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gréables contestations ou d'interminables procès avec ses voisins.
» Il voyait chaque année la charrue étrangère empiéter sur son bien, et les bestiaux d'autrui fouler et ravager ses récoltes. Le propriétaire d*un jardin, d'un verger, était contraint de cueillir ses fruits ayant maturité ; car les haies et les murs étaient des barrières impuissantes contre la gourmandise des enfants et la rapacité des maraudeurs.
» Le possesseur de maison était bien autrement encore incommodé par ses locataires et ses voisins, avec lesquels tout était occasion de disputes et de procès. Au village, un voisin élevait un mur ou plantait un massif d'arbres qui lui interceptait Pair et le soleil, le privait de la vue de la campagne et bornait son horizon à quelques mètres ; un autre entourait sa demeure de fumier et de mares stagnantes et fétides.
» A la ville, un corroyeur, un teinturier du voisinage saturait Tair ambiant d'odeurs nauséabondes, tandis que sous ses fenêtres un boucher étalais incessamment des chairs ensanglantées et palpitantes. Puis le marteau du forgeron, du chaudronnier ou du maréchal, le maillet du ferblantier et du tont^ nelier, le fouet du charretier, dont la voiture lourdement chargée ébranlait la maison jusque dans ses fondements, le mugissement des animaux, les cris des enfants et des marchands, la clarinette de l'a- TBugle, le cor du musicien novice, les chants des ivrognes, et mille bruits confus et discordants l'as-
-mHKéissmmt jour et unit jusqu'au fond éé -sas appartements.
» ¥oQsto voyez, tmoimui^ ka crvilifiéa, projpNéIsireê ou ioealairesi, n'éUitul pas maitues ds passer dm heure dans ie rêcueillonient s'ils kdtnlai^nt la viJAe ; mais âauir^EPt, «u co» traire, ils vé- ^[étaieiitdans aae sdit^ide presque cempléte s'ils vivaient à la can>p^ne; et néaunoins, dans lear aneuglement, ils disaient avoir to pbalaastène «n aversion, ne voulant pas comprendre que dans son palais, le phalanstêrien, maître absolu de sa per- -aonne et de son temps, pourrait s'isoler complèlement et aussi longtemps qu'il lui conviendrait, ou se rendre aux réunions de toute espèce, certain âV rencontrer en grand nombre des parents» des coJrlégu£fs affectueux, des amis sincères et dévoués.
— Je ne vois rien dans ce que tu viens de nous conter, mon cher, objecta un peintre, qui justifie cet amour ardent et exclusif de nos pères pour fa •kfhsm égbïfiteMj^ 4a propriité morcelée. Sans daute «MM^ forme raclait tant de^désagrémenls par^âes fH^aittage6S(»cianaic «dont tu «e nous as rien dît?
— « ©es avantages sociaux 1 s^éoriaHewK : héb»! HOB^ 1)^ Bieu 1 La propriété morcelée ét^t mi -ooKlraire la soun;e <ie mille manx^ fri moMHiws aujcfsrdliui que notre langae n^a plits <1e termes poor tes exprimer. » Et notre lecteur déroula à nosyeax uo effrayant tatelea« des «rimes civilisés. Il nou3 «ofontra le désir de posséder enfantant les procèset ^»3 vols <Jc toutes sortes, les concussicms, fts ^«apmions, les contrats frauduleux, les suppres-
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Âèna et tessoppositions d'enîants, les faux te^tâ^ «dei^, les haines entre ies frères, les vengeanceft ^ lus assassinais, les h^fbnticîdes et les parricides!
— Mais alors, reprit le peintre, c'est à n'y plus i«on oimiprendi>e, et je suis tenté de nier, comme •la (belle £lise, la pDssibililé d^untel aveuglement.
— Tn as certes raison, dit Henri, et moi-même je me suis en vain demandé pourquoi mon critiqua «kéolamoit ^n faveur de la .propriété morcelée, su-* jtotte à de si nombreux désagréments; tandis qu^aii JSRunent même Où il écrivait, les familles opulentes, au lieu d'acquérir des propriétés bâties ou des fonds de terre, achetaient des rentes sur l'État, des actions de canaux, de chemins de fer mi d'entpeprtses industrielles, et dépensaient souvent ieiirsi^venusfélé dans des maisons de campagne, 4îhiverdans des hôtels de lacapitaie, pris ceux-ci'dt -orilea^là en tocatiotu
— AUons ! allons 1 ajouta le peintre, vos civîllsés A^étaient pas si exclusivement enthousiastes qa% le disaient de la propriété morcelée, puisqults fomnnent des associations industrielles et conraiericiales ipar actions. De là à rétablissement d'tme cMnimiae «octéiaire il n'y avait qu'un pas; mah, je le répète, pourqincntsemfobient-iis se passiomiiir tlitei pour cette fonme 'étroite de ia propHété^
— « On ne peut attribuer cette prédilection quia 'i'iabitiide qu'avaientnos pères de se payer de mots et de se nourrir d'illusions en toutes dioses. Et 4e ^émeqiie les poètes «t les moralistes avaient inventé un ménage-modèle, de même ils avaient
rêvé une propriété-type, à laquelle pas une !aàiille sur mille ne pouvait atteindre, et dont ils exagéraient outre mesure les avantages, sans parler de ses désagréments. »
Et M. Henri nous fit la description de cette propriété modeste, enviée par la foale innombrable des civilisés qui ne possédaient rien et dédaignée par les gens riches. Puis il ajouta :
— Aujourd'hui, non-seulement tous les hommes sont propriétaires comme nous l'avons dit ; mais les voies qui conduisent à la fortune sont ouvertes à tout le monde.
— Quelles sont ces voies, je vous prie, demanda Testu.
— Nous avons autant de moyens d'acquérir que de passions affectives, répondit'M. Henri ; car chacun reçoit des présents ou des héritages des personnes dont il est aimé : l'enfant hérite de ses parents, la femme de son mari, l'ami de son ami, et nous acquérons aussi la richesse comme Tune des rémunérations de nos travaux et de nos talents.
— SMl en est ainsi, reprit Testu, lesfortunes doivent tendre continuellement à se niveler, et un jour, la propriété se trouvant divisée en parts égales, on arrivera à la communauté. »
Un vieillard qui avait beaucoup voyagé prit la parole pour répondre à mon ami :
— « J'ai vu en Amérique , dit-il, bien des phalanstères fondés dans des pays nouveaux dont le territoire n'avait jamais appartenu à personne. Là, déjà, il y avait une cause de moins à l'inégalilé des