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De MATTAWAN AU FORT WILLIAM ET LE FORT WILLIAM.
Adieu à la solitude, — Crac, — Bravo, Canadiens!— Les romesses de notre avenir. — M. Worthington. Rockliff, — n descendant la rivière. — Pan, pan, pan. — Sheenboro.—
De braves gens. — Le Fort William. — La chapelle et ses alentours. — Une lettre du Rév. P. Nédelec. — Les travaux d'une mission. — Une réception militaire.—Parure en feuilles d'automne. — Goupillon en queues de rats. — La visite épistop — 7 bon ‘e compagnie, — Avantages de ce voyage. — Au revoir,
Fort William, 23 août 1881.
MonsIEUR LE GRAND-VICAIRE,
Nous avons quitté Mattawan, M. Robert et moi, mardi matin ; le Rév. Père Nédelec nous accompagnait, en route pour le Fort William et Golden Lake, où il va donner ses missions annuelles, Il nous faisait peine de dire adieu au Ré6v. P. Emery qui nous avait si bien reçus, au bon Père Pian et à l’aimable M. Rankin,qui depuis trois semaines étaient nos inséparables, ainsi qu'à la solitude des forêts, aux grands paysages des lacs, aux émotions des rapides et au far niente du canot, pour entrer dans la ser-
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vitude des stages, des steamers, des wagons de chemin de fer, enfin dans le bruit et le brouhaha de la civilisation.
La voiture qui nous conduit à Rocky Farm est chargée à deux étages, elle n’a que trois sièges et nous sommes douze pReogsre bien comptés. Nous faisons quatre milles, crac, voici une roue cassée. Oh! que nous étions bien mieux dans notre écorce de bouleau !
J'ai constaté avec surprise et plaisir que sur tout le parcours de la route, une distance de sept milles, les terres sont prises et les fermes en opération, la plupart par des Canadiens- Français. Le sol est certainement montueux et rocailleux, mais le grain de terre est bon, et cette année la récolte est à pleine clôture (toutefois là où il y a de la clôture). Bravo! Canadiens, en avant! abattez la forêt, et comme dit M. Sulte :
Frappez d’estoc, frappez de taille Les troncs aux flancs retentissants ; La forêt vous livre bataille
Et porte en ses rameaux puissants Des défis toujours renaissants,
Qui pourrait dire les promesses de notre avenir? La province de Québec nous appartient ; nos bataillons, en rangs pressés, envahissent les comtés limitrophes d'Ontario ; notre population, à cheval sur l’Ottawa, en remonte les deux rives ; bientôt, par la Mattawan, nos gens donneront la main aux vieilles paroisses françaises du diocèse de London ; en sus, des
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les nos SSeS des
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groupes importants de nos compatriotes bâti:sent des églises et des couvents dans toute: les villes manufacturières de la Nouvelle- Angleterre. O peuple béni de Dieu, si tu restes fidèle aux engagements de ta foi, comme la race d'Abraham, tu verras tes enfants rvoître et se multiplier à l'égal des étoiles du tirmament.
À 9 h. nous prenons le train à Rocky Xarm.
À 10 h,, dix-sept milles plus loin, Monseigneur s’'embarque à Deux-Rivières; il y a donné ce matin la confirmation, s’y étant rendu la veille, à 10 h. de nuit. M. Worthington, l'actif surintendant du chemin du Pacifique depuis Pembroke jusqu'au Nipissingne, est dans le train. C’est lui qui nous a fourni si généreusement les hommes et les bateaux pour monter au lac Talon ; aujourd’hui il veut encore payer sa dîime à Sa Grandeur, et il Jui accorde le passage gratuit pour elle vt sa suite.
À midi, nous descendons à Rocklif, dix-neuf milles plus bas que Deux-Rivières, à la petite chapelle isolée au milieu des pins, qui voit passer à sa porte les trains du Pacifique et couler à ses pieds les eaux profondes de l'Ottawa, en face d’une énorme montagne qui, sur la rive opposée, porte sa tête jusque dans les nues. Le soir il y eut prière, sermon en anglais et en français, et samedi matin messes, instructions dans les deux langues, confirmation et bénédiction papale.
