‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 94 sur 135 · LI PT · texte numérisé non relu

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sède dans son état normal. À cet effet, la ville de Lyou et celles où le commerce des soies donnait lieu à d'importantes transactions créèrent d’abord, il y a une cinquantaine d'années, un établissement public ayant pour but de contrôler le poids de cette matière précieuse ; on y pesait la balle de soie à son entrée, puis on en exposait le contenu pendant vingtquatre ou quarante-huit heures dans des armoires grillées, disposées sur les côtés de longues salles dans lesquelles la température était constamment maintenue, à l’aide de poêles, entre 18 et 20 degrés réaumur; la soie était ensuite pesée de nouveau etrendue avecla marque indiquant le poids de vente. À peine ce procédé de conditionnement fut-il mis à exécution qu'on en reconnut les vices, il présentait effectivement plusieurs causes d'erreurs : ainsi les soies placées près des poêles séchaient davantage que celles qui en étaient éloignées, ou bien, d’autres très-cèches et prêtes à être retirées absorbaient l’humidité de celles placées nouvellement dans leur voisinage. La chambre de commerce de Lyon chercha à remédier à ces inconvénients, et grâce à sa persévérance et au concours de M. Gamot, directeur de la condition de cette ville, un nouveau procédé conçu par M. L. Talabot, et apportant une solution complète à ce problème difficile, fût enfin appliqué en l’année 1843 ; depuis lors toutes les villes industrielles ont emprunté à Lyon cette nouvelle méthode de conditionnement.

Le procédé ingénieux de M. Talabot consiste à prendre le poids net de la balle de soie, à en extraire dans les différentes parties quelques écheveaux qui représentent alors l'humidité de toute la masse, à peser immédiatement ces mêmes écheveaux et à les exposer ensuite, suspendus au fléau d’une balance, dans un appareil maintenu constamment à la température de 410 degrés centigrades, jusqu à: e que cette balance reste en équilibre ; le poids qu’elle accuse à cet instant est le poids absolu de la soie dépourvue de toute humidité. On possède ainsi les éléments nécessaires pour déterminer la perte d'humidité de toute la balle, le poids primitif de cette dernière, le poids des échantillons qui la représentent et le poids absolu de ceux-ci; il ne reste plus qu’à établir une proportion : si, par exemple, les échantillons ont perdu 18 pour cent de leur poids dans l'appareil, la balle pesant primitivement 100 kilogr. doit être réduite au poids de 85

kilogr.; mais on a reconnu que l’état ordinaire dela soie était de contenir 44 pour 100 d’humidité , alors on est convenu de restituer au poids absolu cette proportion fixe pour établir le poids marchand, lequel serait alors pour la balle de l'exemple ci-dessus : 91 kilogr. 35; cette convention n’a d'ailleurs aucun inconvénient, puisque les termes de l'opération sont connus, et cet usage tient plus aux habitudes du commerce qu’à ia nécessité d’y avoir recours.

L'appareil dans lequel s'opère la dessiccation des échantillons de soie se compose de deux cylindres concentriques verticaux en métal ; la partie supérieure est fermée par un couvercle percé d’une fente pour laisser passer une tige suspendue à l’un des bras d'un fléau de balance; la partie inférieure de cette tige est disposée en un cercle armé de crochets, ces crochets supportent les écheveaux à sécher dans le cylindre intérieur chauffé au moyen de la vapeur; la balance établie au-dessus de l’appareil est renfermée en partie dans une cage vitrée et mise ainsi à l'abri de l'air; enfin, du côté opposé aux cylindres, existe un casier en métal contenant les tiroirs dans lesquels on place les échantillons qui doivent être successivement éprouvés. Pour opérer la dessiccation, on enlève le couvercle du cylindre extérieur, on suspend les écheveaux pesés d'avance, on referme l'appareil et on laisse la soie ainsi exposée à la chaleur de 110 degrés, jusqu’à ce que la balance n’accuse plus aucune variation ; ce poids des écheveaux étant constaté et contrôlé par une double épreuve, on retire la soie et on procède à une autre opération. .

