‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 87 sur 135 · GES · texte numérisé non relu

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gramme, donne la longueur exacte de la mesure comparée au mètre, puisque, dans ce cas, les poids sont en raison inverse de la longueur des bras de levier, et que ceux-ci ont exactement la longueur des mesures à comparer.

Une partie des pièces qui composent la collection du Conservatoire figurent également dans les expositions de M. Bianchi et de MM. Fabre et Kunemann.

M. Richer expose un mètre divisé, sur lequel trois verniers s'accordent à un deux-centième avec la division.

On trouve chez M. Deleuil des balances et des poids et mesures très-bien exécutés.

Un vif intérêt s’attache à la grande machine arithmétique de M. Thomas, qui donne des produits de trente chiffres. C'est du luxe, même pour les calculs astronomiques les plus

élevés , qui n’auront probablement jamais besoin d’une aussi

minutieuse approximation. Ajoutons que des appareils beaucoup plus modestes dans leurs prétentions permettent de satisfaire aux exigences ordinaires.

N'oublions pas de signaler à l'attention des visiteurs les machines à calculer de MM. Maurel et Jayet, qui sont placées dans l'Annexe.

Nous signalerons les règles logarithmiques de M. Gravet qui, pouvant se replier sur elles-mêmes, donnent des nombres beaucoup plus élevés que les règles ordinaires. Nous félicitons M. Gravet de son heureuse idée. Les sept chiffres qu’on peut lire sur sa règle dispenseront de recourir aux grandes tables logarithmiques.

M. Ribou, du Conservatoire, expose une machine trèsingénieuse pour diviser les mesures courantes sur des plans divers.

La balance monétaire si ingénieuse de M. le baron Séguier figure parmi les produits de M. Deleuil. Les pièces jetées dans une trémie sont pesées et divisées par l'appareil même en trois, lots distincts. Cinq balances y reçoivent cinq pièces à la fois. Le soulèvement de chacune d’elles laisse Paiguille verticale si la pièce est droite de poids, ou la fait pencher d'un côté ou de l’autre si cette pièce est supérieure ou inférieur à la tolérance légale. Dans chacune de ces trois positions, l'aiguille rencontre un obstacle distinct qu’elle met en mouvement, et qui découvre une ouverture spéciale dans laquelle

la pièce tombe, d'où résulte la répartition indiquée plus haut.

Nous n’avons que des éloges à donner aux balances en tout genre qu’exposent la maison Schwilgué et la maison Béranger.

Nous signalerons , dans la partie anglaise , le yard-étalon du Rev. Sheepshanks, dont la suspension sur huit rouleaux s’équilibrant deux à deux est remarquable par la liberté qu’elle laisse à la dilatation de la mesure.

Nous indiquerons, à côté, les balances de M. Oertling, donnant les quinzièmes de milligrammes au moyen d’un poids curseur sur le fléau.

M. Steinheil de Munich a exposé un mètre, un kilogramme et un autre kilogramme subdivisé en treize parties. Le mètre est en glace, et les deux kilogrammes, sont en quartz, moins altérable que les métaux. Ils ont été étalonés, il y a quinze ans, sur les prototypes français. M. Arago a constaté leur exactitude à trois centièmes de millimètres près pour le mètre, et à trois centièmes de milligrammes pour les poids.

M. Litmana, de Stockolm, a exposé une très-bonne balance de précision, à poids curseur pour les plus petites divisions.

Les États-Unis sont représentés dans cette section par les poids et mesures que, par l’entremise de M. Vattemare, ils ont donnés au gouvernement français. Ces pièces ne sont pas le moindre ornement des collections du Conservatoire. Elles consistent en étalons du yard, de la livre, avoir du poids, de ses multiples et de ses diviseurs, de la livre troy, du gallon, du buschel et de leurs subdiviseurs ; enfin, en deux balances de précision accusant le demi-milligramme, l’une pour un kilogramme , l’autre pour dix kilogrammes dans chaque plateau. |

Ces magnifiques pièces ont été exécutées par M. Saxton, chef des ateliers du bureau des poids et mesures de l’Union, et vérifiées par le docteur Bache, intendant général des poids et mesures. |

En échange de ce cadeau, la France a envoyé aux États- Unis une collection complète de son système métrique, qui paraît devoir prochainement être adopté par l’Union américaine.