À 9h.,le bateau de M. Furniss, métis écos-
sais, nous descendait jusque chez lui pour diner, puis de là au rapide des Joachims. Après un portage d'un mille, nous montons dans le petit bateau à vapeur du capitaine Thibodeau
ui devait nous transporter au Fort William,
istant de Rockliff de quarante milles environ. Pendant quatre heures d’une navigation on ne peut plus agréable, assis tranquillement sur le haut du bateau, nous pûmes admirer à loisir la grande rivière qui allongeait devant nous ses rives aux sites pittoresques. Nous passämes au pied d’un rocher, le Roc de l'oiseau, haut de plusieurs centaines de verges, couré à pic, qui ressemble beaucoup au cap Trinité, sur le Saguenay. Au sommet le plus élevé de cette montagne, creusé dans le roc, se trouve un petit lac aux eaux limpides, très poissonneux, dit-on ; c’est là un lieu de pique-nique pour les parties de plaisir de la ville de Pembroke.
À 6h., nous accostons au fort William, les sauvages se pressent en foule sur le qnai, et les éternels fusils, avec leurs pan, pan, pan répétés, me crispent les nerfs et me cassent les oreilles.
La paroisse de Sheenboro s'est transpc. tée audevant de Sa Grandeur, et nous partons accompagnés d'une longue suite de voitures, et, à 7 h., nous entrons au presbytère de M. Shalloe, à trois milles dans les terres en arrière du fort William. Monseigneur passe deux jours à Sheen et y donne tous les offices d’une mission.
Je vous ferai grâce du détail de ces trois
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dernières visites, le tout s'étant passé comme à l'ordinaire en pareilles circonstances. Qu'il me suffise de vous dire que ces braves gens se faisaient un devoir et un honneur de rendre à leur évêque tous les services qui étaient en leur pouvoir. Entr'autres, méritent mention honorable M. Fournier, à Deux-Rivières et MM. Hennessy, O’Reilly et Meclntyre à Rockliff. A Sheenboro les paroissiens se sort portés aux différents offices avec un empressement vraiment édifiant.
Le fort William est situé à une vingtaine de milles au-dessus de Pembroke, du côté de la province de Québec, sur une pointe qui s’avance dans un lac, où l'œil ravi aperçoit une foule d’îlots charmants qui semblent avoir été jetés çà et là comme autant de corbeilles de verdure. (C’est an ancien poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson; il est devenu, il a une dizaine d'années, la propriété de M.
McOCule, qui y a fait élever à la place du vieux magasin, devenu la proie des flammes, une nouvelle construction en brique beaucoup plus considérable.
À une petite distance du fort, dans une prairie d’un gazon court et uni s'élève la chapelle
ropre et blanchie à la chaux; devant la porte
es eaux du lac viennent baigner une grève d’un sable fin, jaune comme de la poussière d’or; en arrière la forêt épaisse forme un cercle et une couronne de feuillage.. Ce bois est composé de pins rouges fluets, serrés, élevés; au pied des arbres " sol est net comme sur la main, il n’y croît pas la moindre petite herbe;
là règne au mil'eu même du jour une demiobscurité mystérieuse, l’air est saturé d’exhalaisons parfumées. (C’est sous cet ombrage délicieux que les savvszes ont dressé leurs maisons de toile blanche pour y couler tranquilles les huit jours consacrés à la mission et à la prière.
Le Rév. P. Nédelec n'était pas venu avec nous à Sheenbor, il était resté au fort William pour préparer ceuxqui devaient être confirmés. Dimanche après-midi, je reçus de lui un billet
conçu en ces termes : “ Cher monsieur, j'envoie
un jeune homme pour vous chercher. Vous
m'avez promis de venir à mon aide, promesse
oblige. Votre présence me sera non seulement
agréable, mais utile, même presque nécessaire,
vu les circonstances. Nous avonseu grand’-
messe ce matin, l’église était pleine, bonne apparence. Beaucoup de sauvages, ils sont
venus de presque toutes les rivières des envi-
rons. Bonne volonté, beaucoup de zèle de la
part de tout le monde, sauvages, Canadiens, Irlandais. Nous avons vêpres à 8h. Ditesà Monseigneur que je l'attends vers 84h. de-
main. Confirmation à 7 h.,, mardi matin ;
raison: plusieurs veulent profiter du passage
du bateau à vapeur pour monter. Respects à
Sa Grandeur, des saluts aux confrères, n'oubliez
pas M. Robert. Tout va bien, dicite justo quo- | niam benè Le mouvement est donné au dehors 0 et au dedans, l'important est de le maintenir. Sur ce, adieu! Votre tout dévoué en J.-C.—J.