Le système de M. Talabot présentait un seul inconvénient : celui d'exiger pendant trois heures le séjour de la soie dans l'appareil , et par conséquent une perte de temps et de combustible: M. Persoz, directeur de la condition des soies de Paris , et M. Rogeat, de Lyon, y ont obvié en remplaçant le mode de chauffage à la vapeur par un séchage à l’aide d'un courant d'air chaud obtenu très-rapidement par;des becs de gaz ou par l'emploi du charbon ; de cette manière la dessiccation ne dure plus qu’une demi-heure. |

Plusieurs millions de kilogrammes passent annuellement dans les établissements de condition, et depuis quelques années l'industrie de la laine elle-même a recours à ce moyen exact de garantie et de contrôle. | |

Les appareils de M. Rolland, pour la panification mécanique, apportent enfin les perfectionnements que l'on était en droit d'exiger dans une opération aussi importante que celle de la fabrication du pain; le pétrin mécanique est trèssimple, il se compose d'une auge demi-cylindrique dans laquelle se meut, à l’aide d’une manivelle, un axe garni de lames courbes; le four est circulaire et chauffé par un foyer indépendant, il contient une sole mobile ou plate-forme, mue à la main et de l’extérieur par une manivelle et quelques engrenages. L'emploi de ces deux appareils se multiplie chaque jour et fait espérer que les opérations, naguère si primitives, de la panification se feront bientôt avec toute la propreté et la perfection désirables.

Outre les appareils précédents, l'Exposition présente encore de toutes parts de nombreuses applications de la chaleur, remarquables à différents titres. Parmi celles qui se recommandent le plus par l'utilité des résultats qu'elles procurent, la distillation de l’eau de mer est sans contredit l’une des plus intéressantes, et sous ce rapport il faut distinguer les appareils de MM. Rocher, de Nantes, et E. Sasse, en Suède, qui peuvent transformer l’eau saumâtre de la mer en eau potable, pour tout un équipage, et cela sans grande dépense et par le fait seul de la préparation des aliments.

Les appareils distillatoires ou de concentration des liquides de toutes sortes, de MM. Boutigny, Traxler, Tribouillet et Duyck, offrent aussi un grand intérêt.

Enfin les appareils de MM. Wolf, en Wurtemberg, et Couty, en France, pour souder le plomb, le cuivre, le platine même, en profitant de la chaleur développée par la combustion du gaz hydrogène; les petites forges de M. Enfer, pour fondre et couler le platine; celles de M. Delaforge; les sys:èmes à blanchir le linge, de MM. Ducommun et Badies, Bouillon et Gervais; la buanderie américaine, de M: King; les fourneaux à préparer les produits ph irmaceutiques, de MM. Wolfmüller, en Bavière, et Mürle, dans le duché de Bade, et l'appareil de M. Choisy-Lignon, pour utiliser l'eau de condensation des machines, méritent chacun une attention particulière.

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Éclairage.

L’éclairage s'obtient généralement par la simple combustion de corps capables de produire une flamme éclairante. La flamme n'étant elle-même que l'effet de la combustion d’un gaz , il suit que les matièrés solides et les matières liquides doivent d’abord donner naissance à un produit gazeux pour pouvoir fournir une flamme. C’est en effet ce qui arrive : si on chauffe un corps suffisamment, pour le voiatiliser ou le décomposer en gaz et enflammer ce gaz, c’est-à-dire si on allume ce corps, le produit gazeux obtenu brûle et donne assez de chaleur pour en volatiliser ou décomposer une nouvelle partie, et fournir une nouvelle quantité de gaz qui, s’enflammant à à son tour, produit le même effet, et prolonge ainsi l’existence de la flamme. Mais un gaz en brûlant n’est pas toujours capable de produire une flamme éclairante ; il faut, pour qu'une flamme présente ces conditions, qu’elle contienne dans son intérieur des matières solides résistant à l’action de sa température; ce sont effectivement ces parties solides qui, portées à l'incandescence, la rendent visible et lui prêtent tout son éclat. La plupart du temps, le gaz se charge lui-même d'introduire ces molécules solides dans la flamme qu’il donne, soit par le produit solide résultant de sa combustion, soit à cause des dépôts que sa combustion laisse,

