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Rappelons d'abord en quelques mots la série d'opérations . de la sucrerie indigène :
La betterave, lavée le plus convenablement possible afin d'enlever les pierres et la terre qui pourraient altérer les À est soumise ensuite au râpage, destiné à la réduire en pulpe propre à être pressée. La pulpe est ensuite livrée aux prèsses qui, par un certain nombre d'opérations successives, l’épuisent d’une manière à peu près complète en séparant de la partie solide le jus qui est recueilli dans un vase à ce destiné, et envoyé. immédiatement à la chaudière à déféquer. La défécation a pour but de purger le jus des matières étrangères solubles qu’il contient, et se fait au moyen de la chaux, qui, agissant chimiquement sur ces matières, transforme les sels solubles en sels insolubles, facilement séparables du jus sucré, Celui-ci est aussitôt recueilli et filtré, puis évaporé dans une première chaudière qui le concentre de manière à lui faire marquer 10° à l’aréomètre Baumé, de 5° environ qu'il marquait à la sortie de la chaudière à déféquer. La filtration a lieu sur un filtre chargé de noir animal en grains, et le but de cette opération est d'enlever le plus possible l’excès de chaux qui se trouve presque nécessairement dans le jus déféqué, et de le décolorer un peu. Le liquide, à la sortie de la chaudière évaporatoire, est dirigé sur un deuxième filtre où il se clarifie de nouveau et perd de plus en plus sa couleur ; puis on lui fait subir une seconde évaporation destinée à l’'amener à marquer 25° à l’aréomètre. Filtré de nouveau, le jusest concentré dans une troisième chaudière où il atteint la consistance’ sirupeuse caractérisant la fin de l'opération. Cette dernière concentration s'appelle la cuite. Le sirop, suivant qu'il a été cuit à l’air libre ou dans le vide, est alors conduit dans des rafraîchissoirs ou dans des réchauffoirs dans lesquels Commence la cristallisation.
Lorsque les cristaux sont suffisamment formés, on racle les bords du cristallisoir afin de les répartir dans la masse, puis on procède à l’égouttage et au clairçcage des sucres, soit au moyen des formes, soit en employant les appareils à force centrifuge. Ces deux opérations ont pour but d'éliminer du sucre la mélasse ou sucre incristallisable qui s'y trouve mélangée, et de lui donner le grain et la couleur à peu près blanche qui constituent les sucres bruts de belle qualité. Les
résidus sont eux-mêmes recuits et soumis à la cristallisation, à l’égouttage et au clairçage, jusqu’à ce que l’on n'obtienne plus de cristaux ; c’est par ce procédé que l'on fabrique des sucres de deuxième, troisième et quatrième jet, d’une qualité généralement inférieure à ceux du premier jet.
La canne à sucre, étant beaucoup plus riche que la betterave et contenant peu de matières étrangères, est loin de nécessiter un traitement aussi compliqué. Il suffit de presser les cannes en les écrasant, de déféquer le jus, de l’évaporer et de le cuire, puis de faire cristalliser les sirops , et enfin d’opérer le clairçage et l’égouttage, sans avoir besoin de nombreuses pressions et filtrations sur noir, comme dans le travail de la betterave.
Le sucre brut colonial ou indigène est ensuite soumis au raffinage destiné à éliminer les matières étrangères et la mélasse qui se trouvent encore interposées dans les cristaux, et à lui donner un aspect et une forme plus agréables. Il serait
trop long d’énumérer ici les opérations successives de ce tra-
vail. Qu'il nous suffise de dire qu’elles consistent essentiellement en fonte du sucre brut, clarification par le sang ou les œufs , filtrations diverses, cuite et cristallisation , puis enfin, égouttages, clairçages et étuvages.
Examinons maintenant les différents appareils destinés à la sucrerie indigène et coloniale, et commençons par rendre compte de l'exposition de MM. Cail et Cie, qui se sont depuis longtemps acquis dans la fabrication de ces appareils une réputation européenne.
La râpe à betterave de M. Cail a sur les râpes ordinaires l'avantage de présenter des sabots couverts avec transmission en dessous, ce qui permet de faire arriver les betteraves entre les poussoirs et le cylindre râpeur au moyen d’un ràteau, sans qu'il soit nécessaire de les pousser avec la main, comme cela arrive trop souvent avec les autres râpes, néces-
sité qui occasionne des accidents fréquents.
‘La presse de ‘première pression est destinée à remplacer les presses à vapeur qui agissent d'une manière trop brusque et déchirent souvent les sacs dans lesquels est renfermée la pulpe. Les engrenages sont calculés de façon à opérer une pression lente et continue , condition indispensable d’un bon travail.
