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de salicine qu’on n’est pas habitué à voir en masses aussi | considérables. |
- La fabrique Coignet, de Lyon, a exposé une quantité relativement considérable de phosphore noir ; dans cet état, ce corps simple est moins inflammable et on peut le manier à l'air Ÿ sans prendre toutes les précautions qu'exige le phosphore blanc qui occasionne parfois de si terribles accidents. .L’Autriche a mis aussi dans son exposition un échantillon de ce même phosphore noir, qui est préparé peut-être depuis longtemps ou qui a été mal lavé, car il est extrêmement acide.
Au bas de l'escalier qui conduit à la section des produits chimiques, il faut remarquer les beaux échantillons de prussiate jaune et rouge de l’usine de Bouxviller, dont cet article est une des spécialités.
Près de là se trouve le platine travaillé deMM. Desmoutis, Chapuis et Cie, qui, au reste, ne rentre pas directement dans le sujet que nous traitons maintenant.
La gélatine est abondante à l'Exposition, ën feuilles minces et déliées, colorées des couleurs les plus vives, portant des épreuves photographiques , servant d'enveloppes aux médicaments à saveur désagréable ; elle se présente sous des formes bien différentes. MM. d’Enfer frères nous montrent les différentes phases de la fabrication de la gélatine; cette matière se prépare en faisant macérer dans des vases clos des os avec de l’eau portée à une température de 406° environ. C’est à Darcet qu'on doit la construction d’un appareil économique propre à cette fabrication, qui pourra prendre un développement énorme si les viandes conservées au moyen d'une couche de gélatine sont susceptibles de supporter de longues traversées sans s’altérer.
M. Pitont a d'énormes cylindres de gélatine coloriée , parfaitement transparents ; il prépare le papier gélatine spécialement pour les graveurs et les metteurs sur bois , celte gélatine fine et transparente pourra aussi utilement servir aux recherches microscopiques.
Un grand nombre d’industriels joignent à la fabrication de la gélatine celle des colles-fortes, qui se produisent surtout maintenant avec des cuirs avariés, avec des débris et des rognures qui ne peuvent être d'aucun autre usage.
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Les produits pharmaceutiques présentent aussi un grand intérêt, M. Alfred Labarraque a exposé un énorme flacon de sulfate de quinine ; cette fabrication est devenue d’une grande importance pour la France. M. Aubergier a su tirer de notre pavot indigène une grande quantité de morphine qu’on peut voir à côté du sulfate de quinine de M. Labarraque.
En même temps que des produits chimiques interressants, M. Meunier a exposé une série d'extraits de plantes médicinales bien préparés. PRES à
Nous devrions, avant d'abandonner cette belle exposition des produits chimiques, passer en revue encore bien des vitrines intéressantes; mais nous devons nous occuper maintenant de la parfumerie dont les spécimens sont nombreux, habilement classés chez nous, comme chez les Anglais et les Allemands. +0 |
Les savons s’obtiennent la plupart du temps par la saponification des huiles. Cette opération peut se faire avec de la soude ou de la potasse. Dans le premier cas, on obtient des savons durs; dans le second, des savons mous: ces deux produits sont les seuls qui soient solubles dans l’eau ; la chaux donne un savon insoluble, elle précipite même les savons s0lubles ; aussi dit-on d’une eau calcaire qu’eile ne prend pas le savon.
On voit à l'Exposition des savons de toutes couleurs, de tout prix, de.toute odeur, des savons à 1 fr. 50 le pain et des savons à 4 fr. le kilogramme. Une chose nous étonne toujours, c'est que les produits de la parfumerie coûtent encore des prix aussi exorbitants. Quand on vend 4 fr. un savon au benjoin d’une odeur ravissante, on doit se dire qu'il entre dans ce produit des matières fort chères et fort rares. En effet, il est formé de corps gras, de soude et d’urine de cheval putréfiée, et de plus, de 40 pour 100 d’eau; mais les parfumeurs sont d’habiles gens qui ont le talent de vous entortiller les choses dans de nombreux papiers dorés, argentés, avec des adresses et des images, toutes choses qui diminuent la marchandise mais qui augmentent le prix. is
En France, les couleurs fines de M. Lefranc sont tout à fait dignes d'attention, ainsi qu’en Angleterre celles de M. Naumann de Londres, qui nous envoie entre autres choses
des couleurs pour l’'aquarelle, que nos voisins doivent prépa-
a rose, 2 4
rer mieux que nous, à voir la préférence qu'ont tous les artistes pour leurs produits.
Parmi les métaux dont les composés sont employés comme | matières colorantes, le plomb avec'son carbonate, la céruse avec ses oxydes, la litharge, le massicot et le minium, son phosphate, son iodure; le plomb, disons-nous, se présente en première ligne. La fabrication de la céruse est surtout une industrie importante, que l'introduction récente du blanc de zinc n’a pas fait abandonner.
MM. Delaunay et Cie, de Tours, ont de beaux échantillons de ces différentes matières colorantes à base de plomb.
M. Orsat, de Clichy, expose aussi une belle série de céruses obtenues par le procédé dit de Clichy, et par le procédé hollandais.
Le mercure, qui fournit le vermillon, le cuivre, qui donne des couleurs bleues et vertes, le fer, enfin, dont les rouges et jaunes sont si bon marché, et qui, combiné au prussiate jaune, donne le bleu de Prusse, sont des métaux intéressants au point de vue de la fabrication des couleurs ; mais nous n’avons remarqué aucun produit bien nouveau dans ces industries, et nous ne pouvons nous y arrêter davantage.
Parmi les matières colorantes végétales, l'indigo que nous fournissent l’Inde anglaise et les colonies hollandaises se présente au premier rang avec les bois de teinture de l’Amérique. La garance, qui est si répandue maintenant dans le sud de la France, doit nous occuper spécialement pendant quelques instants. |
La Hollande nous envoyait naguère une grande quantité de garance, mais des impôts établis sur cette importation ont largement développé la culture en France, qui en fabrique maintenant pour elle et pour l'exportation. En 4840, cette exporta-: tion a atteint le chiffre de treize millions de francs , qui doit être bien dépassé, maintenant que l’Algérie apporte un contingent considérable de cette matière colorante.
MM. Thomas frères, à Angres (Vaucluse), MM. Faure et Escoffier, M. Boudin, M. Castellan, également de Vaucluse, envoient de beaux échantillons des principes colorants de la garance , dont la culture est des plus importantes pour ce département. | |
Les racines de la garance ne contiennent, comme l’a mon-
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tré M. Decaisne, qu’une matière colorante jaune : elle ne prend une teinte rouge qu’au contact de l'air. Les racines pulvérisées sont mises en contact avec de l’eau , frottées et lessivées à plusieurs reprises afin d’enlever toute la partie solide à froid ; la matière colorante, ainsi préparée, porte spécialement le nom de garance. Le résidu, traité par l'acide sulfurique, puis filtré et lavé, porte le nom de garancine : cette nouvelle matière colorante est maintenant d'un grand usage.
Le rouge d'Andrinople, dont nous voyons plusieurs échantillons dans l'exposition autrichienne et dans l'exposition anglaise, a encore pour base la garance.
Une couleur de fabrication, mais qu’on imite bien partout, est l’outremer articiel. La belle couleur bleue, connue sous le nom d’outremer naturel, se tire du lapis-lazuli, minéral assez rare Composé d’alumine, de silice et d’un peu de chaux; pour préparer l’outremer, on porte le lapis-lazuli, débarrassé de sa gangue par un triage à la main, à une haute température, puis on l'élonne en le jetant dans du vinaigre froid ; la chaux se dissout, on reprend la matière qu’on pulvérise avec soin. L’outremer naturel est d’un prix extrêmement élevé : il a été jusqu’à trois mille francs le kilogramme, aussi son emploi était-il très-limité. |
La société d'encouragement avait établi un prix pour l’invention d'un procédé capable de fournir le bleu d’outremer à moins de deux cents francs le kilogramme. C'est M. Gimet qui obtint ce prix : les procédés qu’il emploie sont tenus secrets, cependant on obtient de bons produits de la façon suivante :
On lessive avec soin de l'argile ordinaire pour enlever tous les grains de sable qu’elle peut contenir, et on la mélange avec du sulfure de sodium obtenu par la réduction du sulfate de soude, au contact du charbon à une haute température : le mélange précédent est additionné d’une dissolution de sulfate de fer pur. Les matières sont desséchées, puis chauffées au rouge dans une moufle au milieu d’un courant d’air : c’est là la partie délicate de l’opération :; quand on chauffe trop peu, on n'obtient pas d’outremer ; quand on chauffe trop, on altère les nuances. La matière pulvérisée, lessivée est encore remise au feu , et un dernier lavage sépare l’outremer en différents produits. Qui t
. Les échantillons d’outremer sont nombreux à l'Exposition. M. Guimet, l'inventeur du procédé, se place naturellement en première ligne; l’outremer ne se vend plus maintenant que deux francs le kilogramme, et on emploie annuellement pour deux millions de cette matière colorante, spécialement dans l'industrie des papiers peints.
