citer encore à l'attention des visiteurs un phaéton à siége mobile de M. Hayot, de Caen. En le séparant en deux, on peut former à volonté une voiture à deux roues où à quatre roues, et lui conserver, malgré ce changement, sa solidité et son élégance. Ce système, appliqué avec intelligence, peut rendre de grands services, suriout pour les campagnes. | |
Un omnibus, sortant des ateliers de MM. Boutherie et Cie, nous à paru avoir subi dans ses dispositions intérieures des modifications utiles aux voyageurs, et être traité, pour ce qui est de la construction, avec tout le soin que ce carrossier apporte à tout ce qui sort de ses ateliers. Nous ne terminerons pas cet examen sans exprimer le regret de ne pas rencontrer dans l'Exposition plus de voitures de campagne. M. Vederkelr, de Colmar, est le seul qui, sous le n° 4077, ait exposé un char à banc, et, bien que cette modeste voiture paraisse déplacée au milieu des riches équipages , il eût été à désirer que d’autres eussent suivi son exemple, car, s’il en eût été ainsi , bien des visiteurs auraient pu trouver un véhicule dont l'usage, importé dans leur pays, eût pu être plus approprié à ses besoins que ceux employés jusqu’à ce jour.
Les exposants belges sont peu nombreux et se réduisent à quatre ou cinq. Leurs produits méritent cependant une mention toute spéciale; ceux de MM. Goner frères, de Bruxelles, sont surtout remarquables par le soin apporté dans leur construction, par le fini de la ferrure et l'élégance des formes. La berline demi-gala, exposée par cette maison, est surtout digne d’attention. Les sculptures et les moulures sont d’une exécution très-soignée; la contruction de la caisse, bombée devant et derrière, a dà présenter des difficullés réelles, qui ont été résolues de la manière la plus heureuse. Les galons de l'intérieur sont armoiriés et ont dù être fabriqués sur trois métiers afin que les couronnes et les chiffres fussent placés en regard dans les différentes parties de l'intérieur. En un mot, chaque détail a été étudié avec tant de. soin que nous n'hésitons pas à dire que cette voiture ne peut manquer d'attirer les
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regards de tous les gens de goût, et méritera, nous n’en doutons pas, l'approbation des personnes compétentes. MM. Goner frères ont, en outre, exposé deux Cabriolets forme Victoria, qui prouvent qu'ils sont aussi habiles dans la construction des voitures de ville que dans celle des voitures de luxe,
Les produits présentés par les Pays-Bas paraissent traités avec conscience. Nous signalerons une calèche de ville construite par MM. Hermans et Cie pour S. M. le roi des Pays-Bas, et qui, sous le rapport du confortable et de la bonne exécution, ne le cède en rien à celles dont ous avons déjà eu occasion de parler. Un charmant dog-cart construit tout en fer par le même fabricant a aussi attiré notre alten lion. |
Pour terminer l’examen des voitures exposées dans le local affecté plus particulièrement à la carrosserie nous n'avons plus qu’à signaler la calèche exposée par M. Wilson de Mexico: cette voiture qui lui a élé commandée par Ja république mexicaine en vue de l'exposition, est d’une construction un peu lourde, la forme en est peu gracieuse et est depuis longtemps passée de mode chez nous; cependant nous devons reconnaître que la fabrication en est bonne, et que la ferrure et la garniture en sont très-soignées.
Pour terminer l'examen de la carrosserie, il faut maintenant nous rendre aux annexes. Nous trouvons à la pile 447 D les voitures exposées par l'Autriche. Elles sont peu nombreuses, et celles exposées par MM. Laurenzi et Cie sont les seules qui méritent de fixer l'attention ; ce sont la voiture d'apparat du maire de Vienne et un coupé de ville. Nous avons dit plus haut ce que nous pensions de la voiture d'apparat; sa richesse d’ornementation attire seule les regards. Quant au coupé, il nous donne meilleure idée du goût du constructeur, car cette voiture est d’une forme gracieuse; les détails en sont soignés, et ne laissent rien à désirer.
Plus loin, à la pile 427 D nous trouvons l'Angleterre , et dans cette partie elle est encore la digne rivale de la France. Nousdevons même reconnaître que nos voisins, en s’attachant surtout à nous envoyer des voitures d’un genre sévère et utile, se sont plus rapprochés du but de l'exposition.
Nous rencontrons d’abord un phaéton de M. Vrupp, et plus “loin des voitures du même genre, de MM, Thorn de Londres
“et de M. Starey de Nottingham. Bien que les deux premiers soient construits avec tout le soin et la légèreté que demande ce genre de véhicule, celui de M. Starey appelé cottagephaéton est digne, par son ingénieuse construction, d’une mention particulière.
Cette voiture peut affester trois formes : phaéton à deux places , phaéton à deux siéges et à quatre places, et la même voiture avec siége couvert. Ce qui la distingue surtout, c’est sa simplicité, sa légèreté et, pour ainsi äire, l’instantanéité avec laquelle elle change de forme suivant le besoin ; à chaque instant vous pouvez l’approprier à la circonstance dans laquelle vous vous trouvez ; les changements de forme se font aussi bien en route que sous la remise, de sorte que vous n'êtes jamais exposé à vous trouver pris au dépourvu.
Deux fabricants, MM. Kesterton de Londres et Roch et fils de Hastings, ont exposé sous le nom d’amempton et de diorophe , deux voitures de ville qui peuvent aussi se transformer de manière à former suivant les besoins une calèche entièrement fermée, une calèche découverte ou un char découvert.
MM. Davies et fils, de Londres, présentent un coupé qui paraît trailé con:ciencieusement et se recommande à l’attention par ua marchepied qui tient si peu de place qu'il se confond avec le contour de la voiture.
Nous avons encore remarqué, dans la partie anglaise, trois calèches fabriquées avec le plus grand soin, tant sous le rapport de la serrurerie et du charronnage que sous celui de la garniture intérieure; elles sont de MM. Rigby et Robinson, Peters et fils et Hopper et Cie, de Londres.
