INTRODUCTION XXVII
de très lohi), François Pétrarque pourra lui-même se relier à cette école d'idéal.
En fait le Doux Style nouveau aboutit à Dante et se conclut en lui\ Il en arrive ainsi souvent dans l'histoire des arts et des lettres, par l'effet d'un génie souverain : une école trouve en lui à la fois son couronnement et sa fin, — comme ces plantes qui meurent tout entières après qu'elles ont une fois fleuri. Tel fut bien le sort du Doux Style nouveau ; il a inspiré à Dante ses premiers poèmes, puis la Vita Nova ; mais laN'iiz Nova c'est déjà la Divine Comédie, par l'action toutepuissante de laquelle se répandra sur le monde et dans les siècles le trésor de poésie qui s'était jormé, presque ignoré, dans les petits cercles bien fermés de Bologne et de Florence.
Dans les poëmes de la Vita Nova on retrouvera presque tous les éléments de pensée que nous avons notés dans les poèmes du Doux Style. Dans tous, le symbolisme religieux et philosophique aune part plus ou moins grande. Tous se rat-
i. Je parle ainsi de façon gàièrate et sans ignorer que Ton peut trouver encore après D., çà et ta, quelques fidèles attardés du Doux Style, lesquels n'ont pu faire qtic l'école qu'ils aimaient ne fût pas bien et définitivement close. Cf. notamment : Flamini, L'imitazione di D e dello Stil Nuovo nelle rime di Cinq Rinuccini (dans l'Au- GHiERi, iS^o), et surtout la belle étude : Gli epigoni di Dante e del dolce stil novo, dans : Studi di storia letteraria italiana e straniera (Livorno, i8p^).