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LA COUR DU LEVER PURLIC, ETC

atteignent pas moins quelques personnes; et la société doit aviser à les faire disparaître, en complétant l'organisation des rapports amoureux. Prêtez-moi quelque attention, mes fris, la question le mérite à tous égards.

M You&le savez: Dieufail exécuter ses volontés en distribuant à ses créatures des attraits proportionnels à leurs destinées, c'est-à-dire aux missions que leur assigne sa sagesse dans le développement de. la vie universelle. Les attractions sont dés révélations permanentes de la volonté créatrice, et les souffrances causées par la résistance à /ces attractions ou parleurs faux essèrs,'dés ordres incessants de rechercher la voie de Dieu.

» Ces axiomes admis,— et tout homme intelligent, toute personne qui croit à la bonté et à la justice du Créateur, ne saurait refuser de les admettre, — nous ferons ce simple raisonnement.

» Si Dieu eût voulu que la monogamie fût à jamais la seule loi du mariage, il eût nécessairement mis au cœur de tous les hommes un amour éternel pour un objet unique, comme il le fit pour Thirondelle, et personne n'eût cherché à se soustraire à celte loi, car tous y eussent trouvé le bonheur i Mais comme il n'en est pas ainsi, — du moins l'enquête commencée nous fait voir que femmes et hommes naissent les uns constants, les autres inconstants à divers degrés, — nous devons , nous inclinant devant la volonté souveraine, reconnaître que l'institution matrimoniale ne saurait rester la même pour tous, sans continuer d'être en op-

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pôï^ittot) «u* vues du créateur^ sans cëuser dés souffrancesihdivîduedes et sociales.*) ' -»• Votre raifeôhn^ment 'est irès-jiîôtë; di»^]èâ M. Léonard j Dieu ne peutyoïiloif et ne vouloir pas en même temps; il rie saurait souffler* rihronstàfl'' ee au eœur de sa créature t'tlui ordcrtiner d'être e^nstante, c'est-à dire de détruire sonOBUirrp mème^ de 8e regimber contre sa loi^ Mais quel biit peut aToir la^ sagesse suprênie^ en créant des femmes et des homnnies voiages? a

— : L'enquête noils l'apprendra; toon fila, répondit le veiilard; nous pouvons toutefois rehtrevoit' dès à présent."

» Les passionsj cliacon le sait^ ont, entré outres lAissiond^ celle de pou.^ser le genre humain à l'assoeiation, à i'uKité, s^ns kquélle il lui est impo»* sible d'accomplir sa destinée terrestre. En ôefaitil autrement de Tamour, ^a plus puissante de nés pasflioriâ? Sa lâche se bornerait^elle à unir un hom- Ine et une femme pour le» isoler dé là société} à eréer cet ërgoïâme à deux^ bomme on l'a nom nié) égolisme aussi odieux que l'ég^ïsme individuel fa^«» si opposé que lui à la destinée humaine? Non^ certes. Et si l'amour a reçu de 1» bonté éuprèinè plus de puissance que les autres passions^ c'esty OA n'en saurait doutfsr^ afin qu'ii contribuât plu^qftt'au-^ Gurie d'elles^ peutnêtre, à i'uniOn des individu» et des nations.

» Vous le voyez donc : la volonté de Dieu clai* renient exprimée par le penchant de nos âmes à la variété, le dôsii? de soustraire la société aux froi»*

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9»fneffi8 causés par te penchant, et les sduffftinees des personnes, volages assez coureuses pcrttr a» pas transgresser leslois actuelles du mariage, tou» iMMis fait un devoir de reèbercber tes moyeià d'erdonner les relations d'amdur de telle* s^rt» gu» les^earactères tol^gés ptitssent aecoonf^lir Itr missicm qai ïeut -esk alignée dam l'ouvre humai»*' târre. i^

— Comment, • demanda Testa. ^ *supposœ-voii»

qu'il soit possible de régler ces relations? *

— Il n'y a dans l'univers, réî)Ondit le vieillard, qu'un mode d'organisation ; la Série. Nous entea^ dons par Série , vous le savez, un ensemble da groupes hiérarehisé&et contrastés. Partout où règ,ne la Série, il y a forée et harmonie ; il y a faiblessa^ ai désordre partout où la Série foHdéfau*. Ainsi. la Civilisation ne devait sa su))éfk»'ité suf la B«»'^ barie qu'à Forganfsatioft sérwire , incomplèle et fausse y il est vrai, de ses admin;stra^K»Bf da soh clei-gé et surtout (ks %rmées, les plus régulières maip en méni» temps* les moins libre» de» î^ries anciennes. Les hamioniens ne sont> à leur toui-^ supérieurs, aux civilisés que parce qu'il» ont' ardanné selon les exigences de la loi sériâire les sciences, l'industrie , le commerce , les travaux doffles4iquese4 toutes les relations, le di& tontes, et j'ai tort; car les anM>«rs ne sont pas oFgaoisés et c'est l'unique cause des maux qu'il produisent en-

— Mais, objecta Testu, cOfnraeftt appltqoM mm> amours l'ordre séfiaire? *

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«— En formant des catégories correspondantes aux divers degrés de constance ou plutôt d'ineonstance. ^

» Voici comment j'imagine que seront à peu .près ordoiméés lés relations d'amour.

