‹ Vita novaChapitre 11 sur 77 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

peu plus. Mais en somme, et encore qu'il ait imprimé aux formules même les plus banales de la vieille poésie, la marque de son génie personnel, on peut dire qu'il resta poète courtois et se complut à la poétique courtoise.

Il ne s'y attacha pas par hasard et par la force des circonstances. Il s'est rendu compte de ce qu'il faisait : un très curieux chapitre de la Vita Nova ' nous renseigne sur sa conception de la poésie amoureuse, et en résume l'histoire, telle quelle se présentait à ses yeux. Ce chapitre, que plus d'un lecteur néglige comme aride et pédantesque, est de ceux qui peuvent le mieux nous renseigner sur l'esprit de Dante et son dessein. Il nous assure, et nous ne devons jamais l'oublier, que tout, dans l'œuvre du poète savant, est savammoit fait, déduit logiquement et suivant un plan arrêté, dans un dessein de haut enseignement. Sur toute matière de philologie et de poétique, aussi bien que de philosophie et d'histoire, c'est Dante lui-même qui nous éclaire le mieux sur Dante.

Il sait donc bien, tout Dante qu'il est, qu'il appartient à la filiation des poètes amoureux des générations précédentes, de ces poètes dont l'œuvre, qui charma tant de générations humaines, nous parait' à distance, avouons-le, factice souvent et généralement monotone. Il n'est pas étranger à la poétique de Chrétien de Troyes et d'Adam de la Halle, d'Arnaud Daniel et de Bertran de Born. Il n'ignore pas sans doute, et nous le dirait pour un peu, connue elle passa du Nord au Sud,

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