‹ Visite pastorale de Mgr. J. Thomas Duhamel dans le haut de l'Ottawa [microforme] (volume 2)Chapitre 17 sur 19 · Expression de Séminaire de Sainte-Thérèse · texte numérisé non relu

Expression de Séminaire de Sainte-Thérèse

25 août 1881.

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De plus, comme les lecteurs de cette intéressante gazette nous ont suivis à travers les lacs, les rivières, les portages et les rapides, je ne voudrais pas les laisser dans l'inquiétude sur notre compte ; et, après leur avoir communiqué “ nos longues erreurs sur la terre et sur l'onde,” en toute justice vous devez leur faire savoir que nous sommes arrivés sains et saufs à Ithaque.

Un si beau voyage, rempli de tant de charmes et de poésie, devait tout naturellement expirer enveloppé dans un rayon de soleil couchant. Lundi à 6 h. p. m., le baau de l'obligeant capitaine Thibeaudeau, nous prenait au fort William pour nous transporter à Pembroke ; notre caravane s'était accrue du Docteur Faure et du Rév. M. Marion. Nous nous engageons dans ce dédale d'îles appelées les Narrows. Le grand poète national, Crémazie, dans un de ses chants inspirés, parlant de ce qui suivit la chute de nos premiers parents, a imaginé de dire:

Que les archanges sur leurs ailes, Prenant l’Eden silencieux,

Au haut des sphères éternelles Le déposèrent dans les cieux.

Mais, en s’élançant dans l’espace, Ils laissèrent sur le chemin,

Tomber, pour indiquer leur trace, Quelques fleurs du jardin divin.

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AU LAC ABBITIBI. 127

Et ces fleurs aux couleurs mobiles, Tombant dans le fleuve géant, Firent éclore les Mille-Iles,

Ce paradis du Saint-Laurent.

Ces archanges, par mégarde, ont dû en laisser tomber quelques-unes dans le lit de l’Ottawa, à la tête du lac des Allumettes ; et elles ont formé cet archipel d'ilots enchanteurs, ces berceaux de verdure qui semblent là-bas flotter sur la surface liquide, ces bouquets de sapins odorants fièrement assis sur leur base de granit, ces touffes ombreuses de pins gigantesques qui baignent leurs pieds dans les eaux profondes, ces rochers couverts de mousses tendres et verdoyantes, et ceints de leurs larges ceintures de sable d’or ; îles charmantes qui à travers les illusions du crépuscule, se dressent devant vous comme autant de palais féériques et de villas enchantées, au milieu desquelles circule votre bateau dans des lagunes limpides, longues, étroites, sinueuses.

À 8 h. lorsque la vue s'ouvre large sur le lac, nous aperçûmes dans un lointain indécis la ville de Pembroke qui étend sur une côte en amphithéâtre ses quartiers florissants, l’église catholique dort les proportions sont dignes d’une cathédrale, le grand couvent des Sœurs de la Charité, le presbytère vaste et bien bâti, de nombreuses maisons de plaisance, entourées de jardins, de parterres et de massifs d'arbres, qui donnent à la jeune ‘ Reine du Haut de l'Ottawa” des airs, non-seulement d'activité et de go ahead, mais encore d'élé-

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