M. Guillon, de Lyon, M. Draenkel (Seine-Inférieure), M. Courtial, à Grenelle, exposent de beaux échantillons, ainsi que M. Branu, de Gand ; M. Setzer, à Weitenegg, sur le Danube (Basse-Autriche), et M. Kutzer, de Prague, réussissent l'un aussi bien que l’autre ce beau produit.
Nous devons encore parler du carmin que fournit la cochenille; cette matière première présente pour nous un grand intérêt, maintenant que notre Algérie peut fournir une quantité considérable de cette matière première, dont elle a exposé de nombreux échantillons.
Le carmin est composé de la matière colorante de la cochenille, d’une matière animale qui y est également renfermée, des éléments du sel qu’on emploie pour déterminer la précipitation.
La préparation du carmin est encore une opération dé'icate : pour réussir, il faut une longue habitude auxquelles les recettes ne peuvent suppléer.
On fait ordinairement bouillir la cochenille avec du carbonate de potasse, on y ajoute ensuite de l’alun pulvérisé, qui transforme la liqueur cerise foncé obtenue d’abord en un rouge vif de carmin, on ajoute enfin de la colle de poisson, qui détermine la précipitation du carmin; la liqueur, encore fortement colorée, sert à la préparation des laques.
Le carmin peut être employé en le mélangeant simplement avec les subs'ances à colorer ; quand il doit servir à la teinture il faut le dissoudre dans l'ammoniaque caustique, puis laisser la liqueur à l’air; quand elle n’a plus d'odeur, elle est bonne à employer.
Les laques se préparenten précipitant les matières colorantes au moyen de l'alumine; on place dans le bain dont on veut obtenir la couleur, une dissolution d’alun et une autre de carbonate de soude, on ajoute parfois une petite quantité de sel d’étain qui modifie les nuances; c’est ainsi que, dans le bain de cochenille, l’oxyde d’étain ajouté donne une belle laque cramoisie.
Nous rencontrons, dans la galerie sud de l’annexe, un grand nombre d'échantillons de carmin, de laques et de matières textiles desséchées et lessivées, et des teintes obtenues au moyen de ce carmin. M. Champenois, de Paris, expose d’autres teintes au carmin des tons les plus vifs et les plus brillants; en Prusse, M. Jager, à Barsnen (Prusse Rhénane), offre aussi de beaux échantillons.
Avant de quitter ce trop rapide examen des matières colorantes , nous devons dire quelques mots d’un système d’impression qui pourra sans doute conduire à de bons résultats ; M. Grüne, de Berlinz a exposé des lainages dont les couleurs sont obtenues au moyen d’une simple réaction chimique entre deux sels, qui peuvent, par leur combinaison , donner naïssance à des couleurs variables; les dessins obtenus ainsi ont une bizarrerie, un inattendu qui ne sont pas sans un certain charme.
Cuirs et Peaux.
Les peuples, dans un état de civilisation peu avancée, ignorant encore l’art de tisser les vêtements, ont naturellement employé les dépouilles des animaux pour se garantir des intempéries des saisons. L'histoire nous montre ainsi tous les peuples anciens couverts de peaux de bêtes, tuées à la chasse ou déjà domestiquées , et les voyageurs observent les mêmes faits chez les peuplades encore sauvages des diverses parties du globe.
