‹ Visite a l'exposition universelle de Paris, en 1855Chapitre 99 sur 135 · LATE · texte numérisé non relu

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soude (sel de Seignette) et surtout d'acide tartrique. M. Camatsch, de Vienne, fait des résines décolorées de jalap et de scammonée qui sont d'une bonne fabrication, mais cependant inférieures à ce que nous trouverons chez M. Dorvault, en France. On peut dire en somme que les produits chimiques allemands témoignent d’une très-belle et très-savante fabrication. On sait, du reste, que ce pays fournissait et fournit encore la majeure partie des alcaloïdes qui proviennent de l’opium et de la belladone.

Nous avons examiné avec un grand intérêt certains produits de l’exposition française. Ce sont, entre autres, des échantillons d'opium indigène, de lactucarium, de quinquina, de MM. Labaraque, du Havre, et Aubergier, de Clermont. On sait combien M. Aubergier a travaillé cette question de la culture de l’opium dans nos contrées : les résultats auxquels on est parvenu nous donnent lieu de croire à une solution complète et définitive du problème. M. Tissier, au Conquet (Finistère), a de très-beaux produits iodiques et bromiques extraits en grand des algues et des fucus. Tous les pharmaciens connaissent aujourd’hui les extraits secs préparés dans le vide par M. Berjot, de Caen : il en a une collection complète. Notons encore la belle exposition de poudres végétales et d'extraits de MM. Ménier et Cie: les préparations d’aconit et de ciguë de M. Guillermont, de Lyon; les huiles de foie de morue et de ricin de MM. Royer et Berthé, qui emploient des procédés spéciaux de fabrication et de clarification. Nous avons réservé, pour les mentionner d’une manière toute particulière, l’exposition de M. Dorvaux et celle de MM. Robiquet père et fils, Boyveau et Pelletier. Nous avons vu chez le premier des cristaux très-beaux de citrate de magnésie et durée, des résines de jalap et de scammonée parfaitément cristallisées ; chez les autres une magnifique collection d’alcaloïdes et surtout de l’asparagine, de l'alizarine ( alcaloïde de la garance) d’une très-belle couleur, du fer réduit, de l'huile de ricin presque incolore.

Nous nous bornerons à ces citations, bien assurés que tous ces produits seront visités avec intérêt par les pharmaciens et les chimistes.

Quoique les instruments et appareils de chirurgie ne s’adressent qu'à un public très-restreint, leur fabrication est,

on doit le concevoir, une des plus vieilles industries. Il suffit de jeter les yeux sur ces vieux livres, qui sont comme les archives de l’art, pour se convaincre que dès les temps les plus reculés , les chirurgiens avaient réclamé les secours des couteliers et des mécaniciens. Mais cet examen rétrospectif montre en même temps le nouvel essor qu’a pris, depuis le commencement de ce siècle , cette belle et secourable industrie. Des découvertes importantes en chirurgie, l'emploi de matières nouvelles, les procédés de fabrication plus réguliers et plus savants , caractérisent l’état actuel de nos progrès.

Avant d'entrer dans un examen plus approfondi du sujet, il est nécessaire de jeter un coup d'œil général sur la situation relative des différents pays, envisagés à notre point de vue, Des fabricants d'instruments de chirurgie existent aujourd’hui dans la plupart des capitales de l’Europe, mais nous montrerons plus loin l'influence directe qu’exerce sur eux la fabrication française. Les couteliers anglais, qui ont sous la main leur excellent acier, dont la réputation est bien connue, marchaient pour ainsi dire seuls en dehors de nous. Ils avaient leurs modèles à part, leurs instruments distincts, à tel point qu’il était loujours facile de reconnaître ce qui venait des ateliers de Londres ou de ceux de Paris. C’est dans cet état de choses qu’arriva l'Exposition de 4851, et quoique le jury international n’ait décerné aucune médaille de premier ordre , notre supériorité fut hautement reconnue et proclamée par tous. Depuis cette époqne , les expositions de Dublin, de Munich et de New-York ont valu aux exposants français des distinctions toutes spéciales dues à l’intelligente fabrication et à la beauté de leurs instruments.

