UA CORSE
Dernièrement, l'excellent peintre Gaston Giiiçnard exposait, rue des Capucines, cinquante- Jeux toiles très sincères et très curieuses. C'étaient ies vues de la Corse, où l'artiste était allé villéijiaturer et travailler pendant six mois...
J'ai revécu, en visitant cette galerie, les heures ixquises que j'ai, moi-même, passées, — il y a luatre ans, et l'an dernier encore, — dans cette lie de Beauté et de Parfums, si peu connue des Français continentau.x.
J'ai revu ces couchers de soleil dans le golfe de Porto, qui constituent induhitablement une des merveilles pittoresques du monde; ces levers merveilleux de l'astre du jour sur la mer de Toscane, lerrière les îles d'Elbe et de Monte-Cristo; ces paysages de Vizzavona ou de Valdoniello, — avec les forêts séculaires, épaisses et touffues, qui cou- '•onnent de verdure les hauts sommets du Monte i'Oro et les rocs, aux teintes changeantes, du Mioîo.
J'ai, en pensée, refait la route d'Evizza à Gorte, — cette route bordée à gauche par la montagne iscarpée; à droite, par le torrent qui bouillonne et jronde à d'infinies profondeurs.
J'ai admiré à nouveau l'oriental spectacle offert lux yeux occidentaux par la fontaine du Salarie, jrès d'Ajaccio : fontaine environnée de cactus et le figuiers de Barbarie, et où viennent puiser 'eau pure et fraîche les femmes aux jambes nues, lUX jupes courtes, au mezzaro simulant, sur le ront. l'antique coiffure égyptienne.
Je me suis retrouvé à Cargèze, ville grecque, où 'on parle encore le moréen d'il y a trois cents ans; là hommes et femmes offrent le type le plus pur les enfants de l'Hellade.
La Corse!... Département français, à six heures le bateau de Nice!... La Corse!... qui a donné au nonde les Sambasuccio d'Allenda, les Sampiero, es Antonio Ceccaldi, les Paoli, les Napoléon Bouparte, — et que nous semblons ignorer, — dont MUS paraissons ne pas nous soucier!...
pepuis longtemps, je conseillais aux peintres is de lumière et de couleur, d'aller faire un r dans ce pays béni de la Couleur et de la ère. Et, au Comité du « Droit d'Auteur aux Artistes », je disais :
Demandez à ceux qui connaissent la Corse; demandez, par exemple, à votre président d'honneur, Jacques Dhur, avec qui j'ai sillonné toute la patrie de Sampiero, — de la Bologne fertile k la côte sud-est, — ce qu'est, au point de vue pittoresque, notre île méditerranéenne ...
« Et, ayant entendu sa réponse, délaissez les paysages mille et mille fois fixés sur la toile par 'les générations d'artistes. Allez là-bas, chercher aux sources mêmes, la clarté subtile, née de l'union des rayons solaires et des reflets méditerranéens. »
Car c'est là le secret de cette lumière toute spéciale, que Gaston Guignard a si bien surprise, a
I SI magistralement rendue. La Corse, île de verdure, émerge de l'azur tyrrhénien, qui l'envi-
] ronne, — et le ciel emprunte à l'eau et aux fron-
I «luisons leurs reflets mouvants.
Aucune autre lumière n'est donc comparable h colle qui se joue là-bas, sur les rocs de porphyre rouge ou de granit gris...
Certes, il y a de beaux sites, au monde. La France continentale en a do merveilleux. L'Irlande, l'Ecosse, la Norvège, les bords du Rhin la Suisse, l'Italie, l'Afrique, l'Asie, l'Amérique! l'Océanie, abondent en paysages prestigieux. Mais je doute que l'on pui.sse rencontrer à la fois, ailleurs qu'en Corse, — où devraient se porter en masse les touristes, — ce triple enchantement des yeux : la montagne, la mer et la forêt.
Loris Marle.
A Propos de la Maison natale
de Victor-Hugo
Le poète Sainl-Georges de Bouhélier nous conlaiL naj^'uère la visite émouvante qu'il fit à Guernesey, où Victor Hug-o a écrit « La Légende des Siècles ». C'est un grand bâtiment en pierre noii-e d'une nudité eflrayante, nous disait-il. On croirait que Victor llngo ait voulu imprimer son deuil sur la muraille. La vue de cette singulière habitation troubla le pèlerin.
Rien de semblable ne nous attendyà Besançon. La maison natale de l'auteur des « Châtiments » est située Grande Rue. jadis appelée rue Roudot-Saint-Quentin ; elle fut construite en lySG ; l'aspect est sévère, avec ses grandes fenêtres. Trois étages, au.xquels on accède par de pittoresques escaliers à colonnettes en bois et à marches de pierre.
Lres^i>i>ales n)odci-t)cs
Les parents de Viclor Hugo habitaient le premier étage, et c'est dans la chambre du milieu, éclairée par trois fenêtres, que Victor Hugo vint au monde.
Victor Hugo a toujours de fervents admirateurs. Ceux-ci ont été péniblement surpris quand ils apprirent que la maison historique de Besançon allait être vendue.
L'historiographe de « La Me à Paris», M. Jules Claretie , toujours prêt lorsqu'il s'agit d'une belle action, le signalait le mois dernier aux lecteurs du « Temps »,
« Mais, leur disait-il, Edouard Lockroy -« et les héritiers de Victor Hugo appren- « dront sans doute avec tristesse que celte « maison historique va être vendue. Un de o nos lecteurs qui a écrit sur Courbet fijdes « pages remarquables, m'en avertit, pous. ■« sant le cri d'alarme de l'érudit et du Franc- « Comtois.