Les substances qui remplissent le mieux les conditions exigées par leur emploi pour l'éclairage, et qui, par ce fait et aussi par leur bon marché, servent le plus ordinairement, sont : le suif, les graisses, la cire, le blanc de baleine, les acides stéariques et margariques, et différents mélanges de ces corps, l’huile de colza, l'huile minérale de schiste et le gaz liquide, ou mélange d'alcool et d'esprit de bois, dont l'usage est assez restreint ; enfin le gaz hydrogène carboné, dans lequel d’ailleurs les substances précédentes se résolvent en dernier lieu au moment de leur combustion. |

L'emploi des matières solides ne nécessite aucun appareil spécial, on se borne à donner à ces matières des formes convenables que leur consistance leur permette de conserver; ainsi on les moule et on en fait des cylindres de diverses dimensions, appelés chandelles, bougies, cierges, etc., et dont

l’axe est une mèche de coton. C’est dans cette mèche que s’opère la combustion : aussitôt qu'elle est enflammée, le corps gras au-dessous d'elle entre en fusion, s'élève dans cette mèche par l'effet de la capillarité, y éprouve une décomposition par suite de la température élevée, et donne naissance au gaz hydrogène carboné qui s’allume et produit la flamme.

Les perfectionnements apportés dans ces produits consistent principalement dans la fabrication des corps gras, fabrication qui est du domaine de la chimie: mais comme progrès d’appareil , il faut remarquer néanmoins les moules mécaniques à chandelles de M. Cahouet, qui permettent de donner une grande rapidité au moulage, en même temps qu'une grande régularité. |

La fabrication des liquides destinés à l'éclairage est aussi une opération chimique, et par conséquent également étrangère à la 9° classe; cependant celle de l'huile deschiste semble s'yrattacher , en ce sens que cette huile est uniquement utili- . sée à l'éclairage ; on l’obtient du schiste bitumineux par une distillation ordinaire et après plusieurs purifications. Des échantillons assez remarquables en ont été envoyés à l'Exposition par MM. Wiesmann et Cie, à Bonn; Legros et Cie, par la Compagnie bourbonnaise et l’usine de Sainte-Maine, en France.

L'usage de l'huile végétale ou minérale pour l'éclairage exige nécessairement des appareils appelés lampes pour contenir et présenter peu à peu ces liquides à la combustion. Le nombre des appareils différents imaginés pour arriver à ce résultat est considérable , et leurs dispositions ont toutes pour but de faire que l’huile arrive constamment et régulièrement à la mèche, ni en trop petite quantité, ni en trop grande, et qu'il passe un courant d’air suffisant pour accomplir la combustion.

D'abord les lampes furent composées d’un réservoir assez large pour conserver longtemps et sensiblement le même niveau au liquide qui yétait contenu, et qui communiquait avec la mèche par un tube; puis ce réservoir fut disposé pour établir un niveau constant dans le conduit placé au-dessous et correspondant avec la mèche : lorsque le niveau baissait dans ce conduit, il laissait libre l'ouverture du réservoir, l'air pénétrait, et l'huile s’écoulait jusqu'à ce que le niveau remonté fermât cette ouverture. Dans l’un et l’autre cas, le réservoir .

situé au-dessus de la mèche, outre le peu de stabilité et de gracieuseté qu'il donnait à l'appareil, interceptait encore une certaine partie de la lumière. Les lampes Carcel ont obvié à ces inconvénients : l'huile arrive à la mèche par l'effet de petites pompes formées d’une simple baudruche faisant office de piston et mues par un mécanisme d'horlogerie; le tout étant placé dans l’intérieur d’un cylindre et au-dessous de la mèche donne à l’ensemble une forme stable et susceptible de recevoir autant d'ornementalions qu'on le veut.

