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XXIV INTRODUCTION

enchanté, où est la joie, l'harmonie, la lumière, où est Béatrice. Mais il ne l'a pas sauté ; car an cœur du poëte qui chante les passions de l'amour, — du plus épuré même, — // reste quelque chose des ardeurs humaines.

Ainsi Dante, avec la netteté usuelle de ses symboles, a pu nous faire comprendre quel râle et quelle action il attribuait à Guido Giu'Hi:;;elli sou maitre.

Il y avait des raisons spéciales pour que l'art savant de Guini^^elli se développât à Bologne et non ailleurs. L Université de Bologne était encore le centre d'enseignement de l'Europe entière: la nouvelle poésie était scolastique. C'est là un mot dont il ne faut pas avoir peur ; il ne nuit en rien au charme gentil de cette poésie, f'ai dit avec quelle adoration les bons esprits de jadis ont embrassé la science scolastique, qui nous apparaît, quant à nous, de loin, grave et pesante, dans les longues pages serrées des Sommes. Les arts du dessin, autant que la poésie, en ont vanté les attraits. Combien d'œuvres d'art délicates nous rappellent encore les délices du Trivium et du Quadrivium ? De belles jeunes femmes souriantes y figurent les plus austères des sciemes.

Il ne faut pas oublier d'ailleurs que l'enseignement, à Bologne surtout, était fondé en grande partie sur la lecture des Pères de l'Eglise aux grandes envolées mystiques, de ceux dont l'éloquence verbale se rapproche le plus delà poésie; tel saint Grégoire, mais surtout saint Augustin, penseur encyclopédique, et orateur aux chaudes métaphores, l'un des Pères

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