SALLE DES PEINTURES
C'est une vision lumineuse que cette salle décorée avec tant de goût, avec ses rideaux anciens, ses bandeaux au plafond d'une tonalité si harmonieuse et si douce. C'est une symphonie exquise de couleurs, une combinaison heureuse de vieux verts et de vieux rouges. Et peut-être trouverait-on dans l'entourage de M. Paul Meurice la main habile qui les a assemblés.
Au fond de cette salle, devant une draperie de velours rouge, se dresse sur un piédestal le buste de "Victor Hugo, avec ces mots gravés : « A Y. H., son ami, P. J. David, d'Angers, i838. « Victor Hugo avait 36 ans. David était son statuaire, son ami, son admirateur. Victor Hugo l'aimait comme un frère. 11 lui écrivait dans ses voyages, et lui consacrait, en 1828, des pièces de vers dans les Feuilles d'Automne :
Rival de Rome et de Ferrare, Tu pétris pour le mortel rare Ou le marbre froid de Carrare Ou le métal qui fume et bout.
Honneur au soi que ton pied foule !
Un métal dans tes veines coule ; Ta tête ardente est un grand moule Doù ridée en bronze jaillit.
Et plus tard, en 1840, dans Les Raj'ons et les Ombres, il adressait à son statuaire ces strophes :
Maître sévère et doux qu'éclairent .î la fois. Comme un double rayon qui jette un jour étrange, Le jeune Raphaël et le vieux Michel Ange.
David témoignait son admiration à son poète « en pétrissant le marbre et le métal ». Alors que Victor Hugo habitait cette même maison, autrefois place Royale, aujourd'hui place des A osges, il avait fait d'abord un buste en terre cuite de son ami, qui est actuellement à Angers, puis un moulage qui se trouve dans l'antichambre du second étage. Il avait vêtu son buste et
emprisonné le cou dans un habit. Il eu lira iin marbre en i838 et l'envoya à Victor Huîto. Mais il n'était pas entièrement satisfait. El quand il le vit dans le salon de la place Royale, quelque chose le choqua. C'était cet habit, qui lui semblait enlever à son o?uvre une partie de son caractère. Il exposa ses scrupules à Victor Hugo.
— Décidément il faut dégager le cou, enlever cet habit qui est déplaisant. Je reprends le buste, je le renverrai. Mais il faut absolument (]ue je le désliabille.
Il le rendit plus tard à ^ ictor Hugo après avoir opéré cette petite mutilation. Son àme d'artiste était rassurée. Mais il ne suffisait pas à son admiration de reproduire fidèlement son modèle, il tenait à le glorifier, et il fit un autre buste avec une couronne de laurier.
A l'époque du coup d Etal, en i8.5i, ^ ictor Ilugo voulut mettre ses deux bustes à l'aliri. Il confia celui qui est dans cette salle à Paul Meurice ainsi qu'un certain nombre de ses dessins et donna la garde de l'autre à M. llobelin, architecte, un ami intime. Quand il revint d'exil en 1870, Paul Meurice voulut lui rendre le buste et les des>ins.
— Je fais reprendre, dit ^'ictor Hugo, celui qui est chez Robelin; quant à l'autre, je vous le donne avec les dessins.
M. Paul Meurice la abandonné au nmsée, comme il a abandonné les livres, les dessins et aussi toutes les collections qu'il avait si patiemment, et on peut dire si amoureusement constituées.
Sur le piédestal de ce buste est une couronne d'argent doré, et sur le ruban en métal ces mots : A Vie for Ifus^o, la Comédie^ Fi-ançaise, 1880. C'est la couronne qui avait été envoyée par les Comédiens lors des funérailles de Victor Hugo. Elle est l'ceuvre de Eroment-Meurice.
A la mort du j)oète, le buste lauré appartint à Georges Hugo ^ui l'oflrit à l'Institut.
LES ENCIUERS DE GUEHXESEY
Au milieu de e<'tte salle se trouve une table dans laquelle sont enchâssés quatre encriers.
