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LES ENFANTS BN HARMONIE, ETC

des malles-postes réservées au transport des dépêches , des journaux et des lettres, nous avons, disait-il , les télégraphes électriques qui communiquent, aux Phalanges les plus éloignées des capitales, les nouvelles importantes.

«Quant aux Phalanges voisines , elles correspondent entre elles par des logophores. Ce sont des tubes métalliques placés en terre, par lesquels la voix se fait entendre distinctement d'un village à Tautre. »

— Certes, vos tubes acoustiques sont bien commodes, dis-je à notre guide; il serait à désirer, mon père, que vous eussiez trouvé un moyen aussi facile de vous visiter que de vous parler : vos jeunes groseillistes n'auraient pas souffert de la pluie comme ils l'ont fait aujourd'hui en retournant dans leurs familles sur leurs chariots découverts. »

— Rassurez-vous, me répondit le vieillard, nos enfants sont arrivés chez eux sains et saufs. A rapproche de l'orage, leurs Phalanges respectives les auront rappelés, et on les aura renvoyés eux et leurs chariots par les chemins de fer atmosphériques, ces chemins si parfaitement appropriés au génie harmonien, dont les villages, séparés par une distance de 4 à 5 kilomètres, possèdent tous des moteurs puissants : machines à vapeur, chûtes d'eau ou moulins à vent. »

, Nous fîmes rencontre d'un groupe nombreux allant gaiment préparer les boissons nécessaires pour le goûter. Un vieillard vert et agile en sortit, et après nous avoir souhaité le bonjour : — Enfin, je

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VOUS tiens, mon cher Léonard, fît-il à notre guide : depuis long-temps vous me promettez de yenir voir notre cave et veus n'en faites rien. Aujourd'hui vous ne m'échapperez pas, et vous la visiterez bo^ gré malgré : je ne vous laisse pas , et avec vous e m-empare de ces messieurs, que yous mènerez )artout , mais que vous étiez capable de lais§er )artir sans leur avoir montré nos cbves. »

Nous descendîmes dans une cour à la suite de ce joyeux compagnon, et bientôt nous entrâmes dans un cellier magnifique, assez vaste pour permettre à des chariots chargés de tonneaux d'entrer et de scfrtir avec la plus grande facilité.

Le mobilier de ce superbe magasin consistait principalement en foudres immerises, dont quejques-ûns d'une capacité de plusieurs centaine^ d'hectolitres. Nous Vîmes aussi, rangées dans un ^rdre parfeit, des quantités innombrables de bout^Hes< Près de chaque tas, une pancarte indiquait le nom, la qualité, l'âge du vin ou de la liquew contenue dans ces bouteilles.

Ayant laissé notre guide avec son ami , noqs parcourûmes le cellier, Testu et moi, accompagnés âHm jeune caviste qui voulut bien nous dpnner quelques renseignements pleins d'intérêt.

' —Notre cave, nous disait-il, est constamment approvisionnée pour deux. ans au moins, cçmme ïe sont no3 autres magasins. Elle est d'ailleurs I3 meilleure de l8| province, sans contredit, e( noii^ pouvpng nous vanter que nulle part on ne boit d'aussi excellent vm qu'à Saint-Remy. Nous nous

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adressons, il est vrai, pour nos achats, aux Phalanges les plus reif^nmées. Tous les ans nous acbe? tons à chacune d'elles plusieurs centaines d'hect^r IHres, et elles savent parfaitement que nous no aaœmes pas gens à accepter un vin inférieur à Técbantillon ; fl(His nous y connaissons, à Saint-Bemy, fit Pon voudrait nous tromper qu'on n'y réussirait gttèra. V .

:— Que font donc ces messieuTs ? dis-je au jeune iDaviste; en lui indiquant un groupe qui dégustait avec une grande attention le vin d'un foudre.»

— Ils discutent, répondit le caviste", sur tes moyens d'empêcher de s'aigrh* ce vin qui, depuis quelques jours, perd de sa qualité. Il y a plusteurfi dB ces messieurs tellement habiles à combattre les maladies des vips et autres liqueurs , que nous ne perdons jamais 'une goutte de boisson quelcon^ que.

4 Ce^ autre groupe, oceupéà foire une mixtion dans ee tonneau, est epmposé des plus fins connaissmirs en vins de Bourgogne. Quant à moi, je fais peu de cas du vin de quelque espèce qu'il, soit, mais je guis très expert en fait de bière doi^t mon groupe s'oit^pe exclusiv^ent. »

Tsr ^9m doute, dit Testu, vous fabriques vous-e Q^fAfi la bièpe nécessaire à la consommation de la

•rr Qyi» monsieiir, répondit le jeune hon^me d'un ^r 4e satisfaction et d'odpgueil, et la Phalange Paget seule pQus dispute la palme de cette fal3irication.