Les peaux, se corrompant rapidement quand ellés ne sont pas soumises à un traitement spécial, ont dû de Lout temps recevoir des préparations plus ou moins complètes avant d’être employées. Les procédés sont très-variables, car en Amérique les peuples, ignorant l'usage du tanin, se contentaient de faire subir aux peaux une préparation pratiquée avec les débris mêmes des animaux dont elles provenaient.
En Europe, l’emploi de l'écorce de chêne à la conservation des peaux, se perd dans la nuit des temps. En France, nous trouvons des ordonnances datant du x1° siècle, qui règlent la fabrication et le commerce des cuirs, l’une et l’autre en pleine activité déjà.
L'intervention de l'État dans cette industrie, les impôts et les mesures vexatoires dont elle était accompagnée mirent
souvent cette industrie à deux doigts de sa perte. L'emploi de procédés trop rapides vint aussi plus récemment dénigrer la valeur de nos cuirs sur les marchés étrangers. Mais l'habileté de nos fabricants et leur persévérance devaient finir par triompher successivement de ces obstacles, qui étaient venus retarder leurs progrès, et l'industrie des cuirs est maintenant une des sources les plus importantes de la richesse nationale.
Il est difficile d'établir d’une façon certaine la production annuelle de notre pays. Quelques villes, il est vrai, possèdent des documents officiels; mais le grand nombre d’abatages qui s’exécutent à la campagne, sans aucun moyen de contrôle, passent inaperçus dans la production générale.
D’après M. Fauler!, l’ensemble des industries qui s’occupent de travailler les peaux et de les rendre propres aux différents usages auxquels elles sont employées, représenterait un chiffre de 300 millions réparti de la façon suivante :
Bœufs, vaches, veaux préparés (3 700 000 têtes abat-
en ie de css dt 68 200 000 fr.
28 millions de produits bruts importés, qui | travaillés, valent..........,.),... ARS RES 56 000 000 400 000 cuirs de chevaux valant corroyés | AGDE ir ADI. 4.2.3... - 6 800 000 Total: sr 431 000 000 fr.
6 à 7 millions de moutons abattus valant | hr 00 pièces ti, Ba ua ne dus vu 10 000 000 fr. Chèvres, chevreaux, agneaux, porcs.... ‘7 000 000 Débris, poils, cornes , colle, crins....... 4 000 000 TOR 2.0 452 000 000 fr.
qui, avec les pelleteries, donnent 460 000 000 de francs, somme qu'il faut à peu près doubler, si l'on considère le prix de la main-d'œuvre nécessaire pour transformer ces produits bruts en objets manufacturés, gants, fourrures , chaussures, etc.
Les procédés de préparation des peaux varient suivant les
1. Travaux de la commission française à l'Exposition de 1851, tome V.
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usages auxquels celles-ci sont destinées. Occupons-nous d’abord du procédé employé pour les cuirs mous, nous n’aurons que peu de chose à changer pour les cuirs forts. Quant aux cuirs vernis, aux maroquins et aux peaux destinées aux mégissiers et aux chamoiseurs, ils subissent des traitements spéciaux dont nous aurons à nous occuper plus tard.
Le procédé généralement suivi en Europe, pour tanner les cuirs mous, consiste en quatre opérations successives :
4° Le pélanage;
2° L'épilage ;
3° Le gonflement ;
4° Le tannage.
La première opération a pour but de disposer les poils et les chairs, encore adhérentes aux peaux, à les abandonner ; elle s'exécute en faisant passer celles-ci dans des laits de chaux de plus en plus actifs. Après ce traitement, on procéde à l’épilage, c’est-à-dire qu’on enlève mécaniquement, à l’aide d'un instrument tranchant, les poils et la chair dont l’adhérence à la peau est sensiblement diminuée par l’action de la Chaux. On polit ensuite la peau, on lui donne une surface lisse et égale au moyen du frottement avec une pierre de grès.
Le pélanage ne s'effectue à l’aide de la chaux ou mieux à l’aide de la soude caustique, ainsi qu’on la proposé récemment, que pour les peaux déstinées à la molleterie. Pour les cuirs forts on se contente de faire subir aux peaux entassées dans une chambre portée à une température de 20 à 25 degrés, une légère fermentation putride. Cette échauffe, assez rapide, est suivie de l’épilage qui se fait de la même façon que celui des peaux de molleterie. .