M. Nédelec, Ptre, O. M. I”
Je me rendis à l’invitaticn. C’est là que j'ai
avec Iliam rmés.
billet nvoie Vous messe ment saire, and’bonne
sont envide la Aiens, ites à . deatin ; ssage bCtS à bliez quoehors enir.
e j'ai
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vu de mes yeux ce qu'il faut d'activité à ces
bons Pères pour conduire une mission qui ne revient qu’une fois par année et qui ne doit durer que quelques jours. Il s’agit ici de faire le Catéchisme en sauvage, en français, en anglais, d'entendre les confessions dans les trois langues, de préparer le chant des messes et des cantiques, de faire réparer le linge de l’église, de veiller à la propreté et l’ornementation du temple, d'activer et de diriger le travail de ceux qui préparent les chemins, etc. ; sans compter que, sur ces entrefaites, il peut vous tomber sur les bras quatre baptêmes, un mariage, l’abjuration d’un de nos frères séparés, et que sais-je ? Le pauvre Père trouve à peine le temps de prendre un peu de nourriture et de sommeil. En toute justice, pourtant, je dois lui rendre ce témoignage qu'il sait assez se multiplier, voir ici et là, se donner du mouvement, pour faire face à tous les besoins.
Lundi, à 34 p. m., Monseigneur arrive chez M. McCule. Toute la mission en procession se porte à sa rencontre, l’armée attend sous les armes, Il est beau de voir le capitaine, digne, solennel, faraud, avec ses galons rouges, son gilet chamarré de nervures bleues, son chapeau au cordon vert et son bâton de “ommandant, au bout duquel flottent eitschés le longs rubans rouges, verts et blancs. Sa Grandeur est saluée d’une décharge générale, puis le long du trajet un feu de tirailleurs de temps en temps nous agace les oreilles. Nous nous avançons bien gardés entre deux files de soldats, le chemin est balisé d'une double et d’une triple
rangée de petits cèdres et de jeunes pins. À la porte de l’église une nouvelle décharge ébranle la voûte du temple et nos cerveaux endoloris.
La chapelle, toute reluisante de blancheur et de peinture nouvelle, a été ornée avec soin ; des couronnes de verdure pendent à la voûte, l'autel ressort au milieu d’une parure tout à fait originale : sur un fond de tapisserie, comme dans un blason sur un champ d'argent sont semées des fleurs d’or et d'azur, ont été attachées avec goût des feuilles d'automne de toutes les couleurs, rouge vif, rouge tendre, rouge incarnat, rose, pourpre, jaune, vert, verdâtre, vert d'émeraude, vert pré, etc. enfin toutes les teintes et toutes les nuances se trouvent mariées dans la plus agréable et la plus délicate des variétés.
Monseigneur fit son entrée avec les rites prescrits. J’emporte dans ma valise, comine pièce de curiosité, le goupillon qui a servi à l'offiie de ce jour-là ; il est fabriqué, non sans art, par la main d’une squaw, avec une certaine espèce de mousse. Je le déposerai dans notre musée, au milieu des antiquités, avec cette inscription: Groupillon en “ queues de rats,” don généreux du Rév. Père Nédelec.
Les sauvages sont au nombre, je crois, d’environ trois cents. Dans cette mission, comme dans toutes les autres, il y a eu prière du soir, confirmation, grand'messe à 10 h., bénédiction papale, et cette après-midi à 8 h., adieux en langue sauvage ; c'est probablement la dernière
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fois cette année que Monseigneur parle algonquin.