» Je rogriBtte, âiôUiô-Wl, <me «O^re hrasseirie ne

soit pas en activité ^ vous auriez pris plaisir, j^en suis sûr, à voir comment nous avons su y remplacer les bras par les macjiines, Mais nous ne brassons que pendant Thiver : la bière faite par la cha* leur n'est pas potable, quelque soin que l'on prenne à la fabriquer. »

Après avoir parcouru les divers compartintents de la cave et nous être fait expliquer une feule de choses, nous remerciâmes notrÎB caviste qui rejoignit son groupe, et après avoir pris congé de l'ami de M. Léonard et de ses compagnons, nous sortîmes pour continuer notre chemin.

Quand nous fûmes dehors, Testu dit à notre guide : Le jeune homme aveq lequel vous nous avez vus fait un cas qui me semble bien exagéré des choses appartenant à votre Phalange : rien, selon lui, ne leur est comparable. Cette vanterie, au reste, me paraît être le péché mignon des harmoniens. Votre petite Marie a déjà le même défaut : ce qu'elle aime est s^ul digne de plaire; ce qu'elle n'aime pas est détestable. Et tantôt, elle nous l'a dit clairement, sans provoquer le moindre reproche de votre part, mon père, ce qui m'a beaucoup surpris. »

— Vous avez donc oublié déjà, mon fils, répondit le vieillard, que tous les penchants natifs sont nécessaires; sans quoi Dieu ne nous les aurait pas donnés. Aussi, nous nous gardons bien de comprimer cette tendance générale à mettre un haut prix à ce qu'on a, à ce qu'on fait, aux connaissances qu'on possède, car c'est l'un des plus puissants mobiles pour passionnerles groupes et les individus, et

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les pousser au perfectionnement de leurs 'œuvres.

H Si nous aimions faiblement les hommes et les choses, ou si, tous, nous n'aimions que les mêmes personnes et les mêmes choses, il serait impossible de former des groupes, de faire naître les rivalités ; et une foule de travaux seraient négligés. Loin donc de contrarier le penchant qui pousse Thomme à s'exagérer la supériorité de ce quMl préfère et de ce qui lui appartient, nous l'exaltons au contraire, comme un des principaux élément de bonheur, d'activité, de satisfaction et d'harmonie.

> Ce penchant, au rest«^ est, de tous les penchants de l'homme celui qui, peut-être, l'a le moins fait souffrir durant lés âges de subversion. Il a pu, sans doute, entraver quelques progrès industriels, mais, en revanche^ combie|} n'en a-t-il pas puissamment secondés, et combien nVt-ii pas procuré de jouissances à une multitude d'individus, en exagérant à leurs yeux la valeur de leurs talents, en les soutenant dans les travaux de^ leur culture ou de leur industrie. Je lisais dernièrement que le danseur Vestris, mettant son art au-dessus de tous les arts, s'écriait : « Il n'y a que trois grands hommes en Europe : Le roi de Prusse, M. de Voltaire et moi.» Personne n'ignore, d'ailleurs, que le vigneron placé sur le sol le plus ingrat a toujours préféré le vin de son cru à celui des terroirs environnants.»

En ce moment, nous nous trouvions près de la tour d'Ordre. Mais avant de pénétrer dans son intérieur, nous demandâmes à voir l'extérieur, et à cet

eio^noiift descendlmea aur la placâ des mapoeur vres.

C§t\a f\9Ç9j fomée p9r \^ façade principale et 1^. 4W^ gr<M)da^ aileg du phalanstère, était imr il\çps^ et 0*mi a^eet imposant. Une statue colos* sgi^ ^A lirpi^ze, représentant Foprier apportant au î^ndç l§ iWoi'iB de TUnité universelle, en oocu* pai( \§i centre. Au milieu de la face principale de$ It^tipi^tl ^ tuPHv^it la toiir dVdre, v^nument

nm ^i^m9^\\^m g^ 9p4io9es.

App^ %e restée quelque temps ^ jouir dQ ce coup-d'œil çpiignifique e( avoir admiré les détails dl^Ijpat^ eK(^4^.i 4^ 1% sculpture (^e l^ipur, nous èntr^fQps'spu^ ^pa. ^)(Sgantpprtaij.

viï

La Tour d^ Ordre. Récompenses des fnventeurs, Ot" gannaiion des Sciences, Unité du genre ktimain.

M. Léonard nous conduisît d'abord sur la plateforme qui couronnait la tour d^Ordre. Après avçir joui quélcjqjB tpmps de la vue du plus déliciei|x panorarha, nous exan^jpâmes les divers signaux et porte-voix destinés à transmettre des ordres^ ou, pour parler plus rigoureusement, des avis aux travailleurs dissémipés dans la campagne.

Nous visitâmes epsuitp TObservatoire, muni opnseulement des appareils propres à Tobservatipii ^e; phénomènes météorologiques, mai^ aussi de pi^issantes lunettes, d'un cercle mural et d'qçe fpul^ d'autres instri^mens d'astronomie.