La troisième phase de l'opération, le ganflement, a spécialement pour but de rendre les peaux propres à absorber le tanin. A cet effet, on plonge les peaux dans du jus de tan aigri, préparé avec de la tannée (tan déjà épuisé et ne contenant plus que quelques faibles portions de tanin), les peaux séjournent successivement dans des jusées de plus en plus concentrées, après quoi on les abandonne à elles-mêmes pendant quinze jours.
Le gonflement des peaux destinées à la confection des cuirs forts ne diffère pas sensiblement de l'opération précé-
dente, spécialement destinée aux cuirs mous; la liqueur est seulement rendue plus acide au moyen d’un peu d’acide sulfurique; cette addition doit être faite avec précaution , car un excès d’acide rend les cuirs cassants et nuit singulièrement à leur durée. È
Après ces trois opérations préparatoires, les peaux sont propres au tannage proprement dit.
Les peaux molles gonflées sont portées dans des cuves de maçonnerie enfoncées en terre; on les stratifie avec du tan réduit en poudre ; lorsque la cuve est remplie, on place sur la dernière peau une couche de tannée, et on la charge de planches. On fait alors arriver dans la cuve de l’eau chargée de tan en quantité suffisante pour humecter toute la masse. Ce contact dure quatre, six ou huit mois, suivant l'épaisseur des cuirs. On ouvre une fois la fosse pendant cette période, on relire les peaux et le tan épuisé, et on replace les peaux avec de nouveau tan, de manière que les cuirs qui étaient au fond de la cuve reviennent à la partie supérieure. Les peaux sont alors complétement converties en cuirs qu’on nettoie et qu'on livre à la corroierie. |
Les cuirs forts sont traités comme les cuirs mous, seulement l'épaisseur de la peau étant plus considérable , il leur faut un plus long séjour dans les fosses pour que le tanin pénètre jusqu’au milieu de la masse. Après cette opération, les cuirs forts présentent une consistance spongieuse qu'il . faut faire disparaître ; on y arrive par le martelage, qui consiste à soumettre les cuirs, lorsqu'ils sont secs, à une forte pression, soit en les frappant au moyen d’un marteau, soit en les faisant passer entre des cylindres qui les pressent sans chocs.
Le temps extrêmement long, pendant lequel les peaux doivent rester en füsse, ocçgasionne une stagnation de capitaux qu'il est toujours désirable de voir cesser ; aussi a-t-on fait de nombreux essais pour arriver à un tannage plus rapide.
Plusieurs de ces procédés consistent à confectionner avec les peaux des sacs dans lesquels on introduit du tan, puis de l'eau sous une certaine pression. On comprend que cette pression même tend à faire sortir le liquide chargé de tannin à travers les pores de la peau , et, par conséquent peut déterminer une combinaison plus rapide. Mais il est tou-
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jours à craindre que cette opération ne nuise à la solidité du cuir.
M. W. Drake remplit les sacs avec une solution froide de tan, et le liquide qui exsude est remplacé dans le sac jusqu’à ce que le durcissement des peaux soit opéré. A la fin on -active l'opération en élevant à 60 degrés la température de l’atelier. | M. Turnbull produirait, dit-il, en quatorze jours l'opération qui demande dix-huit mois, et économiserait les deux tiers de l'écorce de chêne en faisant passer par endosmose le liquide tannant à travers la peau ? | buis
En lannant à la flotte, on pourrait en trois semaines faire passer à l'état de cuir les peaux déjà gonflées : on n’aurait qu'à garder pendant tout ce temps les peaux dans des infusions tannantes qu'on remplacerait fréquemment par des infusions de plus en plus fortes. | |
Nous ne parlons que pour mémoire du procédé de Séguin , qui, par l’emploi des acides, arrivait aussi plus prompte-
ment, mais qui ne donnait que des produits inférieurs. Le
discrédit dans lequel sont tombés nos cuirs par l'emploi de ce procédé, doit rendre nos fabricants très-réservés dans l'adoption de ces nouvelles méthodes non encore contrôlées par une longue expérience.