Bien que les quelques voitures exposées dans l’annexe du côté de la place de la Concorde n'ofirent pas un grand intérêt, nous engageons le visiteur qui veut compléter l’examen des voitures à se rendre à la pile 44 D; il y trouvera, parmi les produits du Canada, deux voitures : l’une de M. Clovis Leduc de Montréal, l'autre de M. Edouard Gringar de Québec. Ces voitures sont d'une forme élégante, et la ferrure à été surtout traitée avec beaucoup de soin; elles font honneur au goût des constructeurs; M. Clovis Leduc a cependant conservé à son américaine un genre de capote qui n'est plus en usage depuis longtemps, et qui lui ôte beaucoup
de sa grâce, et M. Edouard Gringar a monté la sienne sur un train et des roues trop peu élevés; ce qui nuit à l'harmonie qui duit toujours régner dans toutes les parties d'une voiture.
En passant à la pile 24 D, nous pourrons excore voir les trois voitures norvégiennes qui ne présentent cependant qu'un intérêt de curiosité , car nous doutons que ce genre de véhicule, qui consists en un siége très-étroit. pour une seule personne et qui est monté sur un train fort large et des roues très-hautes, puisse jamais, dans nos contrées, trouver un emploi utile.
Sellerie.
Cette section compte 98 exposants, dont 29 à la France, 9 à l'Algérie, 34 à l'Angleterre, 6 à ia Belgique, 10 à l'Autriche, 5 aux Pays-Bas, 3 à la Prusse, 2 au Canada, 4 à la Toscane et enfin 4 au duché de Brunswick.
Nous allons d'abord examiner les produits exposés par la France. Ils se trouvent pour la plupart groupés sous la tente, à droite de la porte sud du grand palais.
La première vitrine qui frappe nos regards est celle de M. Bourse; ce fabricant s’est attaché à y réunir tout ce qui se rapporte à son industrie. Nous y ayons remarqué un harnais d’une grande richesse, des selles, dites anglaises, travaillées avec soin, des brides d'une grâce et d’une légèreté extraordinaires , dont la finesse, en raison de l'excellente qualité des matières employées, ne nuiten rien à la solidité. Enfin une selle avec harnachement de cheval de maréchal de France à aussi fixé notre attention, les détails sont bien traités; tout y est riche, mais simple, et de meilleur goût que les harnachements militaires de l'exposition anglaise. À
MM. Lambin et Prax ont fait des efforts sérieux pour représenter dignement leur industrie. La plupart des objets qui se trouvent dans leur montre nous ont paru remarquables. Nous devons citer comme devant être mis complétement hors ligne un harnais commandé par S. A. [. le prince Murat; le soin apporté dans tous les détails de fabrication , le fini des armes et des chiffres en font plutôt un objet d’art qu'un article de sellerie, et malgré tous les ornements qui le
décorent, il est impossible de rien trouver de plus léger, de plus coquet et de méilleur goût.
Dans la sellerie de luxe nous avons encore remarqué un harnais d’une grande richesse et d’une exécution irréprochable de MM. Exmelin et Arlot aîné.
Sous le n° 996, M. Garnier présente plusieurs colliers dont le principal mérite est un ressort qui permet d'élargir ou de rétrécir le collier à volonté. Tout en ne cherchant en aucune manière à déprécier la découverte de M. Garnier, nous devons dire que sor système nous à paru n’être pas exempt du vice reproché à ses devanciers, et qui consiste en ce que le mécanisme se dérange souvent et ne résiste pas ordinairement au tirage du cheval.
Plusieurs systèmes ont été exposés pour dételer les chevaux instantanément, Ceux de MM: Payr et Richard frères, d'Abbeville, sont les plus simples; mais les divers moyens employés dans ce but nous paraissent avoir l'inconvénient d'empêcher d’alteler le cheval avec autant de solidité qu'à l'ordinaire , et par conséquent.de nuire toujours au tirage.
- L'anti-mors de M. Chambon peut aussi être cité comme un moyen nouveau de direction; mais il nous semble d’une application difficile : car les plaques qui se trouvent au-dessus des naseaux de l'animal ét servent à opérer une pression, doivent nécessairement enlever le poil et en très-peu de temps défigurer le cheval. |
Quant à la sellerie étrangère, nous devons reconnaître que nos voisins, qui autrefois tenaient le premier rang dans ce genre de fabrication , n’ont rien négligé pour soutenir leur ancienne réputation, Tous les genres se trouvent représentés dans cette partie de leur exposilion.
Nous trouvons cependant que, malgré tous les efforts tentés par les fabricants anglais, les produits français et belges supportent la comparaison, et que nos selles ne le cèdent aujourd’hui en rien aux leurs sous le rapport du fini et de l'élégance.
Nous remarquons d’abord MM. Garden et fils, Blackwell et R. Cuff, de Londres, dont les produits sont parfaitement traités ; le choix des matières employées nous a paru excellent. La vitrine de M. R. Cuff se distingue de celles de ses confrères par quatre selles de cavalerie, dont deux avec har-
nachement de cheval pour officier de hussard et de dragon et deux autres d'officiers généraux. Nous devons savoir gré à M. Cuff d’avoir cherché à nous initier aux uniformes de son pays; ils ne manquent pas de richesse, mais soit défaut d’habitude ou esprit national, nous dirons franchement que nous n’aimons pas ces caparaçons surchargés d’ornements qui nous paraissent, surtout pour les officiers inférieurs, peu en rapport avec les grades. Les dessins sont d'assez mauvais goût, et nous préférons la sévère simplicité des harnachements de notre cavalerie ; là , la splendeur de la housse n'écrase jamais le cheval ni le cavalier.
Plusieurs harnais exposés par M. Shipley méritent aussi une mention spéciale; deux brides aux armes d'Angleterre et de France sont d’une légèreté et d’un bon goût remarquables; nous avons aperçu dans la même vitrine un harnais com-
plet, dont les dessins sont exécutés avec des plumes découpées;
quelle que soit la difficulté que doit présenter un tel travail , il est d’un effet très-heureux, et si cet assemblage réunit la solidité à l'élégance, nous ne doutons pas qu'il ne soit employé par la suite avec succès.