M'""' A'ictor Hugo avait fondé, à (luernesey. une* d'uvre. l'ti'uvre des layettes pour les femmes en couches. Il fallait laliinenter ihat|ue année. Mais les souscriptions étaient peu
18 LA MAISON DE VICTOU IILGO
nombreuses, et on ne pouvait se procurer quelques ressources, assez modestes d'aillours, que par des ventes de chai'ité. M""' Victor Hugo en avait orii^anisé une en lîSdo. Et elle avait demandé à George Sand, à Lamartine, à Alexandre Dumas et naturellement à Victor Hugo un encrier auquel pût se rattacher xin souvenir. Elle reçut les objets avec une lettre tl'envoi. A ictor Hugo les réunit sur une petite table Louis XIII et fit encadrer les lettres d'envoi : c'était une "curiosité précieuse et rare; mais la plupart des braves gens qui s'étaient rendus à cette vente ne parlaient pas un mot de français : et cette table à quatre encriers avec des cadres ne leur sembla pas un meuble très pratique ; elle ne trouva pas d'acquéreur. Victor Hugo l'acheta et la con- .serva à Hauteville-House.
L'encri»^r de George Saud est un encrier de voyage en palissandre avec un briquet.
Elle avait joint la lettre suivante :
Chère madame,
J'ai cherché depuis deux jours un encrier qui ne ra'eùt pas été donné par quelque trop chère personne, et je n'ai rien trouvé (ju'un affreux petit morceau de bois qui uje sert en vuyage. Je le trouve si laid que j'y joins un petit bricpiet de poche guère plus beau, mais (|ui me sert hal)ituellement, et comme c est là ce que vous voulez, au moins votre véracité est Ijien à couvert.
J'ai été bien heureuse de vous voir et de pouvoir à présent vous dire à vous-même que je vous aime.
Soyez l'interprète de ma gratitude et de mon dévouement auprès de votre illustre compagnon.
George Saxd.
L'encrier de Lamartine est en cristal rose couvert d'arabesques d'or avec ces mots :
Oliért par Lamartine au maître de la plume.
La.mautine.
Celui d'Alexandre Dumas est une topette avec un porte-plume d'un sou et ces lignes :
Je certifie <\ue ceci est l'encrier avec lecpiel j'ai écrit mes cpiinze ou vingt derniers volumes.
Ai.EXANuni: Dumas.
Paris, IC avril 1S60.
Celui de Victor Hugo est gothique.
Je n'ai pas choisi cet encrier, le hasard l'a mis sous ma main et je m'en suis servi pendant plusieurs mois. Puisqu'on me le demande pour faire une honne œuvre, je le donne volontiers.
V(CT0R Hugo.
Hauteville-House, juin 1860.
Un observateur attentif et curieux pourrait tirer du caractère de ces encriers des indications sur la nature, la tournure desprit et les^habitudes de ceux qui s'en sont servi.
La Table des encriers.
— Sur un piédestal, la tête de Victor Hugo qui a été modelée par Dalou, le lendemain de sa mort, le 23 mai i885, avec <,'es mots gravés : .4. Georges et à Jeanne.
— Sur un autre piédestal, le moulage de la tête de Victor Hugo dune statue de Rodin.
— Un banc fabriqué par Victor Hugo avec cette inscription : Vive Ama, vis ! aime 1
Sur les murs sont disposés des tableaux commandés par M. Paul Meurice et rappelant quelques-unes des grandes oeuvres de Victor Hugo et aussi quelques-unes de ses batailles ou quelques grandes dates.
^0 LA MAISON 1>E VI(;T<iR IlLG
Sur le panneau à gauche en entrant :
Fantine abandonnée, par Carkière, l'héroïne des Misérables. L"inia.:;c symbolique de la douleur résignée. Elle a été abandonnée par un jeune étudiant ({uelle aimait. C'était son premier amour. « L'amour est une faute. Soit. Fantine était l'innocence surnageant sur la faute. » Quand elle se sentit seule, elle pleura. Elle était sans ressources et elle avait un enfant; partout ropoussée parce qu'elle est fille-mère, elle est condamnée, par la rigueur des hommes, à devenir fille publique pour payer la pension de sa fille Cosette quelle a placée chez des aubergistes de Montfermeil. Et elle meurt sur un lit d'hôpital.
