LES VESTALES, ETC
vait bien souvent cjue, mariés sans se connaître, ils ne tardaient pas à s'apercevoir qu'ils s'étaient trompés réciproquement sur leurs caractères, et îa haine succédait à l'amour.
»> Dans un tel état d« choses, .comment, je vous le demande, savoir si la femmo est née constant^ ou inconstante ;■ s'., supposant qu'elle soit incon^ftante de sa nature, toutes ou seulement quelques unes le sont, et le sont au même degré? Et cepepdant toute la question de l'organisation m.oralp de^ rapports de l'homme et de la femrne estlà.
» Or, sur ce sujet comme sur tant d'autres, le? civilisés faisaient des conjectures et rien de plus. Nul d'entre eux n'eût osé affirmer que telle femnie volage n'était pas destinée à être la plus' fidèle deç épouses, dans-des circonstances données ; m.il n'eût pu assigner la part qu'avaient dans la conduite légère d'une coquettcj'ennui et le désœuvrement, la vanité et le besoin d'intrigues, le vide du cœur et l'antipathie pour son mari.
» Les romans anciens nous prouvent que nos pères se méprenaient sur les exigences de l'amour j il n'a pas naturellement ce dévergondage qu'il avait chez les civilisés dont un grand nombre demandaient à des lectures dangereuses, aux excentricités de l'imagination ou au libertinage, des émotions qu'ils ne pouvaient trouver ailleurs.
i> Aujourd'hui que notre éducation, notre incessante activité et la multitude d'affections dont nos cœurs sont remplis ont ramené les exigences de l'amour à leurs limites naturelles, aujourd'hui seu-
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lement une enquête utile est devenue possible. »
A peine eûmes-nous mis le pied dans la rue-galerie que M. Léonard nous quitta, mais il nous rejoignit bientôt, tenant à la main une collection de journaux, « Voici, me dit-i( en me les remettant, voici des documehts relatifs à Tenquéte que vous désirez connaître, vous pouvez les parcourir à votre aise. »
Après avoir reconduit chez elle M™« Moreno et ses filles,, nous rentrâmes chez M. Léonard; et bientôt, ayant souhaité un doux sommeil à nos hôtes, Testu et moi nous nous retirâmes dans nos cham* bres à coucher.
Dès que je fus seul, je me mis à feuilleter les journaux. J'y lus qu'un congrus formé des plus hauts dignitaires ecclésiastiques du royaume, des psychologistes et des physiologistes les plus savants avaient ouvert une enquête tendant â constater les douleurs dont Thumanité était encore atteinte.
Ce congrès invitait en conséquence tous les barmoniens, femmes et hommes, à faire connaître leurs peines et les moyens qu'ils croiraient propres k les soulager ou à les guérir.
Je lus plusieurs élégies fort touchantes sur la mort de personnes tendrement aimées ; nul remède n'étaitproposé contre un mal évidemment incurable.
Plus d'une femme se plaignait des infidélités de son mari, et plus d'un mari gémissait sur les infidélités de sa femme. Ou n'indiquait pas de remède, mais il me sembla que le divorce en étsàifc un suffisant contre ces infortunes matrimoniales.: