‹ Visite pastorale de Mgr. J. Thomas Duhamel dans le haut de l'Ottawa [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 19 · RAR · texte numérisé non relu

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saluent Sa Grandeur; tous les sauvages, hommes et femmes, sont à genoux sur le rivage. Les Rév. PP. Laverlochère et Mourier, les FF. Blais, Cahill et Debigarré sont là, au débarcadère, pour recevoir Monseigneur, et tous ensemble nous nous rendons à la maiïson des Pères, où nous attend la plus douce, la plus franche et la plus joyeuse hospitalité. Mais n’empiétons pas, chaque chose en son temps, la visite pastorale n'aura lieu à Témiscamingue qu'au retour d’Abbitibi; donc, au retour les détails sur cette mission.

Vraiment, nous avons eu un temps fait exprès : beau soleil, grand air, bon vent, pas trop de maringouins, force bonne humeur, pas de brülots, brise délicieuse, etc. ; un orage hier, à l'improviste, sans nous avertir, nous est bien tombé sur le dos, mais c'était pour rafraîchir la température. Nous ne souhaitons qu’une chose, c'est que le voyage continue comme il a commencé.

Monseigneur a quitté Mattawan hier vers 8h.a.m. Pour faire honneur à Sa Grandeur, le capitaine Mulligan mit son vapeur à notre disposition pour remonter la caravane jusqu’au pied d’un rapide, à deux milles environ audessus du village ; les principaux citoyens de l'endroit, ainsi que les Pères de la mission, avaient pris place à bord. Le vapeur ne monte pas plus haut que la demi-charge, ainsi nommée de ce que, le sault n'étant pas très difficile, les voyageurs ne sont obligés de faire le portage que de la moitié de leur charge. |

À la tête du rapide nous nous installâmes dans notre nouvelle embarcation, un grand

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AU LAC ABBITIBI. 31

canot d’écorce, mesurant 30 pieds de long sur 54 de large, pimpant, frais peinturé, conduit par huit gaillards d’Algonquins à l'œil vif et au bras nerveux, portant sur la proue le drapeau blanc signé d’une grande croix rouge, et sur la poupe le drapeau rouge avec le monogramme blanc et immaculé de Marie. On y avait préparé des sièges, hauts et larges, aussi confortablement qu'on aurait pu le faire dans un salon: nous étions assis trois de front, et il avait de la place pour un quatrième. Outre es huit rameurs, nous étions sept passagers, sans compter un quart de sucre et tout le bagage, ce qui faisait un poids de pas moins de 3000 livres. Quand on pense qu'une pareille charge n’est séparée de l’abîme que par quelques planchettes, quelques écorces et un peu de gomme ; quand on songe que le moindre écueil secret suffirait pour ouvrir une voie d’eau dans les flancs de ce frêle esquif, il y aurait de quoi faire frissonner, si l’on ne savait que ces canots peuvent porter jusqu'à 6000 livres, et si l’on ne connaissait l’habileté et l'expérience des Sauvages sur les lacs, les rivières et les rapides.

Voyez comme ils plongent et retirent leurs avirons lestement, comme les coups sont vigoureux, comme ils frappent les eaux en cadence! L'homme de l'avant, le regard fixe comme celui du lynx, semble sonder les profondeurs de la rivière ; celui de l’arrière, debout à son poste, en deux coups d’aviron, au besoin, fait tourner le canot bout pour bout.

Les rapides sont nombreux: à 11 h., nous sommes à celui des Erables, à 3 h. à celui de

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