À l'Exposition actuelle , presque tous les pays ont envoyé au moins quelques produits; l’Angleterre seule manque pour ainsi dire à l'appel. Ça été un profond sujet d'étonnement pour nous, que de voir la pauvreté des: objets qu'elle envoie au concours. Pourquoi les Weïs , les Savigny et d’autres encore font-ils défaut à cette grande lutte? Ont-ils craint de ne pas trouver de rivaux dignes d’eux, ou bien croient-ils leur supériorité assez bien assise pour qu’il soit inutile d'en donner des preuves nouvelles? Nous n'avons pas à répondre à ces questions, mais nous avons cru devoir les placer ici. |

Nous avons cependant vu dans l'exposition anglaise quel-

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ques instruments dont nous ne connaissons pas les auteurs ; ce sont pour la plupart des aiguilles, des crochets , des portefils destinés aux sutures et aux ligatures profondes; une aiguille pour la staphylaraphie. Ces instruments sont l’enfance de l'art; nous ne connaissons pas un chirurgien de Paris qui voudrait employer cette aiguille à staphylaraphie. M. Yourg, de Glascow, a des modèles de davier pour les dentistes, dont les mors , tranchants par leur pointe et moulés sur la forme de la dent, agissent à la fois en serrant la dent et en la chassant comme un coin de son alvéole. I existe encore une auire boîte d'instruments, mais elle reste obstinément voilée aux yeux du public : nous n’avons pu en prendre connaissance. On aperçoit sous un globe de verre un appareil roulé et plié sur lui-même, que nous avons reconnu être celui de Carte, de Dublin, destiné à opérer la cure radicale des anévrismes par la compression continue, mais s’exérçcant sur des points différents. C’est là le premier appareil de ce genre qui ait été construit. Heureuse innovation chirurgicale que M. Charrière, en s’éclairant des conseils des chirurgiens, a rendue plus parfaite et plus généralement applicable. M: Walde, de Londres, expose des sondes en tissu élastique, bien régulières et bien calibrées ; M. Litle, de Charlton, un bras artificiel excessivement inférieur à ceux qui sortent des atehers de Paris; M. Charles Reine, de Londres, a un luxe de cornets acoustiques qui fait prendre sa vitrine pour un étalage de ferblantier. Le lit à caisse d'eau du docteur Arnott , exposé par MM. Smith père et fils, de Londres, peut rendre de grands services dans certains cas de maladies longues où on ne peut lever les malades. Ce lit a été expérimenté avec succès à l'Hôtel-Dieu de Paris. 1] consiste en une caisse de 2 mètres de long sur 4 mètre 30 centimètres de large, dont la paroi supérieure est formée d'un tissu imperméable, mais

souple et flexible ; cette caisse est remplie d’eau, de telle

sorte que la paroi supérieure flotte sans être tendue à la surface du liquide : un sommier de crin est placé par-dessus et constitue l’unique matelas de cet appareil. On comprend facilement que ce lit conserve une élasticité et une souplesse constantes. Nous avons vu encore des bandages herniaires du docteur Arnott, pouvant s’allonger ou se raccourcir selon le besoin, disposition dénuée d'intérêt, car un bandage ne sert

en général qu’à un seul individu ; des dents minérales à tiges métalliques creuses, de MM. Ash et fils, dont la couleur imite bien celle des dents naturelles. Les appareils électrogénérateurs, de M. Mening, peuvent faire le pendant de ceux de M. Pulvermacher, de Paris; nous n’avons pas à nous y arrêter, |

Deux exposants belges, MM. Biondetti et Bonnels, nous montrent, le premier , des appareils prothétiques et des bandages en acier, le second, divers instruments de chirurgie. Nous ne voyons pas quel grand avantage il y a d'employer uniquement le fer et l’acier dans la fabrication des membres artificiels ; d’autres substances, le bois, le cuir, offrent des ressources qu'on à tort de négliger, et nous croyons qu’en les utilisant on arrive à imiter les formes d’une manière plus exacte, avec un poids moins considérabie. M. Bonnels est un ancien ouvrier de M. Charrière : tous ses instruments se ressentent de son éducation professionnelle. Nous avons remarqué parmi eux une belle boîte à amputation; du reste, rien . de nouveau. Du:

M. Luppold , de Stettin (Prusse), présente un céphalotribe et quelques bandages herniaires à pelote d'ivoire; son céphalotribe manque de force dans les manches, il a de plus l’inconvénient de se serrer avec une longue vis transversale qui en rend Paction lente et qui augmente beaucoup son volume.

