‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 91 sur 135 · FRERE · texte numérisé non relu

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dans l’atmosphère et au centre de laquelle sont situés les réservoirs faisant partie du système de circulation de l’eau chaude. Par une cause analogue à celle qui produit le tirage des cheminées, l’air est aspiré dans ces conduites, avec une vitesse qui tient au degré de température auquel il peut être porté par le calorique que l’eau cède aux parois des réservoirs, et que celles-ci lui transmettent. Ce mode de ventilation présente plusieurs inconvénients : d’abord la vitesse de l'air est nécessairement différente pour chaque étage, à cause de la hauteur différente des conduits, ensuite la suspension du chauffage, en été, amène naturellement la suspension de la ventilation, enfin différentes causes, telles que l’ouverture des portes, des fenêtres, les changements dans l’état de l’atmosphère, peuvent chacune déterminer l'interruption du renouvellement de l'air dans une ou plusieurs parties de l'édifice.

Le chauffage par la vapeur est fondé sur la propriété qu'ont les vapeurs de restituer leur calorique de vaporisation lorsqu'elles se condensent. Les moyens d'application consistent à produire la vapeur dans une chaudière semblable à celles des machines à vapeur, puis à ia faire circuler à l’aide de tuyaux dans des cariveaux construits sous les planchers des pièces qu’on se propose de chauffer , et , en dernier lieu, à diriger l’eau de condensation vers les chaudières au moyen de tuyaux particuliers, La vapeur se condense dans ces conduites et cède à l'air circulant dans les caniveaux tout son calorique latent au fur et à mesure que s'effectue la condensation ; cet air échauffé sort par des bouches de chaleur et s’élève dans l’appartement. On dispose souvent dans les chambres des récipients ou poêles à eau chaude, dans lesquels serpentent les tuyaux de vapeur et qui contiennent des tubes laissant passer Pair des caniveaux dans ces chambres, en contribuant encore à son échauffement.

L'un des avantages de ce système est de pouvoir porter là chaleur à de grandes distances et d'échauffer en même temps très-rapidement.

La ventilation peut s’obtenir, mais avec les mêmes inconvénients, comme dans le chauffage par circulation d’eau chaude, en établissant dans les combles ün réservoir de vapeur d’une surface de chauffe convenable.

Jusqu'à présent on n’a guère employé que le chauffage à

l’eau et les ressources de ventilation qu'il présente, pour Le

service des hôpitaux et des grands établissements, dans lesquels le renouvellement de l’air est une nécessité de premier ordre. Mais l'administration des hôpitaux vient de mettre en présence dans celui de Lariboisière, les deux derniers

procédés mentionnés ci-dessus. Les dix-huit salles com- |

prises dans les six pavillons de cet hôpital sont chauffées et ventilées, celles des pavillons formant l’aile gauche, par les appareils de MM. Léon Duvoir Leblanc, établis selon le système du chauffage à l'eau et dé la ventilation par appel, et celles des pavillons de l'aile droite par les appareils construits par M. Farcot, d'après les projets de MM. Laurens et Thomas , et destinés à chauffer par la vapeur et à ventiler mécaniquement.

On connaît déjà les principes du chauffage dans lun et l’autre cas et celui de la ventilation par appel ; il reste donc à donner une idée de la manière avec ne s'opère la venülation mécanique.

La vapeur des chaudières, avant de se datibbér dans les conduits qui portent la chaleur dans les salles, met en mouvement une machine dont le travail est appliqué à faire agir des ventilateurs à force centrifuge; ces ventilateurs aspirent l'air recueillr à une grande hauteur dans l’atmosphère, et audessus des bâtiments, et le refoulent dans un large tuyau qui le porte, par sesembranchements, dans les caniveaux de toutes les salles à ventiler ; air pénètre ensuite dans ces salles après s'être échauffé au contact des conduites de vapeur et des poêles à eau. L'air vicié des salles est ainsi constamment refoulé par de l’air neuf, dans des passages ménagés dans l'épaisseur des murs, et qui aboutissent aux combles des pavillons, dans des cheminées en communication avec l'atmosphère. En été, la ventilation-s’opère seule et la vapeur, à la sortie de la machine , peut être utilisée complétement pour l'usage des bains et de la buanderie.

Les effets de cette ventilation, dont on dispose à volonté, présentent des avantages qui leur sont propres; l'expérience

faite sur une grande échelle, à l'hôpital de Lariboisière, dé-

montre, par exemple, qu'en été, la ventilation peut atteindre jusqu’à 430 mètres cubes d’air renouvelé par heure et par

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lit, dans le système mécanique de MM. Laurens et Thomas. Les médecins ont observé l'influence heureuse de cet abondant aérage sur la santé des malades et sur les suites des opérations chirurgicales. L'examen comparatif auquel on se livre en ce moment ne peut manquer de fixer l'opinion sur les valeurs respectives des deux systèmes.

L’abaissement du prix du gaza fait penser dans ces derniers temps à construire des appareils spéciaux pour son utilisation, comme combustible, au chauffage des habitations. On rencontre à l'Exposition quelques-uns de ces appareils; ceux de M: R. W. Elsner, de Berlin, présentent une grande variété d'applications; ceux exposés par M. Bailey, le calorifére à gaz de M. Laury et la cheminée de M. Marini offrent aussi des dispositions assez ingénieuses, mais il ne paraît-pas encore que l'usage de ces appareils soit assez économique pour pouvoir rivaliser avec les moyens ordinaires de chauffage.

