INTRODUCTION XIX
C'est là un ordre de sentiments auquel le Doux Style nouveau n'est pas étranger ; mais ils ne lui sont pas spéciaux. Cet idéal féminin possède le cœur de Dante en perfection : mais il était bien connu, nous l'avons vu, à notre « bossu d'Arras ». Il y a tout cela dans la Vita Nova, mais il y a autre chose et plus. Ici il faut écouter Dante et l'en croire, lorsqu'il distingue formellement son école de toutes les précédentes, fussentelles les plus spiritualistes. Il a rendu en souune un jugement littéraire, net et définitif, dans un dialogue qu'il suppose engagé, au Purgatoire, entre lui-même et un poète de l'ancien style, Bonagiunta de Lucques.
Note:^^ que le dialogue s'est engagé justement à propos d'une des Chansons de la Vita Nova, la première de toutes, celle qui commence par ces mots, si pleins de sens profond pour qui connaît la langue mystique de Dante : « Dames qui avez entendement d'amour ».
Dante donc a été amené à définir l'inspiration sacrée : « fe « suis un homnie, dit-il, qui chante quand Amour souffle, et « qui vais parlant en la façon qu'il me dicte au dedans ».
Alors le vieux poète lui répond avec un accent de tristesse : « O frère, je vois le nœud qui nous a retenus, moi et les « autres, loin du Doux Style nouveau que tu me fais en- « tendre ' / »
Un nœud retenait la poésie loin du symbolisme chrétien. Ce nœud ne fut rompu qu'a ne fois. Dante nous l'a fait cons-
i.Vurg., XXIX, V. ss>sq.