-—Toutes leç Phalanges, nous disait ^ptye guide, posiç^ent de semt)lables observatoires^ ppp % cpi^r naissance des çieux et des prijioipale^ lois de If nature fait partie de l'^gucation général^ des l^grigoniens? ^^' ^ ' ' ^

* Nous avions vi§ité d,éià Ip l^bqr^tpîre de ch|mic| et le cabinet de physique, et nous entrâmes dans la s^lle consacrée à l'appareil de la télégraphie élçç^ trique.

-^€le télégraphe, nous dit notre guide, nous ap-

porte les nouvelles de la capitale du royaume ; et comme 11 suit le» rails de la grande artère nationale des chemins ferrés qui passe ici près, nous recevons les dépêches de première main. Nous les transmettons ensuite aux Phtilanges des environs, au moyen de nos tubes acoustiques. »

Nous lûmes la dépêche déjà traduite. Voici à peu près sa teneur :

« Le groupe central de la série de physique fait » savoir aux Phalanges du royaume ce qui suit :

» La sous-série de Vèlectridté est enfin parve- » nue à remplacer le gaz par le galvanisme pour » toute espèce d'éclairage. Les essais faits sur les » routes et dans vingt-quatre Phalanstères ont cornac plètement réussi. La lumière galvanique, supé- » rieure à celle du gaz par Téclat et la blancheur, » est sans odeur ; elle joint à Tabsence du danger » d'incendie, de fuite'et d'explosion une grande » économie, attendu que la série de chimie a trouvé » le moyen d'utiliser les produits des décomposi- » tiens galvaniques.

» Vingt groupes ayant contribué à cette belle t découverte, leHribut d'invention leur est acquis » en principe. La quotité en sera fixée par les Pha- » langes qui emploieront le procédé nouveau. Les » plans de l'appareil et les instructions nécessai- » res pour le monter seront expédiés sous peu de » jours aux chefs-lieux provinciaux. »

— Voilà, nous dit M. Léonard, une invention fort utile, et d'après ce que j'ai entendu conter de la puissance de cette lumière électrique, un seul

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appareil, convenablement placé au centre d*un Phalanstère, éclairera, comme le soleil même, ses cours et sa rue galerie. Saint-Remy, j'en suis cer- Cain, votera volontiers une récompense de 200 fr. en faveur ^es inventeurs. »

— Gomment! m*écriai-je, riches comme vous Tètes, vous rémunérerez si mesquinement une invention qui vous fera réaliser de grandes économies? Saint-Remy compte, avez-vous dit, près de deux mille habitants, et il oserait offrir 200 fr. aux auteurs d'une si belle découverte? Mais c'est un don de dix centimes par personne )

— La récompense, mon fils^ n'est pas tant à dédaigner; voyons plutôt.

» On compte en ce moment environ cinq cent mille Phalanges organisées. Si chacune d'elles fait don de 200 fr., ce né sera pas moins de cent millions à partager entre les inventeurs. Le savant qui a le plus contribué à la découverte aura vraisemblablement pour sa part plusieurs millions^ et celui qui a fait le moins recevra encore quelques centaines de mille francs. Cette récompense ne. vousparait-elle pas très-raisonnable ? »

— Oh! certainement, mon père, elle sera digne de l'Harmonie ! et pardonnez à la pare^ de nos esprits rétifs ; nous ne pouvons nous habituer aux prodiges qui résultent d'une association immense comme la vôtre ! " .

» Mais comment, je vous prie, pourra se faire équitablement la répartition de la récompense entre les inventeurs?»

iH CBAPITHS VIL.

— Rien n'est plus fecile , répondit le vleiUarë ^ avec le mode d'organisation qui régit toutes les connaissances' comme toutes les relations harmo* niendesv c'est-à-dire avec la distribution des ch0*> ses en groupes et séries dégroupes;

» Ainsi, les sciences naturelles forment une Série de première clnsse, qui se décOmpc^ en diven^A Séries de deuxième clà^sb : astronomie^ zoologie^ botanique) minéralogie, chimie^ physique. Gfa&cune de celles-ci se subdivise en Séries de troisièiiiè classée La physique , par exempte , est formée de Séries dont Tune s'océape spécialement ée l^lectricité) une autre du calorique ^ celle-ci de la lumière, celle-là de l'air, etc.^ et cesSérieâ se décomposent) ê'i) ya HeU} en Séries de quatrième et de cinquième

b£h côntinuentà subdiviser, on arriVe nttx groupes chargés de l'étude des détails de efa»que Sbience*

ÂBiendes avants, il estsnperflii de- vous le dtrb^ sont membres d'un grand nombre de groupes de diverses Séries, car chacun aime à varier ses ttvvaux et ses études , et toutes tes questions m tient.»

— Mais (M)mment, dit Testu, a-tril été pdâsible de former des groupes et des Séries de chimistn et de physiciens, dont les membres se trouvent diâ» séminés çà et là? i

^ — Les chemins de fer et les télégraphes élecfâ'îqueà , la Tàcilité et la rapidité des communications de toutes sortes, répondit notre ciceroiÉe^ ont

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