Une nouvelle source de chaleur vient d’être récemment proposée à l’industrie, mais jusqu’à cet instant elle-est encore restée sans applications, il s’agit d'utiliser une force naturelle

quelconque et sans usage, comme pourrait en offrir un cours.

d’eau, à faire mouvoir rapidement une machine produisant un grand frottement et développant par ce fait une chaleur intense. Cette idée de MM. A. Beaumont et A. Mayer a été ma-

térialisée par eux, par la construction d’une machine qu’ils.

ont exposée; c'est une chaudière de quatre hectolitres environ contenant dans sa longueur un tube conique enveloppé par l’eau, et dans lequel le frottement s'effectue par la rotation rapide d’un cône en bois; le frottement produit la chaleur, se communique immédiatement à l’eau et léchaufte jusqu'à en’élever la température au point: de déterminer, en trois ou quatre heures de marche, une pression de trois atmosphères dans la chaudière. Si-cette machine n’est pas appelée à rendre des services, elle est au moins intéressante par son mode de production de vapeur.

Chauffage de l'air pour le service des foyers métallurgiques.

La fonte des minerais qui fournissent à l’industrie les divers.

métaux qu'elle consomme ; exige différentes espèces de fourneaux. Ceux appelés hauts fourneaux, à cause de leur éléva-

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tion, qui atteint parfois seize à dix-huit mètres, servent généralement à la conversion du minerai de fer en fonte de fer; ces immenses fourneaux, dans lesquels le bois, le coke ou la houille sont mélangés avec le minerai, nécessitent pour l’alimentation du combustible et la fusion du métal, la projection au moyen de machines soufflantes, d’un volume d'air considérable. Jusqu'à ces derniers temps ils étaient alimentés par de l'air, pris à la température de l'atmosphère et dont l’introduction était une cause de refroidissement; on a essayé depuis de projeter dans l'intérieur de ces foyers l'air échauffé par avance à une haute température, et ces essais ayant produit une amélioration importante dans la qualité de la fonte et dans l'économie du combustible, l'usage de cette méthode s’est répandu rapidement dans la plupart des usines. |

L'Exposition n'offre cependant aux regards des métallurgistes qu’un seul appareil destiné à cette opération, c’est celui de MM. Laurens et Thomas.

Leur appareil se compose d'un ou de plusieurs tubes chauffeurs, placés horizontalement ou verticalement, suivant les localités, mais dans la plupart des cas dans cette dernière position ; chacun de ces tubes consiste en un cylindre de fonte d’un assez gros diamètre, dont la surface intérieure est garnie d'une série de lames venues de fonte et rangées symétriquement; la saillie de ces lames n’est guère que le huitième du diamètre du tube; il reste dans l’intérieur de celui-ci un vide cylindrique que l’on remplit par un noyau, consistant en un tuyau de fonte, fermé par les deux bouts; on constitue ainsi un espace annulaire pénétré de toutes partspar des lames saillantes et compris entre la surface intérieure du tube chauffeur et la surface extérieure du noyau, C'est dans cet espace annulaire ainsi composé que passe l'air à chauffer. L'appareil, composé d’un nombre de tubes, déterminé par l'importance du fourneau , est ordinairement placé le plus près possible de chaque tuyau, pour éviter un trop long parcours de l'air chaud , et on le chauffe par les gaz provenant du gueulard. Les tubes d’un même appareil sont réunis et communiquent l’un à l’autre, de manière que l'air entrant dans le premier, passe ensuite par tous les autres, à travers les lames de fonte qui soutirent la chaleur à leurs parois, pour arriver au dernier et pénétrer dans le fourneau par la tuyère. La flamme du gaz

en combustion se trouve en contact avec la surface extérieure des tubes chauffeurs, sans pouvoir pénétrer dans leur intérieur; elle circule d’abord autour du dernier tube, celui qui communique à la tuyère, puis passe au précédent et arrive en dernier lieu sur le premier, qui recoit directement l'air de le machine soufflante, pour s’en aller enfin dans la cheminée, ou dans un autre four, s’il lui reste encore de la chaleur utilisable; de telle sorte que, là marche de l’air étant inverse de celle de la flamme, cet air est chauffé craduellement dans chaque tube, et qu’en sortant du dernier, pour entrer dans la tuyère, il est à son maximum de température ou à 300° environ.

Ce système est d’une grande simplicité et peut s’appliquer également à tous les fourneaux métallurgiques, en augmentant ou en diminuant le nombre des tubes chauffeurs, qui sont au nombre de deux pour les fourneaux à charbon de bois et à une tuyère, de deux à chaque tuyère de fourneau à coke, et pour les grands hauts fourneaux soufflés des deux côtés, de deux appareils de trois tubes chacun. La surface de chauffe est considérable, car elle comprend non-seulement la surface extérieure des tubes en contact avec la flamme, mais encore la surface des lames saillantes, chauffées par l'effet de la conductibilité du métal, et la surface du noyau intérieur qui est elle-même suffisamment chauffée par le rayonnement du calorique. Cette dernière circonstance, en évitant de faire passer la flamme dans le noyau pour le chauffer, supprime l'emploi, au lieu de tubes chauffeurs, des tubes annulaires, dans l’intérieur desquels passerait la flamme: ils ne pourraient être formés que par deux cylindres concentriques réunis par des joints, tandis que le mode actuel permet d'en diminuer le nombre.

Cette surface de chauffe considérable, à l'établissement de laquelle concourt la majeure partie de la fonte qui entre dans la construction, donne la faculté de diminuer le volume de l'appareil, et par suite le poids de cette fonte, La disposition des tubes permet enfin de placer les quelques joints qui existent seulement, à l'abri du contact du feu et de diminuer ainsi les chances d’accidents et les réparations.

L'exposition de MM. Laurens et Thomas se recommande encore à d’autres titres à l'attention des maitres de forge,

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