Citons aussi les produits de M. Dunlop, de Haddington. Ils ne se recommandent pas comme les précédents par la grâce et la légèreté, les formes adoptées par ce fabricant sont même assez disgracieuses; comme travail de bourrelerie ces produits sont dignes de fixer l'attention par le soin qu'il paraît avoir apporté dans sa fabrication et dans le choix des matières employées.
On trouve auprès de l'américaine de M. Clovis-Leduc, de Montréal, un harnais d'une grâce et d'une légèreté remarquables, et qui fait honneur au goût de M. Georges Barrington, de Montréal. Les piqüres de ce harnais, faites avec beaucoup de soin, sont surtout d'un effet charmant.
La Prusse, dont nous avons eu à constater l’absence complète pour la carrosserie, n’a pas fait beaucoup de frais pour la sellerie. Trois selles et quelques brides sont les seuls objets exposés par ses fabricants. Les selles n'ont rien d'extraordinaire. Elles sont faites avec le soin que l'on apporte généralement aux produits destinés à être exposés; mais il n'en est pas tout à fait de même des brides de M. Kornbach qui méritent certainement une mention spéciale, sous le
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rapport de la légèreté et du fini du travail, et nous nous plaisons à reconnaître qu'aucun objet du même genre ne leur est supérieur.
La sellerie exposée par l'Autriche est peu nombreuse; les harnais sont ordinaires, et si quelque objet peut attirer l'attention, ce sont les selles exposées par M. Loefler, car elles réunissent toutes les qualités désirables : élégance, solidité et bon marché. Nous citerons encore la bride hongroise de M. Holmberg et le harnais valaque de M. Sindel d’une légèreté vraiment remarquable.
L'exposition des Pays-Bas est aussi assez restreinte; nous ne pouvons cependant passer sous silence la selle à l'usage des chirurgiens de l’armée, parfaitement établie et réunissant, dans son aménagement, toutes les commodités désirables.
La Belgique, qui depuis quelques années a réalisé des progrès sérieux dans ce genre d'industrie, a voulu déployer à l'Exposition tous ses moyens; aussi voyons-nous la sellerie, bien que le nombre des exposants soit peu nombreux, y occuper une place importante.
La vitrine de M. Ladoubée-Lejeune est très-complète et ce fabricant paraît s'être appliqué, par la multiplicité des objets qu'il a exposé, à prouver qu'aucune partie de son art ne lui est étrangère; aussi trouvons-nous dans cette montre depuis le harnais de luxe jusqu’au harnais de camion, depuis la selle anglaise jusqu’à la selle de cavalerie, et cette fabrication n’est inférieure à aucune autre. Les harnais et les selles sont bien soignés et réunissent l'élégance à la solidité. Nous avons surtout examiné avec intérêt deux harnais de traîneau d'une légèreté ravissante.
Pous être juste nous devons dire cependant que nous préférons, pour le harnais de luxe, le genre de la maison Maréchal, de Bruxelles : ses produits sont moins lourds, et les détails sont traités avec plus de goût que ceux de M. Ladoubée- Lejeune.
Nous devons encore signaler comme travaillés consciencieusement les harnais exposés par MM. Théry de Gand, et Rousseau de Liége.
Avant de quitter la Belgique nous remarquons encore un genre de harnais qui lui est propre, exposé par M. Van Molle d’Arsche. Ce harnais, enrichi d’une multitude d'orne-
ments de cuivre, est plus spécialement'en usage pour les brasseurs; il nous a paru réunir d’excellentes qualités sous le rapport du travail et des matières employées, mais nous ne nous rendons pas bien compte de la profusion avec laquelle les clous et les plaques de cuivre y sont jetés.
Mécanique spéciale et matériel des ateliers industriels.
Le titre de cette classe suffit pour indiquer toute l'étendue de son domaine; il n’est plus une seule industrie qui n’appelle à son aide un grand nombre de ces habiles auxiliaires qui travaillent plus vite et mieux que ne pourrait faire la main de l'homme, et qui savent se prêter à toutes les exigences en distribuant, suivant les besoins, la puissance et l'agilité dans les conditions les plus favorables à la rapidité et à la bonne confection du travail.
Il nous serait impossible, on le conçoit, d'examiner un à un tous les appareils de cette sorte, Gisséminés dans tous les points de la galerie des machines françaises et étrangères. Obligés de nous restreindre , nous ferons choix des appareils qui nous paraissent présenter un plus grand intérêt d'actualité.
Les machines à travailler les pierres, les métaux et les bois sont celles dont l'usage est le plus général.
Un exposant autrichien , M. Vittorelli, entretient cn travail une machine à débiter et raboter la pierre, dont le fonctionnement ne laisse rien à désirer. Une scie à plusieurs lames verticales débite le bloc en tranches, pendant que des burins écroûtent la surface horizontale qui leur fait obstacle dans un sens et qu’ils retournent inactifs dans l’autre, par suite de l'articulation ménagée dans l'assemblage de chacun d’eux sur leur support commun. :
Le travail mécanique des pierres et des marbres a pris, sur les lieux mêmes de l'extraction, un développement considérable, et nous regrettons de n'avoir pas un ensemble des dif-
férentes machines employées dans ces industries, particulièrement des machines à moulures dont quelques-unes sont fort remarquables. Nous en sommes réduit à citer un appareil d’un emploi moins général, mais d'une disposition ingénieuse, à l'aide duquel MM. Nabary et Deville frères taillent leurs ardoises suivant les formes diverses réciamées par le consommateur.
Le visiteur verra travailler avec plaisir la machine à l'aide de laquelle M. Chevalier parvient à scier les pierres les plus dures, le verre, le quartz , le granit, et le moyen dont il so sert paraîtrait plutôt destiné à couper des matières très-tendres, puisqu'il est emprunté au mode assurément bien simple que l’on pratique sur nos marchés. Le fil de fer de M. Chevallier est monté comme une courroie sans fin sur deux poulies, qui lui permettent de se mouvoir dans le même sens d’une manière continue : on à soin d'approvisionner de sable mouillé les places par lesquelles le fil est en contact avec le bloc à scier, et ce sable, entraîné par le mouvement même du fil, l'aide à faire son logement dans la masse jusqu’à la profondeur convenable. Les spécimens des pièces à moitié coupées, qui sont au nombre des produits de cet exposant, témoignent d'une manière avantageuse de l’eflicacité de son procédé.