Mais de toutes les lampes, celle à modérateur, tout en étant très-régulière dans son fonctionnement, est en même te nps la plus simple, la plus économique et, par suite, la plus généralement employée. Cette lampe, de l'invention de M. Franchot , se compose d'un ressort en spirale tendu par une crémaillère qu’on relève au moyen d’un pignon; ce ressort agit constamment en appuyant sur un Cuir embouti ou piston, pour comprimer l'huile placée dans la partie inférieure du cylindre qui contient le système, et la faire monter jusqu’à la mèche par un tube particulier. Ce tube d'ascension de l'huile est composé de deux parties : l’une, fixée au piston, est mobile avec lui et s'engage dans l’autre, faisant partie du bec, d’une plus ou moins grande quantité, suivant que le piston est plus haut ou plus bas. C’est dans ce tube qu'est placé le modérateur, simple tige métallique tenue d’un bout à la partie fixe, et pénétrant par l’autre dans la partie mobile , de manière à gêner, surtout dans cette dernière, qui est la plus étroite, la marche de l'huile qui passe entre cette tige | et le tube ; le mouvement est d'autant plus ralenti que le modérateur est plus engagé dans la partie mobile, c’est-à-dire que le piston.est plus haut, le ressort plus tendu et l'huile plus sollicitée à s'élever ; au contraire, lorsque le piston arrive vers le bas de sa course, et que le ressort, possédant moins de force, n’élève plus autant d'huile, le tube mobile est descendu, la tige est dégagée de ce tube, et le passage autour d’elle est plus facile. On comprend d’après cela que la force du ressort et les dimensions de la tige modératrice étant convenablement déterminées, la compensation des effets de ces deux pièces puisse donner à l’huile un mouvement régulier. L’excès d'huile à la mèche retombe dans le cylindre et repasse sous le piston lorsqu'on le relève.

Quant à la manière d’amener assez d’air sur la mèche, elle consiste à faire de cette mèche un manchon autour et dans l'intérieur duquel on établit un courant, à l’aide d’une cheminée de verre placée sur le bec.

Outre ces différentes dispositions , les lampes prennent en core de nombreuses formes, suivant qu’on veut les affecter à” certains besoins; telles sont, par exemple, celles des mineurs, qui sont des lampes portatives dont la flamme est entourée d’une toile métallique.

Les lampes à l'huile minérale de schiste présentent une position différente ; le liquide étant beaucoup plus fluide que l'huile de colza, Le simple effet de la capillarité en fait monter

dans la mèche une quantité suffisante pour entretenir la com- bustion, circonstance qui permet de faire de l'appareil un simple vase dans lequel plonge une mèche ; seulement, comme l'huile minérale donne dans sa combustion beaucoup de charbon ou de fumée , il faut faire arriver sur la mèche un fort courant d'air pour exciter cette combustion, ce que l’on obtient en plaçant dans l’intérieur de la mèche un disque horizontal forçant l’air à s’en rapprocher et à sortir plus rapidement, Ces lampes donnent une belle lumière, maïs fument facilement , et répandent une odeur peu agréable qui gênera longtemps le développement de leur usage. |

Il y a encore les lampes à gaz liquide ou alcool dénaturé (mélange d'esprit de bois et d'alcool) différant des précédentes seulement par la mèche qui est enfermée dans un petit tube pércé de trous ; c’est par ces trous que le gaz de la décomposition du liquide de la mèche sort et s'allume ; la flamme d’une forme assez gracieuse présente autant de petits jets qu'il y a de trous. Cette espèce de lampe est moins économique que celle du schiste, mais elle donne beaucoup moins d’odeur.

Les bâtiments de l'Exposition renferment un grand nombre de lampes , très-variées de dispositions, mais fondées presque uniquement sur le principe du modérateur; la plupart ne sont que des occasions d'ornementations ou dé ciselures et ne peuvent être examinées qu'à ce point de vue. Cependant les lampes à modérateur de M. Hadrot jeune et Cie dont on voit des exemples dans le Diorama jouissent d’une réputation méritée pour la lumière vive, constante et prolongée qu’elles fournissent; celles de M. Neuburger offrent en outre l’avan-

tage de l'économie et de la longue durée, par suite du grand réservoir qu’elles possèdent et de la disposition qui ne laisse arriver à la mèche que la quantité d'huile exactement dépensée par la flamme. Les lampes phares de M. Aubineau et celles de M. Noël Bosselut sont remarquables par leurs grandes dimensions , tandis qu’au contraire les lampes lilliputiennes de M. Guillaume attirent l’attention par leurs proportions exiguës et mignonnes. La petite lampe de ménage de M. Dessales se recommande à la classe ouvrière par la modicité de son paix et la faible dépense que son usage occasionne. Les loupes-lampes pour les graveurs, de M. Perreux, sont une heureuse application des lampes aux arts. Enfin les lampes suspendues de M. Dardonville , qui sont facilement transportables et applicables par ce fait aux navires , celles de M. Bourgogne qui annoncent elles-mêmes, par une sonnerie, l'instant où elles manquent d'huile, et qui servent aussi de timbres de table; la magnifique exposition de M. Schlossmacher et Cie et les lampes de M. A. Ribot qui sont destinées à l'emploi du gaz liquide, méritent aussi une mention particulière.

