LES VESTALES, ETC
Dans une lettre à un ami, un jeune marié contait son désespoir : il se voyait à la veille de divorcer parce que sa femme, qu'il idolâtrait et dont il avait été lui-même adoré pendant deux ans, prétendait ne plus avoir pour lui que de Tamitié, et voulait absolument le quitter po|ir épouser un étranger. Ce jeune homme faisait sentir combien il serait à désirer que les personnes constantes en amour pussent se connaître avant de s'engager dans le mariage.
Une Damoiselle qui aimait passionnément deux jeunes hommes se plaignait dans une charmante pièce de vers d'être forcée dé faire un choix. Pourquoi, disaitrelle, ne peutK)n avoir plusieurs époux comme on a plusieurs amis?
De son côté, une femme mariée, qui chérissait son mari dentelle était tendrement aimée» déplorait la légèreté de ce mari qui le poussaità demander le divorce, afin d^épouser une veuve dont il était violemment épris. La pauvre femme eût souhaité que la loi autorisât son mari à prendre plusieurs épouses.
Un prêtre citait divers exemples de personnes qui, après avoir divorcé trois et qtiatre fois, avouaient ne pouvoir aimer un même objet pendant plus d*un an. Et le digne prêtre en concluait que, pour éviter les scandales, il était urgent de chercher le moyen d'utiliser les caractères volages ; or ce moyen existe nécessairement, ajoutait-il, car Dieu n'a pu donner^ à quelques individus des penchants iniltiliés ou nuisibles, des penchants qu'ils dussent réprimer aveG^doutoor.
934 CHAPfTlIB IX.
Un voyageur, dans un poème de peu de pages, disait les chagrins de Fabsence, et se plaignait de llfisensibilité des harmbniennes. Puis il .peignait avec chaleur combien seraient délicieux les voyages, si Ton retrouvait de temps en temps d'anciennes encours à côté d'anciennes gmitjés. Certes, s'écriait- H, si Dieu fait naître encore, comme on n'en peut douter, des Ninons de Lenclos, ces femmes adorables, ces artistes enchanteresses, volages dans leurs amours, constantes dans leurs amitiés, qui, même dans des siècles oè tout était vénal, ne faisaient pas tin trafip honteux de leurs charmes, mais se donnaient à qui savait leur plaire, certes ce ne peut être qu'ann d'embeliir la vie, afin d'unir de plus ea plus intiniefnent les hommes et les nations.
Voyant que tqutes les plaintes avaient plus ou ©oins (Je rapports avec les précédentes, je fermai 1e3 journsiux etje m'endormis d'un profond ^ommeii.
Lcf cour du Eever public. Suite de ^ étiquete sur f Amour, Ka Messe el la Prière, Les Harmoniens sont les vrais chrétiens. ,
Le jourguivant, notre hôte me di^^p i^ntr^nt (J^Qg jBÔ ph^infere ygf§ quatre howr^s : « TquI Je mpnde est (}éjà mir w^. mpn filsj il m temps de yfm Jlflbiiler, sj vi)U# voulez vpnir à /a poi«r (fif /^v#r p^6h'c; celte réunioi^ est pleine (]e charges pour ceux qiii piment è apprendre les nouvelles locale, à ^ tenir pu çoprant des mariages projetés, de$ \i^t SORS qui se forment, et de toutes les aventures, »
M. I^éonard ipp laissa pour aller éveiller Testn, $i bientôt nous n^us rendîmes tous trois dans la^ salons où se tenait lacour. Mais au lieu d'écpul^er dés anecdotes plus ou moins piquantes, plus ou moins vraies dont je me souciais du reste am»^ peu, je dis à notre cicérone : J'ai lu, roonpère, Vmr quête relative auK souffrances qui frappent encore quelques harmoniensi et, je le confesse, je n'entra^ vois guère la possibilité d'y remédier.
-B Vous aurez remarqué sans doutée, répondit le vieillard, que des mille causes qui faisaient de la terre une vallée de larmes et de douleurs, trois s^m.lement subsistent encore : la mort des objets de nos affections, la maladie et i'in£on&|;ai)ceôn amour.
» La première de ces causes, la mort, est sans remède. Cependant, depuis que la plupart des hommes prolongent leur vie jusqu'à la décrépitude, la mort frappe peu de ces coups affreux que le temps lui-même amortissait à peine. Les pertes les plus cruelles sont d'ailleurs moins . insupportables qu'autrefois, grâce à la religion, grâce aux nombreux témoignages d'affection que reçoivent les survivants et aux consolations sympathiques qui leur sont prodiguéeis.
» La deuxième cause de souffrance^ la maladie, commence à devenir à peu près inconnue, et les plus minutieuses précautions sont prises partout pour éviter les accidents et les blessures que l'incurie des civilisés rendait si fréquents ; d'ailleurs les âmes pieuses et tendres, trouvant rarement Toccasion de compatir aux douleurs du prochain, entourent les souffrances de soins si dévoués qu'en vérité c'est presque à désirer de faire de temps en temps une petite maladie.
» Quant aux chagrins causés par Tamour , ils sont exceptionnels aujourd'hui que rien ne s'oppose à Tunion des jeunes amants, que l'amour réciproque est la cause déterminante de tous les mariages, que les époux se connaissent parfaitement avant de se prendre, et n'ont entre eux que des rapports agréables, jamais d'intérêts contraires ; aujourd'hui enfin qu'ils peuvent se quitter, sans honte et^ sans haine, quand le divorce est réclamé par l'un ou l'autre d'entre eux.
• Mais quoique rareSy les chagrins d'amour n'en