‹ Vita novaChapitre 22 sur 77 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

jlucnces se sont rencontrées et confondues ; h baiser mystique de François et de Dominique s'est échangé une fois de plus. On sait comment, dans la Divine Comédie, Dante, toujours juste e)i ses jugements, et critique précis, a réparti également et justement balancé, si je puis dire, le mérite entre François et Dominique. Pour ignorer ici l'influence franciscaine, il faudrait ignorer et les attaches probables de Dante en sa jeunesse au tiers ordre franciscain, et la poésie franciscaine tout entière. Il faudrait, alors qu'on, veut parler d'idéal féminin dans la béatitude chrétienne, oublier sainte Claire d'Assise.

Et d'ailleurs, dans l'Italie du wn" siècle, l'air qu'on respire est franciscain. Pour entendre la doctrine de la poésie qui nous occupe, tenons compte avant tout de l'enseignement des chaires bolonaises aux environs de i2'jo ; pour en comprendre la forme, n'oublions pas le suave naturalisme de la langue et de la pensée franciscaine.

Le Doux Style n'était pas de nature à connaître la popularité ; loin de là. Aux jours même où Guini:(elli chantait, il arriva à un bien petit nombre de poètes d'avoir l'dnie asse^ délicate pour le comprendre et l'imiter. Le mystique bolonais n'eut pas beaucoup plus de disciples qu'il n'avait eu de compagnons : le culte de la vie intérieure est toujours réservé aux moins nombreux. Les beati pauci du Doux Style nouveau se comptent aisément sur les doigts ; ils ne sont guère qu'une di~aine en tout, jusqu'à Giiido Cavalcanti à Florence, et par lui jusqu'à Dante ; auprès de lui, on citera Cino da Pisoja, dont on peut proposer de faire le chaînon par lequel {de loin,

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