Nous wavons trouvé aux États-Unis qu'un appareil destiné à la guérison du bégayement , appareil dont ilnous a été impossible de deviner le mode d’action ; mais nous avons vu quelques très-jolis instruments en caoutchouc durci : ce sont des canules, des ambouts, des seringues à injection. Cette nouvelle matière, à la fois élastique et résistante, et pouvant acquérir un très-beau poli, nous paraît réservée à un bel avenir dans une foule d'industries. |

Le Portugal, représenté par M. Antoine Polycar, a fait aussi ses envois : c’est une boîte à amputalion, une série d'instruments pour les yeux, une trousse très-complète de dentiste , le tout copié sur nos modèles d’il y a dix ans,

Les expositions les plus complètes sont celles de Copenhague et de Christiania, et nous avons été agréablement surpris en en faisant la découverte. La capitale dé la Norvége est représéntée par deux exposants, MM. Gallus et Mette. Le

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premier présente, entre autres, des instruments de M. Sédillot pour la staphylaraphie , ceux de M. Leroy d’Étiolles, de Lüer, etc.; une scie de Heine, d’une bonne tournure, des lithoclastes et des litholabes. Du reste, le tout est soigneusement étiqueté avec le nom de son auteur, c’est une probité de fabricant dont il faut savoir gré à M. Gallus. M. Mette a une boîte pour l’opération de la fistule vésico-vaginale et les céphalotribes du professeur Herberg, de Christiania; les premiers instruments nous ont paru présenter quelques dispositions intéressantes. |

M. Camillus Nyrop, de Copenhague, paraît , à en juger par son exposition, être un fabricant fort occupé et versé dans son art; sa vitrine est bien remplie , elle contient des bandages, des appareils prothétiques et orthopédiques, et un grand nombre des instruments qu’emploie la chirurgie humaine et même vétérinaire. Il n’y a dans tout cela rien de-bien nouveau, mais c’est bien fait, bien exécuté , le but de l'instrument est bien compris et presque toujours bien rempli.

Quelques pas plus loin, Le docteur Lauggard, de Hambourg, qui dirige dans ce pays un établissement orthopédique, montre différents bandages et les appareils qu’il emploie dans sa maison. Cette exposition est très-soignée, et tout ce qu’elle renferme nous a paru d’une irréprochable fabrication.

Enfin M. Giovani , de Bologne, a un modèle de trépan-scie que nous avons examiné avec attention à cause de son caractère d'originalité. C’est un instrument qui peut recevoir à son extrémité tantôt un perforatif avec sa couronne, tantôt une scie qui offre les plus grandes analogies avec celle de Heine: le tout est mis en mouvement par une roue dentée de six à sept centimètres de diamètre, et qui porte une manivelle à son côté extérieur. Nous ne trouvons qu’une objection sérieuse à faire, mais elle a sa-valeur : la difficulté du démontage empêche de nettoyer et d'entretenir convenablement l’appareil.

L'exposition française pour les instruments proprement dits de chirurgie est surtout représentée par trois fabricants, MM. Charrière, Lüer et Mathieu. MM. Charrière père et fils sont à la têté de la plus importante maison de Paris. Tous les instruments se fabriquent dans leurs ateliers: ils occupent un personnel considérable , qui peut répondre à toutes les exi-

gences les plus variées de la médecine, de la chirurgie, de l’orthopédie, Les maisons de MM. Lüer et Mathieu , quoique moins importantes au point de vue commercial, ont des ateliers qui ne le cèdent en rien à la première. Une rivalité constante entre ces trois fabricants les tient toujours en haleine, et les fait marcher ensemble vers de continuels progrès.

. Nous ne pouvons entrer ici dans des détails circonstanciés de description , il faudrait un volume entier pour remplir cette tâche; nous nous bornerons à quelques indications sur les instruments les plus remarquables.

À commencer par la simple trousse du praticien, que de petites modifications heureuses elle a subies depuis quelques années ! Quoi de plus joli et de plus coquet? Ces instruments de douleur et de torture se présentent sous l'aspect le plus charmant et le plus gracieux.