Nous trouvons aussi dans l'exposition de M. Cail une chaudière à cuire dans le vide, un moulin à cannes , puis l’appareil à quintuple effet pour l’évaporation et la cuite, l'appareil Rousseau et l'appareil Shuzembach destiné à l'extraction du jus de betteräves par lévigation méthodique.
La chaudière à cuire däns le vide et le moulin à carines ne sont remarquables que par le soin qui a présidé à leur construction, et ne présentent aucune disposition nouvelle. Il n’en est pas de même de l’appäreil à quintuple effet, qui se compôse d’un appareil dit à triple effet, auquel on. a adjoint un système de serpentins condensateurs.
L'appareil à triple effet à pour but d'économiser le combustible. 11 se compose de trois grandes chaudières tubulaires ; le liquide à concentrer Se trouve autour et au-dessous dles tubes , dans l’intérieur desquels circule la vapeur destinée au chauffage. Uné pompe à air et un condenseur sont destinés à faire le Vide dans les chäudières, qui commuriiquent ensémble aü moyen d'un système dé robinets. | AE ru
Pour produire l’économie de combustible, on se sert pour chauffer là première cliatdière des vapeurs perdues de là fabrique ; pour la seconde, on emploie les vapeurs provenant de la première, et l’on chauffe la troisième par la vapeur que produit l’ébullition du liquide dans la secondé. Le vidé est tôujours fhoindré dans la premièré chaudière que dans Îës deux autres. | FAR à
La cünicéntration à lieu de # à 45° dans ld première chaudière , de 45 à 25° dans la seconde, et de 25° au point de cuité dans la troisième, quand cet appareil est employé seul. Lorsque, au contraire, on se sert en oùtre des serpenlins condensateurs, dn commente par rapprocher le jus en lé faisañt couler sur ces Serpértins qui sont chauffés intérieurement par la väpeur provenant de la troisième chaüdière. L'action de l'air sur le jus et le grand nombre de surfaces de chauffe accélèrent l'opération. |
Tel eêt le principe de l'appareil à quintuple effet, ainsi appelé par suite des quatre effets successifs de la vapeur et de l'effet produit par l'air. Nous avons, quant à nous, grande cohfiance en l’appäreil à triple effet, et nous Sommes parfaitérnent convaincu de ses excellents résultats au point dé vue économique; mais nous ne pensons pas que l'addition des
éérpentins soit heureusé, Ce Système de serpentins esl loin d'être nouveau, et à eu quelque succès aux colonies, où il économise la bagasse, seul combustible dont on puisse disposer: mais il à été Bientôt abandonné, le cuivre se couvrant presque inévitablemerit, du contact de l'air et dés sirops, d’uné certaine quantité de vert-de-gris qui, passant dans le sucre, lui donnait une qualité vénéneuse des plus préjudiciables. Eu outre, nous avons peine à croire que, lorsque l’opération est bien conduite et l'appareil bien fait, la vapeur sortant dé là troisième chatdière soit à une température asséz élevée pour produire quelque effet, surtout dans les pays chauds. | |
La défécation, pour être bien faite, exige presque toujours un éxtes de chaux qu'il est ensuite très-difficile d'éliminer. M. Rousseau à imaginé un procédé qui consiste à faire barboter, dans le jus déféqué et filtré, un courant d'acide cärbonique qui transforme la chaux à l'état libre en carbonate
de chaux insoluble Em sépärable. C’est l’appareil P
qui sert à mettre ce procédé en pratique qui se trouve exposé sous le nom d'appareil Rousseau. Qüant à l’a pareil de M. Shuzembach, il est destiné à opérer l'extraction du jus par la macération, c’est-à-dire au moyen d’un lävage méthodique. Ilse compose d’une série de bâches étagées, en fonte, munies de robinets de vidange, agitateurs, tamis, etc., et com- Muniquant ensemble. La pulpe où les cosséttes, placées dans ces vases, se trouvent épuisées par l'eau que l'on ÿ fait couler, ét qui se charge de plus en plus de matière saccharine, jusqu'à épuisement à peu près complet. On à depuis longtemps ténté ce mode d'opération, qui, jusqu'ici, n’avait pas
parfaitement réussi, 18 liquide fermentant très-souvent, par
suite de son contact prolongé avec l'air. On dit cependant beaucoup dé bien de l'appareil de M. Shuzembach ; éncore tout nouvéatl. Îl filé peut d’ailleurs présenter lé ème inconvénient dans les distilleries, où la fermentation rapide du jus ne saurait être un obstacle.
