ROSES
AU LAC ABBITIBI. 193
fois cette année que Monseigneur parle algonquin.
Maintenant, nous sommes à attendre l’arrivée du bateau à vapeur qui doit nous transporter à Pembroke, mais nous pouvons attendre longtemps sans ennui. Nous nous trouvons ici vraiment af home; M. et Mme McCule ont reçu Monseigneur avec une cordialité et une politesse toute irlandaise, ce qui n’est pas peu dire. De plus, le Docteur Faure, curé de Pembroke, et M. Marion, prêtre de l'évêché, ainsi qu'un certain nombre de citoyens de Pembroke, sont venus jusqu'ici au-devant de Sa Grandeur; et en pareille compagnie l'ennui n’a pas d'entrée possible.
Je touche, avec un certain regret, au terme d'un voyage qui ne devrait pas finir si tôt. Je viens de passer un mois dans un milieu bien agréable. Pendant treize jours le canot nous a promenés sur les lacs et les rivières; neuf fois nous avons dressé notre tente sur le gazon des prairies ou sur les galets du rivage. Je reviens tout refait, tout renouvelé. Au grand air de la forêt, les poumons se dilatent, l'appétit s'ouvre et s'étend, la poitrine se fortifie. Devant les tableaux de cette nature vierge qui se déroulent sous nos yeux avec une richesse si prodigue et une si grande variété, l'esprit se repose, le cœur rajeunit, l'imagination s'enrichit, J’ai été grandement édifié de ce que les missions nous ont fait voir, et le spectacle de tant et de si généreux sacrifices remonte le courage et l'énergie. J'ai fait dans ces régions lointaines des con-
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naissances dont le souvenir me sera toujours un charme. De plus, je dois l’avouer peut-être à ma confusion, le champ de mes connaissances géographiques s’est agrandi et de nouveaux horizons se sont ouverts devant moi. Je n'avais pas d'idée que l'on pût récolter d'aussi belles moissons au nord du lac Témiscamingue, et j'étais sous l'impression que tout ce pays était couvert de montagnes arides et incultes, tandis que, au contraire, c'est une contrée plane et unie comme la vallée du Saint-Laurent, et elle m'a paru tout à fait propre à la colonisation, débouché providentiel que le bon Dieu nous réserve dans l'avenir pour le surplus de notre population. En vérité, je dois de bien grands remerciements à Monseigneur l’évêque d’Ottawa qui m'a procuré le plaisir d’un beau voyage, et qui n’a cessé pendant tout le trajet de m'entourer de bonté et de bienveillance.
Demain soir, je l’espère, j'aurai le plaisir de vous serrer la main et de vous entretenir, non plus sur un papier toujours trop parcimonieux, mais bien en de bonnes et larges conversations.
Je demeure, en attendant, avec la plus haute considération, Monsieur le Grand-Vicaire, votre très dévoué et très obéissant serviteur.
bien voulu faire à mes lettres l'honneur de leur ouvrir les colon
Du Forr WILLIAM 4 OTTAWA.
Remerciements. Un acte de Charité. — Les Trois Strophes de Crémazie — [lots ench
OCteur Faure —A Ottawa.—Doux rep &ratitude.
Narrows — anteurs.—Chez Je