« Je pose la question, et la réponse nest « pas douteuse. Déjà la petite maison de " l'avenue \"ictor Hugo, où Victor Hugo est « mort, a été démolie pour taire place à une '. maison de rapport. La face olympienne du « poète sommairement sculptée , apjparait . bien au-dessus de la porte d'entrée, !tel un o Jupiter au sourcil froncé. Mais c'eçt tout « ce qui reste là de Victor Hugo.' c'estrà-dire « qu'il n'en reste rien. S'il est vrai (lés Bis- « sontins seuls pourraient le direj que la « maison natale du poète doive être vendue « comme a été jetée à bas sa maison mor- « tuaire, qui nous dit que le logis fameux ne « fera pas, i quelque jour, place à un immeu- « ble colossal et bon pour la location ? Ce " n'est pas à Paris seulement que l'histoire « est traitée à coups de pioche et les souve. « nirs mis en poussière.»
Nous espérons que cet appel sera entendu : un gi'and organe régional «Le Franc- Comtois de Paris " parait vouloir aider sérieusement à sauver l'immeuble désormais historique.
L'Angleterre , l'Alletnagne conservent pieusement les demeures où sont nés, où ont travaillé leurs grands hommes. — La France ne doit pas se laisser devancer lorsqu'il s'agit de ses gloires nationales.
Nous sommes allés à Medan chez Zola, aux Jardies chez Gambetta, à Velizy chez
(I) " Al) Pays de Gustave Courbet », brochure inll. Meuiion, \'JU).
Michelet, rue Raynouard à Paris chez Bal
zac, à Ornans chez Courbet Nous avon;
le culte de toutes ces grandes mémoires, el nous serions heureux d'ajouter à cette ligné( le nom d'Hu^'o qui illustra le logis bisontin
E-conomie Sociak.
Contrôle & Impôt
sur les valeurs Etrangères.
La préoccupation de nos Législateurs et di Ministre des Finances est évidemment de l'ai rendre aux impôts existant ce qu'ils devrai('a| donner en toute justice si la matière imposalli était atteinte aussi bien dans les gros portefeuil que dans les bas de laine de la petite épargne.
Nos Parlementaires péniblement réélus vent trop la défaveur électorale qu'entraine vote de nouveaux impots.
.le crois leur être agréable en exposant avantages qu'il y aurait pour le Budget à a| quer le contrôle des dépôts dans les gnii Banques aussi rigoureusement que chez Notaires. ;
M. Barthou, garde des sceaux, vient de I \n signer un nouveau décret qui complète le m trôle de la comptabilité des Notaires. Désorii :i i pour cin|iécher toute dissimulation, il esteiii i j aux Notaires de ne recevoir aucuns fond: jî, valeurs sans en remettre un récépissé exliuij d'un carnet à souche dont le modèle a été arrdij par la Chancellerie.
D'autre part, M. Barthou a nommé une Ci mission composée surtout de Parlementaires et t. Magistrats, qui est chargée d'étudier et de p' () poser les mesures qui pourraient être prisiji^'/' vue de donner le maxinnnn de garantie'; clients des .Notaires.
Parleur recrutement limité et leur situation de fortune reconnue, les Notaires présentent des garanties morales et matérielles, et la moyenni! des défaillances est beaucoup moindre parmi eux que parmi les Banquiers.
La commission de un pour cent attribuée aux Notaires sui' les sommes dont ils ont trouvé le prêteur, n'est certes pas dé proportion à les faire suspecter quand ils aflirment la valeur d'un placement.
Les courtages ordinaires de 20 à 30 pour 100 et plus, réservés par les émetteurs d'emprunts étrangers, ne laissent aucune valeur aux aflirmationsetaux promesses des financiers.
aies fT)odcft)cs
Michelet, rue RaynouarJ à Paris chez Bal
zac, à Ornans chez Courbet Nous avon;
le culte de toutes ces grandes mëmoires, e nous serions heureux d'ajouter à cette ligné* le nom d'Hugo qui illustra le logis bisontin
C'h. I^ég-cr.
Economie Sociale.
Contrôle & Impôt
sur les valeurs Etrangères.
La préoccupation de nos Législateurs et di Ministre des Finances est évidemment de Cain rendre aux imj)ùts existant ce qu'ils devraien donner en toute justice si la matière iinposabb était atteinte aussi bien dans les gros portefeuille que dans les l»as de laine de la petite é[»argne.
Nos Parlementaires péniblement réélus sa vent trop la délaveur électorale qu'entraîne 1 vote de nouveaux impôts.
Je ci'ois leur être ai,^réable en exposant \v. avantages qu'il v aurait |K»tir le Budget à appli quer le contrôle des dé|)ôts dans les grande liaurpies aussi ligonr-eusenient (pie clie/ le Notaires.
M. Hartliou. gai'de des sceaux, vient de lain signer un nouveau décret qui complète; le con Irolc de la eonqdabilité des \(daires. Désormais pour enq>écber toute dissinuilation, il est enjfMU aux Notaires de ne recevoir aucuns fonds oi\ valeurs sans en remettic un récépissé exirai d'u!i carnet à sonclie dont le modèle a été arréli par la (vliancelleric.
I) anire pari. M. Haillion a nomnn'' une CoiT mission (((nijutsée surtout de Parlementaires et <a Magistrats, qui est chargée d étudier et d»' p'i poser les mesures (pii pourraient être pris(^'^jf vue de d')iu)ei' le niaxiniiini «le iraranlie' ,,L'
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La .Maison de Victor lUtgo, place dea Vosg.