Maintenant, nous sommes à attendre l’arrivée du bateau à vapeur qui doit nous transorter à Pembroke, mais nous pouvons attendre ongtemps sans ennui. Nous nous trouvons ici vraiment at home; M. et Mme M-Cule ont reçu Monseigneur avec une cordialité et une politesse toute irlandaise, ce qui n’est pas peu dire. De plus, le Docteur Faure, curé de Pembruke, et M. Marion, prêtre de l'évêché, ainsi qu'un certain nombre de citoyens de Pembroke, sont venus jusqu'ici au-devant de Sa Grandeur; et en pareille compagnie l’ennui n’a pas d'entrée possible.
Je touche, avec un certain regret, au terme d'un voyage qui ne devrait pas finir si tôt. Je viens de passer un mois dans un milieu bier agréable. Pendant treize jours le canot nous a promenés sur les lacs et les rivières; neuf fois nous avons dressé notre tente sur le gazon des prairies ou sur les galets du rivage. Je reviens tout refait, tout renouvelé. Au grand air de la forêt, les poumons se dilatent, l'appétit s'ouvre et s'étend, la poitrine se fortifie. Devant les tableaux de cette nature vierge qui se déroulent sous nos yeux avec une richesse si prodigue et une si grande variété, l'esprit se repose, le cœur rajeunit, l'imagination s'enrichit. J’ai été grandement édifié de ce que les missions nous ont fait voir, et le spectacle de tant et de si généreux sacrifices remonte le courage et l'énergie. J'ai fait dans ces régions lointaines des con-
naissances dont le souvenir me sera toujcars un charme. De plus, je dois l'avouer peut-être à ma confusion, le champ de mes connaissances éographiques s’est agrandi et de nouveaux orizons se sont ouverts devant moi. Je n'avais pas d'idée que l’on pût récolter d'aussi belles moissons au nord du lac Témiscamingue, et j'étais sous l'impression que tout ce pays était couvert de montagnes arides et incultes, tandis que, au contraire, c'est une contrée plare et unie comme la vallée du Saint-Laurent, et elle m'a paru tout à fait propre à la colonisation, débouché providentiel que le bon Dieu nous réserve dans l'avenir pour le surplus de notre population. En vérité, je dois de bien grands remerciements à Monseigneur l'évêque d'Ottawa qui m'a procuré le plaisir d’un beau voyage, et qui n’a cessé pendant tout le trajet de m'entourer de bonté et de bienveillance.
Demain soir, je l'espère, j'aurai le plaicir de vous serrer la main et de vous entretenir, non plus sur un papier toujours trop parcimonieux, mais bien en de bonnes et larges conversations.
Je demeure, en attendant, avec la plus haute considération, Monsieur le Grand-Vicaire, votre très dévoué et très obéissant serviteur.
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Du Forr WILLIAM A OTTAWA.
Remerciements.—Un acte de charité.—Les Narrows.— Trois strophes de Crémazie.—Ilots enchanteurs.—Chez le Docteur Faure.—A Ottawa.—Doux repos.—Expression de gratitude.
Séminaire de Sainte-Thérèse, 25 août 1881.
MONSIEUR LE GRAND-VICAIRE
Je vous écris ces quelques lignes, non pas pour vous apprendre que hier après-midi, à 2 h., nous étions de retour à l'évêché d'Ottawa, qu'à 8 h. j'avais le plaisir de vous presser la main, et qu’à 9. h. p. m. je suis entré dans mes pénates ; mais bien pour vous renouveler par écrit l'expression de ma reconnaissance pour tout le trouble que vous vous êtes donné à l’occasion de mes correspondances datées des Pays d'en Haut. Je désire aussi faire parvenir par votre bienveillante entremise mes remercîments à M. le Rédacteur du Canada qui a bien voulu faire à mes lettres l’honneur de leur ouvrir les colonnes de son journal.
De plus, comme les lecteurs de cette intéressante gazette nous ont suivis à travers les lacs, les rivières, les portages et les rapides, je ne voudrais pas les laisser dans l'inquiétude sur notre compte ; et, après leur avoir communiqué ‘“ nos longues erreurs sur la terre et sur l'onde,” en toute justice vous devez leur faire savoir que nous sommes arrivés sains et saufs à Ithaque.