Les cuirs mous qui arrivent du tannage sont livrés au corroyeur, dont l'art a pour but de leur donner du brillant, de la souplesse par l'introduction de corps gras et souvent aussi d'une matière culorante entre leurs pores.
Les cuirs sont dits en suif ou en huile, suivant qu’on emploie l'un ou l’autre de ces corps gras dans leur préparation. On fait au-si usage maintenant du dégras, qui provient de la saponification des huiles en excès employées dans la chamoiserie. Les cuirs en suif sont surtout employés par les selliersbourreliers : on les prépare en les flambant légèrement à un feu clair, et en appliquant sur leurs deux faces du suif fondu ; on laisse le cuir s'imbiber pendant huit à dix heures, puis on donne une coloration noire avec de l’acétate de fer.
. L'industrie des cuirs vernis, à peu près inconnue il y a vingt ans, à fait de rapides progrès sous l'influence des nombreuses demandes dont ils sont l’objet. Te ee
: Les procédés sont, en général, tenus secrets; cependant
nous pouvons indiquer sommairement comment on arrive à donner aux cuirs cet éclat et ce brillant qui les font re chercher. |
Pour vernir les cuirs, on leur fait subir deux opérations successives : DANERR D 2: R
1° Apprêtage de la peau;
2° Vernissage proprement dit.
- La peau, tannée avec un soin particulier, est soumise à des ponçages successifs qui ont pour but de faire un fonds sur le4 quel on dépose l’apprêt. Celui-ci consiste d’abord en un mélange de minium ou de litharge et d'huile de lin, auquel on ajoute des ocres ou de la craie, suivant la finesse de la peau à.garnir, On donne, à des intervalles de quelques jours, plusieurs couches que l’on polit avec beaucoup de soin. L’Opération a lieu sur la fleur ou sur la chair, suivant les usages auxquels on destine les produits fabriqués. |
- Sur le premier apprêt, on en dépose un second dans lequel] entrent encore l'huile de lin et la litharge, mais les matières terreuses y sont remplacées par du noir d'ivoire ou du bleu de Prusse ; on y ajoute, de plus, une certaine quantité d’essence de térébenthine. On obtient ainsi un fonds bien noir et bien glacé, propre à recevoir le vernis.
Ce vernis est composé d’huile d’apprêt, de bitume de Judée, de bleu de Prusse et de vernis gras au copal; lorsqu'il est appliqué, on dessèche les peaux pendant plusieurs jours dans une étuve chauffée à 60° environ. :
Les cuirs de Russie sont tannés, non plus avec l'écorce du chêne, mais avec une décoction d'écorce de saule, sur laquelle on les travaille pendant quinze jours environ. On les imprègne enfin du côté de la chair avec l'huile empyreumatique provenant de la distillation de l'écorce de bouleau; ils présentent une odeur particulière qui éloigne les insectes, de sorte que les cuirs ne sont jamais attaqués.
Toutes les peaux dont nous avous parlé jusqu’à présent sont soumises au tannage avant d’être livrées à la fabrication, mais les industries de la mégisserie, de la chamoïserie ne font pas usage de ces peaux tannées ; les cuirs hongroyés etles maroquins sont aussi rendus imputrescibles par d’autres moyens.
Les peaux destinées à former des cuirs hongroyés, employés surtout par les bourreliers et carrossiers, ne sont pas
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épilées; on les tond avec soin, et, après les avoir imbibées de: chlorure d'aluminium, on les place dans une dissolution d’alun, et on les expose ensuite à l’air et au soleil pour les laisser sécher. |
Les cuirs sont ensuite passés au suif comme nous l'avons déjà vu.
La mégisserie emploie des peaux d'agneau et de chevreau. Pour ébourrer ces peaux, on les enduit soit de chaux et d’orpiment (sulfure d’arsenic), soit de sulfure de calcium, le poil tombe au bout de vingt-quatre heures. On les plonge ensuite dans un bain de son aïigri, dans lequel l’acide lactique développé opère le gonflement ; les peaux gonflées sont rendues. imputrescibles en les plongeant dans du chlorure d'aluminium, obtenu par la double décomposition de lalun et du sel. marin.
