L\ COUR DU LEVER PUBLIC, ETC
élévation ils aUeindront, le jour où l'unité du genre humain sera constituée ! Quand les hommes dt)nt la terre sera couverte ne formeront qu'une famille de frères bions-aimés, ils sauront, à un moment convenu, élever tous ensemble leurs mains et leurs voix vers le créateur pour lui offrir leurs honamages. Ah î de telles actions de grâces seront dignes du Dieu plein de bonté vers lequel elles monteront. En dépit de ce qu'enseignaient jadis des gnides aveugles, démoralisés par tant de siècles de dou* leurs, ces cantiques d'allégresse' seront inftnimeiït plus agréables au père des hommes que les gémissements et les plaintes dont ses infortunés enfants faisaient retentir autrefois les lieux saints, que les pleurs qu'ails versaient au pied de ses autels ! »
— Quel recueillement les assistants apportaient à la prière, ajouta Testu, et quelle aiHuence de fidèles remplissait l'église I Je crois en vérité que tous les habitants de Saint-Remy étaient venus entendre la messe. »
— Sans douté, mon fils, répondit le vieillard, et si quelques-uns n'ont pu le faire, soyez sûr qu'ils s'unissaient à nous d'intention, car il n'est pas un seul harmonien qui n'éprouve le besoin de remercier Dieu du bonheur dont il comble les hommes. »
— Ainsi, mon père, il n'y a plus aujourd'hui d'incrédules? »
— Èh ! comment voulez-vous qu'on puisse douter de Dieu et de sa providence, quand il se manifeste en toutes choses? Comment ne pas aimer le Créateur, quand nous voyons si clairement que les
lois éternelles qui régissent les mondes, les choses et l'humanité, sont toutes remplies de bonté, de justice, de sollicitude pour la créature et particulièrement pour l'homme t »
— En effet, reprit mon ami, les harmoniens doivent croire en Dieu, puisque le mal est détruit et que le règne du bien est arrivé. Leur foi sur ce point n'a rien qui me surprenne. Mais ce qui m'étonne c'est de vous voir encore chrétien : les philosophes civilisés prétendaient que la religion du Christ avait accompli sa mission, et devait bientôt disparaître. »
— Le christianisme, répondit notre cicérone, ne périra jamais, car jamais il ne sera possible de concevoir des vérités supérieures à celles enseignées par son divin fondateur: l'existence d'un Dieu unique, l'immortalité de l'âme, la fraternité des hommes, l'unité du genre humain avec son chef spirituel et avec Dieu son père.
. » Les harmoniens, mon fils, se glorifient, et à bon droit, d'être véritablement chrétiens, puisqu'ils pratiquent la loi" du Christ, qui ne se lassait pas de répéter aux hommes : « Aimez Dieu, aimez » votre prochain : voilà la loi et les prophètes. » » D'ailleurs, ne, l'a-t-il pas dit positivement, le divin Messie: « Tous reconnaîtront que vous êtes y> mes disciples, si vous avez de l'amour les uns » pour les autres. » Or, je vous le demande : si tel est le signe auquel on reconnaît le vrai chrétien, y a-t-il sur la terre, y a-t-il jamais eu dans les époques antérieures des hommes aussi chrétiens q u