A côté :
Le Satyre, par Fantin-Latour. — Au centre, une A'énus lumineuse Irùne sur une couche de nuées : au-dessous d'elle, dans l'ondire de la terre, le satyre fourchu.
Quand le satyrf fui sur la cime vermeille, (^uand il vil l'escalier céleste commençant, ( *n eût (lit qu il tremblait, tant «"ctait ravissant! l-^t (|iie, rictus ouvert an vent, léte éblouie A la fois par les yeux, l'odorat et l'ouïe, Faune ayant de la terre encore à ses sabots, 11 rriss<jniiait devant les cieux sereins et beaux.
Au-dessus, Jupiter et l'aigle; à droite, un groupe de déesses mythologi(jues.
Béant, il regardait passer, comme un essaim De molles nudités sans Hn continuées, foules les nudités que nous nommons nuées.
(Zrt Lcfjcnde des Siècles,)
Le portrait de "Victor Hugo, par Llo.n Bonnat, qui acte fait en iHjf), quand le poète avait 77 ans.
Sara la baigneuse, par IIenxeu.
Sara, belle d indolence,
Se balance Dans un liamac, au-dessus Du bassin d'une fontaine
Toute |)leine 1) eau puisée à lllyssus;
Et la frèlc escarpolette
Se reflète Dans le transparent miroir, Avec la baigneuse blanche
Qui se penche.
Qui se penche pour se voir.
[Les Oriejitales.)
Buste de Victor Hugo, par Rodin.
La Fête du 27 février 1881, par Rafi aelli. — Une fcte et une date mémorables. Le peuple de Paris céléljrait l'entrée de Victor Hugo dans ses quatre-vingts ans. Dans le fond : la maison de l'avenue d'Eylau, i3o. Au premier étage : Victor Hugo avec ses petits-enfants; des orillarames dans les arbres dénudés, la foule des délégations avec drapeaux et bannières; sur la
LA .M.M><>.N 1)1-: VICÏiiK HUGU
chaussce. un monceau de l)ouqucts et de couronnes, un peuple pressé au loin luisant relentir ses vivats.
En poursuivant, sur le panneau qui fait face à la place des
A osg-es :
Jean Valjean devant la cour d'assises d'Arras, par Devambez. (Lofi Misérables). — Jean Valjean apprend qu'un uoninu'- Cliampniathicti compai-aît devant les juges, comme (•tant le forrat Jean A'aljean lui-même. C'est donc un innocent qui va être condamné. Un remoids le saisit. Se taira-t-il? Se dénoncera-t-il? C'est la tempête sous un crâne. S'il parle, il va perdre le bénéfice de dix ans d'honnêteté; s'il se tait, il pourra continuer une vie de probité et être allranchi pour toujours des soupçons et des poursuites. Il s'interroge, il calcule, il hésite, mais sa conscience lui reproche cotte iniquité et cette làclieté ; et, entraîné par une sorte de mouvement inconscient, il se rend à la Cour d'assises. Et il prononce ces paroles :
« Messieui-s les jurés, faites relâcher l'accusé; monsieur le président, faites-moi arrêter. L'homme que vous clierchez ce n'est pas lui, c'est moi. Je suis Jean Valjean. »
La "Veillée funèbre, par Roi.i.. — L'avant-veille des funérailles, le cercueil qui l'enfermait le corps de Victor Hugo fut transporté à l'Arc de Triomphe. Sous la grande arche faisant face à l'avonue des Champs-l^lysées se dresse le catafalque, dans une clarté lumineuse d'apothéose. Il est surélevé de douze marches et touche presque à la voûte. Du sommet du monument tombent deux voiles de crêpe aux étoiles d'argent. Autour, sur le rond-point, l'obscurité, la nuit noire rendue plus grandiose et plus sinistre par les flammes vertes des lampadaires; au ]>iod du cénotaphe, les cuirassiers avec des torches dont la lueur rouj^e fyit reluire l'acier et le cuivre des casques; autour, la foule immense.