La machine que M. Hermann emploie pour lourner ses vases et ses cylindres en granit, aurait dignement accompagné ce petit appareil qui, comme lui, s'attaque aux pierres dures.
Les machines à fabriquer les briques et les tuyaux de drainage ont, depuis plusieurs années surtout, l'avantage d'une immense popularité; chaque comice agricole a voulu posséder la sienne, dont la plupart du temps il ne fait rien. On sait qu’en général ces machines opèrent au moyen d'un piston qui refoule la terre, dans un espace qui en est préalablement rempli. La terre suffisamment malaxée , que l'on renouvelle après chaque opération, se trouve chassée par la pression au travers des ouvertures d’une filière, et vient se disposer en une masse continue ayant la forme même du profil qui varie d'une filière à l’autre. Cet organe principal a tantôt une forme circulaire ou elliptique, s’il s’agit de tuyaux de drains, tantôt une forme quadrangulaire si l’on veut en obtenir des briques pleines ou ereuses. Dans tous les cas, des fils de fer,
tendus sur châssis mobile, sont disposés pour couper le tuyau sans fin à la longueur convenable pour la nature du produit. Les briques creuses de M. Borie se prêtent admirablement à ce mode de travail. A l’exception de la machine de M. Touaillon, qui se sert d’une hélice pour diviser el malaxer la terre, et qui aurait besoin de la sanction d’une longue expérience, tous les autres appareils sont fondés sur le même principe. M. Borie et M. Calla, en France, M. Whitehead, en Angleterre , ont envoyé les plus importants. La machine verticale de M. Clayton ne diffère des autres qu'en ce que la filière est placée horizontalement.
Dans tous les cas, une sorte de fourchette en bois sert à enlever du tablier sur lequel ils avancent, au fur et à mesure de leur confection, les tuyaux coupés.
Les machines destinées au travail des bois sont largement représentées, tant dans la partie française que dans la partie étrangère. |
Dans l'exposition française, nous rencontrons d’abord la machine à débiter les moulures et pièces contournées, de M. Périn. Elle se compose essentiellement d'un scie à lame sans fin, enroulée sur deux poulies garnies de cuir, afin d'éviter le glissement qui, jusqu'ici, s'était produit dans ces sortes de machines. La scie est, en outre, guidée par deux pièces de bois dans lesquelles elle entre un peu, pour empécher la lame de se voiler. Au moyen de cet instrument, M. Périn débite les pièces de bois des formes les plus contour- nées et les plus bizarres. On peut voir, du reste, à peu de distance de sa machine, quelques échantillons débités successivement dans le même bloc, et qui s'emboîtent avec une merveilleuse exactitude les uns dans les autres, comme une lame dans son fourreau. |
MM. Delaporte fils et Frisch exposent une scie qui ne diffère pas sensiblement de la précédente. Les guides en bois sont remplacés par des galets , et il y a trois séries de poulies porte-lames , au lieu d’une seule, afin de pouvoir, quand on veut, diminuer les frottements en employant les plus petites poulies, si cela est possible. ;
Dans là machine à mortaiser de M. Damon, la mortaise se fait au moyen d’une mèche tournante. On avance la pièce de bois pour faire la profondeur et la largeur voulues; la mor-
taise ayant des angles arrondis , on est obligé de la retoucher à la main, La machine de M. Bernier est fondée sur ce même principe. Elle est, en outre, munie d'un tambour à deux fers de rabots pour faire les tenons. |
À côté de ces deux machines, se trouve celle de M. Escafit. pour fabriquer les queues de billard. On place la pièce de bois sur deux pointes de tour à bois, et elle est travaillée par un rabot cheminant dans une coulisse en pente au moyen de deux vis sans fin. La pièce de bois tourne à grande vitesse. On obtient au moyen de la pente de la coulisse la conicité nécessaire. Une queue de billard se trouve parfaitement tournée en deux minutes et demie.
M. Sautreuil, constructeur à Fécamp, expose deux machines, l’une destinée au rabotage des pièces de charpente, et l’autre au travail du parquet. Dans la première, la pièce de bois est amenée sur des galets, et serrée contre eux par des cylindres en fonte cannelée, munis de contre-poids pouvant se régler à volonté, suivant les dimensions des pièces. Elle est travaillée par quatre tambours tournants, armés de fers de rabots. Deux sont horizontaux et deux verticaux, de manière à opérer le planage à la fois sur les quatre faces. Elle passe ensuite entre quatre galets, deux horizontaux et deux verticaux qui servent à la guider, et qui sont réglés au moyen de vis de pression. Cette machine sert à faire les bordages de navires.
La machine à faire le parquet fait la planure sur la face antérieure, puis la rainure et la languette sur les deux faces latérales. La planure se fait, comme dans la machine précédente, par un rabot circulaire, la languette, au moyen d'un tambour à double fer, et la rainure, par un autre tambour dont le fer est placé au milieu. Ces deux tambours sont à axes verticaux. La pièce est guidée d'un côté par un buttoir fixe et de l'autre par un buttoir à ressort, afin qu'elle soit toujours suffisamment maintenue. Les deux machines sont bien exécutées , avec des bâtis solides , et dans les meilleures conditions de travail.
M. Quétel-Trémois expose également une machine à parquets. Le tambour porte trois fers inclinés par rapport à l’axe , et disposés de manière que le tranchant soit parallèle à la surface à raboter. Une règle en bois, placée au-dessus de
l'axe du tambour porte-fers, sert à régler leur hauteur. La pièce est guidée en partie par des guides plans, et en partie par des galets à contre-poids. Le travail de la rainure et de la languette ne diffère pas sensiblement de celui de la machine de M. Sautreuil.
