Go Hugo
Le manteau formait le fond des armoiries et était doublé d'hermine. Ego Hugo au bas du blason, les deux mots entrelacés.
Près de la fenêtre une table protégée par une vitre, sur hKjuelle Victor Hugo a écrit une de ses œuvres les plus puissantes.
Elle porte cette inscription de la main du poète :
.le donne à M""" Drouct cette table sur laquelle j'ai écrit la Lrgcnde des Siècles.
Guernesey, V. II, 16 août 1859.
Au-dessus de la table :
Portrait de Léopoldine jeune femme, lorsqu'elle était mariée à Charles Vacquerie, le frère d'Auguste A'acquerie; on sait la lamentîible fin de cette adorable jeune femme. Elle était mariée ilepuis sept mois à peine; elle avait dix-neuf ans; le 4 septembre 1H43, en revenant de Caudebecen bateau avec son mari, un coup de vent violent engloutit la barque et les deux j^^unes époux.
La veille, Léopoldine avait reçu une lettre de son père qui voyageait dans les Pyrénées, il lui disait :
<i Avant peu tu auras ton père. Donc continue d'engraisser, de rire et de te l)ien porter. Rayonne, mon enfant, tu es dans làge... Ecris-moi maintenant à la Rochelle, poste restante. »
Madame Victor Hu^o, par Boulanger.
Ce fut une douleur affreuse pour Victor Hugo quand il apprit la fatale nouvelle. Jamais homme* n'a souffert aussi cruellement, jamais âme en deuil n'a trouvé des accents plus poignants et plus pénétrants :
Oh! je fus comme fou dans le premier moment, Hélas! et je pleurai trois jours amèrement. Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance, Pères, mères, dont l'àme a souffert ma souffrance,
Si LA MAISON DK VICTUH HLGO
Tout ce que j'éprouvais, lavez-vous éprouvé? Je voulais me briser le ivont sur le pavé. Puis je lue révoltais, et, par luoiueuts, terrible, Je lixais mes regards sur cette chose horrible, Et je n'y croyais pas, et je lu'écriais : non! Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom, Qui tout que dans le cœur le désespoip-se lève? II me semblait que tout nétait qu'un affreux rêve, Qu'elle ne pouvait jias mavoir ainsi (|uitté. Que je l'entendais rire en la chambre à côté, Que c'était impossible cnlin qu'elle fût morte Et que j'allais la voir entrer par cette porte.
(Zc's Contemplations.^
A côté, le portrait de Charles Vacquerie et de sa femme I.éopoldine.
\ ictor Hugo a consacré ces vers à Charles Vacquerie :
N'ayant pu la sauver, il a voulu mourir.
Puisque tu fus si grand, puisque tu fus si doux (^ue de vouloir mourir, jeune homme, amant, époux.
Qu'à jamais l'aube en la nuit l)rillel Aie à jamais sur toi l'ombre de Dieu pem hé; Sois béni sous la pierre où te voilà couché; '
Dors, mon fils, auprès de ma fille!
O chers êtres absents, on ne vous verra plus Marclier au vert penchant des coteaux chevelus.
Disant tout bas de douces choses!
Dans le mois des chansons, des nids et des lilas, Vous n'irez plus semant des sourires, hélas! '
Vous n'irez plus cueillant des roses!
( Ac's Conlcnipla fions.) '
Dans un cadre quatre têtes d'enfants : les enfants de Vic- ♦or lluj(o : Didinc(Léopoldine). Dédé (Adèle), (Chariot) Chai'les, Toto (Fran(,ois-Victor), crayons- de M""" Victor Hugo.
Nous jouions toute la jour?Ȏe O jeux charmants ! chers entretiens!
Le soir, comme elle était l'aînée (i), Elle me disait : — Père, viens!
(i) Léopoldine.
Nous allons t'apporter ta chaise, Conte-nous une histoii'c, dis !
Et je voyais rayonner d'aise Tous ces regards du paradis.
Alors, prodiguant les carnages, J inventais un conle protond Dont je trouvais les personnages Parmi les ombres du plafond.
Toujours ces quatre douces létes Riaient, comme à cet âge on rit.
De voir d'affreux géants très bêtes Vaincus par des nains pleins d'esprit.
[Les Coiilcniplations.)
Le portrait de Léopoldine et de François- Victor à l'âge de dix ans, crayon de M" '^ Victor Hu(io(i834).
— Un médaillon d'Adèle, la seconde fille de Victor Hugo, terre-cuite originale de David d' Angers.
— Un petit tableau émouvant ; c'est Léopoldine étendue sur son sofa quand elle avait treize ans.
Le dessin est de M"*" Victor Hugo et daté d'avril 183;, à l'époque où elle habitait cette maison. Au-dessous est encadré un échantillon d'une robe rouge à pois noirs pointillés de jaune qu'elle portait et que Victor Hugo aimait beaucoup ; il a écrit à côté: Robe de Didine i834-, sur un petit carré de papier bleu et les mots :
Oh ! la belle petite robe
Qu'elle avait, vous rappelez-vous?
(Vers des Contcnipldlions.) Villcquier, 1834.
L'humble enfant que Dieu m'a ravie.
Rien qu'en m'aimant savait maider :
C'était le bonheur de ma vie De voir ses yeux me regarder.
( Les Coiileiiij^/ttlions.)
A travers mes songes sans n^mlire J écoutais son parler joveiix, Et mon front séclairait dans l'ombre A la lumière de ses yeux.
Elle avait l'air d'une princesse (^iiand je la tenais par la main.
Elle cherchait des fleurs sans cesse Et des pauvres dans le < hemin.
Elle donnait comme on dérobe, En se cachant aux yeux de tous, Oli ! la belle petite robe On elle ai'ait, vous rappelez-vous?
Le soir, auprès de ma bougie, Elle jasait à petit biuit Tandis qu à la vitre rougie Heurtaient les papillons de nuit.
Les anges se miraient en elle.
Que son bonjour était charmant !
Le ciel mettait dans sa prunelle Le regard qui jamais ne ment.
Oh ! je l'avais, si jeune encore, ^ ue apparaître en mon destin ! (hélait l'enfant de mon aurore.
Et mon étoile du matin !
(^Les CoiUewplations^, Villcquier. 4 septembre 1844.
Entre les deux portes :
Une photographie de M'" Victor Hugo (juand elle avait (•iiiquante-ciiu[ ans environ.
— Au-dessous, le portrait de Léopoldine et de Charles, de Devkuia.
— Les photographies de Charles Hugo et de François- "VictorHugo. les fils du poète.
— Un grand cadre avec les photographies de \ ietor Hugo et
de ses petits-enfants, Georges et Jeanne, et de M"* Edouard Locki'oy qui avait épousé en premières noces Charles Hugo.
On remarquera une photographie de Georges et Jeanne debout devant le buste du grand-père. La tête est couronnée de laurier. C'est le buste de David d'Angers qui a été donné par Georges Hugo à l'Institut.