La maison Cail exposé encore un appareil à force centrifüge, pour l’égouttage ét le clairçage, construit d’après Île système breveté dé MM. Rolph, Seyrig et Cie. Nous ne säuriotis donner trop d’éloges à l’excellenté construction de toutes ces machines.
En dehors de. cette exposition, on trouve, dans la partie française : un appareil évaporatoire de M, Boutigny fils, construit d'après le même principe que le cône de Lembeck; une énorme chaudière à cuire dans le vide, de M. Légal, d’un bon travail de chaudronnerie, mais à laquelle se trouve adaptée une série de regards dont le sens nous échappe. M. Numa Grar a envoyé deux appareils conjugués à force centrifuge : ce sont les deux premiers appareils de cette nature con- Struits en France. L'emplacement de M. Decoster renferme aussi un appareil à force centrifuge avec application de son système de paliers graisseurs. Enfin, M. Le Gavrian expose un appareil à force centrifuge, dit turbine à pains, destiné à accélérer le travail d'égouttage et de clairçage des pains au raffinage. Nous n’insisterons pas sur cette machine, qu’il suffit de regarder pour la comprendre.
Dans la partie étrangère, on trouve : en Belgique, l’appareil à triple effet, l'appareil Rousseau et une chaudière à cuire dans le vide, exposés par MM. Cail, Halot et Cie. Ces machines sont bien construites. La chaudière à cuire est surtout remarquable comme travail de chaudronnerie.
La maison Van Vlissingen et Dudok , Van Heel et Derosne et Cail, d'Amsterdam, expose également un appareil à triple effet, d’une bonne construction, qui ne diffère des précédents que par quelques modifications de détail assez insignifiantes.
Enfin, nous trouvons, dans la section des produits de la galerie du quai de Billy, un appareil à triple effet de M. Heckmann, de Berlin, composé de trois grandes chaudières en cuivre rouge. Cet appareil est bien travaillé, mais nous ne pouvons comprendre cette profusion de cuivre, métal beaucoup plus cher que la fonte, qui le remplace si avantageusement dans les appareils de M, Cail.
La fabrication de l'alcool de betteraves, indiquée, comme chose possible, par M. Dubrunfaut, dès 4825, n’a été mise sérieusement en pratique qu’en 4852, époque à laquelle le prix élevé des alcools de vins permit aux fabricants d’obtenir avec certitude un résultat avantageux.
Ce fut encore M. Dubrunfaut qui imagina les procédés de fabrication, et parvint à les faire adopter à un grand nombre d'industriels. Ce savant et ingénieux chimiste, qui a rendu à l’industrie sucrière de si grands services, particulièrement en
vulgarisant les procédés d'utilisation des mélasses , tant pour la fabrication de l'alcool que pour celle du sucre, indiqua l'emploi des acides pour opérer la fermentation directe du jus de betteraves sans se servir de levûre de bière, ou en n'employant qu’une dose minime de cette substance.
Trois procédés principaux sont actuellement usités : celui de M. Dubrunfaut a pour but d'employer le matériel des sucreries, tantôt pour l'extraction du sucre, tantôt pour la fabrication de l'alcool, en traitant le jus de betterave par une petite quantité d'acide sulfurique, de manière à utiliser le ferment contenu dans cette racine. C'est la transformation des sucreries en fabriques d'alcool.
Le procédé de M. Champonnois est surtout applicable à l'exploitation rurale. Il se sert d’un système de macération particulier, qui consiste à épuiser la betterave, divisée par un coupe-racines, au moyen de la vinasse même de l'opération précédente. MM. Cail et Cie ont exposé un modèle d’ensemble de distillerie agricole suivant ce procédé, modèle qui en donne une idée parfaitement exacte, et qui permet de comprendre toute l’économie que les cultivateurs peuvent apporter dans la fabrication de l’alcool.
M. Leplay a voulu, au contraire, constituer des établissements industriels spéciaux et exclusifs pour cette fabrication. Son système consiste dans la fermentation et la distillation des rubans de betteraves en nature, sans extraction préalable de jus; la fermentation a lieu par un courant de vapeur d'eau au milieu des morceaux. Ce procédé repose donc sur la concentration de l'alcool dans la betterave même, d’où on l'extrait ensuile par la distillation. Le modèle de distillerie exposé par MM. Hurtrel et Cie montre très-bien la marche des opérations.
Quoique plusieurs moyens aient été proposés pour opérer la distillation et la rectification proprement dites, la plupart des fabricants s’en tiennent aux colonnes distillatoires et aux appareils rectificateurs de Derosne et de Laugier.