Comme les précédentes, cette machine est exécutée avec soin et dans de bonnes conditions de solidité.
M. Baudat expose une scie à lame droite alternative pour débiter les bois de placage.
M. Normand , du Havre, a monté deux machines à scier. L'une d'elles est destinée au sciage des bois de membrures des navires avec leurs courbures, équerrages , torsions el changements progressifs d’épaisseurs. Ces différents résultats, si difficiles à obtenir, sont dus principalement à la suppression presque complète du lignage, qui se réduit au tracé d'une seule courbe suivant gabarrit. Les scies sont condüites et bandées avec précision, et les pièces de bois dirigées dans les conditions voulues, au moyen d’une espèce de gouvernail que manœuvre facilement l’ouvrier, de manière que Chaque élément à scier vienne toujours se présenter dans le plan des lames , et sous l’angle voulu par l'équerrage.
La seconde machine de M. Normand est une scierie droite, à plusieurs lames imitant, au moyen d'une bielle munie d'un parallélogramme, l'action des scies à bras, qui scient, comme on le sait, suivant une courbe. Les scies, après avoir travaillé de bas en haut, se relèvent sans toucher la pièce.
Les machines de M. Normand sont deux des choses les plus intéressantes de notre exposition, et résolvent d’une manière nouvelle et presque complète le problème difficile du sciage mécanique. À
Un peu plus loin queles machines de M. Normand, setrouve l'exposition de l'usine de Graffenstaden , exclusivement composée de machines outils et de machines à bois. Occupons-nous de ces dernières, composant l'outillage complet pour le travail des wagons.
Pour faire les mortaises, on se sert de deux machines, l’une pour percer, l'autre pour/mortaiser. La machine à percer est double. Elle se compose de deux porte-outils portant deux mèches anglaises verticales, et équilibrées au moyen'de contre-poids. Le mouvement de cette machine n’a rien de particulier. Elle
peut faire des trous de 0,12 à 0,15 de diamètre, suivant les mèches que l’on em- ploie, à une profondeur réglée selon les besoins, au moyen d’un arrêt mobile,
Les trous une fois faits, on fait les mortaises au moyen de la machine à mortaiser : on emploie, dans cette machine, des outils coupants sur trois faces, et pouvant se retourner, afin de faire les deux extrémités. On va de suite à la profondeur voulue et le bois avance au moyen d’un chariot. Les mâchoires sont constamment maintenues parallèles par une double manivelle articulée. On peut, en outre, faire varier la vitesse du Chariot, en le faisant avancer, tantôt par un double engrenage, tantôt par une crémaillère. Le chariot est, dans les deux cas, mü à la main.
Outre cette machine, on en trouve une autre, dans laquelle l'outil, placé horizontalement, et pouvant se retourner comme dans la précédente, est mù par bielle et manivelle, qui lui donnent le mouvement alternatif. Cette machine est desservie par une petite machine à percer dans laquelle l'outil est horizontal.
Dans la machine à tenons doubles, les tenons sont faits par des fers placés sur un manchon, et inclinés sur l'axe comme dans la machine de M, Quétel. Les fers sont mobiles , et peuvent être rapprochés ou éloignés l’un de l’autre suivant les besoins du travail. L'arbre, entièrement en acier fondu , est monté sur pointes, âfin de pouvoir lui donner une très-grande vitesse.
On peut faire, avec la machine à tenons simples , plusieurs pièces de suite ; la table étant assez grande pour en comporter un certain nombre, il suffit de remplacer à mesure les pièces terminées par des pièces nouvelles. JI y à deux perte-outils, qui permeltent de travailler en même temps en dessus et en dessous. Le manchon porte, outre les fers de rabots, d'autres fers perpendiculaires à la pièce qui viennent commencer le travail en coupant le bois debout. De cette manière, les rabots n'ont, pour ainsi dire, qu’à enlever les copeaux, déjà à moilié séparés par les premiers fers. On peut régier les outits de façon à augmenter ou diminuer à volonté la profondeur de la partie enlevée et à faire un tenon égal ou inézal. Enfin une scie circulaire, placée latéralement, vient araser la pièce.
Toutes ces machines sont d’une admirable exéculion, mu-
nies de bâtis solides et transportables, et les quelques mots que nous venons de dire, doivent suflire pour faire comprendre l'avantage que l’on peut retirer de pareils outils, qui sont, du reste , de fabrication courante à l'usine de Graffenstaden. La scierie de M. Damey est une scierie à vingt lames, bien exécutée, mais ne présentant rien de particulier.
Nous trouvons encore dans l'exposition française le dessin d’une machine à fabriquer les seaux, barils, brocs, de MM. Raillard père et fils, au moyen de laquelle, en employant une lame courbe, on débite, dans un bloc de bois, plusieurs pièces de cette nature , s'emboîtant les unes dans les autres, en ne perdant pour ainsi dire que la sciure.
Nous rencontrons encore une petite vitrine de M, Picot, renfermant deux modèles au dixième de machines à débiter les bois de placage sans sciure. La première coupe les bois d’une épaisseur de un dixième de millimètre ; les feuilles ainsi obtenues sont propres à la lithographie, à faire des cartes de visites, ete. La seconde est destinée au travail des bois de placage en grande dimension pour l’ébénisterie. Ces petits modèles, construits avec soin par l’inventeur lui-même, sont accompagnés de produits fort intéressants,
MM. Godraut frères exposent une machine à faire les parquets, assez semblable à celles dont nous avons déjà parlé, et munie, en outre, d’une scie circulaire pour ébarber les planches. M. Ch. Sester présente un modèle de machine à faire les coins de chemins de fer. C'est un plateau circulaire , tournant, sur lequel on peut faire six coins. Le travail s'exécute au moyén d'un rabot mû par une manivelle, qui lui donne un mouvement alternatif.