L'elï'et est saisissant et poignant dans sa grandeur tragique.
La Litière du Cardinal, par lie )i lancer (5* acte, scène ^'II).
La lilii-re gigantesque du cardinal est portée jtar vingt-quatre gardes à pied, entoun-s par vingt autres gardes tenant des hallcl»ardes et des torches. Klie est êcarlate et armoriée aux armes de la maison de Ilichelieu. Les rideaux de la litière sont fermés. Le cardinal revient après avoir assisté à l'exécution.
Marion, dehout, êchevelée.
Regardez tousl voilà rhoimne rouge qui passe!
[Mario/i de Lorine . Acte V, scène A'il.)
Au-dessous :
Le sacre de la femme, par Paul Baudry.
Eve offrait au ciel bleu la sainte nudité,
Eve blonde admirait 1 aube, sa sœur vei'nieille.
Chair de la femme ! argile idéale! ô merveille !
O pénétration sublime de l'esprit,
Dans le limon c{ue l'être ineffable pétrit!
El pAle, Eve sentit que son flanc rcmiKiit.
[Le Sacre de la femme. — Légende des Siècles.)
Une larme pour une goutte d'eau, par Luc-Olivier Mersox. — Une des scènes les plus saisissantes, les plus touchantes et en même temps les plus tragiques de Notre-Dame de Paris. Quasimodo, le monstre repoussant, est condamne au pilori pour tentative d'enlèvement; il est sur la plate-forme du monument de torture; la foule est là, grouillante, avec des gestes de provocation, des attitudes de déli, des airs de menace et des expressions de sarcasme, tandis C[u'â l'horizon se profilent les tours de Notre-Dame et un cjuartier de Paris. Elle insulte Quasimodo. Mais Esmeralda, la danseuse des cari^efours, suivie de sa chèvre blanche, paraît :
« Elle s'approche, sans dire une parole, du patient, et détachant une gourde de sa ceinture elle la porte doucement aux lèvres avides du misérable.
Alors, dans cet œil jusque-là si sec et si brûlé, on vit rouler une grosse larme qui tomba lentement le long de son visage difforme et longtemps contracté par le désespoir.
Le peuple lui-même en fut saisi et se mit à baltrc des mains en criant : Noël! Noël! »
[Notre-Dame de Paris.)
Mort de Gilliatt, de Chifflart (Travailleuj's de la mer).
« On ne voyait plus que sa tête.
La mer montait avec une douceur sinistre...
L'<pil de Gilliatt, attaché au loin sur le sloop, restait fixe.
-i LA MAISON 1»E VICTOR HUGO
Dans cette prunelle tragique et calme, il y avait de l'inexpriniahle, le regard contenait toute la quantité d apaisement (jue laisse le rêve non réalisé. C'était lat <ej)tation lugubre d'un autre accomplissement. >)
C'est Gilliatt qiii so laisse mourir n'ayant pas pu épouser Déruchette qui part sur un navire avec celui quelle aimait.
« A l'instant où le navire s"eff;ira à I horizon, la tète disparut sous leau.
Il n y eut plus rien que la mer. •>
Au-dessous :
Victor Hugo, fusain tle Bastien Lepage.
Eviradnus, par Grasset. — Eviradnus cnp^age un combat avec les deux rois Ladislas et Sigisniond au moment où ils vont jeter dans une oubliette la marquise Maluiudpour se partager ses états. Il tue Ladislas mai>. désarmé, ilfse sert du cadavre pour faire reculer Sigisniond qui se précipite sur lui.
Il brandit le roi mort comme une arme, il en joue,
Il lient dans ses tieux poings les deux pieds et secoue
Au-dessus de sa tête en murmurant : Tout beaul
Cette espèce de fronde horrible du tombeau,
Dont le corps est la corde et la tète la pierre.
