‹ Visite à la maison de Victor HugoChapitre 25 sur 35 · LA CHAMBRE MORTUAIRE · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE MORTUAIRE

Vous entrez ensuite dans la chambre de Victor Hugo, sa dernière chambre, reconstituée telle qu'elle était avenue d'Eylau,

lorsqu'il vint Thabiter en 1878, avec le même lit clans lequel il mourut le 22 mai i885, à Tàge de 83 ans. Cette chanibr»' occupe l'antien cabinet de travail de Victor Hugo. « Ce cabinet, a écrit Victor Hugo, avait l'aspect d'une cbambre d'étude... Tout y était épars dans le tranquille désordre du travail commencé... Il y avait deux tables, toutes deux couvertes des instruments de travail de l'écrivain. Tout y était mêlé : papiers et livres, lettres décachetées, vers, prose, feuilles volantes, manuscrits ébauchés. Sur l'une des tables étaient rangés quelques objets piécieux : entre autres, la boussole de Christophe Colomb portant la date 1489 et l'inscription : la Pinta.

L'autre taJ^le était haute, le maître de la maison ayant l'habitude décrire debout. Sur cette table étaient les plus récentes pages de son œuvre interrompue. »

Ce qui domine toute la pièce, c'est une peinture de A'ictor Hugo mort, par Bonnat. Le grand artiste la donna au petit-lils du i)octe avec ces mots : A Georges Hugo, L. Bonnat, 22 mai i885.

On doit la précieuse reconstitution de cette chambre aux petits-enfants du poète, à Georges et à Jeanne, qui, en souvenir de celte grande mémoire, ont l'ait ce noble et pieux sacrifice. Et c'est une émotion pleine de reconnaissance que leur doivent tous ceux qui pénètrent dans cette chambre dont les murs conservent l'écho des belles batailles de i8;}2 à 1848 et dont le mobilier a été le témoin intime de la Aie du grand poète, dans les sept dernières années, de 1878 à i885, mobilier bien simple, gi'ave, avec son lit Louis XIII à colonnes, son chillonnier avec un buste doré de la République que lui donna Léopold Hugo, sa connnode, sa cheminée avec une pendule, deux chandeliers, (ît les portraits de ses petits-enfants de 1882, la table en bois noir dans langle près de la fenêtre, table historique car elle est le modèle de toutes celles qu'il a eues autrefois. Il l'avait achetée dans une boutique du faubourg Saint-Antoine, mais elle «'•tait trop basse pour lui ])arce qu'il avait l'habitude d'écrire debout. Il la fit surélever de toute la longueur (|ui sépare la planchette inférieure du parquet.

C'est de 187S à iSH.") cju'il publia la Pilir suprrinc (i8j<)), Jtcligions cl rclig-ion (1880), les Oualrc rcnls de icspril (1881), puis 7'outc la Lj^re, la Fin de Satan, la dernière partie de la

Légende des siècles en i883. Et combien d œuvres encore qui ont paru après sa mort ont été écrites sur cette table ! Toute la chambre est tendue de damas rou^e.

Chambre mortuaire de > ictor Hugo.

Sur la table de travail :

Une des dernières pages autog-raphes de Victor Hugo :

« Je représente un parti qui n'existe pas encore, le parti Révolution-civilisation.

Ce parti fera le vingtième siècle. Il en sortira d'abord les États- Unis d'Europe, puis les Etats-Unis du monde. »

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