Nous avons enfin les machines à faire les bouchons. Le principe est généralement celui-ci : le liége pris entre deux mâchoires, tourne à grande vitesse, tandis qu'un couteau dont le tranchant va légèrement en pente, débite le bouchon auquel il donne la forme un peu conique. Telle est la machine de M. Jacob. Celles de M. Duprat ont quelque chose de plus, Dans les machines précédentes, en effet, quels que soient les défauts du liége, le bouchon se trouve coupé de la même manière. Celles-ci, au contraire, le reprennent, et en font un autre bouchon plus petit que le premier. Cette opération peut se répéter jusqu’à ce que le défaut ait entièrement disparu.
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On peut donc corriger la mauvaise qualité du liége et faire des bouchons de toutes dimensions, avantages que ne présentent pas les machines ordinaires.
Dans l'exposition étrangère, nous trouvons en Prusse la machine de M, Schwartzkopff; c’est une scie à vingt-quatre lames. La pièce de bois est maintenue par une tige verticale mobile portant un rouleau, et on empêche l’écartement indéfini des placages débités par un système de mâchoires mobiles. Ce que cette machine a surtout d'intéressant, c’est qu’elle est mue par une machine à vapeur placée sur le même bâtis. Cette machine est à détente fixe, et à deux tiges de piston au-dessus des porte-lames. Elle donne deux cents coups de piston par minute, et fait faire, par conséquent, deux cents mouvements alternatifs aux scies. Cet attelage direct peut avoir d'assez grands avantages, la scie étant facilement transportable et pouvant se monter et s'employer plus commodément à quelque endroit que ce soit. A.
M. Nelson Barlow, de New-Yorck, expose une machine à raboter, qui n’a d'autre particularité que des fers très-longs pouvant, par conséquent, planer sur une grande largeur.
La machine de M. Albin Warth est de-tinée à faire les pièces contournées comme manches de plumeaux, de balais, etc, L'outil est conduit par une tige articulée qui se meut sur une pièce ayant le profil que l'on veut obtenir, à peu près comme les tours à portraits de M, Collas.
Nous arrivons à l'exposition du Canada, dans laquelle les machines à bois ont une large part. , |
M. Mumo, de Montréal, expose une machine à parquets qui ne diffère pas sensiblement des précédentes, et MM. Lellan et Cie, une machine à mortaiser, travaillant intérieurement au moyen d’une fraise, et à l'extérieur au moyen d’un hédane. C’est une idée nouvelle véritablement ingénieuse, le travail du trou préliminaire et celui de la mortaise pouvant ainsi se faire simultanément.
Nous trouvons enfin une machine à faire les gournables, une machine à planer, et un établi mécanique de menuisier, de M. William Rodden.
Dans la machine à gournables la pièce est tirée pendant que l'outil tourne autour à très-grande vitesse, et lui donne la façon voulue.
Le planage se fait, dans la machine à planer, par deux gouges placées aux extrémités d’un bras horizontal tournant à très-grande vitesse.
L'établi de menuisier est chose très-intéressante ; on fait, | sur ce même bâti, le rabotage , la moulure, le perçage, les tenons, le chantournage, la rainure et le sciage.
Le rabotage et la moulure se font sur le même axe, au
moyen de rabots, comme dans les machines ordinaires. Le chantournage s'opère par une scie à chantourner, assez semblable à celle de M. Perrin, dont nous avons parlé. Cette machine , quoique n'ayant rien de particulier dans chacun de ses éléments, est cependant fort remarquable par la simplicité extrême du montage et des transmissions, par son peu de volume, et enfin par son prix, qui n’est que de 2000 fr. Toutes les machines qui nous ont élé envoyées par le Canada sont montées sur de solides bâtis en bois d’un aspect agréable, qui remplacent économiquement, dans ce pays, les bâtis en fonte de nos machines.
Nous ne sommes entrés dans des détails aussi nombreux sur les moyens mécaniques de travailler le bois, que parce que la plupart de ces appareils sont encore nouveaux, à peine employés exceptionnellement dans quelques industries depuis cinq ou six ans. Ces machines promettent de fournir une carrière aussi importante que celle des machines-outils, que tous les ateliers de construction possèdent , quoique leur introduction en France date à peine de quarante ans.
La généralité de l'emploi de ces dernières machines nous permettra de ne présenter à ce sujet que quelques considérations.
Tandis qu’à la fin du dernier siècle les machines-outils, dans le sens propre que nous attachons à ce mot, n'existaient pour ainsi dire qu’en miniature dans l'outillage de l’horlogerie, nous avons vu successivement l’Angleterre les approprier à des constructions de plus en plus importantes. Les dimensions de ces nouveaux exemplaires des tours, des machines à percer, des machines à raboter et à limer , en appelant sur elles l'attention des hommes les plus habiles dans les travaux d’atelier, prirent successivement des formes nouvelles, appropriées en quelque sorte au nouveau monde qu'elles devaient peupler. Les supports en fer, remplacés d’abord par des bâtis en bois, n'eurent plus bientôt la stabi-
de .
ennui. DS. 2. — 7
lité nécessaire; le fer employé sous toutes les formes, mais plus particulièrement assemblé comme on assemble les charpentes , fut bientôt appelé à consolider ces appareils, dont la principale condition est d’être parfaitement rigides. | L'emploi plus général de la fonte vint ajouter à ces transformations, qui aboutissent aujourd’hui à établir ces bâtis en fonte d’une seule pièce, qui caractérisaient, il y à quelques années encore, les machines anglaises, mais qui maintenant sont également employés chez nous. Whitworth, dont l’exposition est encore cette année si remarquable, doit être considéré comme le principal promoteur de cette transformation , dont l'importance est tout à fait capitale.
L'avantage qu'ont les constructeurs anglais de n'exécuter que leurs propres modèles , en petit nombre pour chaque na- # ture de machines, assure à ces modèles mêmes tous les persd fectionnements de l'expérience, en même temps qu'il évite le renouvellement continuel des travaux de modelage , dont nos constructeurs ne tiennent pas un compte suffisamment exact,
Le caractère essentiel des machines de Whitworth se retrouve encore dans celles de MM. Spink Shepherd et Mill, et dans celles de MM. Smith, Beacock et Tannett. Le mécanisme particulier à l’aide duquel on obtient le retour rapide de l'outil dans la plupart de ces machines, ne paraît pas avoir eu la sanction générale de l’expérience, et les quatre outils opposés dans les tours à chariot ne sont plus employés que pour des usages particuliers.