Le cadavre éperdu se renverse en arrière
Et les bras disloqués font des gestes hideux.
[La Légende des Siècles.)
Sur le panneau qui fait face à la porte d'entrée, au coin à gauche du Inisle :
Les Burgraves par Ilot uEdRossE. — Ilcrnnni avait été la première bataille en i8'3o. Les Burgraves ont été la dernière, en iH'i'J, bataille ardente, passionnée, (jui devait être, cinquanteneuf ans plus tard, au centenaire du poète, couronni'e d" un éclatant triomphe à la Comédie-Fran<;aise. Le peintre a reproduit la scène de l'entrée de Frédéric Harberousse lorscpiMl vient jeter à la face des Burgraves son litre d'empereur, el au moment où Magiius va se précipiter sur lui avec Ilatto <*t la masse armée qui les environne. Debout sur le porche, le vieux Job, grave et imposant, arrête, d'un geste d'apaisement, les révoltés.
LA MAISON DE VICTOR HUGO 2o
La mort de Baudin, par Jean-Paul Laurens. — Un des
épisodes sanglants du coup d'Etat de i85i au faubourg- Saint- Antoine :
« La barricade répondit par une décharge, mais elle ne pouvait tenir. Elle fut emportée.
Buste de Victor Hugo, par David d'Angers.
n'était resté debout à sa place de combat sur l'omnibus. Trois balles l'atteignirent. Une le frappa de bas en haut à l'œil droit et pénétra dans le cerveau. Il tomba. «
(^Histoire d'un crime.)
26 LA MAISON DE VICTOR HLdO
A côté est lo buste de A'ictor Hugo de David d'Angers dont nous avons parlé.
Puis, La première d'Hernani au Théâtre-Français le 25 février i8'3o, par Besnakd. — M. Besnard nous montre la salle ((uelques instants avant le lever du rideau. C'est la minute agitée, fiévreuse: les dcHix camps sont en présence dans xme atmosphère d orage. D'un côté, les amis de l'auteur : Gérard de Nerval, Pétrus Borel. Théophile Gautier, alors âgé de dixneuf ans. avec le fameux gilet rouge, Balzac, Alfred de Musset. Berlioz, dans l'attitude de gens qui vont monter à l'assaut et qui sendilent braver leurs adversaires. Sur le devant de la scène un jeune-france qui gesticule et qui déclame : tassés à l'orchestre, les classiques aux crânes dénudés, ceux qu on a nommés les glabres, par opposition aux romantiques qui portent des cheveux longs et des barbes, ceux-là plus calmes avec des allures de dédain ou d indillérence.
G est un mélange de vareuses. dhal)its, de feutres et de chapeaux de soie.
Dans un coin du tableau, le mot espagnol Jliei-rn qui signifie fer, devise symbolique, timbrée sur le billet qui permettait aux amis de se reconnaître. Dans les loges et au balcon, un public plus calme de femmes élégantes.
Mais dans toute cette salle, des physionomies expressive'^ traduisant, suivant le tempérament, l'ironie, la bravade ou la colère. On sent comme des gromlemejits sourds avant la bataille. Cette soirée historicpie a été rendue avec une exactitude et un soin minutieux de détails. Gest une reconstitution saisissante de cette belle époipie; on luttait, on s injuriait, on se battait, mais on avait de beaux emportements et de chauds enthousiasmes: on vivait.
Don César de Bazan. par Royhet. — 11 porte un verre à ses lèvres, le corps rejeté en arrière, le manteau tlénoué:de la crànerie, de la jactance et de l'ironie.
» Tous les gueux, dit Paul de Saint-^'icto^, tous les gitanes, tous les aventuriers de (^asiille se sont incarnés dans ce chevalier de joyeuse figure.
Que de jactance et que de folie ! Que de grandesse sous sa misère ! Sa gaieté est inextinguible; sa moquerie lan<e des rayons, son ironie h des ailes. La cape en dents de scie de ce zingaro sème une pluie de perles...
On dirait toute la gueuserie de Callot résumée en un type unique. »