MM. Cail et Cie présentent des cuves de macération en- tôle, système Champonnois, pour opérer sur 42 000 kilog. de betteraves par jour, avec les tuyaux et robinets nécessaires; un petit appareil à distiller, système continu de Cellier Blumenthal, perfectionné par Derosne, pouvant tra-
vailler 12 000 litres de jus par vingt-quatre heures; un autre appareil du même système, pour le travail de 80 000 litres de jus dans le même temps; enfin un appareil de rectification pouvant produire 42 000 litres d'alcool rectifié.
Dans tous ces appareils, d’un travail de chaudronnerie très-soigné, les cylindres en cuivre sont assemblés par le système ordinaire de brides avec pinces en fer, usitées en pareil Cas.
L'appareil de M. Egrot fils, destiné aux exploitations agricoles, est disposé de manière à pouvoir opérer sur des matières liquides ou semi-fluides. Les joints sont faits an moyen de brides en laiton assemblées par des boulons de même métal. Les brides en fer nous eussent paru préférables, tant à cause de leur prix moins élevé que de la résistance plus grande du métal. | er.”
Nous trouvons dans l'appareil de Mme veuve Ducoudun et Bardies aîné, quelques perfectionnements intéressants. D'abord le serpentin destiné à conduire les vapeurs alcooliques au réfrigérant est vertical, au lieu d’être horizontal, ce qui présente l’avantage de placer les tubes de retour à des hauteurs différentes , d'obtenir par conséquent les vapeurs à différentes températures, et de faciliter par là la marche de l'opération. Cet appareil comporte, en outre, un système particulier de joints, consistant en un collier brisé, en fer, en forme de pince, embrassant le cuivre, et le serrant au moyen de deux boulons. Entre le fer et les deux épaisseurs de cuivre, se trouve interposée une rondelle de caoutchouc, destinée à empêcher LL RUE le passage de l'air. Er somme, c’est un appareil bien entendu et bién construit.
M. H. Mouquet-Descamps expose un appareil de distillation et de rectification dans lequel on remarque lé serpentin vertical comme dans l'appareil précédent; puis une modification assez notable dans la construction des plateaux de la colonne évaporatoire, modification destinée à augmenter les surfaces dé contact: enfin la suppression de l’enveloppe du réfrigérant et quelques autres perfectionnements de détail. Le travail de chaudronnerie est bien entendu. | %
La colonne distillatoire en fonte, de M. Traxler, est, du reste, en tout semblable aux colonnes ordinaires en cuivre. Cet appareil, fonctionnant convenablement, au dire de l'inventeur,
offre d'assez grands avantages économiques. Il a été fondu chez MM. Muel Wahl et Cie, avec tout le soin désirable.
Seule des nations étrangères , la Belgique nous adresse quelques appareils de distillerie; ce sont le condensateur à colonne continue de M. de Mulder, de Nivelles, et l'appareil de M. Delaltre, de Bruxelles, distillant 75 000 litres de jus par jour, et l’amenant de 4° à 28°, L'un et l’autre sont d’un travail ordinaire, et ils ne présentent aucune disposition nouvelle importante. > rnb
Typographie et imprimerie.
Presses typographiques. — Les presses typographiques et lithographiques abondent à l'Exposition. Le plus grand nombre des premières fonctionne, les unes sans rien produire , les autres fournissant des exemplaires plus ou moins nombreux d'ouvrages divers.
Disons de suite qu'aucune ne présente un système réellement nouveau, mais que toutes se distinguent par d'importants perfectionnements de détails et une remarquable exécution. Si aucune n’atteint, dans les ateliers français , l'énorme tirage de quelques presses anglaises ou américaines, quelquesunes, notamment les presses dites universelles de M.Marinoni, donnent, assure-t-on, le chiffre très-raisonnable de 6000 journaux à l’heure.
On peut diviser en deux catégories les presses mécaniques qui fonctionnent dans l'exposition française. Les presses à cylindres, c’est-à-dire celles où la pression est exercée par un ou plusieurs cylindres dont la circonférence se développe sur la forme, et celles à platine, où la pression s'exerce dans les conditions de l’ancienne presse à bras. |
M. Dutartre s'est acquis, depuis longtemps, une réputation bien méritée dans la construction des premières, qu'il destine plus spécialement aux ouvrages de luxe comportant des yigneltes, qu'aux tirages rapides, à grand nombre.
” L'une de celles qu'il expose peut tirer deux couleurs à la fois sur une même feuille et permettre, par conséquent, un tirage plus rapide des aquarelles typographiques dont la mai-
son P. Dupont exposait de magnifiques spécimens en 4849, et
que M. Plon termine devantle public de l'Exposition avec une
qe
presse Marinoni, en appliquant la dernière teinte sur deux vues du Palais de l'Industrie, |
Après ces noms, nous pouvons encore citer, comme ayant fait leurs preuves, pour l'exécution des presses à grand tirage, ceux de MM. Normand et Giraudot.
La seconde catégorie , celle des presses mécaniques à platine, ne peut pas lutter avec toutes les presses à cylindres quant à la rapidité du tirage; maïs elle présente sur celles-ci l'avantage de ménager le caractère par la simultanéité de la pression sur la surface entière d’une forme dont toutes les lettres résistent à la fois; tandis que, dans les presses à cylindres, la pression ne s'exerce que par une arête de ceux-ci, et n’est supportée que par un nombre de caractères comparativement très-petit. Aussi, avant les presses à cylindres de M. Dutartre, Considérait-on comme impossible le tirage soigné d’un ouvrage à vignettes, autrement qu’avéc la presse à platine manœuvrée à la main.
Feu Selligue est le premier qui, à notre connaissance , ait songé à faire marcher mécaniquement une presse à platine. Celle qu’il exposait en 4834 avait pour principe le levier funiculaire et avait beäucoup d’analogie avec la presse monétaire qui, dans l'Annexe, frappe les médailles commémoratives de l'Exposition. Ce principe a été particulièrement appliqué à de nombreuses presses à bras.
Dans la presse mécanique à platine qu’expose M. P. Dupont, et à l'invention de laquelle l’un de ses conducteurs de machines, M. Victor Derniame, a pris une grande part, le levier funiculaire de Selligue est réduit à une seule bielle qui donne la pression (réglée à volonté), lorsque sa direction coïncide avec celle de la manivelle motrice de la machine. bé
M. Derniame a fait une très-heureuse application de cette condition aussi simple qu’ingénieuse à une jolie petite presse à épreuves, qui épargne à la fois le caractère, le temps de l’ouvrier et qui surtout donne des épreuves d’une lisibilité parfaite. =
Nous louerons également une presse à bras avec toucheur mécanique des mêmes inventeurs. |
De nombreuses tentatives ont été faites pour obtenir mécaniquement le tirage des épreuves lithographiques. sb:
La machine imaginée il y a quelques années par M. Perrot, l'ingénieux auteur de la perrôtine , aurait très-probablement atteint le but s’il l'avait confiée à des mains plus soigneuses, * si ceux qui l’exploitaient avaient envisagé les résultats qu’elle pouvait donner à un autre point de vue que celui du tirage le plus nombreux possible.
Deux presses de ce genre figurent encore dans lexposition de M. P. Dupont. Dans l’une d’elles, due à la coopération de MM. Dupont, Daret et Carlier, l’encrage de la presse se fait à la main et permet les épreuves les plus soignées, la machine à vapeur ne déterminant que la pression.
Dans l’autre, à l'invention de laquelle ont pris part MM. Vaté, Huguet et Carlier, l’encrage et le mouillage de la pierre se font mécaniquement.
La première peut tirer 600 exemplaires par jour ; la seconde peut atteindre 4000 feuilles.
On a fait de nombreuses tentatives pour tirer mécaniquement les épreuves de planches en taille-douce, et nous ne croyons pas qu'aucune ait franchement réalisé les conditions de ia pratique industrielle.
L'essuyage de la planche paraît avoir été partout la pierre principale d’achoppement.
M. Fontaine, de Marseille, expose une presse double qui n’est pas complète à l'Exposition , mais dont nous avons pu examiner les autres conditions dans un atelier où on la termine. Le dispositif employé pour l’essuyage nous a paru aussi
simple qu’intelligemment conçu, et nous a fait concevoir l’es=
poir que ce problème difficile est enfin résolu.
Parmi les nombreuses presses en tout genre destinées à l’usage des particuliers, comme presses à copier, à timbrer, ctc., qui figurent à l'Exposition, nous appellerons particulièrement l'attention des visiteurs sur les produits de la maison Lecoq, qui se distingue surtout par la spécialité des appareils qui permettent le contrôle efficace d’un très-grand nombre d'opérations commerciales ou industrielles.
Nous citerons d'abord une machine destinée au numérotage mécanique, et par conséquent sans erreur possible, des obligations émises par les compagnies industrielles ou financières, tant sur la souche que sur les coupons qu’on en doit détacher, en même temps qu'elle y appose un timbre à la fois
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