XVIII INTRODUCTION
tienne de la feimiie, dans les siècles durs et rudes. Cette influence est bien sensible dans la littérature.
L'exaltation de l'idéal féminin est une des conséquences du grand élan religieux du ww" siècle, dont les prédicateurs monastiques furent les plus puissants instruments ; elle se lie particulièrement au développement nouveau qu'avait pris le culte de la Vierge Marie depuis les jours de Bernard de Clairvaux et par son influence '. Cejut, avec un flot de foi et de prière, un flot puissant d'idéal qui passe sur l'humanité. Il était impossible qu'il n'eut pas quelque influence sur les poètes courtois, dont le métier était de chanter la femme, d'exalter sa beauté et solliciter sa bienveillance ; que de nouvelles inmgcs ne leur apportait pas ce mouvement de pensée et d'anu)ur vers la plus belle, lapins pure des femiues, la bénie entre toutes, la pleine de grâces? Ce fut, au-dessus des pauvres petites hunuinités féminines en leur grâce périssable, l'apparition d'un « éternel féminin y>, vrai, vivant, accessible à tous, en humilité, en gentillesse, en charité.
I. Cf. surtout Vacandard : La Vie de saint Bernard. Paris, Lecojfre, iS(jj, et notamment t. II, p. ça, sq. — On relève tous les jours des preuves nouvelles de l'influence de la dévotion à Marie dans te domaine de ta poésie. Voir par exemple des imitations pieuses de Ballettes et de Pastourelles dans Jeanroy : les origines de la poésie lyrique en France, 2« éd. Paris, Champion, 1904. — CJ. aussi les curieuses Canzoni du Génois Lan franco Cicala dans Bertoni, loc. cit. — Certaines expressions même, chères au poète courtois pour désigner la dame de ses pensées, sont devenues les noms usuels et populaires de Marie ; en Italie: Madonna; eif France: Notre-Dame.