MM. Decoster, Calla, Ducommun et Dubied, Cail et Cie, Vurrull, Middleton et Elwell, sont, avec l'usine de Graffenstaden, dans l'exposition française, les principaux représentanis de la construction des machines-outils, très-bien composées, exécutées ayec une rare perfection. Ces machines laissent quelquefois à désirer sous le rapport de la meilleure répartition du métal. AE
Le tour à quatre outils de M. Polonceau, pour roues de wagons, n’a rien à redouter d'une comparaison avec celui de Whitworth : une moindre élévation de l'axe du tour au-dessas du sol lui a permis de diminuer d’une manière notable les dimensions et le poids du bâti; la machine anglaise cependant conserve encore l'avantage de pouvoir être comparée à ce chefd'œuvre. n'as 2 St | | |
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M. Hartmann, de Chemnitz, expose une petite machine à raboter, dans laquelle le retour rapide de l'outil est obtenu par deux roues dentées elliptiques, qui se commandent l’une l’autre, en tournant chacune autour de son foyer. L'application de ce système au métier Jacquart, envoyé par le même exposant, paraît produire de très-bons résultats, malgré la difficulté de donner aux dents les profils convenahles.
Le marteau avec tampon en caoutchouc de M. Schmerber, du Haut-Rhin, et la machine à forger de M. Whitworth, qui déjà avait fait sensation à Londres, doivent être particulièrement mentionnés. |
La cisaille américaine de M. Richmond de Boston, malgré la forme assez disgracieuse de son bâti, doit être considérée comme une nouvelle conquête ; elle coupe la tôle au moyen de deux cisailles circulaires laissant entre elles une certaine distance ; coupée sur ses deux faces à la fois, la tôle se sépare uniquement par le prolongement, dans toute son épaisseur, de la fente commencée par cette double action,
C'est surtout dans l’industrie parisienne que l’on trouve une multitude de petites machines employées à découper et à façonner le métal, toutes les fois qu'il s’agit d'obtenir de nombreux exemplaires d'une même pièce. MM. Frey et Stoltz se distinguent par leurs machines à clous, qui transforment en pointes de Paris le fil de fer de toutes dimensions, la machine se chargeant elle-même de former la tête par un coup vigoureux , à la suite duquel la pointe est coupée par des màchoires d’une forme spéciale; l'introduction du caoutchouc,
comme ressort, dans les machines de M. Stoltz, n’est pas .
une modification sans importance.
Les machines à faire les épingles, celles qui tournent, plient et aplatissent le fil de cuivre en forme d’agrafes; celles qui arrivent au même résultat au moyen du découpage de la tôle de laiton; les découpoirs à faire les maillons pour le tissage, parmi lesquels nous pouvons citer ceux de
. Lefort, qui entèvent à la fois et concentriquement plusieurs maillons de dimensions différentes dans la même pièce; la mâchine à faire les capsules én une seule passe, par M. le capitaine Humbert; les laminoirs cannelés de M. Clément (Aude) pour la préparation des petites pièces de métal pour flature, et particulièrement pour la fabrication des fers demi-
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ronds pour goupilles; l'ingénieuse machine de M. Kurtz, pour forger par cintrage et pression les fers à cheval; les cisailles de M. Reymondon , pour fabriquer les ressorts de parapluies ; les cisailles droites et circulaires de M. Chaleyer ; enfin mille autres machines de ce genre indiquent tous les services qua les conceptions mécaniques les plus diverses rendent journellement à un grand nombre de professions.
Machines agricoles.
Si nous n’avions dû considérer que la France, il eùût été plus convenable sans doute d'apprécier, à côté des produits agricoles, les instruments de culture qui ne sont pas à proprement parler des machines ; mais si nous jetons un coup d'œil sur les appareils agricoles que l'Angleterre a réunis vers le commencement de l'Annexe, entre les piles 9 et 40, il devient difficile d'établir une démarcation bien tranchée entre les simples instruments de culture et les machines.
Tandis que la construction de ces appareils est livrée chez nous trop souvent au charron du village, quelquefois au laboureur lui-même, de l’autre côté du détroit les machines agricoles alimentent des ateliers considérables, qui comptent leurs ouvriers par centaines et qui possèdent toutes les ressources de l'outillage mécanique.
Cette différence d’origine se traduit assurément par un caractère bien différent dans les instruments des deux pays.
D'une solidité et d'une simplicité irréprochables, les instruments de labour, en Angleterre, sont confectionnés sur des types invariables dont l'expérience a proclamé les succès. Essayées sur notre terre de France, les charrues anglaises ont effectué leur travail avec une aisauce et une netteté à laquelle nous ne sommes pas habitués.
Ce serait cependant une erreur grave que de croire qu'il suffirait d'apporter en France les charrues renommées de Ball, de Ransome, de Hornsby, ces premiers constructeurs de l'Angleterre, pour en obtenir aussitôt des résultats satisfaisants, Les charrues anglaises, qui donnent lieu à un tirage moindre que les nôtres, ne satisfont pas à toutes les conditions auxquelles nous voulons que satisfassent nos charrues. Elles retournent sans doute le sol avec une régularité par-
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faite, mais pour peu qu'il soit argileux , cette première opération le laisse sans l'avoir aucunement divisé. Ce premier instrument se trouve donc lié aux façons ultérieures que nos voisins font subir au sol avec leurs rouleaux Croskill, formés de rondelles indépendantes qui émiettent le sol et qui forment un des caractères de leur culture perfectionnée.
Tout se tient en agriculture, le drainage, la façon de la terre et les movens d'en récolter les produits : avec le drainage il n’est plus nécessaire de cultiver en billons élevés; la culture à plat rendra le travail du sol plus facile et conduira nécessairement à l'emploi de ces machines à moissonner qui ne peuvent encore qu'avec peine arracher à la terre ses richesses dans nos terrains accidentés.
