SUR LA QUESTION SCOLAIRE
Le dimanche, 22 novembre, Mgr. l’archevêque a donné le sermon suivant, à la grande messe, à la cathédrale de Saint-Boniface :
Depositum Custodi. — Telle est, mes chers frères, la devise que j’ai prise au jour de mon sacre, et en choisissant ces paroles j’ai entendu dépenser toute ma vie pour conserver intact le dépôt sacré de la foi qui m’était confié. Et vous n’ignorez pas que l’éducation catholique occupe une place de choix dans ce dépôt confié à la vigilance des pasteurs. Aujourd’hui, est un des plus tristes et des plus sombres jours de ma carrière épiscopale ; aussi est-ce l’âme brisée que j’apparais devant vous.
Les négociations qui ont eu lieu entre les autorités locales de Winnipeg et les autorités fédérales d’Ottawa ont abouti à une entente qui est donnée comme le règlement de 1a, grave question scolaire. D’abord je proteste contre ce mot de règlement.
Dans une question en litige, rien n’est réglé si les deux parties intéressées ne s’entendent point entre elles. Nous sommes, j’oserai dire, la partie la plus intéressée dans cette questien scolaire manitobaine ; il s’agit pour nous d’une chose vitale, d’une affaire de conscience, d’une question de vie ou de mort
La majorité qui jouit des écoles établies
en 1890 est satisfaite, et nous ne voulons point lui enlever une parcelle de ses droits et privilèges ; nous demandons simplement de jouir à côté d’elle de nos droits légitimes, dont la possession nous a valu près de vingt ans de paix scolaire, après l’acte du Manitoba de 1810. — La minorité a, en outre, obtenu un jugement favorable de l’hon.
Conseil Privé d’Angleterre, et elle s’appuie sur ce jugement pour réclamer la restauration de ses droits lésés. Qu’est-il arrivé ?
Au lieu de traiter avec nous, on a traité avec ceux qui nous ont enlevé nos droits, et quand il s’agit de conclure, ce n’est pas à nous que le soi-disant règlement est montré, mais à nos pires adversaires, pour savoir s’il leur est agréable. Et quand des hommes qui ont pour programme l’abolition des écoles séparées au Manitoba d’abord, puis à Ontario, ont dit, “ c’est bien, ce règlement nous satisfait ” on publie “ La question des écoles est réglée,” et on donne le texte aux journaux.
Je voudrais bien savoir si la minorité catholique a autorisé un homme quelconque ou un groupe d’hommes à accepter ce prétendu règlement ?
Laissez-moi vous dire de plus que j’ai nourri un instant l’espoir, que nous recevrions la pleine et entière justice qu’on nous a solennellement promise. Nous aurions accepté avec bonheur un règlement équitable, et même nous aurions accepté des concessions substantielles, sérieuses, tout en continuant à réclamer tous nos droits, mais quel est le contrat que l’on veut nous imposer ?
Il renferme onze articles dont le premier promet une loi provinciale, huit autres traitent de l’enseignement religieux et les deux autres traitent de l’enseignement de toute langue autre que l’anglais.