L’étranger nous offre aussi plusieurs types de lampes qui n’ont rien de particulier dans leur construction et qui ne peuvent se comparer à la variété infinie de ceux des fabriques francaises ; cependant on doit signaler la fabrication de MM. Mariann , Allen et Moore en Angleterre.

La disposition des mèches est une considération assez importante dans l'éclairage par les corps liquides ou solides, et sous ce rapport il faut citer M. Brochot, de Paris, et M. Senne, d'Erfurth (Saxe).

Éclairage au gaz.

L'éclairage par le gaz est une industrie récente qui a pris dans ces derniers temps une extension considérable.

Il consiste à produire du gaz et à l'envoyer dans tous les endroits où il doit être consommé, c’est-à-dire à produire d'avance la décomposition qui s'effectue dans la mèche des chandelles , des bougies , des lampes, etc. Toutes les matières organiques soumises à la distillation en vase clos sont capables defproduire du gaz hydrogène carboné, mais le gaz est

plus ou moins éclairant suivant la nature de ces matières; les substances solides ou liquides qui servent à l'éclairage ordinaire pourraient être ainsi employées avec succès à la fabrication du gaz, mais on leur préfère la houille à cause de son prix peu élevé, du résidu ou coke que sa distillation laisse et qui possède encore une certaine valeur, et enfin des produits ammoniacaux qui suffisent à eux seuls pour payer les frais d'épuration du gaz.

La houille est soumise à la distillation dans des cornues de terre réfractaire ou de fonte, chauffées au rouge; la décomposition s'effectue, le gaz s'échappe et il reste du coke que l’on remplace par d'autre houille. Le gaz dégagé contient toujours des substances étrangères, nuisibles à son emploi et dont il faut absolument le débarrasser; c’est pourquoi, au sortir des cornues, il passe dans divers appareils appelés barillets, réfrigérants, épurateurs, destinés à retenir la plus grande partie des matières solides, liquides et gazeuses qui l’accompagnent.

Le gaz purifié arrive dans le gazomètre, réservoir en tôle où il s’accumule et d'où il part pour se distribuer à tous les points de sa consommation , quand l’heure de sa distribution est venue.

Au lieu de houille, on distille aussi quelquefois certaines huiles, que l’on fait tomber goutte à goutte, à cet effet, sur du coke chauffé au rouge dans des cornues; la chaleur décompose l'huile et il se forme du gaz dont le pouvoir éclairant est trois ou quatre fois plus grand que celui du gaz ordipaire.

Le gaz, livré aux consommateurs à raison d'un prix déter-miné par mètre cube, passe dans un compteur avant d’arriver au bec. Ce compteur est un axe horizontal garni d’augets et tournant dans une enveloppe cylindrique contenant de l’eau jusque passé cet axe; le gaz vient par un tuyau, remplit les augets un à un et les oblige à tourner; chacun à mesure qu’il est plein, amène son gaz dans la partie supérieure du cylindre où se trouve le tuyau qui le conduit au bec. Le nombre de tours est indiqué par des aiguilles, mues par l’axe à augets, sur le devant du compteur, et on en déduit facilement la quantité de gaz consommée d’après la capacité connue des augets.

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Les becs à gaz sont de plusieurs espèces : dans les uns le gaz sort par une petite couronne métallique, percée de trous, l'air passe en dedans et en dehors de cette couronne et active puissamment la combustion; le bec porte une galerie pour soutenir une cheminée de verre; dans les autres, le gaz sort en lame mince, par une fente étroite, et produit une flamme de forme analogue à celle d’un éventail; dans certains, enfin, dits becs Manchester, le gaz sort par deux trous obliques et les jets de flamme qui résultent de cette disposition viennent se rencontrer mutuellement et produire en sens inverse une espèce d'écusson ; ces derniers présentent plus d'économie dans la combustion du gaz, que les becs à éventail.