L'Amérique qui manque de bras, le Canada surtout , semble avoir devancé l’Angleterre dans la voie qui vient d’être indiquée : aussi les instruments des contrées américaines semblent-ils déjà faits pour des pays beaucoup plus avancés.
Les semoirs à tubes articulés qui distribuent à la fois les semences et l’engrais, les faneuses, les machines à ramasser le foin, fonctionneront d'autant mieux que l’on s’approchera davaniage des conditions qui viennent d’être indiquées.
Tous ces engins sont, il faut le dire, d'un emploi difficile chez nous ; nos semoirs, nos herses et nos autres instruments n’ont point encore les dimensions usitées en Angleterre, parce que leur manœuvre serait plus difficile ; la division exagérée de la propriété foncière sera d’ailleurs un obstacle permanent à l'introduction des machines qui demandent toujours quelque entretien et qui sont d’un prix relativement élevé.
Dans les essais dynamométriques, la charrue de Grignon, et même notre charrue ordinaire, dite charrue de Brie, occupent un rang honorable que les instruments belges peuvent également revendiquer.
Les instruments des autres pays ressemblent plus ou moins à ces types principaux.
Nous nedirons rien des nombreux instruments accessoires tels que les cultivateurs, extirpateurs, houes à cheval, herses, rouleaux, qui affectent, suivant les différentes contrées , les formes les plus diverses : la herse de Norvége, cependant doit être citée pour son action tout à fait remarquable,
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Les mäcliines à moissônner présentent aû plus häut degré. ut intérêt de nouveauté ét d'actualité. Aussi ont-elles été derhièrement éssayées dans une expérience solennelle, en présence de S. À. I. le prince Napoléon. Les moissonneuées de M. Mac Cormick, de M. Wright, de M. Männy, qui toutes trois sont envoyées par les États-Unis, et celle de M. Cournier (France), ont rapidement ét sans encombre achevé leur travail. Les autres ont dû renoncér par suite d'accidents survenus dans le cours de l'opération. DSL
IL est juste, cepéndant, de dire que celle de M. Mdodÿ (Canada), munie d’un mouvement automatiqué de râteau pour faire les javelles, avait précédemment bien opéré. Ces mouvements, imitant d’une manière remarquable le développemerit du bras de l’homme, ne noùüs paraissent pourtant pas d'une application facile däns les travaux champêtres.
L'Exposition possède près de düarante machines à battre, dont le travail, comme on le sait, tend de plus en plus à remplacer celui des batteurs au fléau. Un certain nombre d’entre elles, choisies par le jury, ont 616 éssayées en même temps que les moissonneuses. | | |
Nous Sérionis fort embarrassé de diré lequel dé ces appareils a donné les meilleurs résultats. Citons Seulement pour la rapidité du travail celui de M. Pitts, de Buffalo (États-Unis), qui a dévoré en une demi-heure 490 gerbes de blé encore presque vert. Cette machine bat le blé en long, et brise par conséquent la paille. Celle de M. Duvoir, qui travaillé en travers, les machines de M. Pinet et de M: Clayton, ont donné de bons résultats. Il est regrettable que les appareils de MM. Lotz aîné, Renaud et Lotz, Cumming, etc., n’äient pu être transportés ; ils doivent, du reste, être essayés sous peu de jours, avec toutes les autres machines à battre. ;
Ce genre d’äppareils fonctionne au thoyen de mänéges où de machines à vapeur, la plupart montées sur roues et connües sous le fiom de maäthines locomobiles. Très-nombreuses en Angleterre, ces machines commencent à être employées
- chez noûs : rious pourrions citer tel département de la France
dans lequel une industrie nouvelle s'exerce avec grand succès : un entrepreneur, avec sa locomobile et sa machine à battre, va d’exploitation en exploitation battre le grain à prix débattu.
Les locomobiles de Calla, de Clayton, de Cumming,
* dé Lolz nl laissent aucune supériorité, ni à l'Angleterre ni à la France. | | :
Plusieürs machines à bâttre, mues par manivelles, sont exposées en Angleterre, en Autriche et en Allemagne.
Machines des industries chimiques ét alimentaires.
Parmi les pièces les plus importantes dé l'exposition francäisé, le moulin à cinq paires de meules de MM. Fromont , Füritäine et Brault peut être €ité à justé titré, tant pour le mouvemiént des meules, dit mouvément à friction , Où Chaque mêule peut être, à un müment quelcohqhe dù travail, retidue indépendante des autres, que pour là nouveauté de Sa vanne et Sa manœuvre facile. C'est une vanrie en gutta -percha , à morceaux articulés , recouvrant entièrement les orifices de la turbine äu moment de la fermeture, et pouvant les découvrir pétit à petit en s’énroulant autour de deux cônes mus par uhë tige et un engrenage. ( | |
D'ätitres moulins , à bras, à manégeset à vapeur, se trouvënt dans la galerie des machines, ainsi qu'une intéressante éxpositioti d'éléments de meuñerie de MM. Grellet père et fils, de Rouen. | N'AArEN
Mentionnons égaleient ici le tamis à féculé de M. Huck, pérfectionnement dé ceux de MM. Dailly ét Saint-Étienne, ét lés appareils à nettoyer les grains, trieurs et cribleurs, à la main et mécaniques, de M. Vachon, de Lyon. Quant aux ñombreux pétrins mécaniques ét à la grande quantité de machinés à bouchér les boutéilles , ils dénotent peut-être üï esprit d’imitätion que l'on pourrait justement critiquér. |
Parmi les appareils des industries chimiques nous ne
pôurrons citer qüe quelques-uns de ceux qui sont employés.
dans les industries les plus importantes : nous commetcerons par ceux de la fabrication et du raffinagé du Sucre.
La fabrication du sucre de cannes remünte aux temps les plus reculés. Ce n'est, au contraire, que depuis quarante-cinq ans environ que l’on pratique l'extraction du sucre de betteraves. Cependant, celte industrie, exploitée dans tous les pays industriels de l'Europe, a acquis un développement énorme, et est aujourd'hui bien plus avancée que là sucrérie coloniale.
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