Ces peaux sont ensuite blanchies. en les laissant tremper dans un bain composé de farine, de jaune d'œuf et de la liqueur saline tiède qui a servi à l'opération précédente. On comprend qu'il y a là un perfectionnement énorme à apporter; la dépense occasionnée par l'emploi des jaunes d'œuf est
"en effet très-considérable; au reste, la question est maintenant
à l'étude , et nous ne doutons pas que l’habile expérimentateur qui s’en occupe n’arrive bientôt à une solution favorable.
Le chamoiseur emploie les mêmes peaux que le mégissier et leur fait subir les mêmes préparations préliminaires, mais lorsqu'elles sortent du bain de son, il les imprègne d'huile de poisson , en les foulant sous le choc d'un pilon, puis, les laissant sécher et recommençant encore cette préparation à plusieurs reprises; l'excès d'huile est enlevé au moyen d’une lessive légère de potasse; le savon qui en résulte constitue le dégras.
Pour terminer ces longs détails techniques , il nous reste à dire quelques mots des maroquins. Ce n’est que vers le milieu du dernier siècle que l’on commença en France à teindre quelques peaux. Il n'y a pas encore soixante ans que nous étions réduits à tirer nos beaux maroquins du Levant et d’Angleterre; enfin MM. Paule et Kemph fondèrent, au commencement de ce siècle, l’usine de Choisy, où ils obtinrent les beaux rouges connus encore dans le commerce sous le nom de rou-
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-ges de Choisy ; vers 1815 ou 1820, on sut faire les bleus ; à Ja même époque, en imitant les procédés allemands, on obtint, à Strasbourg , les belles teintes mordorées qui furent bientôt si recherchées pour la chaussure.
L'introduction du vernis aurait pu faire grand tort à la fabrication des maroquins, si on ne fût arrivé en même temps à produire de beaux chagrins dont la reliure fit dès lors grand usage.
On confectionne le maroquin avec des peaux de chèvre et souvent demouton. On fait revenir les peaux sèches en les tenant plongées pendant denx à quatre jours dans de l’eaa provenant d’une opération précédente ; on les écharne., on les épile à la chaux, et on les dégorge en les faisant digérer pendant vingt-quatre heures dans un bain de son aigri.
Les peaux destinées à être teintes en rouge sont choisies avec beaucoup de soin, sans aucune espèce de taches et parfaitement dépouillées de l’excès de chaux. On les soumet à la teinture avant de les tanner : pour cela elles sont cousues deux à deux, la chair en dedans, de manière à former un sac: puis elles sont passées successivement dans un bain de chlorure d’étain et dans un bain de cochenille. Après les avoir rincées, on découd une partie du sac et on y introduit du sumac en poudre, on y insuffle de l'air, et, après avoir ficelé de nouveau l'ouverture du sac, on les plonge dans un bain léger de sumac, où des ouvriers l'agitent pendant quatre heures. Après
le passage dans un second bain plus chargé de sumac, les peaux sont tannées. Reset
Les maroquins d’autres couleurs sont tannés au sumac avant de passer à la teinture; la couleur noire est donnée par de Pacétate de fer, le bleu par une dissolution froide d'indigo blanc, le jaune par une dissolution froide d’épine-vinette; les violets et les lilas par de la cochenille appliquée sur des peaux bleues. Witiryd
L’Exposition de l'industrie est extrêmement riche en peaux sous différents états. L’Angleterre ; dont nous rencontrons les produits à l'entrée de l'Annexe, compte une trentaine d’exposants; les cuirs forts sont de belle qualité et d’un poids trèsélevé qui sont d’un bon usage, surtout pour la semelle des chaussures fortes. L'écharnage n’est peut-être pas toujours aussi complet qu’il devrait être. |
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MM. Peto et Bryan, de Westminster, présentent des cuirs forts et des maroquins obtenus avec la même peau , en détachant, avant le tannage, la fleur de la chair; le cuir fort, quand l'opération est bien faite, conserve toute sa valeur, et on a, comme produit supplémentaire, la fleur qu'on peut maroquiner.