Le trépan, dont l'emploi remonte à Hippocrate , est aujourd’hui, grâce à une foule de petits changements que nous ne pouvons dire ici, un instrument simple, se démontant et se remontant avec aisance, et d’une application aussi facile que certaine. La nombreuse série d'instruments destinés à la pratique des opérations sur l'œil, nous présente une foule de petits points curieux et intéressants : quelques-uns sont des chefsd'œuvre de mécanique. Nous avons vu des aiguilles à cataracte conserver la finesse de leur tranchant et de leur pointe après avoir coupé ou gratté des substances dures comme la corne et l'ivoire. Nous signalerons à l'attention publique les aiguilles creuses pour l'opération de la cataracte molle, aiguilles creuses qui communiquent avec un petit appareil aspirateur constitué par une sphère de caoutchouc. Nous avons des aiguilles à cataracte à lame mobile sur le manche, des aiguilles-pinces : une petite touche placée sous le doigt. de l'opérateur permet de produire les différents mouvements. Les délicates et minutieuses opérations de la pupille artificielle ont suggéré aux fabricants l'idée d’instruments pour la plupart très-ingénieux, mais dont l’usage n’est pas général, soit à cause de leur prix très-élevé, soit.en raison de certaines difficultés de manœuvre.

Il existe un très-grand nombre d’ophthalmostats ou fixateurs de l'œil. Nous signalerons entre autres une petite érigne de M.Lüer, formée par deux branches aiguës dont la courbure

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regarde en sens inverse. Un léger mouvement de rotation suffit pour accrocher la conjonctive; on peut alors exercer des tractions dans tous les sens, sans craindre de voir linstrument lâcher prise.

Les opérations qui s’exécutent dans la cavité buccale réclament l’emploi d’un assez grand nombre d'instruments curieux. Une des plus délicates d’entre elles, la staphyloraphie, a donné lieu à des inventions multiphiées. Le problème à résoudre était de pouvoir passer commodément d’arrière en avant un fil de ligature à travers le voile du palais. L’illustre auteur de cette belle conquête chirurgicale, M. Roux, n’employait que des aiguilles à petite courbure, solidement maintenues dans un porte-aiguille. Nous avons depuis l'instrument de M. Dupierris ; c’est une petite aiguille très-courte, portée Sur une tige courbe : une autre aiguille, en.forme de crochet, passe d'avant en arrière et la ramène enfin en avant; l’instrument de M. Leroy d’Étiolles, dont l’action analogue est encore plus simple et plus facile; l'aiguille de M. Rouver, qui après avoir percé d'avant en arrière, s'ouvre en manière de pince, et saisit le fil qu’elle ramène en avant. Citons encore l'ap-

pareil de M. Sédillot, qui est caractérisé par l’emploi de pla-

ques de caoutchouc montées sur une tige, et que l’on porte derrière le voile du palais pour servir de point d’appui aux aiguilles.

On pratiquait autrefois l’ablation des amygdales avec le bistouri et la pince de Museux, ou pince-Airigue ; Fahnestock, chirurgien américain, à construit dans ce ‘but un instrument qui porte son nom et qui est aujourd’hui d’un usage général. Cet instrument a été beaucoup amélioré depuis deux ans. Chacun de nos fabricants a donné des modèles nouveaux, destinés pour la plupart à agir d’une seule main; ils sont tous extrêmement ingénieux, mais s’il nous fallait établir un choix, nous donnerions la préférence à celui de M. Mathieu, à raison de lexcessive facilité de son emploi et de son nettoyage. Enfin, nous avons vu Chez M. Lüer un modèle tout à fait original, agissant à laide de deux manches qu’il suffit de rapprocher comme ceux d’un davier. Il y a encore un tonsillitomé trèscurieux, mais très-peu employé : il s'arme commé un füsil à rouet; le doigt qui presse sur une gàchette fait partir le ressort, el: l'opération est faite; ce résultat peut paraître séduisant

pour les gens du monde, mais la saine chirurgie doit proscrire ces moyens par trop brillants.

L'extraction des dents est une dpétstte trop commune et trop douloureuse pour qu'on n'ait pas travaillé beaucoup la fabrication des instruments qu’elle nécessite. Nous avons remarqué les daviers-clefs que M. Charrière fabrique pour M. Paul Simon ; des fraises, pouvant agir dans tous les sens, qui viennent des ateliers de M. Lüer.

