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LA COUR DU LEVER PURLIC, ETC

fausse paternité, crainte si pénible aux hommes dominés par le familisme ou l'amOuf de la famille.

» En effet, les femmes engagées dans les corporations qui se piquent de constance, --corporations qui vraisemblement seront les plus, nombreuses, du moins dans nos climats, — resteront nécessaire^ ment fidèles à leurs maris. Pourvoi , en effet, se déshonoreraiént-ellesi en violant les lois de fidélité de leurs groupes, quand elles pourraient, toujours et sans honte, entrer dans Tune des corporations qui font honorer l'inconstance loyale?

» Les femmes, par. la même raison, seront assurées de la fidélité de leurs époux, s'ils appartiennent au groupe des personnes constantes. »

— Je ne vois, dis-je à notre guide, d'autre objection contre l'instauration légale de l'inconstance que celle-ci : vous oubliez les intérêts des enfants de la femme volage. »

— Mais quel iotérét de l'enfance, reprit le vieillard, n'est pas sauvegardé en harmonie? Tous Tes enfants ne reçoivent-ils pas les caresses de tous Ceux qui les aiment et l'éducation la plus libérale? La Régence ne prend-elle pas soin de recueillir les héritages et les dons reçus par chacun d'eux, «ans distinction aucune , et de capitaliser leurs économies ?»

— Sans doute, répondis-je ; cependant l'enfant de la femme volage ne connaîtra pas toujours son père; et c'est là, selon moi, un grand malheur pour lui. »

— Mais, mon fiis^ ne savez-vous psi3 combien la

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paternité est enviéeaujourd'hui qu'elle est exemple de toute charge, et ne procure que les plus douces jouissances? Soyez-en donc bien convaincu: quand la loi donnera à la femme le droit .de désigner le père de soiîfUs, les maris eu les amants de l'inconstante se disputeront la paternité de son enfant, et chacun d'eux redoublera près d'elle de tendresse et d^ soins pour obtenir la préférence. »

— Ces coutumes de l'avenir, dit Teslu, déraa* gent étrangement mes idées concernant le mariage. Je dois cependant Tavouer : elles seront infiniment plus morales que U>s coutumes anciennes, puisqu'elles assureront la fidélité entre les époux, feront disparaître jusqu'à la possibilité de la prôsti» tution, aCbèvèront d'émanciper la femme, détruiront la bâtardise, serviront de lien universel entré les hommes et prixiuiront toujours le bien sans mélange de mal.

» Une chose toutefois m'a surpris, c'est de lire dans votre journal . que beaucoup de prêtres réclamaient l'organisation de l'inconslatice. Je croyais que la religion réprouvait absolument, comme immprale et criminelle, to.ute relation entre les deux sexes en dehors dii mariage indissoluble, telquil existait durant la Civilisation. »

— La société actuelle est si heureuse, répondit notre cicérone, qu'elle se gafdera bien d'apporter le moindre changement à ses lois, sans avoir entendu toutes les plaintes et recueilli tous les avi«. Ainsi, elle n'admettra les corporations inconstantes qu'autant qu'elles auront été demandées par les

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les viéiUanis, )es femmes, les prêtres et les maris. » Quant à 1 incompatibilité que vous supposez entre la religion et ces corporations, elle n'existe pas : j*espère vous le démontrer.

» Les liaisons amoureuses, nous en sommes tombés d*accord hier, sont morales quand elles produisent le bien ; immorales quand elles causent le mal et le désordre ; mais elles ne sont, en elles-mêmes et indépendamment de leurs conséquences, ni morales ni immorales.

» Cette vérité incontestable est au reste confîfmée par Dieu lui-même qui a permis aux fils d'Adam d*épouser leurs sœurs. Si ces unions eussent été immorales d'une manière absolue, Dieu Iîe^es eût pas readues inévitables en ne créant qu'un seul couple humain : il en eût créé plusieurs,

a Les rapports des sexes n'étant donc immoraux que reïatisemeht, la Religion a dû modifier les lois du mariage seloi:\ les exigences des divers milieux sociaux traversés par l'humanité, et c'est ce qui a eu lieu.

» Ainsi il a été permis aux patriarches d'avoir plusieurs femmes. Làmech, fils de Mathusaê'l, en eut deux. Abraham en eut un plus grand nombre l>armi lesquelles se trouvait sa sœur Sara. Jacob, qui avait épousé les deux filles de Laban, prit encore, à leur prière, la servante de chacune d'elles; de ces quatre femmes sont nés les chefs des douze tribus d'Israël.

» Quand les Hébreux passèrent du Patriarcat à la Barbarie, la polygamie prit son essor complet :

David eut une foule de femmes, et Salomon, le plus sage des hommes, Saloirion auquel le Seigneur fit donner par le prophète Nathan le nom de Jedi' diach, c*est-à-diré aimé de Dieu, eut trois cents femmes légitimes et sept cents concubines T C'était beaucoup. .'

» Lorsque la Bai^barie fit place à la Civilisation, le peuple de Dieu devint monogame, mais les lois qui réglaient ces sortes de mariages varièrent selon les temps. Si Moïse ordonna aux Hébreux d'épouser la femme de leur frère mort sans enfants, si Jésus-Christ permit au chrétien de répudier sa femme en cas d'adultère et d'en prendre une autre, plus tard l'Église romaine défendit et le divorce et le mariage entre beaux-frères et bellessœurs.

» Ces lois diverses furent saintes relativement et dans leur temps, parce qu'elles furent utiles aux sociétés pour lesquelles elles avaient été faites^ Il est facile de reconnaître que la Civilisation, fondée exclusivement sur la base étroite de la famille, dut être naturellement conduite à opposer à l'essor de l'amour le plus de restrictions possible, toute infraction aux lois du mariage indissoluble y produisant une foule de désordres et engendrant des maux de toute espèce: querelles, scandales, ruine de la famille, déshonneur des époux, abandon des enfants, etc.

» Mais comme il n'est pas donné à l'homme de détruire les œuvres de Dieu, Tamour protesta incessamment contre les entraves dont on l'envelop-

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