» En dehors de la série des affaires d'amour, aux deux extrémités, seront l'enfance et la vieillesse, sexes neutres que la nature exclut du domaine de cette passiom

» Puis viendra le groupe de transition et d'engrenage qui sera ,*comme aujourd'hui, formé de deux sous-groupes : le Vestalat et le Damoisellat que vous connaisses^.

» Les jeunes gens quitteront, encore comme aujourd'hui, ce premier groupe pour entrer dans le deuxième^ celui des époux constants, faisant peu ou point usage du divorce.

» Mais les personnes auxquelles la constance est insupportable ne seront pas, comme aujourd'hui, tenues de rester dans cette catégorie ; elles passeront dans d'autres corporations où la libertéamoureuse sera plus ou moins admise et réglée selon les penchants natifs bien reconnus , régulièrement ' classés et astreints à des statuts d'honneur et de loyauté.- -

t» Vous dire jusqu'où s'étendra la liberté dans la catégorie où elle sera la plus grande, je ne^le puis ; l'avenir seul nous l'apprendra en nous dévoilant complètenient le cœur humain. Ce. que je puis affirmer dès à présent, c'est que la liberté amoureuse la plus large n'engendrera ni la prosti-

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lulion ni les autres turpitudes des temps passés. Et pourquoi cela ? parce . que ies corporations d'amour, étant chargées de missions sociales, seront pour cette rgison utiles et honorables «t ne négligeront rien pour être effectivement honorées. Dans ce but, Ghaciroe d*elle^établira. des règles d« décence, propres à lui mériter la considération générale, et des cours d^amour pour juger les transgresseurs. Les infractions, au reste, seront rares; car chacun choisissant sa corporation d'après sa nature, non-seulement se conformera volontiers aux statuts établis, mais ne souffî*ira pas dans son groupe un membre qui ne lui ferait pas honneur. Fions- nous, pour obtenir ce résultat, à l'esprit de corps que développera une noble rivalité d'honneur et de loyauté entre tous les groupes d'amour.

» Les passions ont deux ressorts, l'un animiquft, l'autre sensitif. Or, les harmoniens le savent î nos passions sont d'autant plus nobles que le ressort animique domine -, elles sont égoïstes et parlant viles, quand le ressort sensitif agit isolément, exclusivement, voilà pourquoi les harmoniens auront toujours du mépris pour un amour dont l'unique mobile serait la satisfaction des sens. La femihe, même la plus volage, ne se donnera donc qu'à l'homme qu'elle aimera, et l'amour ne sera jamais vénal, car. indépendante par sa position et sa fortune,' rilarmonienne bien élevée et riche en talents aura toujours le cœur trop haut'placé pour faira une bassesse ; elle saura se respecter et faire re,

mercier Dieu ..d'avoir donné à l'humanité le penchant à l'inconstance.

» La femme qui s'avilirait jusqu'à trafiquer de ses charmes serait rejetée de toutes les corporations. Mais de semblables turpitudes seront désormais inconnues, puisqu'elles auraient besoin de Tombre du secret, et qu'il n'y a plus de secrets aujourd'hui , la conduite et la fortune de chacun étant connues de tous. La vénalité des amours sera désormais aus<«i impossible que le vol. »

— Ne pourriez-vous, mon père, reprit Testu, nous dire en quoi consisteront à peu près les missions des groupes volages.

— Dans les armées industrielles et les caravanes, répondit le vieillard,. ces groupes seront Tâme des réunions d'artistes et de savants ; comme certaines courtisanes de la Grèce et de Rome qui, malgré l'abjection de leur naissance et de leur position extrà-légale, surent s'entourer des hommes les l^lns considérables de celte époque et leur inspirer de grandes choses et de nobles pensées.

» Dans Tintérieur de la Phalange, les inconstantes verseront un baume consolateur sur les plaies faites par l'amour. Elles éloigneront des femmes néesconstantesles séductions possibi es « en attirant les hommages des inconstants et des étrangers.

uMais un de leurs plus grands bienfaits sera sans contredit d'introduire dans les relations d'amour une fidélité absolue à la foi jurée et par conséquent de faire disparaître toute crainte à l'égard de la

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