Les opérations, en général, et celles qui se pratiquent sur les membres, réclament l’emploi d'un grand nombre d’instruments dont nous ne citerons que les principaux : des bistouris fixes et mobiles, avec des systèmes de fermeture très-variés ; des cisailles, parmi lesquelles nous devons mentionner la pince ostéotome de M. Lüer ; des scies qui nous donnent un des plus beaux exemples des résultats où peuvent arriver les efforts incessants des fabricants. Nous avons, outre les scies à lames simple et droite, variées d'épaisseur, de force et de disposition, des rachitomes ou scies à deux lames parallèles, la scie à chaîne, la scie de Heine dont nous avons déjà parlé, celle de: Martin qui peut agir dans tous les sens et toutes les directions, la scie de Stromeyer pour les résections. Ces derniers instruments sont rarement employés, mais ils rendent de grands services dans certains cas, et rien ne pourrait alors les remplacer. N'oublions pas la pince pour la réduction des luxations du pouce et des doigts, fabriquée il y a quelques années par M. Lüer.

La lithotritie et les réirécissements de l’urètre ont donné lieu depuis vingt ans à la création d’un arsenal complet. On a perfectionné de toutes les manières et de toutes les façons les litholabes, les lithoclastes. On a successivement appliqué, comme moyens de pression ou d’écrasement, le marteau, la vis et le pignon. Nous signalons toute cette série à l'attention de nos visiteurs, comme digne d’exciter leur curiosité.

M. Mathieu a fabriqué, sur les indications de M. Chassaignac,

- un instrument connu sous le nom d’écraseur linéaire, et. qui

semble avoir donné déjà quelques résultats intéressants : c’est une scie à chaîne, sans dents, dont les deux extrémités passent dans un tube; un mécanisme très-simple permet de resserrer graduellement, et avec une grande force, l’anse flexible qui

forme la chaîne; on arrive à couper ainsi, par écrasement, |

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des parties molles, sans aucune trace d’hémorrhagies; of conçoit l'utilité de cet instrument pour certaines tumeurs trèsvasculaires.

Des essais d’anesthésie locale, à l’aide du chloroforme et de Péther, ont été tentés il y a un an d’après les indications de M. Hardy, de Dublin. MM. Charrière et Mathieu ont fait des appareils destinés à favoriser l’évaporation rapide du liquide ; cette méthode n’a pas eu tout le succès qu'on a gs en espérer.

L'électricité tend à devenir chaque jour un agent thérapeutique plus important. Nous avons remarqué un appareil de M. Breton, et celui de M. Duchenne, de Boulogne, avec lequel il a fait de si curieuses études sur la physiologie musculaire. D'autre part, M. Mathieu a construit quelques appareils fort ingénieux pour porter le cautère électrique dans les cavités profondes, et le faire agir au moyen d’une interruption du courant, à l'instant précis où on atteint la partie malade; nous ne doutons pas qu'il y ait beaucoup à espérer de cette nouvelle méthode de cautérisation.

Le fait le plus saillant dans l’art du bandagiste est certainement l'emploi du caoutchouc vulcanisé. M. Gariel a fait de ce sujet une étude complête, et, sur ses indications, MM. Ga- Jante et Cie fabriquent aujourd’hui toute une série FAP très-employés en chirurgie.

L'exposition des appareils dé prothèse est très-riche en France. Nous y avons remarqué d’une manière particulière les yeux artificiels de M. Boissonneau, accompagnés d’une série d’imitations des types les plus saillants des maladies de ces organes ; des dents et dentiers artificiels, avec des procédés orthopédiques pour la bouche, dus à MM. de Villemure et Paul Simon, de Paris, Souplet, de Troyes, Weill, de Rouen.

Les membres artificiels, qui sortent surtout des ateliers d'instruments de chirurgie, sont arrivés aujourd’hui à un haut degré de perfection. L’amputation sus-malléolaire de la jambe peut être complétement dissimulée ; celle de la cuisse, quoique nécessitant un système plus complexe, peut encore permetire la marche d’une manière régulière, en évitant à peu près complétement le fauchage des jambes de bois. Rien au monde ne saurait remplacer la : main, le plus merveilleux de tous les instruments; et cependant, nous connaissons des mains de

bois gantées, copiées sur les meilleurs modèles, et qui peuvent, avec leurs ressorts, suffire à l’accomplissement d’une foule de petits actes de la vie; elles peuvent tenir une plume, des cartes à jouer, une cuiller, etc. C’est véritablement là un beau côté de l’industrie qui nous occupe, et nous savons des malades qui s’estiment trop heureux d’avoir un membre de bois et de fer, après avoir perdu celui que la nature leur avait donné.