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Non loin de là se trouvent des mesures de longueur métriques et autres en caoutchouc seulement, exécutées à Saint Denis par M. Mallet. | |

Horlogerie,

Jusqu'au x° siècle, la mesure du temps n’eut- pour organe que les gnomons ou cadrans solaires, les clepsydres à eau et les sabliers.

Gerbert, né en Auvergne, et qui fut pape sous le nom de Sylvestre IT, serait, si l’on en croit la tradition, linventeur des horloges à poids, comportant l'échappement encore appliqué dans les montres communes, sous le nom d'échappement à palettes où à roue de rencontre. Ce qui est plus certain, c'est que les premières horloges connues ont paru en Europe quelque temps après sa mort, arrivée l'an 4003.

La première mention d’une horloge à sonnerie a été faite par dom Calmet vers 4120, mais il n’en cite pas l’auteur.

Vers 1370, Charles V, dit le Sage, fit venir, d'Allemagne à Paris, Henri de Vic, pour y construire la première horloge publique qui fut placée dans la tour du palais, encore connue sous le nom de Tour de l’Horloge.

Mais, avant de pousser plus loin cette courte revue chronologique, définissons en quelques mots les conditions générales au moyen desquelles on arrive à la mesure du temps.

Une horloge, une pendule, une montre se composent, en principe, d’une force motrice, poids ou ressort, agissant sur une série de mobiles, roues et pignons, dont le dernier, si aucun obstacle ne s’y opposait, prendrait un mouvement de rotation d'autant plus rapide que le nombre de ces mobiles serait plus grand.

C'est en mettant un obstacle périodique au mouvement du dernier mobile qu'on parvient à atteindre le but final qu'on se propose, la mesure du temps,

Qu'on suppose, en effet, une aiguille fixée sur l'extrémité d'un certain nombre des axes qui portent les roues et les pignons; clles pourront indiquer, sur un cadran divisé, la vitesse relative de chacun d'eux, de manière à marquer, par exemple, les secondes pour l’axe qui ferait un tour en une minute, les minutes pour celui dont la révolution se fait en une heure,

et enfin les heures pour l'axe dont la période est de douze heures.

Jusqu'au milieu du xvu° siècle, l'obstacle au mouvement continu du rouage, et auquel on a donné le nom d’échappement, a eu pour régulateur, très-peu exact, de la périodicité, le balancier circulaire qui est resté, grâce aux perfectionnements postérieurs, celui des pièces portatives.

En 4583, Galilée, se trouvant dans la cathédrale de Pise, fut frappé de la régularité des oscillations d’un lustre suspendu à la voûte. Il en conclut la possibilité d'obtenir, d’un poids suspendu à un fil, des conditions de précision jusqu'alors inconnues dans la mesure du temps. |

L'expérience lui apprit que plus la longueur du fil était grande, plus les oscillations du pendule étaient lentes, et réciproquement.

Il ne tarda pas à constater que la durée des oscillations d'un pendule est comme la racine carrée de sa longueur, on en d’autres termes que les longueurs des pendules sont comme les carrés du temps de leurs oscillations. Plus tard il constata que, pour un méme pendule, les grandes oscillations ont plus de durée que les petites.

Sous cette forme si simple, le pendule devint, entre les mains de Galilée, un instrument précieux pour les observations astronomiques.

En 1641, devenu aveugle et confiné, par suite de sa condamnation, dans la villa d’Arcetri, près de Florence, il expliqua à son fils Vincenzio, et à Viviani, l'un de ses disciples, les conditions au moyen desquelles il avait imaginé d’appliquer le pendule aux horloges, et mourut quelques mois après, c'est-à-dire le 8 janvier 1642,

Ce ne fut toutelois que dans le mois d’avril 14649 que Vincenzio Galilée entreprit l'exécution matérielle de l'invention de son père. Sa mort, arrivée le 46 mai suivant, empêcha l’achèvement complet de l'horloge, à laquelle il ne manqua tou-

tefois que les dispositions particulières au mouvement et à

l'ajustement des aiguilles.

Ces détails se trouvent consignés dans une lettre de Viviani au cardinal Léopold de Médicis, sous la date du 20 août 4659, On y trouve la description des conditions réalisées ; mais cette description était alors accompagnée de dessins qui en facili-

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