Un si beau voyage, rempli de tant de charmes et de poésie, devait tout naturellement expirer enveloppé dans un rayon de soleil couchant. Lundi à 6 h. p. m., le bateau de l'obligeant capitaine Thibeaudeau, nous prenait au fort William pour nous transporter à Pembroke ; notre caravane s'était accrue du Docteur Faure et du Rév. M. Marion. Nous nous engageons dans ce dédale d'îles appelées les Narrows. Le grand poète national, Crémazie, dans un de ses chants inspirés, parlant de ce qui suivit la chute de nos premiers parents, a imaginé de dire:
Que les archanges sur leurs ailes, Prenant l’Eden silencieux,
Au haut des sphères éternelles Le déposèrent dans les cieux.
Mais, en s’élançant dans l’espace, Ils laissèrent sur le chemin, Tomber, pour indiquer leur trace, Quelques fleurs du jardin divin.
te intévers les ides, je uiétude commue et sur ar faire et saufs
ant de turelleyon de , le baaudeau, 1s trans-
s'était Marion.
e d'îles ational, és, parremiers
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Et ces fleurs aux couleurs mobiles, Tombant dans le fleuve géant, Firent éclore les Mille-Iles,
Ce paradis du Saint-Laurent,
Ces archanges, par mégarde, ont dû en laisser tomber quelques-unes dans le lit de l’Ottawa, à la tête du lac des Allumettes ; et elles ont formé cet archipel d'ilots enchanteurs, ces berceaux de verdure qui semblent là-bas flotter sur la surface liquide, ces bouquets de sapins odorants fièrement assis sur leur base de granit, ces touffes ombreuses de pins gigantesques qui baignent leurs pieds dans les eaux profondes, ces rochers couverts de mousses tendres et verdoyantes, et ceints de leurs larges ceintures de mis d'or ; îles charmantes qui à travers les illusions du crépuscule, se dressent devant vous comme autant de palais féériques et de villas enchantées, au milieu desquelles circule votre bateau dans des lagunes limpides, longues, étroites, sinueuses.
À 8 h, lorsque la vue s'ouvre large sur le lac, nous aperçûmes dans un lointain indécis la ville de Pembroke qui étend sur une côte en amphithéâtre ses quartiers florissants, l’6glise catholique dont les proportions sont dignes d’une cathédrale, le grand couvent des Sœurs de la Charité, le presbytère vaste et bien bâti, de nombreuses maisons de plaisance, entourées de jardins, de parterres et de massifs d'arbres, qui donnent à la jeune ‘“ Reine du Haut de l'Ottawa” des airs, non-seulement d'activité et de go ahead, maïs encore d'élé-
ce, de richesse et d’opulence. A cette vue je ne puis m'empêcher de songer à notre ancien confrère et ami, grand-vicaire comme vous, lequel a failli, dit-on, glisser en Charybde, mais qe n’en est échappé que pour tomber en Scylla. (1)
A Pembroke nous fûmes les hôtes du Dr Faure, et nous eûmes grandement à nous louer de sa franche et joyeuse hospitalité, ainsi que de la gare réception que firent à Sa (trandeur les dames religieuses du couvent.
Le lendemain, 24 août, la vapeur nous emportant à toute vitesse, nous déposa au lieu du départ à 14h. p. m., après un voyage de 80 jours, 2 heures et 80 minutes, le tout bien compté.
Aujourd’hui je me repose délicieusement dans le calme et silence du séminaire, en compagnie des amis, x. ‘-*e de nos bocages, en attendant que ces chers éie,:s reviennent animer la solitude de ces lieux.
Quand vous verrez Mouseigneur l’évêque d'Ottawa, veuillez vous faire auprès de lui l'interprète de mon respect profond et de ma plus vive gratitude.
(1). Le prcjet d'érection du Vicariat apostolique de Pontiac ayant éprouvé des retards dans son exécution, M. N.Z Lorrain, alors curé de Redford, N. Y., que la rumeur dési. gnait comme futur titulaire du nouveau vicariat fut nommé dans l'intervalle grand-vicaire de l’évêque de Montréal.
AU LAC ABRITIBI.
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TABLE DES MATIÈRES