Les études anatomiques comportent un matériel assez étendu d'installation et d'instruments ; il eût été désirable que quelques exposants se préoccupassent des amphithéâtres de dissection au point de vue de leur aménagement intérieur. II y à tout à faire dans ce sens. Quoi de plus triste, de moins hygiénique, de plus mal installé sous tous les rapports, que l'École pretique de la Faculté de Paris ! On dirait, en pénétrant dans cet établissement, que le chauffage, la ventilation, la fourniture des eaux, manquent de procédés et de ressources, et qu’on ne connaît rien de mieux que de mauvais poêles en fonte, des tables de la même matière, retenant à leur surface un épais enduit de malpropretés, des fenêtres insuffisantes et sans cesse ternies par une buée humide et malsaine.

Parmi les instruments qu’on y emploie, nous noterons seulement les appareils de M. Charrière pour injections au mercure, et une nouvelle seringue de M. Mathieu, permettant, à l'aide d'un mouvement de va-et-vient du piston dans les deux sens, de faire des injections continues.

La plastique anatomique et anatomo-pathologique nous offre quelques expositions intéressantes dans différents pays, mais surtout en France. M. J. Town, de Londres, a exposé des pièces de cire peintes, imitant parfaitement certaines maladies éruptives de la peau : ses pièces d'anatomie normale sont beaucoup moins bonnes. M. Zeiler, de Munich, a préparé en bois et papier mäché diverses pièces représentant des types de races humaines, le cerveau, la structure de l’oreille, celle de l’œil ; sous le rapport de la finesse des détails et de la fidélité d'exécution, M. Zeïler reste de beaucoup au-dessous de M. Auzoux. Nous noterons encore des moulages en cire et plâtre, représentant des poulpes, calmars, seiches, des têtes de nègres et d'Indiens , exécutées par M. Stahl, mouleur du Muséum de Paris; ils sont, en général, d’une très-bonne exé-

cution. Les pièces de M. Thibert, en cuir repoussé et peint, imitent souvent là nature avec beaucoup de vérité; nous avons vu des maladies des os, une coupe de tumeur blanche du senou, les altérations pathologiques de la morve, de la fièvre typhoïde et de l’éléphantiasis des Arabes. De toutes ces expositions, la plus importante, sans aucun doute, est celle de M. le docteur Auzoux. Après trente années d’un travail constant. M. Auzoux est arrivé à la fabrication de mannequins et de pièces d’une remarquable solidité, d’une très-grande fidélité d'exécution, soit dans la forme, soit dans la couleur ; loin de nous la pensée de dire que ces préparations doivent suppléer aux dissections pénibles et laborieuses, et aux patientes recherches qui doivent être faites sur le corps de homme et sur celui des animaux; mais en dehors de cela, pour les colléges et tous les établissements d'instruction générale, les pièces d'anatomie plastique sont d’une précieuse ressource, et permettent d'enseigner aux élèves, d’une manière assez exacte, les premiers éléments de l’anatomie et de la physiologie humaine et comparée. Ces modèles de tares et de mâchoires du cheval, destinés aux régiments de cavalerie, mettent à chaque instant sous les yeux des officiers de remonte, des aspects et des formes qui leur sont d’une constante utilité, Nous mentionnerons en terminant les pièces d’ostéologie trèsbien préparées par MM. Guérin et Vasseur : ce sont des sculptures de l'organe de l'ouïe, de la mâchoire inférieure et supérieure, des têtes désarticulées, tous les os étant maintenus à distance dans leurs rapports normaux ; ces pièces sont fort utiles pour l’enseignement.

Enfin, dans différents pays, en Prusse, dans le Wurtemberg, dans la Savoie et en France, existent des animaux empaillés qui se recommandent par la bonne conservation des formes et par l’imitation des attitudes.

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