‹ Visite dans les écoles du ManitobaChapitre 6 sur 13 · INSTRUCTION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION RELIGIEUSE

Le résumé des huit articles concernant l’instruction religieuse est’ la proclamation officielle du principe des écoles communes et neutres ; l’article 8 est bien formel : “ Il n’y a aucune classification des élèves par dénomination religieuse durant les heures d’enseignement scolaire.” Donc il faudra que dans les centres mixtes comme Winnipeg et ailleurs, les enfants soient réunis dans les

mêmes écoles publiques, et il ne sera pas permis de parler de Dieu durant les heures d’enseignement profane, mais seulement à 3J heures, et encore faudra-t-il la requête formelle des parents ou gardiens des enfants. Laissez-moi vous dire tout de suite, M. B. C. F., que les écoles communes et neutres ont été condamnées par l’Eglise ! Nous ayons les encycliques des Pontifes romains et particulièrement celle adressée à la France par le Pape Léon XIII “ Nobilissima G-allorum Gens ” et l’instruction de la Sacrée Congrégation de la Propagande aux Evêques du Canada, le 14 mars 1895.

A ucun catholique ne peut donc approuver ces écoles, à moins qu’il ne veuille se séparer du centre de l’unité.

Qu’entendons-nous par enseignement religieux ?

Est-ce l’enseignement du catéchisme ?

Oui, et plus que cela. L’esprit de l’enfant doit être pénétré de la sève chrétienne. Pour cela, le catéchisme ne suffit pas. Si pendant la plus grande partie de la journée, l’enfant n’entend parler que de choses profanes, pensez-vous que la pauvre demi-heure suffira à contrebalancer l’action désastreuse

de l’absence de leçons religieuses ! Nos frères séparés d’Angleterre croient à l’enseignement religieux durant la classe, et pour éviter le divorce entre l’enseignement religieux et l’enseignement profane, les anglicans, les presbytériens ont établi des écoles volontaires, tout comme les catholiques.

Des milliers d’écoles en France et aux Etats- Unis sont établies pour sauvegarder le même principe, et nous qui avons droit à des écoles catholiques de par la Constitution, nous accepterions des écoles communes et neutres ?

La conscience catholique le défend. Au reste, le détail du prétendu règlement trahit la préoccupation de ses auteurs. U y a des restrictions minutieuses, mesquines, odieuses apportées sous le prétexte perfide de respecter la liberté des parents ; mais au fond, ce n’est qu’un hommage dérisoire rendu à l’enseignement religieux. Jugez-en vousmêmes.

1° Une demi-heure ! Pas avant 3J heures et alors seulement l’enseignement religieux pourra être donné par le prêtre, une personne autorisée par lui ou l’instituteur, quand il sera catholique.

2° Et encore pour cela faudra-t-il une résolution des commissaires d’école ou une pétition des parents ou tuteurs de 10 enfants pour nos écoles de la campagne, et de 25 enfants pour celles des villes et des villages. (Sect. 2.)

3° Et cette instruction religieuse ne pourra pas être donnée tous les jours.(Sect. 4.)

4° Pour avoir un maître catholique, il faudra dans nos écoles des villes et des bourgades une moyenne de 40 enfants catholiques assistant à l’école, ce qui suppose 55 inscrits, et dans nos écoles de villages une moyenne de 25 enfants catholiques assistant à l’école, soit 40 d’inscrits.

Ainsi à Winipeg, comme dans plusieurs autres endroits, nous ne pourrions pas avoir de maîtres catholiques, parce que les enfants répartis dans les différentes écoles ne seraient pas assez nombreux ; et je ne veux pas abandonner ces enfants. Ce n’est pas tout, il faut là encore une pétition des parents ou tuteurs et à moins de 10, 25, 40 enfants, selon l’école, il n’y aura pas d’instruction religieuse et pas de maître catholique.

5° Enfin, s’il y a dans l’école des enfants protestants et des enfants catholiques, et

qu’il n’y ait pas un local suffisant pour les séparer pour donner l’enseignement religieux, alors on partagera les jours entre chaque dénomination, et ainsi au lieu de vingt demi-heures par mois nous n’en aurons peut-être plus que huit ou dix ; aussi puis-je répéter en leur donnant un sens plus étendu, ces paroles d’un membre éminent de l’Eglise anglicane de Winnipeg : “ Ils reprennent d’une main ce qu’ils donnent de l’autre.”

Et nous sommes encore à leur merci pour ces misérables miettes qu’ils nous jettent avec dérision î C’est vraiment cynique ! Cela seul rend le règlement inacceptable. La rougeur monte au front, l’indignation fait bondir le cœur quand on lit ces détails : ce ne sont plus des concessions mais des restrictions odieuses.

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