MM. Wilson, Walker et Cie, à Leeds (York), ont une belle collection de maroquins, des couleurs les plus variées, préparès pour la reliure.
des M. Clark , à Street, M. Deed , à Londres, exposent plusieurs $ peaux de mouton préparées avec leur laine, qui ne laissent Be rien à désirer.
; La Belgique a envoyé de bons produits bien tannés, soit
| avec des peaux vertes, soit avec les produits importés de
È Buenos-Ayres et du Brésil. M. Massange Nivolay, à Stavenot
| (Liége), M. Piret Pauchet, à Namur, conservent la réputation dont ils jouissent à si juste titre en Allemagne , où leurs produits sont recherchés.
M. Taillet, Boom et Cie, à Eureghem, envoient des cuirs vernis. Cette industrie, nouvellement introduité en Belgique, y réussit bien et exporte ses produits en Angleterre et en Allemagne.
Nous retrouvons, dans l? ep odio suisse, les produits remarquables de M. Mercier qui lui ont déjà valu une médaille de prix à l'Exposition de Londres , comme corroyeur. MM. Hauser nous présentent, l’un des cuirs vernis, l’autre des cuirs tannés auxquels on ne peut rien reprocher.
Bien que quelques-uns des cuirs forts de l'Allemagne ne soient pas épilés avec tout le soin désirable, cette contrée réussit dans plusieurs articles ; les vernis sont fabriqués en grande quantité surtout dans le Zollwerein, et bien qu'ils soient peut-être inférieurs aux nôtres comme qualité, leur bon marché peut nous faire une concurrence sérieuse. L’Allemagne est, au reste, le seul pays qui puisse nous disputer le premier rang pour cette industrie des cuirs vernis pour chaussures, dans laquelle l’Angleterre s’est peu ou point engagée. Nous avons remarqué dans l'exposition d'Autriche, outre un grand nombre de bons produits appartenant aux États allemands, des cuirs bien préparés mr ét par le ce lombardo- vénitien:
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- Nous avons en France une exposition des plus complètes, représentée par deux cent quarante exposants. Nous avons, en effet, outre nos cuirs forts que nous faisons aussi bien que l'Angleterre, et peut-être mieux que l'Allemagne, bien qu'aux mêmes prix, plusieurs spécialités dans lesquelles nous n'avons pas de rivaux.
Nos cuirs de veau tannés pour fabriquer les tiges de bottes, sont d’une supériorité universellement reconnue, et nous les exportons même en Angleterre. Cette fabrication est favorisée par la bonne qualité de nos produits indigènes, et par celle de nos écorces qui donnent un tannage blanc et doux, surtout celle du chêne vert du Midi, qui communique au veau et à la chèvre une souplesse toute particulière.
Nos vernis pour sellerie seraient aussi jugés supérieurs à ceux des Anglais, s'ils étaient tous semblables à ceux de M. Gauthier, de Paris.
Citons dans cette industrie MM. Dubois, Dasrny: Guillet, Hardy, Giraud, etc.
M. Dehaux-Lacour , à Guise (Aisne), expose des produits obtenus par les nouvelles méthodes de tannage par filtration, qui, à première vue, semblent posséder toutes les qualités des cuirs préparés par les anciens procédés.
M. Knoderer , de Strasbourg , nous montre aussi des produits fabriqués en trois mois, qui semblent de bonne qualité.
M. Pleunn, de Pont-Audemer (Eure), dédouble les peaux de bœufs et de vaches, et produit ainsi des cuirs d’épaisseurs différentes, qu'il fait employer à divers usages.
Les parchemins sont aussi représentés à à l'Exposition : M. Berthault-Alademise en possède une belle collection.
Enfin, Annonay a aujourd'hui le privilége à peu près exclusif de la préparation des chevreaux pour gants. |
Cette industrie, limitée longtemps à l'emploi des peaux indigènes, devint, à partir de 4827, sous l’intelligente impulsion de M. Boudard père, l’entrepôt où plusieurs nations étrangères envoyaient Fes peaux pour y venir ensuite chercher des gants.
D'après les les plus récentes , les fabriques d'Annonay, si bien représentées aux Champs-Élysées par MM. Tracol, Rouveure, etc., fabriquent annuellement pour 33 à 35 millions de gants, dont les 7 s’exportent en Angle-
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