L'Exposition ne montre pas que l’industrie du gaz ait fait de notables progrès, et l’on doit regretter de ne pas y voir les dernières modifications, récemment proposées dans le but d'obtenir une plus grande économie ; à l'exception du système pour l'extraction du gaz de MM. Boysen et Cie, de Hambourg, et de quelques plans d'usines, on ne retrouve guère que des appareils particuliers, relatifs à la conduite et à la consommation du gaz, tels que tuyaux, robinets, compteurs, lanternes, becs et cheminées, pour la fabrication desquels il faut distinguer MM. Siry Lizard et Cie, Dumont, Maccaud, Mareni, Laurot et Bengel, et Voruz et Fessard, en France, et MM. Fell

et Bate, Bailly, Paddon et Ford et T. Glover, en Angleterre.

La lumière une fois produite, on peut parvenir à lui donner une intensité assez considérable à l’aide d’abat-jour ou réflecteurs, dont l'effet est. de renvoyer dans un sens les rayons lumineux qui divergeaient dans l’autre et d'accumuler ainsi la lumière sur un point plus restreint, Les réflecteurs sont des surfaces concaves, métalliques et polies, présentant une courbe parabolique ou sphérique, dont la lumière occupe le foyer; c’est de la construction de cette courbe que dépend la qualité du réflecteur, mais c’est une condition dont on se préoccupe peu quand il s’agit de réflecteurs communs. Ils sont généralement utilisés pour les signaux, par les chemins de fer et la marine. M. Camus mérite d'être mentionné comme l’un des fabricants qui ont apporté le plus d'améliorations dans la construction de ces appareils; M. Chasel et M. Blazy- Jallifier, à Paris, et MM. Thorton et fils, de Birmingham, pré-

sentent aussi des signaux à réflecteurs, d’une bonne con-

struction ; le falot de locomotive de MM. H. Piper et Bro, du Canada, se distingue surtout par ses grandes dimensions ; on doit enfia citer les appareils nouveaux de MM. Fortin Hermann : ce sont des falots de locomotive et des signaux pour arrière de train qui éclairent, au moyen du gaz, pendant dix et vingt heures, avec beaucoup de fixité et sans extinction possible, et qui s’aperçoivent à de grandes distances.

Les abat-jour sont de simples cônes ou pyramides tronqués, de papier ou de métal, blancs à leur surface intérieure et diversement ornementés à leur surface extérieure ; ils s'emploient seulement sur les chandelles, les bougies ou les lampes, pour ramener la lumière de haut en bas ; divers moyens plus ou moins ingénieux les tiennent fixés sur la bougie ou sur le verre de la lampe. La fabrication des abat-jour occupe un grand nombre d'ouvriers et forme à elle seule presque une industrie; on remarque à l'Exposition les jolis abatjour de M. Auguste, et ceux en acier fabriqués d’un seul] morceau, en y comprenant même le support.

Phares.

Les phares sont des feux qu’on allume sur les côtes et à l'entrée des ports pendant la nuit, pour servir de guides aux navigateurs.

La lumière est d’abord produite par une lampe puissante à trois Ou quatre mèches concentriques, puis projetée au loin par divers moyens capables de la rendte visible à de grandes distances. On employait autrefois ponr obtenir ce dernier résultat, de simples réflecteurs paraboliques, aujourd’hui on fait usage uniquement de lentilles à échelons de Fresnel. Ces lentilles, qui remplacent également les grandes lentilles d’une seule pièce-dont la construction était difficile et les effets très-incomplets, sont formées d’un segment de sphère, entouré d’une suite d’anneaux concentriques ayant une courbure calculée pour que chacun ait le même foyer que le segment central. Tous les rayons lumineux d’une lumière placée au foyer d'une de ces lentilles complexes, arrivent sur sa surface, et se réunissent, après l'avoir traversée, en un large faisceau parallèle. Comme l’affaiblissement de la lumière a lieu principalement en raison de la divergence des

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